Éric Fassin

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Éric Fassin
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Éric Fassin, né le [1],[2], est un sociologue français, professeur de sociologie à l'université Paris VIII - Saint-Denis-Vincennes ainsi qu'un militant politique se revendiquant de la gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l’École normale supérieure, où il est entré en 1979, Éric Fassin est agrégé d'anglais. En 1995, il participe au stage Young Leaders organisé par la French-American Foundation[3].

Il est chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (sciences sociales, politique, santé), unité mixte de recherche associant le CNRS, l’Inserm, l’EHESS et l’université Paris 13 Nord[4]. Sociologue engagé dans le débat public, affirmant voter « pour la gauche, si médiocre et modérée fût-elle », mais récusant le qualificatif de « sociologue de l’ultra-gauche »[5], il travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales, en France et aux États-Unis.

Chargé de cours à l'Institut d'études du genre de l'université de Genève, il est l'introducteur en France de la pensée de Judith Butler[réf. nécessaire] qui interprète le jeu avec les codes normatifs du genre ou de la classe sociale comme un acte politique et identitaire. En 2006, il préface la parution française de Trouble dans le genre.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le frère de Didier Fassin.

Interventions et prises de positions[modifier | modifier le code]

Fassin s'exprime en faveur de l'accueil des migrants en France, soutient l'« antiracisme politique »[6] et considère que la laïcité peut être utilisée comme un outil islamophobe[7].

Il défend le droit de recourir à des pratiques de « non-mixité », dans le cadre d'une polémique médiatique entourant l'organisation, en août 2016, d'un camp d'été décolonial offre des espaces de réflexion réservés aux personnes d'ascendance africaine et/ou aux femmes[8]. Il défend également la légitimité de la perspective intersectionnelle[9], qui consiste à considérer l'effet sociologique spécifique à l'intersection de différentes oppressions (sexe, classe sociale, identité culturelle, origine ethnique, handicap, âge, etc.), en plaçant dès lors le vécu des oppressions au fondement de l'analyse. Cette notion forgée en 1989-1990 par Kimberlé Crenshaw et Patricia Hill Collins est critiquée dans plusieurs cercles intellectuels et politiques.

En 2017, il signe une tribune « Contre la pénalisation du harcèlement de rue », parce qu'une telle mesure stigmatiserait selon lui « les racisés », en référence au concept sociologique forgé par Colette Guillaumin pour décrire les personnes sujettes à un phénomène de « racisme structurel »[10].

En , il signe une tribune d'universitaires indignés que la Fondation Feltrinelli, réputée de gauche, invite Alain de Benoist et Florian Philippot, représentants de l'extrême droite politique[11].

Critiques[modifier | modifier le code]

Polémique sur les travaux d'Hugues Lagrange[modifier | modifier le code]

Intervenant dans la controverse qui fait suite à la publication de l'essai d'Hugues Lagrange, Le Déni des cultures (2010), Éric Fassin lui reproche une approche culturaliste et conteste les chiffres de cet ouvrage en parlant « d'approximation » et « d'une volonté de grossir le problème »[12]. Sébastien Fath, se rangeant du côté de Lagrange dénonce « la tentative de lynchage médiatique » qu'il oppose à la « réflexion nuancée, étayée, éclairante, pragmatique, dépourvue de toute idéologie péremptoire » de Lagrange. Il juge le propos de Fassin « particulièrement nauséabond, à la fois dans ses caricatures de la pensée de Lagrange, ses amalgames douteux… et dans ses sous-entendus politiciens[13]. »

Critique d'extrême droite[modifier | modifier le code]

Initiateur de la tribune collective « Défendons les études de genre à l'école ! » publiée par Le Monde le 17 septembre 2011, Éric Fassin est « lauréat », avec Luc Chatel et Judith Butler, du prix Lyssenko en 2012. Ce prix parodique est décerné chaque année par le Carrefour de l'horloge, cercle de pensée d'extrême droite, pour la « désinformation en matière scientifique ou historique, avec des méthodes et arguments idéologiques[14] ».

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Daniel Borrillo, Éric Fassin et Marcela Iacub (dir.), Au-delà du PACS : L’expertise familiale à l’épreuve de l’homosexualité, Paris, PUF, coll. « Politique d’aujourd’hui », , 2e éd. (1re éd. 1999) (ISBN 978-2-13-051990-4)
  • Liberté, égalité, sexualités : actualité politique des questions sexuelles, avec Clarisse Fabre, Paris, Belfond/Le Monde, 2003 ; réédition augmentée, coll. « 10/18 », octobre 2004
  • L’Inversion de la question homosexuelle, Paris, Amsterdam, 2005
  • De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, avec et sous la direction de Didier Fassin, Paris, La Découverte, 2006
  • Discriminations : pratiques, savoirs, politiques, direction avec Jean-Louis Halpérin, Paris, La Documentation Française, 2008
  • Le Sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique, Paris, éd. EHESS, 2009
  • Reproduire le genre, Paris, éd. BPI, 2010
  • Homme, femme, quelle différence ? La théorie du genre en débat, avec Véronique Margron, coll. « Controverses », éditions Salvator, 2011 (ISBN 978-2-70670850-3)
  • Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d'État, Éditions La Découverte, coll « Cahiers Libres », 2012
  • Roms & riverains. Une politique municipale de la race, avec Carine Fouteau, Serge Guichard et Aurélie Windels, La Fabrique Éditions, 2014
  • Gauche, l'avenir d'une désillusion, Textuel, 2014
  • Raewyn W. Connell, Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie, Meoïn Hagège et Arthur Vuattoux (éd.), postface d'Éric Fassin, Paris, Éditions Amsterdam, 2014
  • Populisme : le grand ressentiment, Textuel, , 96 p. (ISBN 978-2845975781)

Préface[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fassin, Éric (1959-....), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 22 septembre 2016)
  2. Cf. notice du catalogue Sudoc
  3. « Earlier Classes », sur frenchamerican.org.
  4. Voir sur iris.ehess.fr.
  5. « Un an après la présidentielle : la tentation "gauchiste" », Éric Fassin, blogs.mediapart.fr, 5 mai 2013.
  6. Collectif, « Pour un antiracisme politique », sur liberation.fr, .
  7. Éric Fassin, « Laïcité négative : une islamophobie sans voile », sur blogs.mediapart.fr, .
  8. Collectif, « Pour le droit à la non-mixité », sur blogs.mediapart.fr, .
  9. Éric Fassin, « Comment un colloque sur "l'intersectionnalité" a failli être censuré », sur nouvelobs.com, 20 mai2017.
  10. Jack Dion, « Harcèlement de rue : quand les antiracistes stigmatisent… "les racisés" », marianne.net, 27 septembre 2017.
  11. « Fondation Feltrinelli : "nous sommes indignés par votre aveuglement politique" », sur blogs.mediapart.fr, .
  12. « Polygamie : Le Point et la fabrication sociologico-médiatique d’une panique morale », Eric Fassin et Didier Fassin, première parution dans Le Monde, 30 septembre 2010.
  13. « Le Déni des cultures : un pavé dans la mare d'Hugues Lagrange », Sébastien Fath, blogdesebastienfath, .
  14. Éric Fassin, « Dans le genre gênant. Politiques d'un concept », dans Isabelle Collet et Caroline Dayer (dir.), Former envers et contre le genre, Bruxelles, De Boeck, coll. « Raisons éducatives », , 300 p. (ISBN 978-2-804-18924-2), p. 31-32.

Liens externes[modifier | modifier le code]