Éric Fassin

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Éric Fassin
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Éric Fassin en 2019.
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Éric Fassin, né le [1],[2], est un sociologue et américaniste[3],[4],[5] français[6],[7],[8], professeur de sociologie à l'université Paris VIII - Saint-Denis-Vincennes, spécialisé dans les questions de genre (particulièrement la masculinité) et de race.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l’École normale supérieure, où il est entré en 1979, Éric Fassin est agrégé d'anglais. En 1995, il participe au stage Young Leaders organisé par la French-American Foundation[9][source insuffisante].

Il est chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (sciences sociales, politique, santé), unité mixte de recherche associant le CNRS, l’Inserm, l’EHESS et l’université Paris 13 Nord[10],[11]. Il travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales, en France et aux États-Unis[11].

Chargé de cours à l'Institut d'études du genre de l'université de Genève, il est l'introducteur en France de la pensée de Judith Butler[réf. nécessaire] qui interprète le jeu avec les codes normatifs du genre ou de la classe sociale comme un acte politique et identitaire. En 2006, il préface la parution française de Trouble dans le genre. En 2008, il obtient son habilitation à diriger des recherches (HDR) bien qu'il n'ait jamais soutenu de thèse de doctorat[réf. nécessaire][12].

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le frère du docteur Didier Fassin.

Travail de chercheur[modifier | modifier le code]

Éric Fassin s'intéresse aux rapports de domination de classe, de race et de genre, dans une approche en terme d'agentivité[11].

En tant que sociologue, il regrette que l'usage du concept de racisme d'État soit perçu en France comme étant de la « diffamation » contre l'État et qu'il tende à être tabou :

« Interdire à des gens d'utiliser le vocabulaire qui leur permet de rendre compte d'une expérience manifestement discriminatoire qui implique l’Etat, et pour lequel l’Etat a d'ailleurs été condamné par la justice, ça me parait un abus de pouvoir extrêmement dangereux[13]. »

Selon les journalistes à La Croix Pascal Charrier et Bernard Gorce, Éric Fassin, aux côtés de Geoffroy de Lagasnerie, de l’écrivain Édouard Louis et de Maboula Soumahoro, forme un groupe d'intellectuels d’extrême gauche relayant une approche identitaire américaine « plus militante que scientifique », selon les mots de la chercheuse Myriam Cottia[8].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2017, Eric Fassin signe une tribune, « Contre la pénalisation du harcèlement de rue », afin de ne pas faire de la rue la cible renouvelée des politiques publiques, visant les populations qui l’occupent, lesquelles appartiennent souvent aux fractions paupérisées et racisées[14],[15][pertinence contestée].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Daniel Borrillo, Éric Fassin et Marcela Iacub (dir.), Au-delà du PACS : L’expertise familiale à l’épreuve de l’homosexualité, Paris, PUF, coll. « Politique d’aujourd’hui », , 2e éd. (1re éd. 1999) (ISBN 978-2-13-051990-4)
  • Liberté, égalité, sexualités : actualité politique des questions sexuelles, avec Clarisse Fabre, Paris, Belfond/Le Monde, 2003 ; réédition augmentée, coll. « 10/18 »,
  • L’Inversion de la question homosexuelle, Paris, Amsterdam, 2005
  • De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, avec et sous la direction de Didier Fassin, Paris, La Découverte, 2006
  • Discriminations : pratiques, savoirs, politiques, direction avec Jean-Louis Halpérin, Paris, La Documentation Française, 2008
  • Le Sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique, Paris, éd. EHESS, 2009
  • Reproduire le genre, Paris, éd. BPI, 2010
  • Homme, femme, quelle différence ? La théorie du genre en débat, avec Véronique Margron, coll. « Controverses », éditions Salvator, 2011 (ISBN 978-2-70670850-3)
  • Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d'État, Éditions La Découverte, coll. « Cahiers Libres », 2012
  • Roms & riverains. Une politique municipale de la race, avec Carine Fouteau, Serge Guichard et Aurélie Windels, La Fabrique Éditions, 2014
  • Gauche, l'avenir d'une désillusion, Textuel, 2014
  • Raewyn W. Connell, Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie, Meoïn Hagège et Arthur Vuattoux (éd.), postface d'Éric Fassin, Paris, Éditions Amsterdam, 2014
  • Populisme : le grand ressentiment, Paris/61-Lonrai, Textuel, , 96 p. (ISBN 978-2-84597-578-1)

Préface[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fassin, Éric (1959-…), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).
  2. Cf. notice du catalogue Sudoc.
  3. « Joan W. Scott et Eric Fassin », sur France Culture, (consulté le ).
  4. « Éric FASSIN », sur Éditions La Découverte (consulté le ).
  5. « Eric Fassin reçu par 'nouvelobs.com », sur L'Obs, (consulté le ).
  6. « A propos d’un racisme inversé », sur Le Soir Plus, (consulté le ) : « Il s'est même trouvé un sociologue d'extrême gauche, Eric Fassin, pour lancer une pétition en faveur “du droit à la non-mixité” ».
  7. Sylvain Boulouque, La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), Fondation pour l’innovation politique, , 60 p., p. 21;35.
  8. a et b « En France, l’influence américaine des nouveaux antiracistes », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  9. « Earlier Classes », sur frenchamerican.org.
  10. Voir sur iris.ehess.fr..
  11. a b et c Chantal Crenn et Simona Tersigni, « Entretien avec Éric Fassin », Corps, vol. N° 10, no 1,‎ , p. 21 (ISSN 1954-1228 et 1969-6957, DOI 10.3917/corp1.010.0021, lire en ligne, consulté le ).
  12. Bruno Rieth, « Eric Fassin et Didier Eribon, petites dérogations entre amis », Marianne,‎ , p. 25
  13. « "Racisme d'Etat" : derrière l'expression taboue, une réalité discriminatoire », sur France Culture, (consulté le ).
  14. Valentine Faure, « Harcèlement dans l’espace public : #IndifferenceZero », Marie Claire, (consulté le ).
  15. Jack Dion, « Harcèlement de rue : quand les antiracistes stigmatisent… « les racisés » », Marianne, .

Liens externes[modifier | modifier le code]