Charlie Hebdo

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Charlie Hebdo
Image illustrative de l'article Charlie Hebdo

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse satirique
Prix au numéro 3,00 euros
Diffusion 45 000[1] ex. (2012)
Date de fondation 1970
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Riss
Directeur de la rédaction Riss
Rédacteur en chef Gérard Biard
ISSN 1240-0068
Site web www.charliehebdo.fr

Charlie Hebdo est un journal hebdomadaire satirique français. Faisant une large place aux illustrations et notamment aux caricatures politiques, il pratique aussi le journalisme d'investigation en publiant des reportages à l'étranger ou sur des domaines comme les sectes, l'extrême droite, le catholicisme, l'islam, l'islamisme, le judaïsme, la politique, la culture.

Créé en 1970 pour combler le vide laissé par une autre revue satirique de la même équipe, Hara-Kiri, qui venait d'être interdite après un titre jugé scandaleux annonçant la mort de Charles de Gaulle (« Bal tragique à Colombey — 1 mort »), il est publié régulièrement jusqu'en 1981. Après un unique numéro en 1982, la parution cesse jusqu'en 1992, date à laquelle les anciens journalistes et caricaturistes se retrouvent pour reprendre la publication de Charlie Hebdo avec de nouveaux talents.

La reprise par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet du Jyllands-Posten, en 2006, a déclenché contre le journal de vives réactions, parfois violentes, dans des pays musulmans. Le , un attentat perpétré par les frères Kouachi tue douze personnes, dont dix collaborateurs et proches du journal. Le numéro 1178 dit « des survivants » sort le mercredi suivant, il est tiré à près de huit millions d'exemplaires et le journal passe en moins d'un mois de 10 000 à 220 000 abonnés.

Le , le Pen club international a remis le prix du courage et de la liberté d'expression à l'équipe des survivants au Muséum américain d'histoire naturelle de New York. Cette initiative, chaudement soutenue par Salman Rushdie, a provoqué une controverse au sein de la communauté intellectuelle aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Positionnement et sujets abordés[modifier | modifier le code]

Charlie Hebdo, publication satirique de tradition libertaire, à l'esprit caustique et irrespectueux hérité de Hara-Kiri, a une ligne politique marquée à gauche. Si l'hebdomadaire fustige plus volontiers les idées et hommes politiques de droite, il n'est guère complaisant avec les partis de gauche, qu'ils soient au gouvernement ou non. Il est fréquent que les différents chroniqueurs soient en désaccord plus ou moins profond, par exemple lors du référendum sur la Constitution européenne.

En avril 2010, Charb, directeur de la publication, décrit la ligne politique du journal comme une réunion de « toutes les composantes de la gauche plurielle, et même des abstentionnistes »[2].

Les sujets les plus abordés sont la politique, les personnalités médiatiques du sport et du spectacle, l’actualité économique et sociale et la religion. La religion n’est le thème que de 7 % des unes. Le journal a été accusé d’islamophobie car il ferait preuve d’une « obsession » à l’encontre des musulmans mais au total, de 2005 à 2015, seulement 1,3 % des couvertures se sont moquées principalement de l'islam. Très peu de unes sont consacrées à l’islam, on ne peut donc pas parler d’obsession du journal contre cette religion et, de plus, les charges les plus virulentes sont dirigées contre l’extrême droite française et la religion catholique[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Prémices[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Hara-Kiri (journal) et Charlie Mensuel.
François Cavanna, l'un des fondateurs de Charlie Hebdo, en 2005.

L'histoire de Charlie Hebdo trouve principalement ses racines dans celle d'un autre journal, Hara-Kiri[4]. S'étant connus en collaborant au journal Zéro destiné à donner leur première chance aux jeunes talents, Georges Bernier alias le Professeur Choron, et François Cavanna lancent en 1960 le mensuel Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». Choron (dont le pseudonyme dérive du nom de la rue du 9e arrondissement de Paris où était installé le siège du journal) est le directeur de publication. Cavanna, rédacteur en chef, rassemble progressivement une équipe qui comprend Francis Blanche, Topor, Fred, Reiser, Wolinski[4], Gébé, Cabu. Interdit de publication dès 1961, il reparaît pour être de nouveau interdit en 1966. L'interdiction est levée six mois plus tard. Lorsqu'il reparaît, certains collaborateurs ne reviennent pas, tels Gébé, Cabu, Topor, Fred. On remarque les nouveaux : Delfeil de Ton, Fournier, qui signe alors Jean Nayrien Nafoutre de Sayquonlat et Willem.

En 1969, Cavanna, Choron et Delfeil de Ton lancent le mensuel Charlie[5]. Ce journal de bande dessinées, publié comme Hara-Kiri par les éditions du Square gérées par Choron, est initialement la version française du mensuel italien Linus. Charlie publie des séries américaines classiques, mais aussi des BD contemporaines, à la fois françaises, italiennes et américaines : comme son homologue italien, il tire son titre du nom de l'un des personnages des Peanuts (en l'occurrence Charlie Brown)[6],[7],[8]. Delfeil de Ton est pendant un an le rédacteur en chef de ce Charlie Mensuel et y publie, les introduisant ainsi aux adultes en France, les Peanuts de Charles M. Schulz (que le magazine Spirou avait déjà présentés en mini-récit à ses lecteurs, mais ceux-ci étaient des enfants).

1969-1982 : Charlie Hebdo première époque[modifier | modifier le code]

En 1969, l'équipe de Hara-Kiri, rassemblée par Cavanna, décide de créer un hebdomadaire tout en continuant le mensuel. Gébé et Cabu reviennent. En , Hara-kiri-hebdo est lancé. En , il est renommé L'hebdo hara-kiri.

En , le général de Gaulle meurt, alors que dix jours auparavant un incendie dans une discothèque à Saint-Laurent-du-Pont avait fait 146 morts. L'hebdo titre en couverture[9], de façon sobre, sans aucun dessin, avec un seul encadré noir, « Bal tragique à Colombey - un mort » dans le no 94 du lundi 16 novembre.

L'hebdo Hara-Kiri est interdit de paraître par le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin. L'équipe décide que le journal doit continuer à paraître. Et pour contourner l'interdiction, elle trouve la parade relançant l'hebdomadaire censuré sous un autre titre : Charlie Hebdo . Ce nouveau titre n'est plus, officiellement, la version hebdomadaire de Hara-Kiri, mais celle du mensuel Charlie, également publié par les éditions du Square avec de nombreux auteurs et rédacteurs en commun. Le nouveau titre constitue également une allusion à Charles de Gaulle[10],[8]

« Le côté débonnaire, légèrement décalé et un tout petit peu désuet de ce prénom Charlie plait! C’est adopté. D’autant bien sûr, que l’allusion à de Gaulle est transparente, lui dont le prénom est Charles, et qu’on appelait parfois ironiquement « le grand Charles »[11]. »,[12]. Le premier numéro paraît le 23 novembre 1970[13] : l'équipe tient à y faire figurer une bande de Peanuts[7]. Charlie Hebdo continuera ensuite à paraître sous ce titre, tandis que Charlie demeure utilisé comme titre de mensuel.

Comme à l'époque de Hara-Kiri, le professeur Choron est directeur de publication, tandis que Cavanna est rédacteur en chef. Lors des dernières années de parution c'est « toute l'équipe » qui assure la rédaction en chef et Cavanna est nommé « ange tutélaire ».

Charlie Hebdo, qui ne bénéficie, par choix, d'aucune recette publicitaire et se repose essentiellement sur ses abonnés, est particulièrement vulnérable à la baisse de ses ventes et de ses abonnements[14]. Le journal lance un dernier gag, le quotidien Charlie Matin… qui ne paraît que trois jours de suite, entre le et le . Le , faute de lecteurs réguliers en nombre suffisant, la parution s'arrête au numéro 580. Quelques jours plus tard, le , Michel Polac invite l'équipe du journal à Droit de réponse. L'émission est l'occasion d'un échange d'insultes entre certains collaborateurs du journal — notamment Siné — et des journalistes de Minute également présents sur le plateau[15]. Un numéro 581 paraîtra en décembre 1982 pour commenter les incidents survenus durant l'émission.

1992-2009 : Charlie Hebdo deuxième époque[modifier | modifier le code]

1992-2001[modifier | modifier le code]

Charb dédicaçant à Strasbourg en 2009.
Wolinski dédicaçant à la fête de l'Huma en 2007.

L'acte de naissance du nouveau Charlie Hebdo correspond à la démission de Philippe Val et Cabu de La Grosse Bertha à la suite d'un différend avec le directeur de publication Jean-Cyrille Godefroy et à leur désir d'avoir leur propre hebdomadaire. Au cours d'une réunion-repas, à la recherche d'un titre, Wolinski lance « et pourquoi pas Charlie Hebdo, le titre est libre ! » La proposition est immédiatement acceptée[16]. Philippe Val, Gébé, Cabu et Renaud apportent le capital pour financer le premier numéro. Une société par actions est créée, la SARL Kalachnikov[17]. Les premiers actionnaires en sont Gébé (Georges Blondeaux), Renaud, Philippe Val, Cabu et Bernard Maris. Ils détiennent environ 85 % des actions. Renaud vend ses parts à son départ du journal, et la veuve de Gébé (Nicole Blondeaux) les revend en 2004 pour trois cent mille euros à la société[18].

En juillet 1992, Charlie Hebdo nouvelle mouture bénéficie, pour son lancement, de la notoriété du Charlie Hebdo historique. On y retrouve les signatures vedettes des années 1970 : Cavanna, Delfeil de Ton, Siné, Gébé, Willem, Wolinski, Cabu et une maquette identique. Ainsi que des nouveaux venus Charb, Oncle Bernard, Renaud, Luz et Tignous. D'après une plaisanterie, la ligne éditoriale est basée sur un sondage : « Nous avons fait un sondage représentatif de 1000 cons pour solliciter leur avis, et on a fait le contraire »[19]. Le journal est présenté et accueilli non comme un nouvel hebdomadaire mais comme le retour de l'ancien Charlie Hebdo. Le premier numéro s'est vendu à cent vingt mille exemplaires[20]. Sur la page de une, la légende titre URBA, Chômage, Hémophiles, Superphénix, on voit en dessous François Mitterrand dire « Et Charlie Hebdo qui revient ! »[21].

Charlie Hebdo 1992 reprend « l'esprit Charlie » qui consiste à pouvoir rire de tout : « les militaires, les curés intégristes, l’extrême droite, les nationalistes corses ou basques en prennent pour leur grade. Avec les époques, les obsessions varient, mais il n’y avait pas de tabou. Le journal veille à garder une vraie rage, à inciter à se battre pour une société plus gaie, plus humaine, plus sociale[22]. » La rage est aussi dans les querelles internes qui sont le lot récurrent de la rédaction : « Charlie doit être un instrument de lutte contre la connerie. À part ça, on est en désaccord sur tout affirmait Luz[22] ». Philippe Val est alors rédacteur en chef, il devient ensuite directeur de la rédaction jusqu'en 2009[23], Gébé directeur artistique selon La République des Lettres[24].

À partir de septembre 1992, la société éditrice du journal se trouve au 10 rue Nicolas-Appert, dont le gérant en septembre 2012 est Charb[25] : les éditions Rotative « entreprise spécialisée dans le secteur d'activité de l'édition de revues et périodiques (...) au capital de 240,00 € (...) comprenant 20 à 49 salariés (...)[26] », sont à deux numéros de la rédaction.

Le professeur Choron, qui n'a pas trouvé son poste acceptable, tente de relancer simultanément un Hara-Kiri hebdomadaire, où travaillait aussi Philippe Vuillemin, mais sa parution est brève. Par la suite, il lance La Mouise, vendu par des personnes à faible revenu (étudiants, SDF…) auxquels il « laisse le bénéfice des ventes tout en payant leurs charges et cotisations sociales selon le site Hara Kiri Choron[27].[réf. à confirmer] »

Plusieurs collaborateurs quittent le journal ou en sont renvoyés. Les méthodes du nouveau directeur du journal Philippe Val sont contestées au sein même de la rédaction, donnant lieu à plusieurs querelles et à des démissions : Philippe Corcuff[28], Olivier Cyran, Lefred-Thouron ou François Camé, ainsi que des collaborateurs extérieurs réguliers. Ou bien à des licenciements notamment celui du critique de cinéma Michel Boujut[29] et de la future collaboratrice du Monde diplomatique, Mona Chollet) à la fin des années 1990 et au début des années 2000[30].

2002-2004[modifier | modifier le code]

En , le chroniqueur philosophe Robert Misrahi publie une tribune sur l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'orgueil intitulée « Courage intellectuel » dans laquelle il fait un éloge de l'ouvrage. Une partie de son éloge est citée par Acrimed. Il écrit notamment « Elle ne proteste pas seulement contre l’islamisme assassin (...). Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l’opinion européenne, qu’elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’islam qui part en croisade contre l’Occident et non l’inverse[31]. »

Cet article crée une polémique. Le MRAP a déjà déposé en juin une demande d'interdiction du livre jugé islamophobe[32]. Le soutien de Misrahi à l'auteur italienne est vivement critiqué par une partie de la presse, et des lecteurs de Charlie Hebdo. La Provence rappelle cet épisode en 2015 : « Alors que des associations et des intellectuels estiment que le livre contient des propos racistes, Misrahi salue son travail et ses positions [d'Oriana Fallaci]. La semaine suivant la publication de l’article, l’hebdomadaire désavoue son chroniqueur[33] » dans une réponse aux lecteurs choqués dont il publie les lettres.

Après les attentats du 11 septembre 2001, Charlie Hebdo se désolidarise de certains courants d'extrême gauche qui, par antiaméricanisme, n'ont pas condamné les islamistes. Ces positions lui vaudront des relations conflictuelles avec cette gauche tiers-mondiste, en particulier, lorsqu'il s'oppose à la présence de Tariq Ramadan au FSE de Saint-Denis, du 12 au 15 novembre 2003. Dans son éditorial du 15 novembre 2003, Philippe Val dénonce une « rhétorique immuablement semblable à celle qui innerva l’Europe d’avant-guerre » et qui, « a de quoi alarmer tous ceux qui savent comment meurent la paix et la démocratie ». Il affirme que Tariq Ramadan[note 1] « est un propagandiste antisémite[34]. » Il critique une partie de la gauche à qui il prête des positions antisémites au nom de l'antiracisme, se référant en particulier à la conférence de Durban en 2001 durant laquelle le sionisme fut assimilé à une politique raciste[34].

Cette nouvelle orientation est l’une des raisons affichées par le sociologue Philippe Corcuff lorsqu’il quitte Charlie Hebdo en décembre 2004. Il y est chroniqueur depuis avril 2001, il est en désaccord en particulier avec Philippe Val[35].

Après le décès de Gébé, Philippe Val, toujours rédacteur en chef, lui succède comme directeur de la publication. La vente est d'environ 80 000 exemplaires, elle tombera à 55 000 après l'affaire Siné[24].

2005[modifier | modifier le code]

Une large diversité d'opinions s'y exprime cependant, montrant qu'il n'y a pas de ligne éditoriale. Comme feu Hara Kiri, Charlie Hebdo est associé à une rare liberté de ton, Charb ne se prive pas d'éreinter le fumeur Siné, et ce dernier incite à voter « non » au référendum de 2005 sur la constitution européenne[36] alors que Philippe Val milite fortement pour le « oui » : « il prône le oui au référendum sur la Constitution européenne quand la gauche, y compris socialiste, se déchire sur la question[37]. » Le journal est divisé en deux camps à ce moment là : Cabu côté oui, Cavanna côté non. Mais aucune consigne de vote n'est donnée[36]. Le journal est édité tous les mercredis et publie également un certain nombre de hors-séries à périodicité variable.

2006 : publication des caricatures de Mahomet[modifier | modifier le code]

Des gendarmes protègent Charlie Hebdo à la suite de la publication des caricatures.
Siège de Charlie Hebdo à Paris, à Arts & Métiers, avant avril 2011, lors du déménagement vers le boulevard Davout.

Le , le quotidien France-Soir publie 12 caricatures de Mahomet réalisées en 2005 par des dessinateurs du journal danois Jyllands-Posten[38]. Ces caricatures reprises plus tard par le journal danois Politiken soulèvent l'indignation, ce qui pousse Politiken à présenter ses excuses aux musulmans[39]. La semaine suivant la publication dans France-soir, le 8 février 2006 Charlie Hebdo publie à son tour la série des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, en ajoutant un dessin de Cabu en couverture.« on y voit un Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant : “C’est dur d’être aimé par des cons”. Les “cons” visés sont bien sûr les intégristes, mais une partie de la communauté musulmane se sent visée[38]. »

Alors que le tirage régulier était de 140 000 exemplaires il passe à 160 000 exemplaires vendus et le journal procède à deux réimpressions et 400 000 exemplaires s'écoulent[40]. Au Danemark, les dessinateurs du Jyllands-Posten[note 2] sont menacés de mort.

En France, l'Union des organisations islamiques de France, la Grande Mosquée de Paris et la ligue islamique mondiale engagent une procédure contre Charlie Hebdo pour injures publiques à l’égard d’un groupe de personne en raison de leur religion[38], pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten ainsi que la une dessinée par Cabu représentant « Mahomet débordé par les intégristes » déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons »[41], titre repris par le documentaire de Daniel Leconte en 2008[42] diffusé en salle cette même année[43].

« Elles seront déboutées en première instance, puis en appel. La Cour d’appel juge néanmoins que le dessin qui représentait Mahomet portant une bombe dans son turban était, pris isolément, de nature à outrager les adeptes de cette religion (l’islam) (...) Mais les juges estiment que le contexte et les circonstances de sa publication dans le journal Charlie-Hebdo, apparaissent exclusifs de toute volonté délibérée d’offenser directement et gratuitement l’ensemble des musulmans et que les limites admissibles de la liberté d’expression n’ont donc pas été dépassées[38]. »

L'affaire des caricatures amène la publication du Manifeste des douze le 1er mars 2006. « L'islamisme y est dénoncé comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie, à la suite du fascisme, du nazisme et du stalinisme. Cet appel a été dénoncé par la Ligue des droits de l'homme, qui considère qu'il diabolise l'islam[44]. »

Le 15 mars 2006, une soirée est organisée par le ministère de la Culture et Le Point en l'honneur du dessin de presse pour saluer les dessinateurs et caricaturistes après l'affaire en question[45]. Plantu, Cabu, Wolinski et les plus jeunes Sattouf, Jul, Charb et Luz, tous les dessinateurs de Charlie sont particulièrement salués. Un hommage est adressé aux caricaturistes. « L'occasion, un mois après la polémique suscitée par la publication des caricatures de Mahomet, d'entendre le directeur de cabinet du ministre, Henri Paul, réaffirmer leur statut d' « acteurs de la liberté », d'apprendre la création d'une « mission pour la conservation et la valorisation du dessin de presse », parrainée par Wolinski, et surtout de s'en donner à cœur joie sur le chevalet installé pour la soirée sous les ors de la Rue de Valois. En toute liberté, comme il sied aux disciples d'Honoré Daumier, dont l'association des amis, présidée par l'ancienne ministre Noëlle Lenoir, avait inspiré l'événement[46]. »

2007-2009 : affaire Siné et départ de Philippe Val[modifier | modifier le code]

Le procès de Charlie Hebdo, qui s’est tenu au Tribunal de grande instance de Paris du 7 au 8 février 2007, a abouti à la relaxe, requise par le procureur de la République, et prononcée le 22 mars[47]. Joann Sfar a publié un compte-rendu du procès dans un de ses carnets. Le CFCM se déclara néanmoins pour sa part satisfait des attendus du jugement.

Libération a publié des réflexions de plusieurs dessinateurs du journal, à propos de la publication des Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, des caricatures religieuses en général et de l'athéisme :

Charb déclare : « J'ai vu les dessins, c'est énormément de bruit pour pas grand-chose. En France, je parle pour Charlie, on a publié des représentations du prophète qui étaient beaucoup plus choquantes que ce qui a été publié au Danemark. Une fois, une association musulmane très minoritaire et plutôt discrète a intenté un procès à Charlie parce qu'un dessin avait mis en scène le prophète. Ils sont allés en justice, ils ont perdu. À Charlie, avant qu'on soit embêtés par les musulmans intégristes, on a eu affaire à l'extrême droite catholique. Ça s'est terminé normalement devant les tribunaux, ils ont perdu et voilà. Ils attaquent pour tester en espérant gagner et que la législation change. Les juifs, on doit constater qu'ils ne nous font pas chier. Dans Charlie, on traite surtout de l'Église catholique parce qu'elle est encore très majoritaire ». Luz explique « en tant qu'athée, il est évident puisque l'on est dans un pays catholique que l'on va s'attaquer plutôt aux catholiques qu'aux musulmans, et plutôt au clergé, qui est le vrai représentant de cette aliénation et à la papauté[48], qu'à Dieu. Après, tout dépend du média qui porte le message. Quand c'est Charlie Hebdo, la critique ne porte pas sur les musulmans mais sur l'aliénation dans la foi ». De son côté, Jul explique également « c'est beaucoup plus facile de faire des dessins violents sur les chrétiens que sur les autres religions. Sans doute parce qu'on est dans un pays catholique. On ne peut pas taper sur une religion minoritaire comme on tape sur une religion majoritaire. Si l'hystérie provoquée par ces dessins est aussi forte, c'est aussi parce qu'il y a un racisme anti-arabe et anti-musulman en Europe. Mais je trouve totalement anormal que cette affaire ne se soit pas simplement réglée devant les tribunaux[49] ».

D'autres intellectuels comme le philosophe Michel Smadja dans le même journal, qui loue le travail de Charlie Hebdo, écrit à ce propos : « comment se fait-il que Charlie Hebdo et ses collaborateurs (dont Caroline Fourest) semblent un vivier d'intelligence du monde et d'honnêteté bien plus crédible que certaines unités du CNRS ? Peut-être parce que, dans la rédaction de ce journal satirique, on a conservé l'idée qu'être de gauche n'est pas une simple posture sociale, mais plutôt, avant toute prise de position, l'exigence de la lucidité »[50].

La société éditrice de Charlie Hebdo, les Éditions rotatives, est bénéficiaire de 968 501 euros. Sur cette somme, 85 % ont été reversés aux actionnaires (Philippe Val et Cabu ont touché 330 000 euros, Bernard Maris 110 000 euros et Éric Portheault, responsable financier, 55 000 euros)[18].

En éclate l'« affaire Siné », qui aboutira au licenciement du dessinateur. En août, Charlie lance sa propre maison d'édition, Les Échappés, dirigée par le dessinateur Riss. Le 10 septembre, l'hebdomadaire lance son site Internet[51]. Le même jour paraît le premier numéro de son concurrent Siné Hebdo.

Le , le journal indique dans un communiqué que Philippe Val quitte son poste pour rejoindre Radio France[52]. Le dessinateur et chroniqueur Charb devient le nouveau directeur de la publication et le dessinateur Riss occupe désormais les fonctions de directeur de la rédaction avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Le départ de Philippe Val, qui était à la tête du journal (d'abord comme rédacteur en chef, puis directeur de la publication et de la rédaction) depuis 17 ans, ouvre une nouvelle ère. Dans l'éditorial du numéro 899 de Charlie Hebdo, Charb annonce un « Charlie 3 ». Riss affirme qu'« il y aura plus de dessins et les textes seront plus courts, mais c’est tout ». Pour Charb, « le principal changement c’est que Charlie ne sera plus associé à [Philippe] Val. (...) On a envie de renouer avec ce qui nous rassemble : le goût de la satire. »[53] Enfin, le journal fait plus de place à l'investigation, genre journalistique jusque là réduit dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique, avec les signatures de Guillaume Dasquié et Laurent Léger[54]. En octobre 2009, Charlie Hebdo était vendu à 53 000 exemplaires, dont 13 000 par abonnement[55].

Charlie Hebdo troisième époque[modifier | modifier le code]

2010-2014[modifier | modifier le code]

Le siège en 2012, 26 rue Serpollet, Paris 20e arrondissememt.

Confronté à une diminution des ventes, le journal fait appel, début avril 2010, à un prestataire de service afin d'optimiser sa diffusion et limiter les retours[56]. Le 9 juin, le prix de l'hebdomadaire, qui n'avait pas augmenté depuis 9 ans, passe à 2,50 euros au lieu de 2 euros. Selon le directeur de la publication Charb, cette augmentation de 25 % est liée à l'augmentation des charges qui pèsent sur le journal (papier, impression, électricité, etc.). Le même réaffirme auprès des lecteurs la volonté d'indépendance de la rédaction de Charlie Hebdo : « En pleine crise de la presse (en pleine crise tout court), nous n’avons pas et nous ne voulons pas d’industriels fortunés comme actionnaires. Pas plus que nous ne voulons dépendre de la publicité. Nous ne touchons donc pas les aides de l’État dont bénéficient les journaux dits « à faibles ressources publicitaires », puisque, de publicité, nous n’en avons pas. L’indépendance, l’indépendance totale, a un prix. La presse gratuite coûte des millions de compromis éditoriaux, la presse libre coûte, elle, 2,50 euros. Et son existence ne repose que sur vous[57]. »

Le , Charb annonce dans le journal que Philippe Val, son prédécesseur à la tête de l'hebdomadaire, n'est plus actionnaire de Charlie Hebdo. Il cède toutes ses parts pour un euro symbolique. Le capital du journal est désormais partagé entre Charb (600 parts), Riss (599), Éric Portheault (299), Bernard Maris (1) et Cabu (1). Les actions sont estimées à zéro euro, selon Charb[58]. Le 5 avril, Charb annonce dans Libération que Charlie Hebdo déménage dans des locaux porte de Montreuil, à Paris. Les ventes du journal se situent autour de quarante-huit mille exemplaires hebdomadaires, dont douze mille abonnés, indique le directeur de la publication[59]. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, les locaux de Charlie Hebdo (situés au 62, boulevard Davout, 20e arrondissement[60]) sont la cible d'un incendie criminel provoqué par un cocktail Molotov[61]. Le site du journal est piraté, la page d'accueil étant remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran[62]. Ces attaques font suite à l'annonce de la sortie du journal daté du 2 novembre, baptisé spécialement Charia Hebdo avec Mahomet comme rédacteur en chef afin de « fêter la victoire » du parti Ennahdha en Tunisie[60]. À la suite de l'incendie, l'équipe de Charlie Hebdo a été hébergée durant deux mois dans les locaux de Libération, avant de rejoindre de nouveaux locaux dans le 20e arrondissement de Paris[63].

En , Charlie Hebdo publie une fausse affiche[64] de la candidate Marine Le Pen, qui portera plainte[65].

Le , une vive polémique naît à la suite de la publication de nouvelles caricatures du prophète Mahomet (publication qui intervient en pleine polémique causée par la diffusion du film L'Innocence des musulmans)[66] avec de nombreuses condamnations tant de la part de certains dirigeants politiques que d'instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM)[67] ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[68]. Rappelant que « la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de la République », le Premier ministre Jean-Marc Ayrault affirme pour sa part « sa désapprobation face à tout excès »[69].

François Fillon et Marine Le Pen ont à cette occasion défendu Charlie Hebdo[70]. Ces caricatures sont par ailleurs perçues comme une provocation alors même que des émeutes secouent le monde musulman quelques jours après la diffusion d'une vidéo américaine qualifiée d'« anti-islam »[71]. Une plainte a été déposée au parquet de Paris contre Charlie Hebdo pour « provocation à la haine » par l'Association syrienne pour la liberté. Une autre plainte pour « diffamation » et « injure publique » a été déposée à Meaux par l'Association des musulmans de Meaux et de sa région[72]. Le site web du journal est, le jour même, piraté et rendu inaccessible[73].

Les plaintes, majoritairement d'extrême-droite ou de fondamentalistes catholiques à la fin des années 1990, se sont raréfiées depuis les années 2000, mais « l'hostilité vis-à-vis de Charlie Hebdo s'est en partie déplacée du terrain judiciaire à celui du vandalisme, puis du terrorisme »[74]. Pourtant, le nombre de unes consacrées aux religions en général, et à l'islam en particulier, reste très réduit[75].

En 2014, tiré chaque mercredi à quarante-cinq mille exemplaires, le journal peine à écouler trente mille ventes par semaine, alors que trente-cinq mille sont nécessaires pour atteindre l'équilibre financier[76]. En novembre 2014, le directeur de la publication Charb lance un appel aux dons en raison de ses difficultés financières persistantes et de ses dettes accumulées (cinquante mille euros en 2013, près du double en 2014)[77], qui rapporte deux cent mille euros.

Charlie Hebdo quatrième époque[modifier | modifier le code]

2015 : attentat terroriste contre Charlie Hebdo[modifier | modifier le code]

Texte « Je suis Charlie » écrit en blanc et gris sur un fond noir.
« Je suis Charlie », slogan utilisé en soutien aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo — puis plus largement en défense de la liberté d'expression —.
Conférence presse de Charlie Hebdo, le 13 janvier 2015 dans les locaux de Libération ; (de gauche à droite) Gérard Biard, le dessinateur Luz, Patrick Pelloux et debout le directeur de Libé, Laurent Joffrin.

Le en fin de matinée (vers 11 h 30), deux hommes vêtus de noir et lourdement armés entrent dans le siège du journal Charlie Hebdo dans le 11e arrondissement de Paris et y ouvrent le feu à la kalachnikov[78], tuant douze personnes dont deux policiers, et blessant grièvement au moins quatre personnes selon le parquet de Paris[79], ce qui constitue le bilan le plus meurtrier d'un attentat depuis 1961 en France[80]. Cette attaque est désignée comme un « attentat terroriste » par le président de la République François Hollande[81].

Parmi les victimes se trouvent les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski et l'économiste Bernard Maris[82], la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, Michel Renaud, invité de la rédaction, le correcteur Mustapha Ourrad ainsi que deux policiers, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet — le premier étant chargé de la protection de Charb et le deuxième alors qu'il patrouillait dans une rue proche du siège du journal — et un agent de maintenance, Frédéric Boisseau[83].

Le chroniqueur Patrick Pelloux affirme que « le journal va continuer, ils n'ont pas gagné »[84]. Il est d'ailleurs décidé le 8 janvier 2015, lendemain de l'attentat, que le nouveau numéro paraîtra le mercredi suivant, jour de sa parution habituelle. Il est exceptionnellement tiré à cinq millions d'exemplaires (un million d'impressions le mercredi de la parution dont six cent cinquante mille en France, puis cinq cent mille par jour pendant une semaine) pour éviter notamment la revente à des prix exorbitants sur Internet), traduit en seize langues et exporté dans plusieurs pays occidentaux le [85],[86],[87]. C'est de loin le plus grand tirage réalisé pour un périodique français (le record précédent étant de deux millions deux cent mille exemplaires lorsque France-Soir relatait la mort du général de Gaulle[88]). De plus, très tôt le matin du mercredi de la parution, il ne restait plus un seul exemplaire à vendre dans les deux mille sept cents kiosques français[89]. Le journal, réalisé dans les locaux du journal Libération[90], a pour couverture un dessin de Luz qui représente le prophète Mahomet sur fond vert, la couleur de l'islam, une larme qui coule sur la joue, tenant une pancarte « Je suis Charlie », avec comme surtitre « Tout est pardonné »[91]. Malgré la dénonciation univoque de ce drame, beaucoup de média étrangers (notamment anglo-saxons) jouent d'effets pour éviter de montrer la une de ce numéro exceptionnel[92].

Dans les deux jours qui suivent l'attentat contre Charlie Hebdo, un complice des deux terroristes assassine une policière et commet une prise d'otages visant des Juifs, tuant quatre autres personnes. À la suite de cette série d'attentats, des marches citoyennes et républicaines, en solidarité avec Charlie Hebdo et avec les autres victimes, sont organisées les 10 et surtout le 11 janvier 2015 pour dénoncer le terrorisme et défendre la liberté d'expression. La marche du 11 janvier rassemble au bas mot deux millions de personnes à Paris, probablement bien davantage, puisque les personnels officiels chargés du décompte ont été dépassés par le nombre. Il est estimé également entre un million et demi et deux millions dans le reste de la France[93]. Cette manifestation a été qualifiée de « marche du siècle » française[94] et considérée comme « la plus grosse manifestation française jamais recensée »[95]. Elle rassemble également une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement[96] dont certains controversés[97]. Des manifestations spontanées, accompagnées d'hommages à Charlie Hebdo, sont organisées un peu partout dans le monde[98].

Le , Al-Qaïda au Yémen revendique l'attentat contre Charlie Hebdo dans une vidéo[99]. Le même jour, le journal sort son numéro 1178, à un tirage exceptionnel de trois millions d'exemplaires[100] : le numéro est très rapidement en rupture de stock[101] et finalement tiré à cinq millions d'exemplaires[102], puis à sept millions[103]. Il est également disponible en version numérique sur les plates-formes Android, iOS et Windows en quatre langues (français, anglais, espagnol et arabe)[104].

Le , le dessinateur Riss, affirme que « le prochain numéro ne paraîtra pas le 28 janvier, mais dans les semaines à venir »[105]. Finalement, le prochain numéro sortira plus d'un mois après, le [106].

Le le nombre d'abonnés de Charlie Hebdo dépasse les deux cent mille abonnés contre dix mille abonnés avant l'attentat terroriste[107]. Les huit millions d'exemplaires vendus du numéro de janvier ont également fait rentrer dix millions d'euros de bénéfices dans les caisses du journal, les dons un million sept cent cinquante mille euros, les aides du fonds d'Innovation numérique de la presse deux cent cinquante mille euros et l'association « Presse et Pluralisme » deux cent mille euros. En raison de ces énormes rentrées d'argent, des tensions sont apparues entre les nouveaux actionnaires sur la répartition des bénéfices[108],[109]. En mai 2015, après avoir critiqué la direction, la journaliste Zineb El Rhazoui est convoquée à un entretien préalable à un licenciement pour faute grave[110], mais sa mise à pied ne débouche finalement pas sur un licenciement[111].

En mai 2015, l'hebdomadaire reçoit de l'association mondiale d’écrivains PEN club le Prix courage et liberté d’expression lors d'une cérémonie à New York. Cependant, plus de 200 écrivains protestent contre ce choix[112],[113].

Le , Zineb El Rhazoui et son mari, l'écrivain marocain Jaouad Benaissi, sont menacés de mort sur Twitter[114].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Litige avec le Professeur Choron[modifier | modifier le code]

Le professeur Choron était pour des raisons historiques propriétaire du titre Hara-Kiri et autres titres des éditions du Square mais le titre Charlie Hebdo ne fut jamais déposé légalement. C'est Choron qui avait été directeur de toutes les publications hara-kiriennes des éditions du Square et en assurait la gestion financière. Selon Cavanna, sans lui, Hara-Kiri n'aurait jamais pu exister, pas plus que les publications qui en émanèrent, dont Hara-Kiri hebdo renommé en Charlie Hebdo à la suite de l'interdiction du premier. S'il accepta de prendre tous les risques financiers (nombreux procès et mauvaises ventes pour certains titres), il fut, de par sa personnalité même, un très mauvais gestionnaire.

Aucune place ne lui fut réellement proposée dans le nouveau Charlie Hebdo de 1992. Sa réaction immédiate fut de lancer son propre hebdomadaire satirique nommé Hara-Kiri, qui eut peu de succès et finit par disparaître. Il intenta ensuite un procès à Charlie Hebdo tout en laissant la disposition du titre à la nouvelle équipe pendant six mois. Pour des raisons strictement juridiques, les membres de l'équipe historique ne firent pas valoir leur droit à être ensemble les détenteurs du titre. Il y fut plaidé le droit d'auteur. Delfeil de Ton révéla toutefois dans sa chronique du Nouvel Observateur le 14 août 2008[115] que chaque membre de la nouvelle équipe livra au tribunal un papier signé attestant que Cavanna était l'unique inventeur du titre, ce que Delfeil de Ton qualifie de fabulation. Dans un droit de réponse dans le même magazine, signé par Val et Cabu, ceux-ci réfutent les propos de Delfeil de Ton[116].

Choron perdit son procès. Par décision de la 3e chambre du tribunal de grande instance de Paris, le , Cavanna est reconnu, de droit, l'auteur du titre. En 2002 il est également reconnu comme propriétaire de la formule « Hara Kiri : journal bête et méchant » qui figure dès lors dans un bandeau sur la quatrième de couverture de l'hebdomadaire regroupant les « couvertures auxquelles vous avez échappé ».

Le professeur Choron s'exprima de façon virulente envers Philippe Val dans son mensuel, Zéro, et lança un autre magazine satirique nommé La Mouise, vendu par et pour des SDF.

Lors de la parution du livre Les années Charlie en 2004, il n'est cité que brièvement dans une préface de Cavanna (il y est fait mention de l'odeur de ses cigarettes dans les locaux du journal). La plus célèbre Une du journal, « Bal tragique à Colombey », dont il est l'auteur[117], ne lui est pas attribuée non plus.

Direction par Philippe Val[modifier | modifier le code]

Le journal connaît des polémiques par rapport à sa ligne éditoriale et son fonctionnement interne :

  • Philippe Val décidait seul du dessin sélectionné pour être publié en Une. Alors qu'avant 1981 la décision était prise à l'unanimité[118].
  • Philippe Val, membre fondateur d'Attac, fut rayé de la liste des membres fondateurs d'Attac, à sa demande. Il se trouve toutefois qu'il n'avait jamais payé sa cotisation[119].
  • Certains anciens collaborateurs de Charlie Hebdo comme Olivier Cyran ont participé et participent encore au journal CQFD. Libération a décrit CQFD comme le journal des déçus de Charlie Hebdo, qui a démenti... mais interdit à cinq de ses dessinateurs de collaborer à CQFD[120]. Cela dit, Charlie Hebdo n'est pas une chapelle, Wolinski en restait membre même quand il travaillait de front à L'Humanité (sa collaboration à Paris Match fut d'ailleurs presque autant contestée). De même, Charb publiait régulièrement dans l'Humanité et Fluide glacial, et Cabu dans le Canard enchaîné.
  • Bien qu'indépendant de toute forme de publicité, Charlie Hebdo a tout de même conclu un accord avec le journal Libération et affiche chaque semaine dans ses pages une publicité (la seule) présentant la Une de ce journal.
  • Philippe Val se montre particulièrement virulent envers Internet et a longtemps refusé que Charlie Hebdo s'en serve pour communiquer, par le biais d'un site web par exemple. Il a fait fermer le site d'un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo. Le 10 septembre 2008, cependant, Charlie Hebdo annonce en page 3 le lancement de son site Internet.
  • La direction de Charlie Hebdo par Philippe Val s'achève courant mai 2009, lorsque ce dernier décide de rejoindre Jean-Luc Hees, le nouveau président de Radio France, qui le nomme à la tête de France Inter. Charb, dessinateur et chroniqueur au sein de l'hebdomadaire, lui succède à la direction de la publication et le dessinateur Riss aux fonctions de directeur de la rédaction, avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Bernard Maris quitte ses responsabilités à la direction de la rédaction, mais il prend à sa charge l'éditorial. Enfin, Gérard Biard demeure rédacteur en chef du journal.

Licenciement de Siné[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Siné.
  • Dans le numéro du 2 juillet 2008, Siné, dans sa chronique hebdomadaire « Siné sème sa zone », ironise sur l'ascension de Jean Sarkozy. Il y fait notamment allusion aux fiançailles de celui-ci avec l'héritière, de confession juive, des fondateurs du groupe Darty, et à une possible conversion au judaïsme (rumeur lancée par Patrick Gaubert, président de la LICRA dans Libération du 23 juin 2008). L'entourage de Jean Sarkozy signale[121] cette chronique à Claude Askolovitch du Nouvel observateur, qui la déclare « antisémite » sur RTL. Philippe Val, qui affirme l'avoir publiée sans la lire[122], reçoit un coup de téléphone[121] d'un proche collaborateur de Jean Sarkozy, écrit une lettre d'excuse et demande à Siné de la signer[123]. Il est également prévu que la rédaction du journal dans son ensemble signe un texte désavouant l'article de Siné. Ce texte ne sera finalement pas publié, une partie de la rédaction — notamment Michel Polac — refusant de s'y associer, mais Siné considère néanmoins cette initiative comme une « pétition contre lui » et refuse alors de présenter des excuses[122]. Philippe Val annonce dans le numéro du 16 juillet la fin de la collaboration du journal avec Siné. Celui-ci accuse alors Val d'avoir cherché un prétexte pour le licencier en raison de leur désaccord à propos de Denis Robert et Clearstream pour lequel il l'attaquait également dans le même article[124], l'avocat de Charlie Hebdo étant aussi avocat de Clearstream.
  • L'éviction de Siné entraîne une vive polémique médiatique. Deux tendances opposées s'affrontent dans les médias français, l'une prenant la défense de Siné, l'autre dénonçant ses propos comme étant antisémites. Philippe Val fait l'objet de nombreuses attaques affirmant que la chronique incriminée n'aurait été qu'un prétexte pour se débarrasser d'un collaborateur historique de Charlie Hebdo avec lequel il avait très peu d'affinités. Des pétitions sont lancées dans les deux camps, et de nombreuses personnalités prennent parti pour l'un ou l'autre.
  • Siné est cité à comparaître le 9 septembre 2008 devant la 6e chambre correctionnelle (presse) du tribunal de grande instance de Lyon par la LICRA pour « incitation à la haine raciale ». L'audience sur le fond a été fixée au 29 janvier 2009. Elle se tient finalement les 27 et 28 janvier 2009.
  • Le 10 septembre 2008, Siné lance son propre hebdomadaire : Siné Hebdo, disparu en 2010, qui a été tiré jusqu'à plus de 100 000 exemplaires chaque semaine.
  • Le 24 février 2009, il est relaxé à Lyon, les juges considérant que Siné avait usé de son droit à la satire[125].
  • Le 30 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris condamne la société les Éditions Rotatives, société éditrice du journal Charlie Hebdo, à payer à Siné 40 000 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de leur collaboration.
  • En décembre 2012, la cour d’appel de Paris confirme la condamnation de Charlie Hebdo et augmente le montant des dommages et intérêts à 90 000 euros[126].

Équipes[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

La rédaction de Charlie Hebdo est composée de journalistes et de dessinateurs, qui sont aussi des chroniqueurs.

De mai 2009 jusqu'à son assassinat le 7 janvier 2015, le directeur de la publication était le dessinateur/chroniqueur Charb. Le directeur de la rédaction est le dessinateur Riss[54] avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma ; enfin, le dessinateur Cabu était, jusqu'à son assassinat le 7 janvier 2015, directeur artistique[note 3] de l'hebdomadaire satirique. La rédaction en chef est assurée par le journaliste Gérard Biard.

Depuis le 20 janvier 2015, le directeur de la publication et gérant est le dessinateur Riss, qui reste également directeur de la rédaction[54],[127]. Catherine et Luz sont directeurs artistiques (Luz ayant cependant annoncé le 18 mai 2015 son départ du journal en septembre[128]). La rédaction en chef reste assurée par le journaliste Gérard Biard.

Dessinateurs[modifier | modifier le code]

Réguliers[modifier | modifier le code]

  • Catherine (Catherine Meurisse)
  • Coco (Corinne Rey)
  • Foolz (Walter Foolz)
  • Gros (Pascal Gros)
  • Luz (Renald Luzier)
  • Riss (Laurent Sourisseau)
  • Willem (Bernhard Willem Holtrop), dessinateur satirique néerlandais.

Occasionnels[modifier | modifier le code]

Anciens[modifier | modifier le code]

  • Bernar (mort en 2006)
  • Blutch (auteur du feuilleton Le petit Christian paru aux éditions L'Association, dont quelques planches ont été publiées par Charlie Hebdo durant l'été 2008)
  • Cabu (assassiné le 7 janvier 2015)
  • Carali (Paul Karali)
  • Charb (assassiné le 7 janvier 2015)
  • Fournier (Charlie Hebdo première époque, mort en 1973)
  • Gébé (mort en 2004)
  • Honoré (assassiné le 7 janvier 2015)
  • Jul (a quitté le journal en 2011)
  • Kamagurka (Luc Zeebroeck ) - dessinateur humoriste belge.
  • Lefred Thouron (a quitté le journal en août 1996 lorsque son dessin sur les problèmes judiciaires de Patrick Font a été refusé par Philippe Val)
  • Mougey (2001-2003 puis 2008, entre au Canard enchaîné en juin 2010)
  • Jean-Marc Reiser (mort en 1983)
  • Riad Sattouf - auteur, dessinateur franco-syrien.
  • Joann Sfar (a quitté le journal en 2005)
  • Rousso (Robert Rousso)
  • Siné (licencié en juillet 2008)
  • Jacques Tardi (de 1992 à 1996)
  • Tignous (assassiné le 7 janvier 2015)
  • Wolinski (assassiné le 7 janvier 2015)

Rédacteurs[modifier | modifier le code]

Réguliers
Occasionnels
  • Alexandre Benech (mouvements d'extrême droite)
  • Solène Chalvon
  • Marine Chanel (social)
  • Raphaël Chevrier (sciences)
  • Hélène Constanty (enquêtes)
  • Ben Cramer (nucléaire militaire)
  • Lou Forster (critique théâtre)
  • Philippe Laurent (histoire)
  • Roger Lenglet (enquêtes)
  • Jean-Baptiste Malet (reportages)
  • Guillaume Erner
  • Valérie Manteau (critique livres)
  • Natacha Parra (environnement)
  • Luc Richard (Chine, Asie)
  • Gilles Rof
  • Éric Simon (international)
Anciens

Rubriques et personnages de fictions[modifier | modifier le code]

Références à Charlie Hebdo dans la musique[modifier | modifier le code]

Charlie Hebdo est cité dans Un jour en France du groupe Noir désir : « Charlie défends-moi !!! ». Cette phrase fait référence à la pétition lancée par le journal pour interdire le Front National en 1996, même année que la sortie de l'album de Noir désir. Cette pétition avait recueilli 173 704 signatures[132].

Le journal est aussi cité dans une chanson liée au film La Marche : « D't'façon y a pas plus ringard que le raciste / Ces théoristes veulent faire taire l'islam / Quel est le vrai danger : le terrorisme ou le taylorisme ? / Les miens se lèvent tôt, j'ai vu mes potos taffer / Je réclame un autodafé pour ces chiens de “Charlie Hebdo” » (7e couplet, interprété par le rappeur Nekfeu, membre du collectif parisien 1995). La rédaction de Charlie Hebdo avait réagi par un communiqué : « Charlie Hebdo découvre avec effarement la violence des paroles de la bande originale du film La Marche à son encontre. Ainsi, la chanson « Marche » (…) reprend les propos que tient habituellement l'extrême droite musulmane lorsqu'elle évoque notre journal », « S'il leur manque un couplet, nous précisons aux auteurs de la chanson que le journal numérique Inspire, édité par Al-Qaida, a condamné à mort Charb en mars dernier ». « Nous avons l'habitude de ces appels à la haine, de nous faire traiter de « chiens » d'infidèles. (…) Nous sommes juste très surpris que le réalisateur Nabil Ben Yadir d'un film clairement antiraciste, qui rend hommage à un événement majeur dans l'histoire de la lutte pour l'égalité des droits, ait choisi de l'illustrer par une chanson en totale opposition avec son œuvre »[133].

À la suite de l'attentat du 7 janvier, de nombreux artistes rendent hommage aux victimes. On recense entre autres #JeSuisCharlie de Grand Corps Malade, Charlie de Tryo ou encore la reprise de la chanson de Brassens Quand les cons sont braves, par Maxime Le Forestier.

Hommage et controverse[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 2015, le Pen club international remet le prix du courage et de la liberté d'expression à la rédaction de Charlie hebdo[134]. La cérémonie a lieu au Muséum américain d'histoire naturelle. Cette initiative, chaudement soutenue par Salman Rushdie, est contestée par six écrivains américains qui boycottent la cérémonie[134] et lancent une pétition d'opposition à la remise du prix qui recueille 204 signatures[135]. L'écrivain russo-américain Vladislav Davidzon, correspondant de presse culturelle vivant à Paris, analyse cette attitude comme « une auto-immolation morale et intellectuelle de l’intelligentsia américaine[136]. »

Dans l'hebdomadaire Marianne, Agnès Catherine Poirier parle du « relativisme culturel des 204 écrivains américains » dont le discours se résume à ceci : « Ce prix ne soutient pas seulement la liberté d'expression mais valorise un contenu particulièrement offensant qui ne fait qu'intensifier les sentiments anti-islamiques, anti-maghrébin et anti-arabe déjà dominants dans le monde occidental[137]. »

L'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou qui a remis le prix, réaffirme que l'insolence est dans la culture française. Salman Rushdie, par un message à l'Associated Press, rappelle qu'il ne s'agit pas d'humilier une minorité désavantagée, mais d'une bataille contre un islam fanatique très bien financé[138]. La controverse se poursuit à Londres. The Guardian s'en fait l'écho, rapportant le succès obtenu par l'équipe des survivants[139]. Cependant le soutien de la gauche britannique à Charlie hebdo relève d'une « contorsion intellectuelle de plus en plus savante. » Une commentatrice londonienne qualifie les dessins « de racistes, sexistes et offensants, mais douze personnes sont mortes [...] il est possible [...] de reconnaître que risquer sa vie pour ces dessins peut éventuellement mériter une reconnaissance[140]. » Tandis que David Aaronovitch, éditorialiste au Times, se désespère de ce que les intellectuels de gauche se positionnent contre leur camp[141].

Parmi les médias nord-américains The New York Times se montre favorable à la remise du prix à Charlie Hebdo, ainsi que The Washington Post, les journaux canadiens étant plus réservés, notamment The Globe and Mail[142].

En France, Bernard-Henri Lévy est « monté au créneau » dans L'Express, dénonçant comme « ignoble » l'argument qui fait état de l'arrogance du journal satirique[143]. Dans Les Inrocks, Alain Mabanckou déclare que « Les écrivains qui boycottent Charlie légitiment l’intolérance[144]. »

Pierre Assouline s'interroge :

« Qui eut cru que tant d’écrivains américains (ici la liste) maîtrisaient si bien le français (on ne connaît pas d’édition de Charlie en anglais) et qu’ils étaient si nombreux à être abonnés de longue date à Charlie (ce serait bien le moins pour porter un jugement d’ensemble) ![145] »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Cavanna et Philippe Val présentent Les années Charlie 1969-2004. Éditions Hoëbeke, 2004. Recueil de unes et de dessins.
  • Collectif, Charlie Hebdo Les 1000 Unes, 1992/2011, édition Les Échappés, 2011.
  • Philippe Corcuff, Mes années Charlie et après?, dessins de Charb, éditions Textuel, février 2015
  • Jean Egen, La Bande à Charlie[note 4], Éditions Stock, 1976.
  • Stéphane Mazurier, Bête, méchant et hebdomadaire. Une histoire de Charlie Hebdo (1969-1982), Buchet-Chastel, 2009.
  • Numa Sadoul, Dessinateurs de presse : Entretiens avec Cabu, Charb, Kroll, Luz, Pétillon, Siné, Willem et Wolinski, Éditions Glénat,‎ , 216 p. (ISBN 9782344000168)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Point du 17 janvier 2015 rapporte les propos du journal suisse Le Temps qui a décrypté un double langage chez Tariq Ramadan Docteur Tariq et Mister Ramadan
  2. en janvier 2015, ce même journal refuse de publier la couverture du numéro 1178 de Charlie Hebdo : refus des caricatures de Charlie Hebdo, de même que Politiken qui salue le courage des caricaturistes français : Bo Lidegaard, rédacteur en chef de Politiken : Charlie montrait l’exemple
  3. Le directeur artistique ou D.A existe dans presque tous les journaux. Il est intégré dans l'ours au même titre que le rédacteur en chef, voir notamment : directeur artistique Le Monde, ou directeurs artistiques Libération ou Loran Stosskopf directeur artistique.
  4. Interrogé à Apostrophes en présence de l'auteur sur ce qu'il pensait du livre, Cavanna suggéra « d'aller plutôt directement aux sources ». Dans l'hebdomadaire, il précisa qu'il n'avait alors pas encore lu le livre, et avait trouvé celui-ci depuis « plutôt bien fait ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charlie Hebdo triple ses ventes avec les caricatures de Mahomet, nouvelobs, 4 Octobre 2012.
  2. « Charlie Hebdo, c'est la gauche plurielle » sur le courrier.ch du 9 avril 2010
  3. Jean-François Mignot et Céline Goffette (Sociologues), « Non, « Charlie Hebdo » n’est pas obsédé par l’islam », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 7 mars 2015).
  4. a et b « Un trait de liberté », rtsarchives, Radio télévision suisse « 10 documents vidéo à consulter »,‎ 1965-2005 (lire en ligne)
  5. Delfeil de Ton, « Vive Siné ! », Le Nouvel observateur, no 2281 du 24 juillet 2008, p.  2
  6. Quelle est l’origine du nom Charlie Hebdo ?, Lyon Capitale, 12 janvier 2015
  7. a et b Wolinski L'ex-rédacteur en chef de «Charlie mensuel», se souvient de «Peanuts» «Ça serait bien de renouer avec ce genre de BD», Libération, 4 février 2000
  8. a et b Cavanna et "les cons", Le Monde, 14 février 2006
  9. Couverture de Hara-Kiri Hebdo du 16 novembre 1970, site linternaute.com.
  10. il devient Charlie Hebdo. (Une référence à son mensuel Charlie et une allusion à Charles de Gaulle)
  11. le grand Charles
  12. Pourquoi Charlie Hebdo s'appelle Charlie Hebdo, Direct Matin, 8 janvier 2015
  13. Stéphane Mazurier, Bête, méchant et hebdomadaire. Une histoire de Charlie hebdo, 1969-1982, Buchet-Chastel,‎ 2009, p. 167
  14. « Charlie Hebdo », un journal régulièrement menacé, Le Monde, 7 janvier 2015
  15. «Droit de réponse» : la fièvre du samedi soir, Le Figaro, 31 juillet 2009
  16. Philippe Val, Les Années Charlie, Hoëboeke, 2004
  17. «Charlie Hebdo» publie «un guide du collabo», sur Libération,‎
  18. a et b Yves-Marie Labé et Dorian Saigre, Le Monde
  19. Isabelle Hanne, « On a tous failli crever pour ce journal », sur liberation.fr,‎ (consulté le 3 mars 2015)
  20. « Cabu et Val écrivent à l'Obs »
  21. no 1, 1992
  22. a et b Frédérique Roussel et Isabelle Hanne, «Charlie», satire dans tous les sens, sur liberation.fr,‎ (consulté le 3 mars 2015)
  23. Philippe Val 1992-2009
  24. a et b Charlie Hebdo vu par La République des lettres
  25. voir les comptes 2012
  26. les éditions rotatives
  27. La Mouise
  28. Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo, 3 décembre 2004.
  29. Michel Boujut débarqué en 2003
  30. Olivier Cyran, L’opinion du patron, Les Mots Sont Importants, 4 mars 2006.
  31. Misrahi cité par Acrimed
  32. contre Fallaci
  33. Charlie Hebdo, un journal au cœur des polémiques.
  34. a et b The Times of Israël
  35. - Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo - Philippe Corcuff
  36. a et b Siné tout est bon dans le non
  37. le oui de Val
  38. a, b, c et d Serge Kaganski, « De l’affaire des caricatures à la tuerie du 7 janvier, comment Charlie Hebdo est devenu une cible », sur lesinrocks.com,‎ (consulté le 3 mars 2015)
  39. Politiken s'excuse
  40. [1]
  41. genèse de C'est dur
  42. documentaire : C'est dur d'être aimé par des cons
  43. diffusion en salle du document
  44. Jean-Pierre Dubois (Président de la LDH), Henri Leclerc et Michel Tubiana (Présidents d'honneur de la LDH), « Dialoguer plutôt que diaboliser l'islam politique », Libération, 16 mai 2006.
  45. Charlie Hebdo, avec les compliments de la culture
  46. sur le site du ministère de la culture
  47. "Caricatures de Mahomet : Charlie Hebdo a été relaxé- 29 mars 2007 - L'Obs"
  48. Ce qui vaut au journal des procès d'associations catholiques. Source : « Le procès de Plantu renvoyé au 1er juillet », sur lepoint.fr,‎ , « Charlie Hebdo », 22 ans de procès en tous genres, sur lemonde.fr,‎ .
  49. Libération
  50. LeMonde.fr : Du bon usage du pamphlet
  51. « Charlie Hebdo a (enfin) un site officiel ! », Charlie enchaîné, 10 septembre 2008.
  52. « Philippe Val quitte Charlie », site internet de Charlie Hebdo, mardi 12 mai 2009.
  53. « Charlie Hebdo après le départ de Philippe Val », lesinrocks.com, 18 juin 2009.
  54. a, b et c « Où en est Charlie », Charlie enchaîné, 9 juillet 2009.
  55. « Charb au charbon », Le nouvel Économiste, 22 octobre 2009.
  56. « Charlie Hebdo fait appel à un prestataire pour réaliser des économies », Charlie enchaîné, 19 avril 2010.
  57. Éditorial de Charb du mercredi 9 juin 2010.
  58. « Cabu reste actionnaire de Charlie Hebdo », Charlie enchaîné, 4 mars 2011.
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  132. Antoine Guiral, « Les 173 704 signatures de Charlie Hebdo », Libération,‎ (lire en ligne).
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  134. a et b annonce de la remise du prix
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  136. article de Vladislav Davidzon
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  139. standing ovation pour Charlie
  140. Agnès Poirier, Marianne n° 944 du 22 au 28 mai 2015, p. 84
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  142. revue de presse
  143. ignoble argument : l'arrogance.
  144. Les Inrocks Alain Mabanckou
  145. édito de Pierre Assouline