Elsa Dorlin

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Elsa Dorlin
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Elsa Dorlin (née en 1974) est une philosophe française. Professeure des universités, elle enseigne la philosophie politique et sociale à l'université Paris-VIII. De 2005 à 2011, elle a été maîtresse de conférences en histoire de la philosophie, histoire des sciences, à l'UFR de philosophie de l'université Panthéon-Sorbonne. En 2009, elle a reçu la médaille de bronze du CNRS (section 35) pour l'ensemble de ses travaux sur la philosophie et le genre et l'épistémologie féministe.

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

La matrice de la race : généalogie sexuelle et coloniale de la nation française (2008)[modifier | modifier le code]

Dans La matrice de la race : généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Elsa Dorlin s’intéresse à la fabrication de la race et comment la médecine après avoir défini des catégories saines et malsaines, décrit des pathologies propres aux femmes qui permettent de naturaliser les inégalités entre hommes et femmes, a ensuite érigé le modèle de la mère (matrice) pour établir des hiérarchies entre les femmes.[réf. nécessaire][1],[2]. Au seizième siècle, par exemple, on diagnose, au travers de sa lubricité, la prostituée à qui l’on confère un « tempérament chaud et sec »[réf. nécessaire], habituellement attribué à l’homme. C’est ainsi que son « corps mutant » est médicalisé et qu’on lui découvre une virilisation. On fera de même avec la femme africaine sexuellement insatiable, qui s’oppose à la femme blanche. La femme africaine contribue donc à définir l’image de la mère blanche « saine et vigoureuse ». Cette inter influence entre médecine, politique et race contribue à « fabriquer » le genre.[réf. nécessaire].

Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe (2008)[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage, Elsa Dorlin reprend 40 ans de théories féministes et synthétise des concepts, proches et souvent confondus, que les philosophes féministes, principalement anglo-saxonnes, ont définis et articulés, à savoir, le sexe, le genre et la sexualité. À partir de la déconstruction des normes définissant le sexe biologique, le genre comme construction sociale de la féminité et de la masculinité et la sexualité avec le prima de l'hétérosexualité, Elsa Dorlin analyse les rapports de pouvoir et de domination à l’œuvre derrière cette normalisation[3].

Se défendre : une philosophie de la violence (2017)[modifier | modifier le code]

Dans Se défendre : une philosophie de la violence, Elsa Dorlin donne à penser une généalogie de l'autodéfense, violence considérée comme illégitime des minorités qui de tout temps ont du lutter pour faire entendre leur voix ou même rester en vie. Violence illégitime de la défense de soi des opprimés qu'elle oppose à la légitime défense, réservée à une minorité dominante[4].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Se défendre : une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, 2017, 252 pages, http://www.editions-zones.fr/
  • Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, PUF, coll. « Philosophies », , 153 p.
  • La matrice de la race : généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui / Genre et sexualité », 2006, 308 p.
  • L'évidence de l’égalité des sexes : une philosophie oubliée au 17e siècle, Paris, L’Harmattan, 160 p., coll. «  Bibliothèque du féminisme », 2001.

Direction et participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Avec Isabelle Clair (dir.), Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique, Paris, Éditions Ixe, 272 pages. Introduction générale La République vue par une étrangère : http://editions-ixe.fr/sites/default/files/livres/fch/elenivarikas_introduction_0.pdf
  • Avec Eva Rodriguez (dir.), Penser avec Donna Haraway, Paris, PUF, coll. « Actuel Marx/Confrontations », 2012, 248 pages.
  • Avec Éric Fassin (dir.), Reproduire le genre, Paris, BPI, 2010, 192 p.
  • Sexe, race, classe : pour une épistémologie de la domination, Paris, PUF, coll. « Actuel Marx/Confrontations », 2009.
  • Avec Éric Fassin (dir.), Genres et sexualités, Paris, BPI, 2009, 235 p.
  • Black Feminism, recueil de textes, Paris, L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2007.
  • Avec Hélène Rouch et Dominique Fougeyrollas (dir.), Le corps, entre sexe et genre, Paris, L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2005, 168 p.
Marie-Blanche Tahon, « compte rendu: Hélène Rouch, Elsa Dorlin et Dominique Fougeyrollas-Schwebel (dir.) Le corps, entre sexe et genre. Paris, L’Harmattan, Collection « Bibliothèque du féminisme », 2005, 170 p. », in Recherches féministes, vol.  20, no 2, 2007, p. 200-205 (consultable en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eleni Varikas, « Elsa Dorlin : Au chevet de la nation. Sexe, race et médecine (XVIIe-XVIIIe siècle) », Nouvelles Questions Féministes, vol. 25, no 2,‎ , p. 128–131 (ISSN 0248-4951, DOI 10.3917/nqf.252.0128, lire en ligne)
  2. Capdevila, Luc, « Elsa Dorlin, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française,. Paris, La découverte, collection textes à l’appui/genre & sexualité, 2006, 308 pages. », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 27,‎ (ISSN 1252-7017, lire en ligne)
  3. Mathieu Trachman, « Le féminisme comme pratique politique », La Vie des idées,‎ (ISSN 2105-3030, lire en ligne)
  4. Munguía Aguilar, Rocío, « Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]