Colette Guillaumin

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Colette Guillaumin
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Colette Guillaumin (1934-2017) est une féministe et sociologue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Colette Guillaumin naît le à Thiers.[réf. souhaitée]

Elle est docteur en sociologie (1969)[1].

Elle fait d'abord des recherches sur le racisme : à la suite de Frantz Fanon, elle souligne l'infériorisation des non-blancs, et la hiérarchisation des personnes suivant leurs caractéristiques biologiques. Elle est l'une des premières[réf. nécessaire] en sociologie à avancer que la notion de « race » n'a aucune valeur scientifique, et que c'est un mode de classement arbitraire. Elle a notamment travaillé à démonter les discours naturalisants et essentialistes qui légitiment les discriminations.

Dès la fin des années 1960, elle s'intéresse au féminisme. Elle intègre l'équipe de rédaction de la revue Questions féministes fondée en 1977 par Simone de Beauvoir, qui est la source et l'organe de publication du féminisme matérialiste. Elle y côtoie notamment Christine Delphy, Monique Wittig, Nicole-Claude Mathieu, Monique Plaza et Emmanuelle de Lesseps. En 1978, elle y fait paraître un important article, « Pratique du pouvoir et idée de nature », qui théorise l'appropriation des femmes[2] à travers l'idéologie naturaliste [3] et propose une analyse en termes de construction sociale du genre. Ses analyses recoupent celles des féministes radicales et posent les jalons de la critique du genre.

Elle a tenu un séminaire à l'Université de Montréal au cours des années 1980[4].

En 1992, un recueil reprend cet article ainsi que plusieurs autres publiés dans les revues Sociologie et sociétés (Université de Montréal) ou Le Genre humain dont elle est la cofondatrice en 1981. Elle écrit également dans la revue Sexe et race (Université de Paris 7). Le terme « sexage » qu'elle crée pour désigner la réduction d'une personne à son sexe est repris par Michèle Causse. Un hommage est rendu à Colette Guillaumin en mai 2005 lors de journées d'études d'EFiGiES à l'IRESCO (« Le genre au croisement d'autres rapports de pouvoir »).

Elle meurt le [5].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Idéologie raciste, genèse et langage actuel, Paris/La Haye, Mouton, 1972. Nouvelle édition : Gallimard, Coll. Folio essais (no 410), 2002, 384 p. (ISBN 2070422305).
  • Sexe, Race et Pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Paris, Côté-femmes, 1992, 239 p. Réédition: Éditions iXe, 2016, 240 p., (ISBN 9791090062313)
  • (en) Racism, Sexism, Power and Ideology, Londres, Routledge, 1995, 300 p. (ISBN 0415093856).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thèse sous la dir. de Roger Bastide : http://www.sudoc.fr/015429830.
  2. Colette Guillaumin, « Pratique du pouvoir et idée de Nature (1) L'appropriation des femmes ». Questions Féministes No. 2, les corps appropriés (février 1978), pp. 5-30.
  3. Colette Guillaumin, « Pratique du pouvoir et idée de Nature (2) Le discours de la Nature ». Questions Féministes (février 1978).
  4. Voir https://www.labrys.net.br/labrys12/quebec/juteau.htm.
  5. « Décès de la sociologue et féministe Colette Guillaumin », sur liberation.fr, .

Liens externes[modifier | modifier le code]