Comparaison biologique entre la femme et l'homme

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Anatomie féminine et masculine. Noter qu'à l'exception des cheveux, la pilosité de ces modèles a été retirée.

Si certaines différences biologiques entre hommes et femmes sont majoritaires et souvent dichotomiques (comme les chromosomes sexuels, ou la constitution de l'appareil génital), d'autres différences sont d'ordre purement statistique[précision nécessaire].

Les différences biologiques les plus évidentes entre les hommes et les femmes comprennent toutes les fonctionnalités liées à la fonction de procréation, notamment les endocriniens (hormonaux) et leurs effets physiologiques et comportementaux, y compris la différenciation des gonades, organes génitaux internes et externes, de la poitrine, de la masse musculaire, de la hauteur et la distribution de la pilosité.

Tronc commun[modifier | modifier le code]

Chaque individu d'une espèce voit sa constitution établie sur un tronc commun, auquel s'ajoute sa spécificité sexuelle.

Ce tronc commun est, pour les deux sexes, un nombre identique d'organes dont la fonction est commune : peau, cœur, intestins, foie, cerveau, nombre d'os, de muscles, présence des mêmes hormones mais en quantités différentes, etc., le tout en conformité avec son espèce.

Différences génétiques[modifier | modifier le code]

Sur le plan de la génétique :

Certains rares individus sont munis d'un caryotype sexuel différent :

Dans la majorité des cas, la simple présence du chromosome Y détermine un phénotype masculin.

En effet, si généralement c'est le chromosome Y qui est porteur du gène SRY qui détermine la différenciation des gonades (ovaires ou testicules) et donc la différenciation de phénotypes (féminin ou masculin), celui-ci peut dans de rares cas être absent du chromosome Y ou présent sur un chromosome X. Il en résulte des phénotypes en complète contradiction avec leur caryotype, qui peuvent se traduire par des femmes porteuses d'une paire de chromosomes sexuels XY et des hommes porteurs d'une paire de chromosomes sexuels XX.

Différences phénotypiques[modifier | modifier le code]

Le phénotype est l'ensemble des caractères anatomiques, morphologiques, physiologiques et éthologiques caractérisant un être vivant donné.

Différences hormonales[modifier | modifier le code]

Une partie de l'appareil reproducteur (gonades) produit des hormones longtemps dites masculines et féminines, dénomination qui s'est ensuite avérée impropre : En réalité hommes et femmes produisent tous des hormones autrefois jugées caractéristiques du sexe opposé. C'est le taux de ces hormones qui fait la différence : sauf en cas de dérèglement hormonal, les femmes produisent de la testostérone, mais beaucoup moins que les hommes, et les hommes produisent des œstrogènes et de la progestérone, mais en quantité moindre que les femmes[1]. En outre la production d'hormones sexuelles existe aussi dans les glandes surrénales et elle est aussi contrôlée par le système hypothalamo-hypohysaire. La femme a un taux plus élevé d'œstrogène, une hormone produite par les ovaires qui sont les gonades femelles. L'homme a un taux plus élevé d'androgènes (testostérone) produites par les cellules de Leydig dans les testicules.

Ces hormones contribueront au dimorphisme sexuel et à d'autres différences sexuelles. Certaines de ces différences existent déjà in utero et à la naissance, qui s'accentuent à la puberté notamment pour le morphotype, la voix, la sexualité et même le métabolisme (des lipides notamment, dont les voies de régulation sont influencées par le dimorphisme sexuel et le hormones, faisant que - à conditions nutritionnelles équivalentes - le taux de DHA des lipides circulants est en moyenne plus élevée chez les femmes, et particulièrement si elles sont soumises à un traitement estrogénique. Ceci serait dû au fait que le statut en hormones stéroïdes régule l’expression des gènes du métabolisme lipidique)[2].

Différences sexuelles « primaires »[modifier | modifier le code]

L'appareil génital, indifférencié à la formation de l'œuf après la fécondation, se différencie nettement dès le début de la gestation.

La femme dispose d'une vulve dont les parties visibles sont les grandes et les petites lèvres, ainsi que le gland du clitoris. La vulve se prolonge intérieurement par le vagin, puis l'utérus qui permet à la femme de porter un enfant (grossesse). Les gonades (les ovaires) sont situées à l'intérieur du ventre, de part et d'autre de l'utérus.

L'homme dispose extérieurement d'un pénis et de deux bourses, soudées en un scrotum et dans lesquelles descendent les gonades du nourrisson mâle (les testicules). Intérieurement, la prostate participe à l'élaboration du sperme. Contrairement à la femme, les gonades de l'homme sont à l'extérieur du ventre.

On est tenté de comparer le pénis de l'homme et la partie externe (gland) du clitoris de la femme, qui est de bien plus petite taille : de l'ordre du centimètre pour le clitoris, de l'ordre du décimètre pour le pénis. Les glands de ces deux organes supportent une grande densité de capteurs de plaisir et jouent ainsi un rôle comparable dans l'excitation et le plaisir sexuel. En réalité le gland du clitoris est l'analogue fonctionnel du gland du pénis, et le vagin et l'analogue de la partie inférieure du pénis. Les différences de taille sont ainsi plutôt grossies par le regard, ignorant la partie interne du clitoris, ainsi que le vagin et l'utérus dans cette comparaison. Globalement, puisque l'un reçoit l'autre, l'appareil génital de la femme est plus volumineux que celui de l'homme.

Le clitoris est le seul organe du corps humain entièrement consacré au plaisir[3],[4].

Alors que l'homme produit chaque jour de grandes quantités de gamètes (spermatozoïdes), la femme commence sa vie sexuelle avec un stock de gamètes (ovules) déjà constitué à la naissance, et en émet, généralement, un seul par cycle menstruel d'environ un mois lunaire.

Différences sexuelles « secondaires »[modifier | modifier le code]

Ces différences apparaissent pendant la puberté.

Chez l'homme les épaules s'élargissent et les développements squelettique et musculaire sont plus marqués. Le pénis se développe et la voix mue, devient plus grave. La pilosité est plus marquée (poils plus épais et longs) sur la peau, et notamment sur la face (moustache, barbe) ainsi que sur la poitrine, le ventre (autour du nombril), les cuisses et les jambes, ainsi parfois que sur les épaules et le dos. Les poils de l'homme sont généralement plus gros, et plus long sur la face. Les cheveux restent relativement comparables en épaisseur et longueur, mais la calvitie est ensuite plus fréquente chez les hommes. Avec l'âge ou en cas de perturbation hormonale (taux d'œstrogènes anormalement augmenté), une gynécomastie est possible, éventuellement liée à une obésité, à un usage prolongé de certains médicaments ou de certains toxiques comme l'alcool.

Chez la femme, les seins se développent, la distance anogénitale se réduit avec le déplacement de la vulve vers l'anus. La voix évolue de façon nuancée : la femme conserve des cordes vocales plus petites et donc une voix plus aigüe, mais certaines femmes ont des voix très graves. En fin d'adolescence, le bassin s'élargit en modifiant l'os coxal et l'articulation de la tête du fémur sur le bassin[5], devenant anatomiquement adapté à l'accouchement en étant plus large et plus souple, ce qui modifie aussi la démarche. Le développement des seins s'accentue encore en fin de grossesse.

Autres différences physiologiques[modifier | modifier le code]

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Ces différences s'observent sur des moyennes globales.

  • la puberté apparaît légèrement plus tôt chez les filles que chez les garçons[6] ;
  • le cerveau des femmes contient plus de substance grise tandis que celui des hommes contient plus de substance blanche[7] ;
  • fonction respiratoire et cardiaque plus rapide chez les femmes (en lien avec leur taille moindre)[réf. nécessaire] ;
  • ossature plus légère des femmes[réf. nécessaire] ;
  • souplesse plus grande des femmes[réf. nécessaire] ;
  • proportion graisseuse plus forte (en particulier sous la peau) chez les femmes[réf. nécessaire] ;
  • conséquences de différences particulières des caractéristiques primaires évoquées, les proportions globales des parties du corps sont différentes chez l'homme et la femme[réf. nécessaire] ;
  • différences dans la perception et la modulation de la douleur (pouvant être en partie d'origine culturelle et en partie physiologique, en lien avec des hormones gonadiques comme l’estradiol et la testostérone. Ces deux hormones sont respectivement « proalgésiques » (augmentant la douleur) et « hypoalgésiques » (atténuant la douleur). Elles sont actives chez les deux sexes et des « preuves cliniques » laissent penser que la femme « retient mieux les stimuli douloureux, ce qui expliquerait l’incidence plus élevée des douleurs chroniques chez elle »[8],[9] ;
  • Il a été dit au XIXe siècle, par Paul Pierre Broca par exemple, que le cerveau masculin était plus gros et supposément donc plus performant que le cerveau féminin ; on sait aujourd'hui que le poids du cerveau n'a pas de lien avec l'intelligence ni avec la psychomotricité et que les femmes étant plus petites en moyenne, il est normal que leur cerveau soit plus petit. Selon plus d’un millier d’études réalisées en dix ans d'après l'imagerie cérébrale, seules une dizaine plaident en faveur de différences fonctionnelles ou d'efficacité entre cerveaux selon le sexe ...et ces différences pourraient aussi avoir une origine socioculturelle ou épigénétique ; le cerveau masculin est simplement légèrement plus performant concernant la représentation d'objets tridimensionnel, et chez la femme cette capacité peu évoluer selon le moment dans le cycle hormonal. Et le cerveau féminin plus performant dans le domaine de l'olfactif [2].

Cerveau et système nerveux[modifier | modifier le code]

Connectivité cérébrale[modifier | modifier le code]

Les recherches effectuées à l'École de médecine de l'université de Pennsylvanie en 2013 ont constaté des différences substantielles dans la connectivité du cerveau entre les hommes et les femmes. L'étude a examiné 949 personnes (521 femmes et 428 hommes) d'âges compris entre 8 et 22 ans. Dans l'ensemble, les cerveaux masculins ont montré une meilleure connectivité de l'arrière vers l'avant et à l'intérieur des hémisphères, tandis que les cerveaux féminins ont montré plus de connectivité entre les hémisphères droit et gauche du cerveau. Contrairement à la connectivité dans le cerveau, dans le cervelet, partie du cerveau qui joue un rôle majeur dans les tâches motrices, les hommes ont montré une connectivité inter-hémisphérique supérieure tandis que les femmes ont montré une connectivité intra-hémisphérique supérieure. Les différences étaient plus prononcées chez les personnes âgées de 14 ans et plus[10],[11].

Les chercheurs ont déclaré que ces résultats pourraient fournir les bases neurales des différences de sexe observables en psychologie. La recherche était conforme à l'étude comportementale associée et à des études antérieures qui ont trouvé que les femmes ont de meilleurs résultats que les hommes dans les tâches d'attention, de la mémoire des visages et des mots, et des tests de cognition sociale, alors que les hommes obtenaient de meilleurs résultats dans les tâches de traitement spatial et les compétences sensorimotrices. En moyenne, les hommes dépassaient les femmes dans l'apprentissage et l'accomplissement de tâches simples, comme le vélo et les directions de navigation, tandis que les femmes avaient une meilleure mémoire et de meilleures compétences de cognition sociale qui les rend plus adaptées pour le multitâche et pour trouver des solutions de consensus. Il a été suggéré que la différenciation accrue de la connectivité du cerveau à l'adolescence est en corrélation avec les changements hormonaux dans la puberté[10],[11].

Une étude en 2014 par le même groupe de recherche utilisant une IRM sur une population adolescente (état de repos fonctionnel connectivité IRM) a trouvé des résultats similaires aux études précédentes, avec des hommes dépassant les femmes en moyenne pour les tests cognitifs moteurs, spatiaux et de langage, alors que les femmes dépassaient les hommes en moyenne pour la reconnaissance émotionnelle et les tâches de raisonnement non verbal[12].

Différences cognitives[modifier | modifier le code]

De nombreuses études montrent statistiquement des différences cognitives entre hommes et femmes mais seules des méta-analyses seraient à même de permettre de tirer des conclusions fiables. Ainsi plusieurs méta-analyses plus anciennes avançaient qu'il n'y a pas de différence de répartition des aires du langage dans le cerveau entre les deux sexes (idée des « femmes plus douées pour le langage que les hommes »)[13], qu'il n'y a pas de base neuronale aux différences de cognition spatiale entre les sexes (idée des « hommes plus doués pour l'orientation »)[14],[15], que le corps calleux interconnectant les deux hémisphères cérébraux n'est pas plus grand chez les femmes (idée des « femmes douées pour faire plusieurs choses à la fois »)[16].

En contradiction avec ces études, la neurobiologiste Lise Eliot rappelle que les différences entre garçons et filles dans l'apprentissage du langage sont notables : les filles sont plus précoces sur le plan verbal, avance qui diminue beaucoup au cours des premières années du primaire et davantage de garçons que de filles ont des difficultés à apprendre à lire [17].

Certains chercheurs estiment que les différences statistiquement observées peuvent être en partie expliquées par des caractéristiques physiques (maturation plus lente des lobes frontaux chez les garçons, effets de la testostérone prénatale[18]) et que ces menues différences initiales seraient amplifiées par l'éducation[19].

Causes génétiques et hormonales[modifier | modifier le code]

Gènes et hormones affectent la formation des cerveaux humains avant la naissance, ainsi que le comportement des individus adultes. Plusieurs gènes qui codent des différences entre les cerveaux masculins et féminins ont été identifiés. Dans le cerveau humain, une différence entre les sexes a été observée dans la transcription de la paire de gènes PCDH11X / Y, une paire unique de l'Homo sapiens[20].

Les hormones affectent de manière significative la formation du cerveau humain, ainsi que le développement du cerveau à la puberté. Le corps actuel de la recherche soutient l'idée que les différences entre les sexes dans l'expression neuronale des gènes X et Y contribuent de manière importante à des différences entre les sexes dans les fonctions du cerveau et dans la maladie[21].

Des pressions sélectives d'évolution peuvent causer des différences cérébrales biologiques innées avant même que l'enfant ne soit né. Une étude distincte a été effectuée sur des nourrissons âgés d'une journée pour voir si les nourrissons ont détourné différemment leur attention selon les sexes. Les résultats ont montré qu'il doit y avoir un mécanisme inné qui diffère entre les sexes. Ce mécanisme inné est évolutif dans le sens où les hormones pour les femmes sont simultanément transmises à d'autres femmes, et la même chose avec les hommes[22],[23].

La testostérone intervient tôt dans le développement de l'embryon. La première poussée de testotérone démarre six semaines après la conception, pour se terminer avant la fin du second trimestre. Selon la neurobiologiste Lise Eliot, « la brève période de quatre mois, avant la naissance, durant laquelle les fœtus sont exposés à la testostérone, suffit à les masculiniser entre les jambes et, dans une certaine mesure, dans leurs cerveaux embryonnaires. »[17]. Dès le début de la grossesse, les garçons se développent plus vite que les filles. La conséquence de ce développement plus rapide est que les garçons ont au moment de la naissance des crânes plus épais et des cerveaux plus gros que les filles[17].

Ainsi, bien avant que garçons ou filles n'entrent en contact avec notre culture différenciée entre masculin et féminin, « leurs cerveaux sont préparés à ne pas réagir tout à fait de la même manière à certains aspects de notre environnement »[17].

Évolution[modifier | modifier le code]

Presque tous les mammifères sont marqués par un dimorphisme sexuel qui donne lieu à des mâles plus volumineux que les femelles (à une poignée d'exceptions près comme les hyènes et certains cétacés). Charles Darwin avait déjà observé que ce dimorphisme est d'autant plus prononcé que les mâles sont polygames : on trouvera un dimorphisme plus marqué chez les espèces où un seul mâle est autorisé, après des combats nuptiaux, à féconder un grand nombre de femelles (ce qui va du mouton au gorille), et moins chez les espèces formant des couples monogames stables (cas de nombreux oiseaux, notamment les corvidés)[24]. À ce titre, l'espèce humaine a donc une morphologie d'espèce monogame, étant au sein des hominidés l'espèce où le dimorphisme sexuel est le moins marqué, fruit d'une divergence qui a commencé il y a plusieurs millions d'années[25].

Santé[modifier | modifier le code]

Il existe des différences en termes de maladies génétiques et d'épigénétiques. La femme ayant deux exemplaires du chromosome X alors que l'homme n'en possède qu'un, tout gène déficient porté par le chromosome X ne sera pas compensé chez l'homme par l'autre chromosome X, contrairement à chez la femme, d'après les règles du mode de transmission récessive liée à l'X.

C'est le cas par exemple avec la mutation du gène F8 du locus q28 qui se traduit par l'hémophilie qui n'est présente que chez les hommes. De même, des gènes récessifs nécessitent chez la femme la présence de ce gène sur les deux chromosomes X, alors que chez l'homme la simple présence sur son unique chromosome X lui fera exprimer ce phénotype. C'est le cas aussi par exemple du daltonisme qui est ainsi plus fréquent chez l'homme que chez la femme.

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

Elle diffère in utero, à la naissance et dans la vie selon le sexe, mais pour des raisons qui ne sont qu'en partie biologiques. La part des déterminants socioculturels est encore mal mesurée[26], et elle pourrait varier selon les groupes culturels et types de société, mais aussi selon le contexte familial et de la grossesse et de l'enfance (qui en contexte de guerre, de catastrophe ou de maltraitance[27] par exemple peuvent modifier l'épigénétique de l'individu)[28],[29].

Selon l'OMS (2019), essentiellement grâce à un recul très fort de la mortalité infantile (chez les 0 à 5 ans, notamment en zone subsaharienne) le gain moyen d'espérance de vie moyen a été sur la planète de 5 ans et demi en 15 ans (de 2000 à 2016, soit un passage de 66,5 à 72 ans), mais avec des inégalités persistantes entre communautés et pays selon leur niveau de richesse (18 ans de différence entre les pays les plus riches et les plus pauvres)[30]. L'espérance de vie en bonne santé à la naissance est à peu près stable pour les pays les plus riches, mais a fortement augmenté dans le monde (passant de 58,5 ans en 2000 à 63,3 ans en 2016). Ces gains sont aussi dus à la lutte contre le paludisme et le sida. Partout les femmes continuent à avoir ont une espérance de vie plus longue que les hommes[30]. Partout il existe une différence d’espérance de vie à la naissance selon le sexe : statistiquement parlant, les garçons naissent plus nombreux mais meurent plus tôt. Selon l'OMS en 2019 environ 73 millions de garçons devraient ainsi naître dans le monde, contre 68 millions de filles, mais l'espérance de vie de ces dernières est de 74,2 ans, soit nettement supérieure à celle des hommes (69,8 ans)[30]. Les petits garçons sont plus touchés par la mortalité infantile que les filles, avec un ratio qui se rapproche de 1 vers 5 ans. Les fausses couches dues à des anomalies du fœtus sont trois fois plus élevés chez les fœtus masculins que chez les fœtus féminins. Au-delà de 20 ans, la surmortalité masculine par rapport à celle des femmes est due aux différences sociétales qui existent entre les deux sexes et rarement aux différences génétiques : les hommes prennent traditionnellement plus de risques (dans le sport, sur la route...) et s'exposent plus souvent que les femmes à la consommation de drogues, d'alcool et de tabac ou à d'autres situations qui entraînent plus souvent la mort. Ainsi rappelle l'OMS en 2019 : sur 40 des causes les plus fréquentes de décès, 33 causes affectent plus hommes que les femmes (ainsi, par exemple en 2016, le risque de mourir entre 30 et 70 ans d'une maladie non transmissible est supérieur de 44% chez les hommes par rapport aux femmes. Cette différence est en partie biologique, et en partie socio-comportementale (les hommes prennent plus de risques et consultent moins et font moins appel au dépistage ; et le taux de mort par suicide en 2016 était de 75% plus élevé chez les hommes par rapport aux femmes ; ils sont aussi beaucoup plus exposés au risque de mort par homicide (quatre fois plus) et par accidents de la route (deux fois plus après 15 ans)[30]. On ne sait pas encore exactement dans quelle mesure le biologique (taux de testostérone par exemple) influe sur les risques plus fréquemment pris par les hommes pour leur santé et sécurité (et celle des autres).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sinding C (2003) Le sexe des hormones: l'ambivalence fondatrice des hormones sexuelles |Cahiers du genre | (1), 39-56.
  2. Alessandri, J. M., Extier, A., Astorg, P., Lavialle, M., Simon, N., & Guesnet, P. (2009). Métabolisme des acides gras oméga-3: différences entre hommes et femmes. Nutrition clinique et métabolisme, 23(2), 55-66.URL = https://s3.amazonaws.com/academia.edu.documents/40058199/Mtabolisme_des_acides_gras_omga-3__diffr20151116-7263-e7dpc5.pdf?AWSAccessKeyId=AKIAIWOWYYGZ2Y53UL3A&Expires=1554549987&Signature=YAqU%2Br4S4GscULCnbvbR9kFRVt0%3D&response-content-disposition=inline%3B%20filename%3DMetabolisme_des_acides_gras_omega-3_diff.pdf
  3. (en) V. Di Marino et H. Lepidi, Anatomic Study of the Clitoris and the Bulbo-Clitoral Organ, Suisse, Springer International Publishing, , 160 p. (OCLC 880941031, lire en ligne), p. 147
  4. [1]
  5. Genovés S (1959) L'estimation des différences sexuelles dans l'os coxal: différences métriques et différences morphologiques. Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, 10(1), 3-95.
  6. http://www.pediatre-online.fr/adolescents/puberte-difference-fille-garcon
  7. « La taille du cerveau comparaison femme-homme », sur futura-sciences.com,
  8. Aloisi, A. M., Ceccarelli, I., Fiorenzani, P., & Bonezzi, C. (2009). Les différences hommes-femmes dans la perception et la modulation de la douleur. Douleur et Analgésie, 22(3), 140-145 |résumé.
  9. de Souza, J. B., Vanasse, A., Cissé, A., Asghari, S., Dion, D., Choinière, M., & Marchand, S. (2009). Portrait de la douleur chronique au Canada: les femmes souffrent-elles plus que les hommes?. Douleur et analgésie, 22(3), 134-139.
  10. a et b (en) « Brain Connectivity Study Reveals Striking Differences Between Men and Women », sur Perelman School of Medicine / University of Pennsylvania, University of Pennsylvania (consulté le 21 novembre 2015)
  11. a et b (en) Ian Paul, « Is gender difference innate? », sur Psephizo (consulté le 21 novembre 2015)
  12. (en) Satterthwaite, « Linked Sex Differences in Cognition and Functional Connectivity in Youth », sur oxfordjournals.com, Oxford Journals (consulté le 21 novembre 2015)
  13. (en) Anelis Kaiser, Sven Haller, Sigrid Schmitz et Cordula Nitsch, « On sex/gender related similarities and differences in fMRI language research », Brain Research Reviews, vol. 61, no 2,‎ , p. 49-59 (DOI 10.1016/j.brainresrev.2009.03.005)
  14. (en) Giuseppe Iaria et col, « Cognitive Strategies Dependent on the Hippocampus and Caudate Nucleus in Human Navigation : Variability and Change with Practice », The Journal of Neuroscience, vol. 13, no 13,‎ , p. 5945-5952
  15. (en) Pamela Banta Lavenex et Pierre Lavenex, « Spatial relational learning and memory abilities do not differ between men and women in a real-world, open-field environment », Behavioural Brain Research, vol. 207, no 1,‎ , p. 125-137 (DOI 10.1016/j.bbr.2009.09.046)
  16. Catherine Vidal, Féminin/Masculin : mythes et idéologie, Belin, , 123 p. (ISBN 978-2-7011-4288-3)
  17. a b c et d Lise Eliot, Cerveau rose, Cerveau bleu, Ed Robert Laffont, 2011.
  18. « Les neuroscientifiques supposent en général que l'agitation plus grande des garçons est due à une maturation plus lente des lobes frontaux qui assurent le contrôle inhibiteur, "mais curieusement, les recherches ne confirment pas du tout cette hypothèse", poursuit Lise Eliot. La testostérone prénatale pourrait jouer un rôle dans le fait que les garçons soient plus actifs, voire plus agressifs. » dans Garçons et filles ont des têtes aussi bien faites, article du quotidien Le Monde, daté du 4 septembre 2011 (accès réservé aux abonnés).
  19. « "Les différences véritablement innées - celles des capacités verbales, des niveaux d'activité, de l'inhibition, de l'agressivité et, peut-être, de la sociabilité - sont petites, toutes petites : de simples tendances qui influencent un peu le comportement des enfants, mais ne déterminent rien du tout par elles-mêmes, explique la neuroscientifique. Ce qui compte surtout, c'est la façon dont les enfants passent leur temps, c'est le regard que l'on porte sur eux, et les conséquences de toutes leurs interactions avec leur entourage sur les circuits neuronaux." » dans Garçons et filles ont des têtes aussi bien faites, article du quotidien Le Monde, daté du 4 septembre 2011 (accès réservé aux abonnés).
  20. (en) Alexandra M. Lopes, Norman Ross, James Close, Adam Dagnall, António Amorim et Timothy J. Crow, « Inactivation status of PCDH11X: sexual dimorphisms in gene expression levels in brain », Human Genetics, vol. 119, no 3,‎ , p. 1–9 (PMID 16425037, DOI 10.1007/s00439-006-0134-0)
  21. (en) A. P. Arnold, « Sex chromosomes and brain gender », Nature Reviews Neuroscience, vol. 5, no 9,‎ , p. 701–708 (PMID 15322528, DOI 10.1038/nrn1494)
  22. (en) Larry Cahill, « His Brain, Her Brain », Scientific American, vol. 20,‎ , p. 40–47 (DOI 10.1038/scientificamericanmind0509-40, lire en ligne)
  23. (en) Gerianne M. Alexander et Melissa Hines, « Sex differences in response to children's toys in nonhuman primates (Cercopithecus aethiops sabaeus) », Evolution and Human Behavior, vol. 23, no 6,‎ , p. 467–479 (DOI 10.1016/s1090-5138(02)00107-1)
  24. Catherine Vincent, « Des amours de primates », sur Le Monde, .
  25. Brigitte Senut, « Seuls les hominidés sont bipèdes de manière permanente », sur linternaute.com, .
  26. Moatti J.P (2013) Déterminants sociaux des inégalités de santé: une priorité absolue pour la recherche en santé publique.
  27. Perroud N (2014) Maltraitance infantile et mécanismes épigénétiques. L'information psychiatrique, 90(9), 733-739.
  28. Lang, T., Kelly-Irving, M., Lamy, S., Lepage, B., & Delpierre, C. (2016). Construction de la santé et des inégalités sociales de santé: les gènes contre les déterminants sociaux?. Santé Publique, 28(2), 169-179.
  29. Dubois, M., Guaspare, C., & Louvel, S. (2018) De la génétique à l’épigénétique: une révolution «post-génomique» à l’usage des sociologues. Revue francaise de sociologie, 59(1), 71-98.
  30. a b c et d [SEAActu17h-20190405 L'espérance de vie dans le monde est passée de 66 à 72 ans depuis 2000], AFP & Sciences et Avenir, d'après OMS, publié le 05.04.2019, consulté le 04.04.2019

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Émissions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]