Elsa Dorlin

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Elsa Dorlin
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Elsa Dorlin (née en 1974) est une philosophe française. Elle étudie les imbrications entre les rapports de genre et de race ainsi que les logiques de domination.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 2004, Elsa Dorlin soutient la thèse de philosophie Au chevet de la Nation : sexe, race et médecine : XVIIe-XVIIe siècles à l'Université Paris-Sorbonne[1]. De 2005 à 2011, elle est maîtresse de conférences en histoire de la philosophie, histoire des sciences, à l'UFR de philosophie de l'université Panthéon-Sorbonne. Elle est ensuite professeure des universités, elle enseigne la philosophie politique et sociale à l'université Paris-VIII. En 2014, elle rejoint l'équipe du Centre d’études féminines et d’études de genre de Paris VIII[2].

En 2009, elle reçoit la médaille de bronze du CNRS (section 35) pour l'ensemble de ses travaux sur la philosophie et le genre et l'épistémologie féministe[3].

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans La matrice de la race : généalogie sexuelle et coloniale de la nation française publié en 2006, Elsa Dorlin s’intéresse à l'élaboration du discours sur le genre aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle. Pour cela, elle étudie une centaine de traités médicaux entre 1559 et 1829. Au XVIIe siècle, la médecine catégorisent les corps : le sain et le malsain. Le corps des femmes est considérée comme pathogène, donc malsain. La grossesse est perçue comme une maladie mortelle. Cette catégorisation basée sur des caractéristiques physiologiques et physionomiques des corps des femmes sert à justifier et légitimer les inégalités entre les femmes et les hommes[4]. Au XVIIIe siècle, ce discours change. Il évolue avec l'émergence du concept de race et l'idée de la nation. Le corps des Noirs devient pathogène. Celui de la femme blanche, mère des enfants d'une nation forte devient sain et vigoureux, par opposition à la prostituée ou à l’esclave africaine. Elsa Dorlin montre que la catégorisation sexuelle féminim /masculin et sain/malsain a participé à la hiérarchisation des groupes humains[5]. Son travail s’inscrit dans la filiation des travaux féministes de Paola Tabet sur le maternage, et de Colette Guillaumin sur la catégorisation de sexe et de race et du black feminism[4].

Dans Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe publié en 2008, Elsa Dorlin reprend 40 ans de théories féministes et synthétise des concepts, proches et souvent confondus, que les philosophes féministes, principalement anglo-saxonnes, ont définis et articulés, à savoir, le sexe, le genre et la sexualité[6]. À partir de la déconstruction des normes définissant le sexe biologique, le genre comme construction sociale de la féminité et de la masculinité et la sexualité avec le prima de l'hétérosexualité, Elsa Dorlin analyse les rapports de pouvoir et de domination à l’œuvre derrière cette normalisation[7].

Dans Se défendre : une philosophie de la violence publié en 2017, Elsa Dorlin donne à penser une généalogie de l'autodéfense, violence considérée comme illégitime des minorités qui de tout temps ont du lutter pour faire entendre leur voix ou même rester en vie. Violence illégitime de la défense de soi des opprimés qu'elle oppose à la légitime défense, réservée à une minorité dominante[8] ,[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Se défendre : une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, 2017, 252 pages, http://www.editions-zones.fr/
  • Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, PUF, coll. « Philosophies », , 153 p.
  • La matrice de la race : généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui / Genre et sexualité », 2006, 308 p.
  • L'évidence de l’égalité des sexes : une philosophie oubliée au 17e siècle, Paris, L’Harmattan, 160 p., coll. «  Bibliothèque du féminisme », 2001.

Direction et participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Avec Isabelle Clair (dir.), Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique, Paris, Éditions Ixe, 272 pages. Introduction générale La République vue par une étrangère : http://editions-ixe.fr/sites/default/files/livres/fch/elenivarikas_introduction_0.pdf
  • Avec Eva Rodriguez (dir.), Penser avec Donna Haraway, Paris, PUF, coll. « Actuel Marx/Confrontations », 2012, 248 pages.
  • Avec Éric Fassin (dir.), Reproduire le genre, Paris, BPI, 2010, 192 p.
  • Sexe, race, classe : pour une épistémologie de la domination, Paris, PUF, coll. « Actuel Marx/Confrontations », 2009.
  • Avec Éric Fassin (dir.), Genres et sexualités, Paris, BPI, 2009, 235 p.
  • Black Feminism, recueil de textes, Paris, L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2007.
  • Avec Hélène Rouch et Dominique Fougeyrollas (dir.), Le corps, entre sexe et genre, Paris, L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2005, 168 p.
Marie-Blanche Tahon, « compte rendu: Hélène Rouch, Elsa Dorlin et Dominique Fougeyrollas-Schwebel (dir.) Le corps, entre sexe et genre. Paris, L’Harmattan, Collection « Bibliothèque du féminisme », 2005, 170 p. », in Recherches féministes, vol.  20, no 2, 2007, p. 200-205 (consultable en ligne)

Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Au chevet de la Nation : sexe, race et médecine : XVIIe-XVIIe siècles », theses.fr, Paris 4,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2019)
  2. « Centre d'études féminines sur le genre », sur cefeg.univ-paris8.fr, (consulté le 16 janvier 2019)
  3. « Biographie de Elsa Dorlin », sur www.philomag.com, (consulté le 16 janvier 2019)
  4. a et b Eleni Varikas, « Elsa Dorlin : Au chevet de la nation. Sexe, race et médecine (XVIIe-XVIIIe siècle) », Nouvelles Questions Féministes, vol. 25, no 2,‎ , p. 128–131 (ISSN 0248-4951, DOI 10.3917/nqf.252.0128, lire en ligne, consulté le 28 mars 2018)
  5. Capdevila, Luc, « Elsa Dorlin, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française,. Paris, La découverte, collection textes à l’appui/genre & sexualité, 2006, 308 pages. », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 27,‎ (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le 28 mars 2018)
  6. Nicolas Truong, « Le conflit des féminismes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2019)
  7. Mathieu Trachman, « Le féminisme comme pratique politique », La Vie des idées,‎ (ISSN 2105-3030, lire en ligne, consulté le 4 avril 2018)
  8. Munguía Aguilar, Rocío, « Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, lire en ligne, consulté le 4 avril 2018)
  9. Jean Birnbaum, « Elsa Dorlin, philosopher à mains nues », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]