Thomas W. Laqueur

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Thomas Walter Laqueur né le , est un historien de la médecine, de la sexualité et du genre de nationalité américaine. Il a impulsé la recherche sur le sexe et le genre en publiant en 1990 La fabrique du sexe, ouvrage dans lequel il propose deux modèles : celui du sexe unique et celui des deux sexes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est médecin légiste et son oncle isole l'hormone féminine l'œstrogène. Il soutient sa thèse en 1973 à l'Université de Princeton[1]. Il est professeur distingué en histoire à l' Université de Californie à Berkeley[2].

Il publie en 1990 (traduit en français en 1992), La fabrique du Sexe, ouvrage dans lequel il développe l'idée d'une sexualisation du genre à l'époque des Lumières[3].

Dans son ouvrage Le Travail des morts, traduit en français en 2018, il questionne notre rapport aux morts mêlant anthropologie et histoire sur la période allant de la révolution française aux années 2000[4].

Modèle du sexe unique[modifier | modifier le code]

Thomas Laqueur propose dans La fabrique du sexe : essai sur le corps et le genre en Occident que la définition du féminin et du masculin est variable dans le temps et qu'elle n'a pris la forme binaire basée sur les différences biologiques qu'au XVIIIe siècle. Auparavant, les femmes sont perçues comme des êtres humains inachevés ou imparfaits. C'est avec le développement de la médecine et de la biologie au XVIIIe siècle, que la différenciation se base sur la biologie et donc le sexe[5]. Il postule que les définitions de sexe et de genre sont historiquement différentes et mouvantes. Dans le modèle du sexe unique, le genre est fondateur, dans le système binaire le genre est l'expression du sexe[3].

Certains historiens des sciences, notamment Katharine Park et Robert A. Nye, contestent cet argument[6]. Monica Green[7], Heinz-Jürgen Voss[8] et Helen King[9], rejettent la proposition selon laquelle les descriptions anciennes représentent un modèle homogène d'un seul sexe qui a ensuite muté au XVIIIe siècle en modèle binaire. Il a également fait l'objet de lectures critiques en France[10],[3]. Son ouvrage a impulsé la recherche sur les notions de sexe et genre[3].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Distinguished Achievement Award 2007, fondation Andrew W. Mellon[2]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Thomas W. Laqueur | Department of History », sur history.berkeley.edu (consulté le 6 août 2019)
  2. a et b (en) The MIT Press, « Thomas W Laqueur », sur The MIT Press (consulté le 6 août 2019)
  3. a b c et d Annick Jaulin, « La fabrique du sexe, Thomas Laqueur et Aristote », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 14,‎ , p. 195–205 (ISSN 1252-7017, DOI 10.4000/clio.113, lire en ligne, consulté le 6 août 2019)
  4. « Thomas Laqueur, la présence des disparus », sur Libération.fr, (consulté le 6 août 2019)
  5. Laqueur, Thomas (1990). Making Sex: Body and Gender From the Greeks to Freud. Harvard University Press. (ISBN 0-674-54349-1). 25-63.
  6. Katharine Park; Nye, Robert A. (1991). "Destiny Is Anatomy, Review of Laqueurs Making Sex: Body and Gender from the Greeks to Freud". The New Republic. 18. S. 53-57.
  7. Green, Monica (2010). "Bodily Essences: Bodies as Categories of Difference" in Linda Kalof, ed., A Cultural History of the Human Body, Vol. 2: In the Medieval Age. New York City: Berg Publishers.
  8. Heinz-Jürgen Voss (2010): Making Sex Revisited: Dekonstruktion des Geschlechts aus biologisch-medizinischer Perspektive. Transcript, Bielefeld.
  9. Helen King, The one-sex body on trial : the classical and early modern evidence, Londres, Ashgate, , 286 p. (ISBN 978-1-138-24762-8 et 1-138-24762-6, OCLC 957681362, lire en ligne)
  10. Jean-Hugues Déchaux, « Laqueur Thomas, La fabrique du sexe. Essai sur le corps et le genre en Occident. », Revue française de sociologie, vol. 34, no 3,‎ , p. 454–457 (lire en ligne, consulté le 6 août 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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