Causette

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Causette
Image illustrative de l'article Causette

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Genre Presse féminine
Prix au numéro 5,50 euros
Diffusion 67 000 ex. (mars 2014)
Date de fondation 2009
Ville d’édition Paris

Propriétaire Les Éditions Gynéthic SARL
Directeur de publication Grégory Lassus-Debat
ISSN 2100-9791
Site web Causette

Causette est un magazine féminin français mensuel, créé par les Éditions Gynéthic, une maison d'édition indépendante fondée en par Gregory Lassus-Debat et Gilles Bonjour.

Contenu rédactionnel[modifier | modifier le code]

Sa devise est « plus féminine du cerveau que du capiton ». Sa ligne éditoriale privilégie l'enquête journalistique, le reportage, le portrait et l'interview aux classiques du genre, avec humour et sur un ton décalé. Selon The Times, qui en fait un « symbole de la renaissance féministe française », « Causette transgresse toutes les règles de la presse féminine française »[1]. Le magazine compte parmi ses sources d'inspiration la revue XXI[2].

Le magazine se revendique féministe sans vouloir s'enfermer dans une image stéréotypée du terme[3],[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Création et premières années[modifier | modifier le code]

Le journal sort son premier numéro le samedi à la veille de la Journée internationale des femmes[5]. Selon son fondateur, les fonds de départ du journal viennent d'un crédit à la consommation[6]. Selon son fondateur et directeur de la publication Gregory Lassus-Debat (dont c'est la première expérience comme dirigeant d'une entreprise[6]) le magazine a la volonté de considérer les femmes non comme des consommatrices mais comme « des êtres sociaux doués d’intelligence et de subjectivité, intéressés par le monde qui les entoure et envieux de passer un bon moment »[5]. Ce premier numéro contient un portrait de Fadela Amara, un autre d'une prostituée âgée et un reportage sur la République démocratique du Congo[5]. Ce premier numéro ne contient qu'une seule page de publicité[5].

Le magazine est d'abord un bimestriel puis devient un mensuel en 2011[6].

2012-2013 : développement du magazine[modifier | modifier le code]

En février 2012, Causette devient le premier magazine féminin à être reconnu « publication d'information politique et générale » par le ministère de la culture et à être membre de l'association Presse et Pluralisme.

Le , Causette est élu « meilleur magazine de Presse » de l'année par le jury du Grand Prix des Médias de CBnews[7].

Le , Causette gagne son premier procès après l'annulation de la citation à comparaître pour diffamation initiée par Rémi Pauvros, maire de Maubeuge[8]. Le magazine avait écrit que des affaires de viols collectifs sur une collaboratrice du maire n'avaient pas été communiqués au parquet comme le maire en avait l'obligation[8].

Le , Causette reçoit le prix « Coup de Cœur » à l'unanimité du jury du meilleur magazine de l'année, prix organisé par le Syndicat des éditeurs de la presse magazine[9].

2013 : polémiques et tensions sociales[modifier | modifier le code]

En , le magazine publie un article qui suscite les critiques sur une affaire d'atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans : Causette est alors accusé de complaisance sexiste à l'égard de la pédophilie féminine[10]. Le magazine présente ensuite des excuses[11].

En septembre 2013, la manière de diriger de Gregory Lassus-Debat est très critiquée et le personnel du journal rédige une lettre « signée par l’entièreté des salariés et des pigistes » pour dénoncer son « management par la peur[6]. » L'ambiance est très mauvaise dans l'équipe du magazine : il y a plusieurs départs et l'inspection du travail a ouvert une enquête[6]. Le journal ayant connu une bonne progression de ses ventes, il semble que la pression sur les salariés se soit accrue au fil du temps[6]. La manière dont Gregory Lassus-Debat, 31 ans à l'époque, dirige le journal est très contestée, il est considéré comme très colérique, « méfiant »« gér[ant] tout à l'affect[6]. » Alors qu'il n'a pas officiellement le poste de directeur de la rédaction, les journalistes se plaignent de son interventionnisme sur les articles qu'il commande, corrige et modifie[6]. Gregory Lassus-Debat explique qu'il s'agit de problèmes de personnes et rappelle qu'ayant fondé Causette et « inventé sa ligne éditoriale » il s'estime capable de continuer à le diriger[6].

En novembre 2013, une nouvelle polémique éclate après un dossier anti-prostitution et notamment un article intitulé « 55 raisons de résister à la tentation ». Il s'agit d'un article listant d'une façon qui se veut humoristique les raisons de ne pas avoir recours à des prostituées. Des militantes féministes considèrent cet article insultant et méprisant à l'égard des prostituées[12]. Le Syndicat du travail sexuel (STRASS) publie un communiqué sur son site où il accuse le magazine de « putophobie », de « sexisme », « [d']incitation au viol » et de « racisme[13]. » Le magazine Les Inrockuptibles déplore fin octobre 2013 l'absence d'explications données par Causette lors de cette polémique[12]. Une journaliste expliquera en 2014 que « personne n’assumait ces blagues » et que des membres de la rédaction ont essayé vainement d'en empêcher la parution mais que Gregory Lassus-Debat aurait tenu a ce que l'article paraisse[6]. Grégory Lassus-Debat expliquera qu'il s'agissait « [d']ironie par antiphrases[6]. »

Cette polémique n'améliore pas le climat à l'intérieur du journal. Une motion de défiance à l'égard de la rédactrice en chef et une grève sont votées en novembre 2013 et une médiation est menée par le Syndicat national des journalistes qui constate un certain manque de rigueur de la direction du journal[6].

Depuis 2014[modifier | modifier le code]

En , pour ses 5 ans, Causette publie le livre La Guerre Invisible : Révélation sur les violences sexuelles dans l'armée française (co-édition Les Arènes - Causette). Causette a détaché de sa rédaction deux de ses journalistes, Julia Pascual et Leila Minano, sur cette enquête qui a duré près de 2 ans. Au lendemain de la publication du livre, le Ministère de la Défense (France) lance une enquête interne au sein de l'armée[14].

En , le mensuel reçoit le prix du magazine de l'année dans la catégorie « Passion » de la part du jury du Syndicat des Éditeurs de Presse Magazine [15]. Mais quelques jours après il est placé en redressement judiciaire[16]. Le magazine souffre d'un déficit de 600 000 euros venant du manque à gagner des deux numéros non sortis lors de la grève de 2014, du financement des ruptures conventionnelles de contrat de travail qui ont suivi ce conflit et de graves erreurs comptables venue du cabinet extérieur responsable du magazine[16].

En , selon le site d'actualité BuzzFeed, la société éditrice de Causette, Gynethic, est condamnée pour des faits de harcèlement moral sur l'une de ses employées, Anne-Laure Pineau, sentence confirmée en première instance le . À cette condamnation s'ajoute des faits de « manquement à l’obligation de sécurité de résultat », ce qui qualifie le fait que l’employeur n’a pas pris les mesures nécessaires pour la santé de son salarié[17].

Diffusion[modifier | modifier le code]

D'après l'éditeur, le premier numéro de Causette est paru à 20 000 exemplaires le , à la veille de la Journée internationale des droits des femmes.

Dès 2010, l'OJD certifie les chiffres de diffusion du magazine[18]. En 2013, la diffusion totale payée s'élève à 67 208 exemplaires/numéro.

En mars 2013, pour ses quatre ans, il est tiré à 147 000 exemplaires distribués dans plus de 17 000 points de ventes dans toute la France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe, à la Réunion, au Québec, en Suisse, en Belgique et en polynésie. Il est également diffusé par Internet et en format numérique.

Le , Causette reçoit une « étoile de l'OJD » pour récompenser la meilleure progression de vente en pourcentage entre 2011 et 2012 (+44.1 %)[19].

Le , Causette reçoit une « étoile de l'OJD » pour récompenser la meilleure progression de vente en volume entre 2012 et 2013 (+28,1 %)[19]. Néanmoins les ventes décroissent de 11% en 2014, avant de remonter à environ 67 000 exemplaires mensuels au premier trimestre 2015[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Magazine Hailed as a Symbol of France's Feminist Renaissance », The Times, 2 décembre 2010.
  2. Sabrina Champenois, « Tout feu tout femmes », sur liberation.fr,‎ (consulté le 5 août 2011).
  3. « Presse magazine féminine : on fait la causette ? », sur jefaisletemps.com,‎ (consulté le 30 octobre 2015).
  4. « Edito du numéro #5 », sur causette.fr,‎ (consulté le 30 octobre 2015).
  5. a, b, c et d Emmanuelle Bourget, « Causette, un nouveau féminin en kiosques », Rue89,‎ (lire en ligne).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Isabelle Hanne, « Cassure à «Causette» », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. CBnews.
  8. a et b Carole Boinet, « Procès de Causette : le verdict est tombé », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne).
  9. « Les Magazines de l’année 2013 », sur Graphiline.com,‎ (consulté le 13 février 2015).
  10. Cécile Schilis-Gallego, « Après le Nouvel Obs, Causette se prend les pieds dans la pédophilie féminine », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  11. Grégory Lassus-Debat et Liliane Roudière, « « Une liaison particulière » : Causette s’explique et s’excuse », Rue89,‎ (lire en ligne).
  12. a et b Carole Boinet, « Causette : nouvelle polémique autour d’un article contre la prostitution », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne).
  13. « Causette est abo, Causette est minable, Causette est abominable », sur STRASS (consulté le 13 février 2015).
  14. AFP, « Violences sexuelles contre les femmes soldats : une enquête est ouverte », Libération,‎ (lire en ligne).
  15. « Les Magazines de l’année 2015 », sur lapressemagazine.fr,‎ .
  16. a, b et c « Le magazine féminin « Causette » placé en redressement judiciaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  17. «Pour rien au monde je ne voudrais retourner travailler à Causette» (consulté le 24 juin 2016)
  18. OJD.
  19. a et b OJD.

Liens externes[modifier | modifier le code]