Homoparentalité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Famille homoparentale.

L'homoparentalité définit une structure familiale dans laquelle un couple de même sexe élève un ou des enfants[1], ou bien l'ensemble des situations dans lesquelles l'enfant a au moins l'un de ses deux parents qui se définit comme homosexuel ou lesbienne[2],[3].

Le terme est un néologisme inventé en 1997 par[4],[5],[6],[7] l’Association des parents gays et lesbiens (APGL).

Formes[modifier | modifier le code]

L'homoparentalité implique la présence d’au moins un parent homosexuel. Cette définition regroupe plusieurs situations familiales différentes.

Unions hétérosexuelles antérieures[modifier | modifier le code]

Il arrive que l'un des parents légaux de l'enfant, ayant conçu un enfant lors d'une union hétérosexuelle antérieure, vive dans une nouvelle union avec une personne du même sexe qui est alors un beau-parent. Ce beau-parent, comme dans toute situation de beau-parentalité[8],[9],[10], peut selon les cas s'investir à des degrés divers dans l'éducation et les soins portés à l'enfant, et éventuellement le traiter comme si c'était son propre enfant, indépendamment de la filiation.

Le beau-parent de même sexe (comme de sexe différent) dispose selon les législations nationales de plus ou moins de dispositions visant à faciliter la vie courante (statut du beau-parent, possibilité de délégation de l'autorité parentale), mais peut aussi en être dénué[11],[12]. La possibilité d'adoption de l'enfant du conjoint (permettant de transformer une beau-parentalité en parentalité pleine et entière par l'établissement d'une filiation légale) est offerte dans plusieurs législations nationales en l'absence d'un second parent légal vivant[13],[14].

Adoption[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Adoption homoparentale.

L’adoption homoparentale est l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel ou, à titre individuel, par une personne homosexuelle ou bisexuelle. Son statut est liée au statut légal de l’homosexualité dans la juridiction considérée : interdite dans les pays où l’homosexualité est interdite ou réprimée, généralement autorisée dans les pays où le mariage entre personnes de même sexe est légal.

Dans les pays où l'homoparentalité n'est pas reconnue, l'adoption par un seul des membres du couple (à titre individuel donc) est parfois possible. En France, toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle, peut également adopter à titre individuel. En effet, depuis l'arrêt « E.B. c. France » du de la CEDH[15], il n'est plus autorisé de refuser un agrément au motif de l'absence de référent de l'autre sexe.

En France, l'adoption par un couple n'est ouverte qu'aux couples mariés (et non pas si le couple est simplement concubin ou a contracté un pacte civil de solidarité)[16],[17]. Ainsi, depuis la loi du ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe[18], les personnes en couple de même sexe peuvent adopter conjointement s'ils sont mariés.

De plus, en droit français, une personne mariée peut adopter le ou les enfants de son conjoint, à la condition, pour l'adoption sous la forme plénière, que l'enfant n'ait qu'un seul parent légal. Cette adoption n'est possible que dans le cadre du mariage. Depuis la loi du ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe[18], les personnes en couple de même sexe ont donc accès à cette disposition réservée aux couples mariés.

Avant 2013, exceptionnellement, l'adoption simple était parfois utilisée en France pour créer des liens de filiation entre un enfant et le partenaire de même sexe d'un parent sans mettre fin au lien de parenté légal avec ce parent. L'adoptant exerçait alors seul l'autorité parentale. Toutefois un arrêt rendu par la Cour de cassation le [19] modifia l'état de la jurisprudence et reconnut pour la première fois à deux femmes qui vivaient une relation stable et harmonieuse le droit d'exercer en commun l'autorité parentale sur deux enfants qu'elles élevaient ensemble depuis leur naissance. La mère titulaire de l'autorité parentale déléguait alors tout ou partie de l'exercice de cette autorité à sa partenaire.

Le , la Cour de cassation en cassant un arrêt de la cour d'appel de Bourges a considéré impossible l'adoption homoparentale par l'autre conjoint[20],[21]. En revanche, elle a reconnu le droit aux couples du même sexe d'être reconnus parents adoptifs en France s'ils ont obtenu ce droit à l'étranger[22].

Procréations médicalement assistées[modifier | modifier le code]

Selon les pays, les centres de procréations médicalement assistées peuvent réaliser des inséminations artificielles auprès d'une femme célibataire, une femme en couple homosexuel ou uniquement une femme mariée ou en couple avec un homme.

Par exemple, en France, depuis la loi du [23], l'insémination avec donneur n'est ouverte qu'aux seules femmes en couple avec un homme.

Don de sperme artisanal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Don de sperme.

Le don de sperme artisanal est technique de procréation non médicalisée. L'insémination se fait sans contrôle médical soit en introduisant, à l'aide d'une seringue ou d'une pipette (donc sans qu'il n'y ait de rapport sexuel), du sperme frais dans le vagin, soit par un rapport sexuel[24]. En France, une enquête de 2014 sur les familles homoparentales relevait que 14 % (55 sur 405) des mères ont déclaré qu'elles y avaient eu recours et que « concevoir un enfant avec l’aide d’un donneur connu devient le deuxième choix derrière l’AMP »[25].

L'insémination ayant été réalisée hors du cadre législatif du pays encadrant la procréation médicalement assistée, l'établissement de la filiation de l'enfant est soumis aux règles générales du droit ayant cours dans le pays où la femme accouche[26],[27].

Suivant les pays, cette pratique peut être illicite. Elle l'est par exemple en France[28]. Les difficultés du contrôle ont pu être souligné[29].

Gestation pour autrui[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gestation pour autrui.

La législation concernant la gestation pour autrui varie grandement d'un pays à l'autre : elle est totalement interdite en France, pour la totalité des couples (de même sexe ou de sexe différent) comme pour les célibataires. Elle est peut être autorisé dans certains des États d'un pays fédéral et interdite dans d'autres (comme aux États-Unis), encadrée par la loi (comme au Canada — hors Québec —, au Brésil ou en Inde), ou encore simplement autorisée comme en Afrique du Sud (sans indemnisation de la mère de substitution) ou en Russie (procréation pour autrui, du fait d'un vide juridique)[30].

Coparentalité[modifier | modifier le code]

Il y a là de deux à quatre personnes autour du berceau de l'enfant : les parents naturels c'est-à-dire une mère lesbienne et/ou un père gay, et leurs éventuels partenaires.

À la différence des beaux-parents qui arrivent dans un second temps, les partenaires sont des coparents, car ils sont prêts à s'engager vis-à-vis de l'enfant dès sa conception. Ils assurent le quotidien comme les parents naturels et se sentent des parents à part entière même s'ils n'en ont pas le statut légal.

Législation[modifier | modifier le code]

De par le monde, la reconnaissance légale de l'homoparentalité et sa traduction dans le droit soulève plusieurs questions autour de l'autorité parentale, de l'adoption, de la PMA et de la GPA, notamment :

  • le maintien de l'autorité parentale d'une personne ayant révélée son homosexualité ou sa bisexualité ;
  • l'adoption à titre individuel par une personne homosexuelle ou bisexuelle sans partenaire de sexe différent ;
  • l'adoption par un couple de même sexe ;
  • l'adoption par une personne homosexuelle ou bisexuelle des enfants de son partenaire ;
  • le partage de l'autorité parentale dans les couples de même sexe ;
  • l'accès des femmes ne vivant pas en couple avec un homme à la PMA ;
  • l'établissement de la filiation de la coparente ;
  • l'accès à la GPA pour les couples de même sexe, dans les pays où elle est ouverte aux couples de sexe différent ;
  • la transcription de l'état civil d'un enfant né par GPA à l'étranger pour les pays ne l'autorisant pas sur leur territoire.

Ces points ont fait l'objet de nombreuses études de droit et de droit comparé[31],[32],[33],[34].

L'homoparentalité dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

L'homoparentalité est reconnue légalement dans 9 des 27 pays de l'Union européenne (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Malte, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) qui admettent dans leur législation l'adoption d'enfants par des couples de même sexe, sous des formes plus ou moins étendues.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

L'humour, comme ici sur un panonceau lors de la Gay pride de Budapest, en 2008, qui dit « Jésus avait deux papas », est une arme favorite pour lutter contre les préjugés liés à l'homoparentalité.

La controverse entre les partisans et les opposants de la famille homoparentale est vive[35]. Le sujet est neuf et cette nouveauté inquiète ou donne espoir, selon le camp où l’on se place. En 1991, le groupe « Sociologie de la famille », créé en 1989 au sein du CNRS, publie La famille, l'état des savoirs[36] qui ne consacre pas une ligne au couple homosexuel[37]. En 2002, dans une interview au quotidien Libération, François de Singly souligne les contradictions intrinsèques de la loi française : « l'homoparentalité porte le débat sur un autre terrain : celui de l'intérêt de l'enfant, dont on n'a pas la définition. Si un enfant a besoin de deux parents, comment se fait-il qu'on ait inscrit la possibilité d’adoption par une seule personne dans la loi ? Si l’on pense qu’il a le droit à ses deux parents et à son origine, pourquoi l’accouchement sous X, pourquoi l’adoption plénière alors qu’elle abolit les deux parents d’origine ? L’homoparentalité n’est qu'une des modalités de nos contradictions et de nos incapacités vis-à-vis de la filiation. Les résistances face à l’homoparentalité viennent notamment de théories, par exemple une lecture de la psychanalyse. Toute l'histoire de la famille le montre, les théories dominantes passent et d'autres conceptions, savantes et politiques, du bien-vivre ensemble naissent[38]. »

En 2012, selon un sondage, la moitié des Français est favorable à l'adoption homoparentale[39]. En 2018, selon un sondage Ifop réalisé pour La Croix, 60 % des Français sont favorables à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes[40].

Selon la philosophe Sylviane Agacinski, la distinction fondamentale entre les membres d'un couple étant celle du sexe, parler d'homoparentalité revient donc à inventer la catégorie des hétérosexuels et rejeter la division, qu'elle considère comme fondamentale, entre l'homme et la femme. Le rapport existant entre un enfant et un couple de deux parents est, selon elle, universel, et la différence sexuelle entre les parents correspond à la différence des sexes nécessaires à la génération. En 2007, elle écrit : « Si l'ordre humain, social et symbolique, donne aux individus une filiation double, mâle et femelle, ce n'est pas en raison des sentiments qui peuvent lier les parents entre eux, des désirs qui les animent ou des plaisirs qu'ils se donnent, c'est en raison de la condition sexuée de l'existence humaine et de l'hétérogénéité de toute génération dont la culture a jusqu'ici voulu garder le modèle. »[41]

Cette approche a été contestée par le chercheur Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO. Dans son livre L'invention de la culture hétérosexuelle[42], il se donne pour objectif de montrer que l'hétérosexualité est une donnée construite, culturelle et historique, au même titre que l'homosexualité et la bisexualité.

Les opinions de Sylviane Agacinski sont également critiquées par des sociologues comme Éric Fassin et Martine Gross. Dans une tribune signée avec Gilles Bon-Maury, Martine Gross dénonce une confusion entre sexualité et procréation qui conduit à dénier des parents aux enfants. Elle prône au contraire une conception « plus laïque » de la filiation, passant outre le primat biologique[43].

Recherches sur les compétences parentales et le développement des enfants issus de familles homoparentales[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970, quelques dizaines de recherches empiriques ont tenté de vérifier si les enfants issus de leur famille se développaient aussi bien que ceux de familles hétéroparentales. La qualité méthodologique de ces recherches est très disparate et leurs thèmes très variés. Selon les recensions de Fitzgerald[44], Anderssen et al.[45], Tasker[46], Patterson[47] et Pawelski et al.[48],[49] ces recherches portent sur des cibles aussi diverses que : l'attachement[50], le développement affectif et émotionnel[44],[45],[46],[47],[48], l'ajustement comportemental[45],[47],, l'ajustement social[44],[45],[46],[47],[48], le développement intellectuel[44],[45],[47],, la performance académique[46],[47],, l'identité et l'orientation sexuelle[44],[45],[46],[47],[48], les comportements sexués[45],[46],[47],[48], les indices de stigmatisation[45],[48]etc. Les auteurs de recensions observent, le plus souvent, que les résultats de ces recherches montrent peu ou pas de différences entre les compétences parentales ou entre les développements des enfants issus des deux types de familles[44],[45],[46],[47],[48]. Des auteurs[51] affirment même qu'on peut parler d'un large consensus. À ce chapitre, il y a quand même de notables exceptions. La recension de Belcastro, en 1994[52], comptait 14 recherches empiriques relevant des différences significatives et, en 2005, Quick[49] en comptait 20. Depuis, se sont ajoutées d'autres recherches empiriques qui montrent des différences significatives, notamment la recherche de Sirota[53], Goldberg[54], d'Allen[55], Sullins[56],[57] et la controversée[n. 1] recherche empirique de Regnerus qui enregistre à elle seule 25 différences sur 40 variables mesurées[74].

Dans une revue de la littérature plus explicative, les sociologues Stacey et Biblarz[75] suggèrent que cette dissension entre les auteurs reflète un affrontement de nature plus idéologique. Selon eux, deux courants s'affrontent par publications scientifiques interposées. D'un côté, les représentants d'une vision « anti-gay » « hétéronormative » de la famille qui présument que le développement sain d'un enfant dépend de soins donnés par des parents hétérosexuels mariés. De l'autre côté, les nombreux chercheurs en psychologie qui ne partagent pas cette vision conservatrice et qui sont « compatissants » avec les parents de même sexe. Comme les premiers chercheraient, dans les données empiriques sur le développement comparé des enfants, la preuve de différences préjudiciables, les seconds chercheraient « défensivement » à montrer qu'il n'y en a pas [“no difference” doctrine].

« We agree, however, that ideological pressures constrain intellectual development in this field. In our view, it is the pervasiveness of social prejudice and institutionalized discrimination against lesbians and gay men that exerts a powerful policing effect on the basic terms of psychological research and public discourse on the significance of parental sexual orientation. The field suffers less from the overt ideological convictions of scholars than from the unfortunate intellectual consequences that follow from the implicit hetero-normative presumption governing the terms of the discourse — that healthy child development depends upon parenting by a married heterosexual couple. While few contributors to this literature personally subscribe to this view, most of the research asks whether lesbigay parents subject their children to greater risks or harm than are confronted by children reared by heterosexual parents. Because anti-gay scholars seek evidence of harm, sympathetic researchers defensively stress its absence.[75] »

Stacey et Biblarz croient observer que cet alignement doctrinaire a infléchi non seulement les cibles et les protocoles de recherche, mais aussi l'interprétation des données au point de bloquer en partie le développement de ce domaine de recherche[75]. Ils donnent l'exemple de recherches, comme celle de Tasker & Golombok (1997)[76], qui montrent des différences significatives entre enfants de famille hétéroparentales et homoparentales. Normalement ces différences auraient dû éveiller l'intérêt et conduire à des recherches plus pointues. Malheureusement, observent Stacey et Biblarz, le contexte politique a plutôt conduit les chercheurs à minimiser ces résultats dans leurs discussions pour finalement conclure, conformément à la doctrine, qu'il n'y a quand même « pas de différences ». Dans leur propre recension, Vecho et Schneider (2005)[77] retiendront, de façon plus générale que ce « champ de recherche reste encore limité par le contexte polémique et militant qui a accompagné l’émergence de ces travaux » (p. 271).

Malgré leurs dissensions, les acteurs des deux camps partagent un certain tronc méthodologique commun. Concernant la collecte des données, ils admettent à peu près tous que les recherches empiriques actuelles présentent d'importants biais méthodologiques. Des commentateurs, observent que le piège du double standard les conduit, chacun de leur côté, à exalter la valeur des méthodes qui conduisent à des résultats qui les confortent dans leurs convictions et à dénigrer les méthodes qui conduisent à des résultats adverses[78],[79],[80]. Mais, malgré tout, certains repères demeurent communs.

La sélection des sujets de recherche[modifier | modifier le code]

Dans une recension portant sur 23 recherches empiriques, Anderssen et al. (2002) constataient déjà qu'elles reposaient toutes sur des échantillons des sujets de type convenience ou ne précisaient pas l'origine des sujets[45]. Anderssen et al., à la suite de Fitzgerald, expliquent que les recherches sur l'homoparentalité sont menées dans des conditions difficiles de recrutement et que ces contraintes conduisent les chercheurs à adopter des méthodes incertaines[45],[44],[81]. Le plus souvent, les sujets sont recrutés par petites annonces dans des magazines spécialisés s'adressant à cette cible ou par des sondages en « boule de neige » ; méthode consistant à demander à un sujet déjà recruté de suggérer d'autres personnes qui appartiennent à son réseau de relations. Les recherches plus récentes présentent la même caractéristique. En fait, à l'heure actuelle, seulement 7 recherches portant sur 4 échantillons probabilistes ont été publiées[82],[83],[84],[85],[74],[86],[55].

Bien que, dans d'autres contextes, ces méthodes de recrutement ne soient pas toujours contraires à une bonne démarche scientifique, il est généralement admis qu'elles tendent à composer des échantillons qui ne sont pas représentatifs de la population étudiée[87]. Par exemple, dans les recherches considérées ici, les sujets homoparentaux sont presque toujours blancs, instruits et ont de bons revenus[44],[46],[47]. Les auteurs de ces recherches le signalent d'ailleurs eux-mêmes comme une source de biais (biais de sélection) dans la discussion de leurs résultats. Par ailleurs, il est reconnu que, dans un contexte de recherches portant sur un thème controversé, ce mode de recrutement est encore plus hasardeux puisqu'il pourrait ouvrir la porte à une surreprésentation de candidats cherchant la désirabilité sociale[44] ou qui participent à une croisade politique[88],[89]. [n. 2]

« Évidemment, en adoptant une telle approche, on attire des couples ayant un niveau de scolarité assez élevé et entretenant des liens avec la communauté homosexuelle. Ceux-ci pourraient être des militants (…) qui veulent poser un geste politique en tant qu’homosexuels, ou les couples qui s’entendent particulièrement bien pourraient décider d’être interviewés ou de répondre à un questionnaire, ce qui influencerait les résultats de la recherche et rendrait l’interprétation des résultats difficile.[91] »

Groupes témoin[modifier | modifier le code]

Le groupe témoin est un groupe de référence hétéroparentale auquel l'échantillon de parents ou d'enfants homoparental est comparé. Pour que la méthodologie soit valide, les deux groupes doivent être « appariés », c'est-à-dire être identiques sauf en ce qui regarde la variable à l'étude. On désigne ce principe sous l'expression « toutes choses égales par ailleurs » (ceteris paribus). Malheureusement, certaines recherches empiriques ne comportent pas de groupe contrôle (10 sur 23 dans la revue de Anderssen et al.[45]) et ceux qui en comportent ne sont pas toujours bien appariés. Par exemple, dans la recherche de Bos de 2010[92], la composition ethnique et le niveau d'instruction des parents ne sont pas équivalents et dans la recherche de Regnerus de 2012[74], la structure familiale est uniforme dans un groupe et disparate dans l'autre[93]. Dans ces circonstances, le chercheur n'est pas certain si ce qu'il mesure est l'effet de sa variable à l'étude ou l'effet des autres différences qui séparent les deux groupes (biais de confusion).

Dispositif d'insu[modifier | modifier le code]

Il est reconnu que les préjugés d'un chercheur influencent la mesure de ses résultats dans le sens de ses attentes. On appelle ce phénomène l'effet Pygmalion. Réciproquement, les sujets d'une recherche modifient plus ou moins consciemment leur comportement lorsqu'ils savent être l'objet d'une mesure ou d'une observation. Ce changement est d'autant plus important que l'observation concerne des conduites pouvant faire l'objet de jugement de valeur. On appelle ce phénomène l'effet Hawthorne. Pour neutraliser ces biais de confusion qui fausseraient les résultats, un protocole rigoureux doit, autant que possible, prévoir des mesures d'insu. Par exemple, le chercheur principal confie la correction des questionnaires de recherche et les calculs à des collègues qui ignorent ses hypothèses de recherche et il donne le moins de détails possible à ses sujets pour ne pas influencer leurs réponses. Ces dispositifs sont très rarement utilisés, de façon complète, par les chercheurs en homoparentalité (1 sur 23 dans la revue de Anderssen et al.[45], celle de Bailey et al. (1995)[94]). Cette absence d'un dispositif d'insu, remarque certains[95], serait particulièrement fâcheux dans un champ d'investigation où, justement, les chercheurs et chercheuses « affichent publiquement leur orientation homosexuelle ou leur parti pris pour des courants émancipatoires radicaux[95] »).

Autres problèmes[modifier | modifier le code]

Si on ajoute que le plus souvent les recherches reposent sur des questionnaires adressés aux parents, que le groupe est souvent composé d'un trop petit nombre de sujets pour être statistiquement fiable et que la plupart des recherches portent sur des familles homoparentales maternelles (lesbiennes) et sur des enfants trop jeunes pour conclure à l'absence d'effet à long terme[44],[46],[49],[96],[97], on mesure mieux toute la difficulté à tirer des conclusions tranchées.

« In summary, research on diversity among families with lesbian and gay parents and on the potential effects of such diversity on children is still sparse (Martin, 1993, 1998; Patterson, 1995b, 2000, 2001, 2004; Perrin, 2002; Stacey & Biblarz, 2001; Tasker, 1999). Data on children of parents who identify as bisexual are still not available, and information about children of non-White lesbian or gay parents is hard to find (but see Wainright et al., 2004, for a racially diverse sample)… However, the existing data are still limited, and any conclusions must be seen as tentative… It should be acknowledged that research on lesbian and gay parents and their children, though no longer new, is still limited in extent. Although studies of gay fathers and their children have been conducted (Patterson, 2004), less is known about children of gay fathers than about children of lesbian mothers. Although studies of adolescent and young adult offspring of lesbian and gay parents are available (e.g., Gershon et al., 1999; Tasker & Golombok, 1997; Wainright et al., 2004), relatively few studies have focused on the offspring of lesbian or gay parents during adolescence or adulthood.[46] »

Conclusions[modifier | modifier le code]

Les auteurs plus favorables à l'homoparentalité contourneront ce lourd bilan méthodologique en formulant des conclusions par la négative. Ils affirmeront que la littérature scientifique ne permet pas de confirmer que les parents de familles homoparentales sont de moins bons parents ou que les enfants ne se développent pas aussi bien dans ce type de famille[98],[99],[100]. Inversement, les auteurs moins favorables à l'homoparentalité concluront plutôt qu'on ne peut pas retenir de ces études que les parents de même sexe sont d'aussi bons parents[101], ou qu'on ne peut tirer aucune conclusion de ces recherches[49].

L'orientation sexuelle des parents joue-t-elle un rôle dans celle des enfants ?[modifier | modifier le code]

C'est la question qui a fait l'objet du plus grand nombre de recherches concernant les conséquences d'une éducation reçue de parents de même sexe[45]. Bien que les seuils de signification statistique ne soient pas toujours atteints, il ressort des recherches que les enfants issus de ces familles semblent envisager plus librement la possibilité d'avoir des relations avec des partenaires de même sexe, effectuent des expériences de cette nature en un peu plus grand nombre et sont moins susceptibles de s'identifier comme exclusivement hétérosexuels[102],[103],[94],[76]. Par contre, ce libéralisme ne semble pas non plus conduire un beaucoup plus grand nombre d'enfants à s'identifier exclusivement comme homosexuel une fois adulte[104],[103].

Culture[modifier | modifier le code]

Cinéma et séries télévisées[modifier | modifier le code]

Des œuvres de fiction ont montré des exemples d'homoparentalité au cinéma et dans les séries télévisées. Le film français La Cage aux folles (1978) est l’un des premiers à aborder le sujet de l'homoparentalité, car l'un des deux hommes, anciennement marié, avait eu un enfant. Plus récemment, le film français La Fête des pères (1990), le film américano-taïwanais Garçon d'honneur (1993) et le film japonais Hush! (2001) montrent comment un couple d'homosexuels et une femme célibataire conçoivent ensemble un enfant (de manière involontaire dans le premier). Le film français de 2008 Comme les autres présente une situation similaire.

Le téléfilm franco-belge Tous les papas ne font pas pipi debout (1998) met en scène un couple de lesbiennes dont le petit garçon veut connaître son papa. On retrouve une intrigue proche dans le film américain Tout va bien ! The Kids Are All Right (The Kids Are All Right) (2010).

Dans les deux séries télévisées Queer as Folk (britannique, 1999-2000) et Queer as Folk (américaine, 2000-2005), deux lesbiennes élèvent un enfant et découvrent la coparentalité avec le père biologique, meilleur ami gay de l'une des mères. La série américaine The L Word (2004-2009) montre un couple lesbien ayant un enfant, et pose dans les dernières saisons la question des familles homoparentales en situation de séparation et les problèmes notamment légaux que cela peut entraîner lorsque le couple n'est pas marié.

La série Six Feet Under (2001-2005) traite de l'adoption homoparentale : deux hommes en couple y adoptent deux enfants (2 jeunes frères). Le film canadien Breakfast with Scot (en) (2008) aborde lui aussi la question de l'adoption par un couple gay d'un enfant qui se révèle être homosexuel lui-même. Dans le film suédois primé Les Joies de la famille (2009), un couple d'hommes adopte ce qu'ils croient être un nourrisson pour se retrouver avec un jeune ex-délinquant de 15 ans à la suite d'une erreur administrative.

Modern Family est une série télévisée américaine, créée par Christopher Lloyd II et Steven Levitan, et diffusée depuis le sur ABC, dans laquelle évolue entre autres un couple de gays ayant récemment adopté une petite Vietnamienne. Cette série aborde la question de l'homoparentalité sous forme d'un faux documentaire et relate de manière comique les différentes situations auxquelles sont exposés ces nouveaux papas.

The Fosters est une série télévisée américaine diffusée depuis le sur ABC Family, créée par Peter Paige et Bradley Bredeweg, qui raconte l'histoire d'un couple de lesbiennes, Stef Foster, policière, et Lena Adams, proviseur adjoint dans un lycée, mamans de 3 enfants (le fils biologique de Stef et de son ancien mari, et 2 jumeaux adoptés). Le couple accueille par la suite une adolescente issue de famille d'accueil, ainsi que son jeune frère. Cette série aborde le sujet de l'adoption dans un couple homosexuel.

D'autres films ou séries télévisées abordent de près ou de loin le thème de l'homoparentalité ou de la coparentalité : Glee, Un couple presque parfait, Desperate Housewives, Gazon maudit, Clara Sheller, Brothers & Sisters, Metrosexuality, Tout est relatif

Hors fiction, le film documentaire Naître père (2013) suit l'attente de jumeaux par un couple français d'hommes dont les bébés sont portés par une Américaine.

Musiques[modifier | modifier le code]

  • La chanson Mon petit mec et moi du groupe Les Wriggles, sortie en 2005, traite du regard que porte la société sur l'homoparentalité.
  • La chanson Les deux hommes de Lynda Lemay, sortie en 2002, narre l'histoire de « deux mâles » qui sont aussi « deux pères ».
  • Dans la chanson Petit pédé sortie en 2002, Renaud évoque l'homoparentalité dans un couplet : « Rêv'rez peut-être d'un enfant / Y en a plein les orphelinats / Sauf que pour vous papa-maman / C'est juste interdit par la loi ».

Parents LGBT célèbres[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études et recherches[modifier | modifier le code]

Romans et témoignages[modifier | modifier le code]

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La publication, en juin 2012, de la recherche empirique de Regnerus, portant sur de jeunes adultes identifiant au moins l'un de leurs parents comme ayant eu une relation amoureuse homosexuelle, a donné lieu à une importante controverse politique et scientifique aux États-Unis. Des groupes de défense des droits des homosexuels[58] l'ont rapidement dénoncé et des pétitions en ligne ont été lancées[59] ; une lettre ouverte a été adressée à la revue Social Science Research (qui a publié l'étude) par des chercheurs et professionnels[60],[61],[62]. En réaction à cette levée de boucliers, l'éditeur du journal Social Science Research a demandé un audit sur le processus de publication au professeur Darren Sherkat. L'audit a été publié[63] dans Social Science Research, ainsi qu'un résumé de son avis dans The Chronicle[64]. Regnerus a aussi fait l'objet d'une plainte auprès de l'Université d'Austin (Texas) pour « malversation scientifique » de la part d'un militant gay, mais dont il est sorti blanchi[65]. Cependant, dans un second temps, des courriels professionnels de Regnerus obtenus par voie judiciaire[66] ont permis à The American Independent d'établir l'implication[67] — dans la conception, la conduite et l'analyse de l'étude — du principal mécène de Regnerus, le think tank conservateur Witherspoon Institute (en). D'autre part un rapport[68] de l'Association américaine de sociologie, relevant cinq erreurs méthodologiques dans cette étude, conclut qu'elle ne remet pas en cause[69] le consensus actuel en sciences sociales selon lequel les enfants élevés par des parents de même sexe se portent aussi bien que ceux élevés par un homme et une femme. Des rapports[70], émanant d'autres associations professionnelles (Association américaine de psychiatrie, Association médicale américaine, Académie américaine de pédiatrie, Association américaine de psychologieetc.) aboutissent à des conclusions très voisines de celui de l'Association américaine de sociologie. D'après Redding (2013) — qui admet toutefois que les études concluant à une absence de différence sont probantes[71], malgré leurs limitations méthodologiques — ce n'est cependant pas la méthodologie de Regnerus qui explique la levée de boucliers, puisque cette méthodologie est comparativement supérieure à la plupart des recherches publiées dans ce domaine. Ce qui expliquerait la controverse est simplement le fait que les résultats et conclusions de Regnerus vont à contresens du courant idéologique dominant (groupthink) très homogène en sociologie et en psychologie sociale. Ultérieurement d'autres chercheurs, reprenant les données sur lesquelles Regnerus a travaillé (New Family Structures Study (en)), n'ont pas retrouvé ses conclusions[72], [73].
  2. En 2008, lors d'un symposium international sur les problèmes de collecte de données, le méthodologiste néerlandais Jelke Bethlehem donne l'exemple d'un sondage ouvert sur un site Web pour le Prix du public pour le livre néerlandais (nl) où s'est produit un noyautage par un groupe prosélyte qui est parvenu à renverser complètement le résultat au profit de sa campagne[90].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Homoparentalité », sur Reverso.
  2. Line Chamberland, Émilie Jouvin et Danielle Julien, « Les familles recomposées homoparentales et hétéroparentales », Nouvelles pratiques sociales, vol. 16, no 1,‎ , p. 94-112 (DOI 10.7202/009629ar)
  3. Leroy-Forgeot 1999.
  4. Grégory Lemaître, « L'homoparentalité »
  5. « TPE Homoparentalité », sur tpehomo.canalblog.com
  6. Martha Mailfert, « Homosexualité et parentalité », Socio-anthropologie, no 11,‎ (DOI 10.4000/socio-anthropologie.140)
  7. Martine Gross (préf. Danièle Hervieu-Léger), L’homoparentalité, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », , 3e éd. (1re éd. 2003) (ISBN 978-2-13-056214-6)
  8. Marie Auffret-Pericone, « L’autorité, maillon faible du beau-parent », La Croix,‎ (lire en ligne)
  9. Christian Flavigny, « Quelle place et quel statut pour le beau-parent ? », Études, t. 411, no 12,‎ , p. 617-628 (lire en ligne)
  10. Pascale Meyer, « Parents et parentalité », Vie sociale et traitements, vol. 84, no 4,‎ , p. 9-11 (DOI 10.3917/vst.084.0009)
  11. Delphine de Mallevoüe, « Statut du beau-parent : les divergences en Europe », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  12. « Étude de législation comparée no 196 – Le statut du beau-parent », sur Sénat,
  13. DILA, « Adoption de l'enfant de son conjoint », sur Service-public.fr,
  14. « La transmission du nom patronymique », sur Sénat,
  15. E.B c. France (au principal et satisfaction équitable) [GC], no 43546/02, CEDH 2008-I [lire en ligne]
  16. Article 343 du Code civil sur Légifrance
  17. Article 346 du Code civil sur Légifrance
  18. a et b Loi no 2013-404 du ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe
  19. Cass1re civ., , pourvoi no 04-17.090, Bull. civ. 2006.
  20. Charlotte Rotman, « Homoparentalité, double recul en cassation : Pour deux familles, la Cour s'oppose à l'adoption d'enfants par la compagne de la mère biologique », Libération,‎ (lire en ligne)
  21. Cass1re civ., , pourvoi no 04-15.676, Bull. civ. 2007.
  22. Marie Herbet, « L'homoparentalité reconnue implicitement par la justice », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  23. Loi no 94-654 du relative au don et à l'utilisation des éléments et produits du corps humain, à l'assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal
  24. Dorothée Barba, « Don de sperme artisanal : des bébés clandestins », sur France Inter,
  25. Martine Gross, Jérôme Courduriès et Ainhoa de Federico, « Le recours à l’AMP dans les familles homoparentales : état des lieux. Résultats d’une enquête menée en 2012 », Socio-logos, no 9,‎ (lire en ligne)
  26. Émilie Tôn, « Insémination artisanale : “Le donneur de sperme a reconnu l'enfant contre mon gré” », sur L'Express,
  27. Julia Pascual, « Ces couples de lesbiennes qui veulent un « papa » pour leur enfant », sur Le Monde,
  28. « Le don de sperme artisanal », sur Don de spermatozoïdes, Agence de la biomédecine (consulté le 6 janvier 2018)
  29. Leroy-Forgeot et Mécary 2001, p. 82.
  30. Samuel Laurent, « PMA, GPA, quel pays autorise quoi ? », sur Le Monde,
  31. « Étude de législation comparée no 100 – L'homoparentalité », sur Sénat,
  32. Yves Détraigne et Catherine Tasca, « Défendre les principes, veiller à l'intérêt des enfants – Quelle réponse apporter au contournement du droit français par le recours à l'AMP et à la GPA à l'étranger ? », sur Sénat,
  33. Samuel Laurent, « PMA, GPA, quel pays autorise quoi ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  34. « La gestation pour autrui : resituer la France dans le monde – représentations, encadrements et pratiques », sur INED,
  35. La députée Valérie Pécresse est par exemple opposée à une évolution de la législation : « L'ouverture du mariage et de l'adoption ne suffira pas à répondre aux aspirations des couples de même sexe qui désirent des enfants. Pour leur garantir ce « droit », il faudrait ouvrir la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, et l'accès aux mères porteuses aux couples d'hommes. Et là, cela va trop loin. » (Marc Durin-Valois et Jean-Marc Gonin, « Face-à-face : quel avenir pour la famille française ? : La famille est au cœur du débat présidentiel pour Valérie Pécresse (UMP) et Patrick Bloche (PS) », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  36. François de Singly, La famille, l’état des savoirs, Paris, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-2031-1)
  37. Blandine Grosjean, « Nouveaux temps, nouvelles mœurs : 1991-2002, la famille en pleine mutation », Libération,‎ (lire en ligne)).
  38. Blandine Grosjean, « La famille ne déclenche plus de guerre : interview de François de Singly, chercheur au CNRS », Libération,‎ (lire en ligne).
  39. « Un Français sur deux pour l'adoption par les couples homosexuels », sur Le Monde,
  40. « Les Français et les questions liées à la bioéthique », sur Ifop,
  41. Sylviane Agacinski, « L'homoparentalité en question », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  42. Louis-Georges Tin, L'invention de la culture hétérosexuelle, Paris, Autrement, (ISBN 978-2-7467-1204-1)
  43. Martine Gross et Gilles Bon-Maury, « Homoparentalité : l'ignorance ne peut conduire qu'à la violence », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  44. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Bridget Fitzgerald, « Children of lesbian and gay parents: A review of the literature », Marriage and Family Review, vol. 29, no 1,‎ , p. 57-75 (DOI 10.1300/J002v29n01_05, lire en ligne)
    « What the research suggests is that the gay and lesbian parents are completely capable of providing a positive home environment in which to raise children. »
  45. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) Norman Anderssen, Christine Amlie et Erling André Ytterøy, « Outcomes for children with lesbian or gay parents. A review of studies from 1978 to 2000 », Scandinavian journal of psychology, vol. 43, no 4,‎ , p. 335-351 (DOI 10.1111/1467-9450.00302)
    « The present review did not reveal evidence that children of lesbian mothers differed from other children on emotional adjustment, sexual preference, stigmatization, gender role behavior, behavioral adjustment, gender identity, or cognitive functioning. The studies reported surprisingly similar findings despite the variety of conceptual and methodological approaches. »
  46. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Fiona L. Tasker, « Lesbian mothers, gay fathers, and their children: a review », Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics, vol. 26, no 3,‎ , p. 224-40 (DOI 10.1097/00004703-200506000-00012)
    « The research reviewed above suggests that lesbian or gay parenting does not affect children's functioning on key developmental outcome. »
  47. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Charlotte J. Patterson, « Children of Lesbian and Gay Parents », Child Development, vol. 63, no 5,‎ , p. 1025-1042 (DOI 10.1111/j.1467-8624.1992.tb01679.x)
    « There is no evidence to suggest that psychosocial development among children of gay men or lesbians is compromised in any respect relative to that among offspring of heterosexual parents. »
  48. a, b, c, d, e, f et g (en) James G. Pawelski, Ellen C. Perrin, Jane M. Foy, Carole E. Allen, James E. Crawford, Mark Del Monte, Miriam Kaufman, Jonathan D. Klein, Karen Smithi, Sarah Springer, J. Lane Tanner et Dennis L. Vickers, « The Effects of Marriage, Civil Union, and Domestic Partnership Laws on the Health and Well-being of Children », Pediatrics, vol. 118, no 1,‎ , p. 349-364 (DOI 10.1542/peds.2006-1279)
    « There is ample evidence to show that children raised by same-gender parents fare as well as those raised by heterosexual parents. More than 25 years of research have documented that there is no relationship between parents'sexual orientation and any measure of a child's emotional, psychosocial, and behavioral adjustment »
  49. a, b, c et d (en) Sharon Quick, « Amended Declaration », Family Watch,
    « Contrary to commonly stated conclusions that there are no significant differences in various outcomes for children of “homosexual” and “heterosexual” parents, many differences have been tabulated in the original studies. In fact, this same body of research contains findings and comments by the authors that raise concerns about the well-being of children in households with parents with SSSAB. These concerns should provide impetus for further study, not conclusions that there are no significant problems for such children. »
  50. (en) Stephen Erich, Heather Kanenberg, Kim Case, Theresa Allen et Takis Bogdanos, « An empirical analysis of factors affecting adolescent attachment in adoptive families with homosexual and straight parents », Children and Youth Services Review, vol. 31, no 3,‎ , p. 398-404 (DOI 10.1016/j.childyouth.2008.09.004).
  51. (en) Jimi Adams et Ryan Light, « Scientific consensus, the law, and same-sex parenting outcomes », Social Science Research, vol. 53,‎ , p. 300–310 (DOI 10.1016/j.ssresearch.2015.06.008).
  52. (en) Philip A. Belcastro, Theresa Gramlich, Thomas Nicholson, Jimmie Price et Richard Wilson, « A Review of Data Based Studies Addressing the Affects of Homosexual Parenting on Children's Sexual and Social Functioning », Journal of Divorce & Remarriage, vol. 20, nos 1-2,‎ (DOI 10.1300/J087v20n01_06).
  53. (en) Theodora Sirota, « Adult attachment style dimensions in women who have gay or bisexual fathers », Archives of Psychiatric Nursing, vol. 23, no 4,‎ , p. 289-97 (DOI 10.1016/j.apnu.2008.08.005).
  54. (en) Abbie E. Goldberg, Deborah A. Kashy et JuilAnna Z. Smith, « Gender-Typed Play Behavior in Early Childhood: Adopted Children with Lesbian, Gay, and Heterosexual Parents », Sex Roles, vol. 67, nos 9-10,‎ , p. 503-515 (DOI 10.1007/s11199-012-0198-3).
  55. a et b (en) Douglas W. Allen, « High school graduation rates among children of same-sex households », Review of Economics of the Household,‎ (DOI 10.1007/s11150-013-9220-y, lire en ligne)
  56. (en) D. Paul Sullins, « Emotional Problems among Children with Same-Sex Parents: Difference by Definition », British Journal of Education, Society and Behavioural Science, vol. 7, no 2,‎ , p. 99-120 (DOI 10.9734/BJESBS/2015/15823)
  57. (en) D. Paul Sullins, « Child attention-deficit hyperactivity disorder (ADHD) in same-sex parent families in the United States : Prevalence and comorbidities », British Journal of Medicine and Medical Research, no 6,‎ , p. 987–98 (DOI 10.9734/BJMMR/2015/15897)
  58. (en) « Flawed Paper Claims to Overturn 30 Years of Credible Research that Shows Gay and Lesbian Parents are Good Parents », sur Gay & Lesbian Alliance Against Defamation,
  59. (en) Scott Rose, « Elsevier: Retract Corrupt Anti-Gay Regnerus Study from Publication », Change.org,
  60. (en) Philip N. Cohen, « 200 researchers respond to Regnerus paper », sur Family Inequality,
  61. (en) « Letter to the editors and advisory editors of Social Science Research »
  62. (en) Gary J. Gates, « Letter to the editors and advisory editors of Social Science Research », Social Science Research,‎ (DOI 10.1016/j.ssresearch.2012.08.008)
  63. (en) Darren E. Sherkat, « The Editorial Process and Politicized Scholarship : Monday Morning Editorial Quarterbacking and a Call for Scientific Vigilance », Social Science Research,‎ (DOI 10.1016/j.ssresearch.2012.08.007)
  64. (en) Tom Bartlett, « Controversial Gay-Parenting Study Is Severely Flawed, Journal’s Audit Finds », sur Percolator,
  65. (en) Tom Bartlett, « U. of Texas Finds No Scientific Misconduct by Author of Gay-Parenting Study », Percolator,‎ (lire en ligne)
  66. (en) Sofia Resnick, « UT releases docs related to controversial parenting study », The American Independent,‎ (lire en ligne)
  67. (en) Sofia Resnick, « Goal of UT parenting study was to influence SCOTUS decisions on gay marriage, docs show », The American Independent,‎ (lire en ligne)
    « The conservative funders who bankrolled a flawed and widely cited academic study that’s critical of gay parenting choreographed its release in time to influence “major decisions of the Supreme Court,” documents show. The documents, recently obtained through public-records requests by The American Independent, show that the Witherspoon Institute recruited a professor from a major university to carry out a study that was designed to manipulate public policy. In communicating with donors about the research project, Witherspoon’s president clearly expected results unfavorable to the gay-marriage movement. »
  68. (en) « Brief of amicus curiae », sur Association américaine de sociologie, , p. 16-22
  69. p. 21-22
    « As the social science consensus described in Part I demonstrates, the evidence regarding children raised by same-sex parents overwhelmingly indicates that children raised by such families fare just as well as children raised by opposite-sex parents, and that children raised by same-sex parents are likely to benefit from the enhanced stability the institution of marriage would provide to their parents and families. All told, the Regnerus study, even as revised, does not undermine the consensus that children raised by same-sex parents fare just as well as those raised by opposite-sex parents. »
  70. (en) « Brief of the American Psychological Association… », sur Association américaine de psychologie, , p. 29-33
  71. (en) Richard E. Redding, « Politicized Science », Society, vol. 50,‎ , p. 444 (DOI 10.1007/s12115-013-9686-5)
    « Despite their methodological limitations, taken together, the over sixty studies on lesbigay parenting probably demonstrate that children are not disadvantaged by growing up in lesbigay households (Redding 2008). »
  72. (en) Michael J. Rosenfeld, « Revisiting the Data from the New Family Structure Study: Taking Family Instability into Account », Sociological Science, vol. 2,‎ , p. 478-501 (DOI 10.15195/v2.a23)
  73. (en) Simon Cheng et Brian Powell, « Measurement, methods, and divergent patterns: Reassessing the effects of same-sex parents », Social Science Research, vol. 52,‎ , p. 615-626 (DOI 10.1016/j.ssresearch.2015.04.005)
  74. a, b et c (en) Mark Regnerus, « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study », Social Science Research, vol. 41, no 4,‎ , p. 752–770 (DOI 10.1016/j.ssresearch.2012.03.009)
  75. a, b et c (en) Judith Stacey et Timothy J. Biblarz, « (How) Does sexual orientation of parents matter? », American Sociological Review, vol. 66, no 2,‎ , p. 160 (DOI 10.2307/2657413)
  76. a et b (en) Fiona L. Tasker et Susan Golombok, Growing Up in a Lesbian Family : Effects on Child Development, New York, Guilford, (ISBN 978-1-57230-412-3)
  77. Olivier Vecho et Benoît Schneider, « Homoparentalité et développement de l'enfant : bilan de trente ans de publications », La Psychiatrie de l'enfant, vol. 48, no 1,‎ , p. 271-328 (DOI 10.3917/psye.481.0271)
  78. Georges-André Tessier, « Commentaire sur l’article « L’homoparentalité, faits et croyances » », Psychologie Québec, vol. 29, no 2,‎ , p. 29 (lire en ligne)
    « Parmi les sophismes ayant cours en psychologie, j’en identifie un qu’on appelle le double standard. Il consiste à se montrer très critique face à la méthodologie de recherches qui ne donnent pas les résultats qu’aimerait celui qui les appréhende, mais, symétriquement, de se montrer complaisant face à la méthodologie de recherches qui donnent les résultats qui correspondent à ses convictions. À ce sujet, Rail et Roussy (2011) ont probablement raison de dire que certains auteurs alimentent les stéréotypes à propos des homosexuels en interprétant des données de recherche de façon « critiquable ». Pourtant, n’aurait-il pas été juste de dire que d’autres auteurs cherchent à ébranler les mêmes stéréotypes en interprétant des données de recherches de façon non moins critiquable ? Toujours à propos du double standard, Rail et Roussy ont raison de mettre en garde les lecteurs contre des auteurs qui naviguent trop près du sillage des milieux intégristes religieux. Mais n’aurait-il pas été également pertinent de mettre les lecteurs en garde contre les auteurs navigant trop près du sillage des groupes de militants gais ? »
  79. François-Robert Rail et Alain Roussy, « Réplique à Commentaire sur l’article « L’homoparentalité, faits et croyances » », Psychologie Québec, vol. 29, no 2,‎ , p. 29 (lire en ligne)
    « Le commentaire de M. Tessier est très pertinent. Nous ajoutons que l’appartenance à un groupe religieux, même intégriste, ou à un courant activiste gai n’est pas d’emblée problématique dans une démarche de recherche. Les chercheurs aussi ont droit à leurs croyances et leurs valeurs (qui teintent probablement leurs hypothèses), aussi extrêmes soient-elles. »
  80. (en) Richard E. Redding, « Politicized Science », Society, vol. 50, no 5,‎ , p. 439-446 (DOI 10.1007/s12115-013-9686-5)
  81. (en) Gunnar Andersson, Turid Noack, Ane Seierstad et Harald Weedon-Fekjær, « The demographics of same-sex marriages in Norway and Sweden », Demography, vol. 43, no 1,‎ , p. 79–98 (DOI 10.1353/dem.2006.0001).
  82. (en) Jennifer L. Wainright et Charlotte J. Patterson, « Psychosocial adjustment, school outcomes, and romantic relationships of adolescents with same-sex parent », Child Development, vol. 75, no 6,‎ , p. 1886-1898 (DOI 10.1111/j.1467-8624.2004.00823.x).
  83. (en) Jennifer L. Wainright et Charlotte J. Patterson, « Delinquency, victimization, and substance use among adolescents with female same-sex parents », Journal of Family Psychology, vol. 20, no 3,‎ , p. 526–530 (DOI 10.1037/0893-3200.20.3.526).
  84. (en) Jennifer L. Wainright et Charlotte J. Patterson, « Peer Relations Among Adolescents With Female Same-Sex Parents », Developmental Psychology, vol. 44, no 1,‎ , p. 117–126 (DOI 10.1037/0012-1649.44.1.117)
  85. (en) Michael J. Rosenfeld, « Nontraditional families and childhood progress through school », Demography, vol. 47, no 3,‎ , p. 755–775 (DOI 10.1353/dem.0.0112).
  86. (en) Douglas W. Allen, Catherine Pakaluk et Joseph Price, « Nontraditional families and childhood progress through school: A comment on Rosenfeld », Demography, vol. 50, no 3,‎ , p. 955–961 (DOI 10.1007/s13524-012-0169-x).
  87. « Échantillonnage non probabiliste », sur Statistique Canada,
  88. (en) Nanette Gartrell, Jean Hamilton, Amy Banks, Dee Mosbacher et Nancy Reed, « The national lesbian family study: 1. interviews with prospective mothers », American Journal of Orthopsychiatry, vol. 66, no 2,‎ , p. 272-279 (DOI 10.1037/h0080178)
    « Some may have volunteered for this project because they were motivated to demonstrate that lesbians were capable of producing healthy, happy children. To the extent that these subjects might wish to present themselves and their families in the best possible light, the study findings may be shaped by self-justification and selfpresentation bias. »
  89. (en) Walter R. Schumm, « A Review and Critique of Research on Same-Sex Parenting and Adoption », Psychological Reports, vol. 19, no 3,‎ , p. 641-760 (DOI 10.1177/0033294116665594)
  90. Jelke Bethlehem, « Peut-on établir des statistiques officielles à partir d’enquêtes en ligne reposant sur le principe de l’autosélection ? », sur Statistique Canada,
  91. Ambert 2005, p. 13.
  92. (en) Henny M.W. Bos, « Planned Gay Father Families in Kinship Arrangements », Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, vol. 31, no 4,‎ , p. 356-371 (DOI 10.1375/anft.31.4.356)
  93. (en) Cynthia Osborne, « Further comments on the papers by Marks and Regnerus », Social Science Research, vol. 41, no 4,‎ , p. 779–783 (DOI 10.1016/j.ssresearch.2012.05.002)
  94. a et b (en) J. Michael Bailey, David Bobrow, Marilyn Wolf et Sarah Mikach, « Sexual orientation of adult sons of gay fathers », Developmental Psychology, no 31,‎ , p. 124-129 (DOI 10.1037/0012-1649.31.1.124)
  95. a et b Georges-André Tessier, « Recherches sur l’homoparentalité. Une invitation à la prudence », Revue québécoise de psychologie, vol. 37, no 1,‎ , p. 253-265 (DOI 10.7202/1040112ar, lire en ligne)
  96. (en) Nguyen Thi Huyen Linh, « Children in Same-Sex Families: Are They Different and What Does That Mean for Policy? », The Heinz Journal, Policy. Research. Practice, vol. 10, no 2,‎ , p. 57-66 (lire en ligne)
  97. Benoît Schneider et Olivier Vecho, « Le développement des enfants adoptés par des familles homoparentales : une revue de la littérature », Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence, vol. 63, no 6,‎ , p. 401-412 (DOI 10.1016/j.neurenf.2015.04.010)
  98. Danielle Julien, Monique Dubé et Isabelle Gagnon, « Le développement des enfants de parents homosexuels comparé à celui des enfants de parents hétérosexuels », Revue québécoise de psychologie, vol. 15, no 3,‎ , p. 135-153
  99. (en) « Marriage of Same-Sex Couples – 2006 Position Statement », sur Canadian Psychological Association,
    « CPA continues to assert its 2003 position that the psychological literature into the psychosocial adjustment and functioning of children fails to demonstrate any significant differences between children raised within families with heterosexual parents and those raised within families with gay and lesbian parents »
  100. (en) Nathalie F.P. Gilfoyle, Paul M. Smith, William M. Hohengarten, Julia K. Martinez, « Brief of the American Psychiatric Association, the California Psychological association, the American Psychiatric Association, and the American Association for Marriage and Family Therapy as Amici Curiae in Support of Plaintiff-Appellees », sur Cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit,
    « There Is No Scientific Basis for Concluding That Gay and Lesbian Parents Are Any Less Fit or Capable Than Heterosexual Parents, or That Their Children Are Any Less Psychologically Healthy and Well Adjusted. »
  101. (en) Philip A. Belcastro, Theresa Gramlich, Thomas Nicholson, Jimmie Price et Richard Wilson, « A Review of Data Based Studies Addressing the Affects of Homosexual Parenting on Children's Sexual and Social Functioning », Journal of Divorce & Remarriage, vol. 20, nos 1-2,‎ , p. 120 (DOI 10.1300/J087v20n01_06)
    « The conclusion that there are no significant differences in children reared by lesbian mothers versus heterosexual mothers is not supported by the published research data base »
  102. (en) Walter R. Schumm, « Children of homosexuals more apt to be homosexuals? A reply to Morrison and to Cameron based on an examination of multiple sources of data », Journal of Biosocial Science, vol. 42, no 06,‎ , p. 721-742 (DOI 10.1017/S0021932010000325)
  103. a et b François-Robert Rail et Alain Roussy, « L'homoparentalité, faits et croyances », Psychologie Québec, vol. 28, no 06,‎ , p. 28-31 (lire en ligne)
  104. (en) Dorothy A. Greenfeld, « Reproduction in same sex couples: quality of parenting and child development », Current Opinion in Obstetrics & Gynecology, vol. 17, no 3,‎ , p. 309-12 (DOI 10.1097/01.gco.0000169109.92752.70).
  105. « Livres : Les coups de cœur de TULITU », sur Têtu,