Nathalie Heinich

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Nathalie Heinich
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Nathalie Heinich, née le dans le 6e arrondissement de Marseille, est une sociologue française, spécialiste de l'art, notamment de l'art contemporain.

Repères biographiques et travaux[modifier | modifier le code]

Titulaire d'un doctorat de l'EHESS après avoir soutenu une thèse[1] en 1981, sous la direction de Pierre Bourdieu[2],[3], et d'une habilitation à diriger des recherches (1994), Nathalie Heinich (se prononce "énik") est actuellement directrice de recherche (classe exceptionnelle) au CNRS, au sein du Centre de recherche sur les arts et le langage (CRAL) de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

Son axe de recherche principal porte sur la sociologie de l'art[4], en particulier l'histoire du statut d'artiste (arts plastiques, littérature, cinéma) et l'art contemporain. Elle a également développé des travaux sur les crises d'identité, notamment l'identité féminine. Une troisième ligne de recherche porte sur l'histoire et l'épistémologie des sciences sociales. Enfin, ses dernières publications s'orientent vers une sociologie des valeurs.

Initialement formée à la sociologie de Pierre Bourdieu, elle a davantage pris appui par la suite sur la sociologie historique de Norbert Elias[3], tout en fréquentant pendant quelque temps le séminaire de Bruno Latour[3] et en s'associant aux chercheurs du Groupe de Sociologie Politique et Morale (GSPM) créé par Luc Boltanski[3]. Ses travaux récents s'inscrivent davantage dans la perspective de la sociologie pragmatique, et relèvent moins, selon son expression, d'une sociologie « de » l'art que d'une sociologie « à partir de » l'art.

Non inféodée à des écoles théoriques, Nathalie Heinich renouvelle le positionnement épistémologique (Ce que l’art fait à la sociologie, 1998; La Sociologie de l'art, 2001[4]; Le Bêtisier du sociologue, 2009) et méthodologique (Etats de femme, 1996; L'Art contemporain exposé aux rejets, 1998; La Fabrique du patrimoine, 2009) du domaine de la sociologie.

Prenant en compte la dimension interdisciplinaire de ses objets, elle a travaillé en collaboration avec des psychanalystes (Mères-filles, une relation à trois, 2002, avec Caroline Eliacheff), des juristes (L'Art en conflit. L'œuvre de l'esprit entre droit et sociologie, 2002, avec Bernard Edelman), des philosophes (Art, création, fiction, entre sociologie et philosophie, 2004, avec Jean-Marie Schaeffer).

Co-fondatrice de la revue Sociologie de l'art en 1992, Nathalie Heinich a été membre du jury de l'agrégation de sciences économiques et sociales, et a reçu en 2011 la prime d'excellence scientifique du CNRS. Elle a occupé plusieurs chaires d'enseignement dans des universités étrangères: la chaire de sociologie de l'art de la fondation Boekman à l'université d'Amsterdam (Pays-Bas); la chaire Jacques Leclercq de l'université de Louvain-la-neuve (Belgique); la chaire de culture et littérature française de l'école polytechnique de Zürich (Suisse); la chaire du Centre des sciences historiques de la culture de l'université de Lausanne (Suisse).

Elle a reçu en 1996 le prix Séverine de l'Association des femmes journalistes pour son livre Etats de femmes; en 2015, le prix Montyon de philosophie de l'Académie française pour son livre Le Paradigme de l'art contemporain[5]; et en 2017, le prix Pétrarque de l'essai (France-Culture/Le Monde) pour son livre Des valeurs.

Elle a été nommée chevalier de la Légion d'honneur en 2012.

Principaux thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Sociologie de l'art[modifier | modifier le code]

Le statut d'artiste[modifier | modifier le code]

Nathalie Heinich a étudié l'histoire du statut d'artiste en peinture et en sculpture depuis la Renaissance, avec le basculement du régime artisanal au régime professionnel (Du peintre à l'artiste. Artisans et académiciens à l'âge classique, 1993[6] ) puis du régime professionnel au régime vocationnel (L’Élite artiste. Excellence et singularité en régime démocratique, 2005[7]). Elle a également consacré un livre au nouveau statut des artistes interprètes et, plus généralement, des célébrités, à partir du développement des techniques de reproduction de l'image à la fin du XIX° siècle et dans le courant du XX° (De la visibilité. Excellence et singularité en régime médiatique, 2012)[3].

En s'intéressant non seulement aux conditions matérielles et juridiques d'exercice du métier, mais aussi aux représentations de l'identité d'artiste, elle a mis en évidence l'importante de la valeur de singularité dans le monde de l'art, et les conditions de son fonctionnement, avec la mise en place à partir de l'époque romantique d'un «régime de singularité», opposé au «régime de communauté». Les voies de grandissement de l'artiste en tant que « grand singulier » font l'objet de son premier livre, La Gloire de Van Gogh. Essai d'anthropologie de l'admiration (1991), de Être écrivain. Création et identité (2000), et de L'Épreuve de la grandeur. Prix littéraires et reconnaissance (1999). Elle montre dans ces deux derniers livres comment l’identité repose sur un modèle ternaire où les « écarts de grandeur » entre l’auto-perception (la manière dont le sujet se perçoit), la désignation (la manière dont le sujet est qualifié par autrui) peuvent être atténués par la représentation (la manière dont le sujet se présente à autrui). Ces écarts - qu’ils soient provoqués par une auto-perception plus élevée que la désignation (cas de Mozart ou de Van Gogh) ou, au contraire, par une désignation supérieure à l’estime qu’a l’artiste de lui-même (cas de Jean Carrière) - conduisent à des crises identitaires.

La reconnaissance[modifier | modifier le code]

À partir d’objets tels que les prix littéraires ou les prix scientifiques, elle a orienté son modèle vers la problématique de la reconnaissance, en s'inspirant notamment des travaux de Axel Honneth et de Tzvetan Todorov. Elle a ainsi mis en place une comparaison des usages de la célébration (en arts et en sciences) et de leurs effets sur les bénéficiaires d'une reconnaissance institutionnelle. Elle montre notamment que la "montée en généralité", travaillée par les sociologues français Luc Boltanski et Laurent Thévenot, n'est pas la seule façon d'acquérir de la grandeur, celle-ci pouvant aussi s'obtenir - à certaines conditions - par une "montée en singularité", qu'exemplifient remarquablement les carrières d'écrivains et d'artistes à partir de l'époque romantique et, encore aujourd'hui, avec l'art contemporain (Etre écrivain, 2000; L'Elite artiste, 2005; Le Paradigme de l'art contemporain, 2014).

L'art contemporain[modifier | modifier le code]

L'art contemporain a constitué pour Nathalie Heinich une ligne de recherche étalée sur une vingtaine d'années, depuis Le Triple jeu de l'art contemporain. Sociologie des arts plastiques (1998) et L'Art contemporain exposé aux rejets. Études de cas (1998) jusqu'au Paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique (2014), en passant par Pour en finir avec la querelle de l'art contemporain (2000) et Guerres culturelles et art contemporain. Une comparaison franco-américaine (2010). S'appuyant sur des enquêtes de terrain menées en France et aux États-Unis, elle a proposé une description de son fonctionnement, articulé entre transgressions des frontières opérées par les œuvres, réactions des publics réfractaires et intégrations de ces propositions par les intermédiaires spécialisés. En qualifiant l'art contemporain non pas de période ou même de genre de l'art, mais de paradigme, au sens donné à ce concept par l'épistémologue Thomas Kuhn, elle montre comment le «paradigme contemporain», l'hétérogénéité de cet art contemporain, son caractère transgressif, s'oppose non pas tant au «paradigme classique» qu'au «paradigme moderne», chacun des trois étant défini par des critères et des attentes bien précises; et comment la révolution artistique que représente ce nouveau paradigme modifie non seulement les œuvres mais aussi leur réception, le rôle des intermédiaires et des institutions, leur économie, leur conservation et leur restauration, leur reproduction, et plus généralement tout le fonctionnement du monde de l'art[8],[9].

L'artification[modifier | modifier le code]

L'extension de ses travaux sur le statut d'artiste au statut des auteurs littéraires (voir L’Épreuve de la grandeur et Etre écrivain), des auteurs de cinéma (auxquels elle a consacré plusieurs articles) et des commissaires d'exposition (voir Harald Szeemann. Un cas singulier, 1995, ainsi que L'Art en conflits, 2002) l'a également amenée à élaborer, dans un séminaire co-dirigé avec Roberta Shapiro, le concept d'"artification". Il désigne l'ensemble des processus par lesquels une activité en vient à être considérée et traitée comme de l'art, et ses praticiens comme des artistes : cas notamment de la peinture et de la sculpture lors du mouvement académique à l'âge classique, ainsi que, plus tard, de la photographie, du cinéma, de l'art brut (entre autres) et, aujourd'hui, du street art ou, potentiellement, du commissariat d'exposition. Ce travail a donné lieu à un ouvrage collectif, De l'artification. Enquêtes sur le passage à l'art (2012, avec Roberta Shapiro)[10].

Sociologie de l'identité[modifier | modifier le code]

L'identité féminine[modifier | modifier le code]

Dans un deuxième axe de recherche, Nathalie Heinich s'est appuyée sur la fiction littéraire et cinématographique pour élaborer un modèle anthropologique de l 'identité féminine dans l'imaginaire occidental, en particulier dans États de femme. L'identité féminine dans la fiction occidentale (1996), où elle met en évidence la systématicité des structures identitaires traditionnellement permises aux femmes à partir du triple critère de la dépendance économique, de la disponibilité sexuelle et du degré de légitimité de leur articulation. Elle y propose également une théorisation de ce que serait la version proprement féminine du « complexe d'Œdipe », sous le nom de « complexe de la seconde ». Dans Les Ambivalences de l'émancipation féminine (2003), elle précise certains aspects de ce modèle et l'articule avec une problématique plus directement féministe. Elle a appliqué cette approche identitaire et cette méthodologie aux rapports entre mères et filles, dans Mères-filles, une relation à trois (2002), publié avec la psychanalyste Caroline Eliacheff.

Fiction et témoignage[modifier | modifier le code]

L'usage de la fiction comme matériau pour le sociologue, qu'elle a expérimenté tant dans Etats de femme et Mères-filles que dans L'Elite artiste, a amené Nathalie Heinich à développer une réflexion épistémologique sur le statut de la fiction, notamment dans un numéro de la revue L'Homme consacré à ce thème (n° 195-196, 2010), qu'elle a coordonné avec le philosophe François Flahault. Elle a notamment appliqué ses réflexions sur la fiction au cas des témoignages de déportation, sur lesquels elle avait été amenée à travailler dans les années 1980 avec Michael Pollak dans le cadre de la recherche menée par celui-ci sur L'Expérience concentrationnaire (ouvrage publié aux éditions Métailié en 1990), et qui lui avait permis de se sensibiliser à la problématique des crises d'identité, comme elle s'en explique dans un recueil d'articles consacré à ce sujet (Sortir des camps, sortir du silence, 2011).

La problématique des valeurs[modifier | modifier le code]

Avec La Fabrique du patrimoine (2009)[11] et De la visibilité (2012)[3], Nathalie Heinich réoriente ses analyses en direction de la question des valeurs, de leur statut ontologique et des conditions pragmatiques de leur usage par les acteurs, en plaidant pour une prise au sérieux de cette problématique peu ou mal travaillée par la sociologie[12].

Par ailleurs, la distinction qu'elle opère entre « valeurs publiques » (publiquement revendiquables) et « valeurs privées » (effectivement observées mais peu ou mal revendiquables en public) lui permet de rendre compte des hiérarchies de valeurs propres à un certain contexte historico-culturel : c'est ainsi que la « visibilité » apparaît dans la culture occidentale actuelle comme une valeur « faible », même si les pratiques auxquelles elle donne lieu font l'objet d'investissements intenses par les acteurs[13].

Cette focalisation sur la problématique des valeurs est aussi pour Nathalie Heinich l'occasion de mettre en pratique et de justifier son parti-pris affirmé en faveur de la « neutralité axiologique » wébérienne[14], seule à même, selon elle, d'autoriser une approche qui soit véritablement scientifique — et non pas idéologique, morale ou politique — du rapport des acteurs aux valeurs[15].

Épistémologie des sciences sociales[modifier | modifier le code]

Outre un certain nombre d'articles consacrés à des questions d'histoire, de statut et de méthodologie de la sociologie, Nathalie Heinich a publié des ouvrages sur le sociologue Norbert Elias (La Sociologie de Norbert Elias, 1997; Dans la pensée de Norbert Elias, 2015); sur la sociologie de l'art en tant que discipline (La Sociologie de l'art, 2001)[4]; sur la sociologie de Pierre Bourdieu (Pourquoi Bourdieu, 2007); sur les erreurs de raisonnement en sociologie (Le Bêtisier du sociologue, 2009); ainsi qu'une réflexion sur son propre parcours à travers ses différents thèmes de recherche (La Sociologie à l'épreuve de l'art, 2006 et 2015). Avec Ce que l'art fait à la sociologie (1998), elle livre sa propre conception d'une sociologie enrichie par la prise en compte non réductrice et non critique des représentations des acteurs, comme y incite le travail sur l'art, en considérant les valeurs de singularité et d'individualité non plus comme des illusions à dénoncer mais comme des représentations cohérentes à analyser, en s'appuyant sur l'enquête empirique et en adoptant une perspective compréhensive, descriptive et neutre. Le relativisme des sciences sociales se trouve ainsi limité à sa seule dimension descriptive, à l'encontre de toute tentation normative pour critiquer ou édicter des normes; et la neutralité devient non plus un retrait face aux engagements dans le monde social, mais une façon différente d'y intervenir, grâce à la mise en évidence des arrière-plans qui donnent leur cohérence aux différentes positions adoptées par les acteurs.

Questions de société[modifier | modifier le code]

S'appuyant sur la distinction élaborée par Tzvetan Todorov entre le rôle du chercheur, celui de l'expert et celui du penseur, Nathalie Heinich plaide pour une distinction nette entre productions scientifiques, dans les publications universitaires (rôle du chercheur), et interventions politiques, dans la presse et les revues d'opinion (rôles de l'expert ou du penseur).

C'est ainsi qu'elle a pris de nombreuses fois position sur des sujets d'actualité. Elle fut notamment une opposante au pacte civil de solidarité (PACS), dans une pétition publiée dans Le Monde, intitulée « Ne laissons pas la critique du PACs à la droite », qui plaidait pour une extension des droits des concubins aux homosexuels de façon à garantir leurs droits sans créer des problèmes potentiellement insolubles en matière de filiation, et sans risquer d'exposer la sexualité des individus au regard de l'État et des lois[pourquoi ?][16]. Lors du débat sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels en France, elle signe aux côtés de 54 autres femmes une tribune contre le projet de loi, en affirmant par la même occasion son opposition à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et à la gestation pour autrui[17]. Elle a également contribué au dossier « Les enfants du mariage homosexuel » de la revue Le Débat[18] avec un article intitulé « L'extension du domaine de l'égalité ». Ses interventions contre le mariage pour tous ont suscité la critique de certains de ses collègues sociologues, tel Alain Quemin : « Quand l'argumentation [de Nathalie Heinich] présente de telles faiblesses, il devient légitime de remettre en cause l'intervention même dans le débat public qui, nimbée d'une autorité revendiquée au titre de l'appartenance à une institution sérieuse et d'une carrière effectuée sur la base de travaux très différents, apparaît dévoyée[19]. » Elle avait elle-même, dans son livre Le Bêtisier du sociologue (2009), invalidé ce type de critiques en justifiant les interventions d'intellectuels dans le débat public sur la base d'une claire distinction entre les supports de publication et les différentes positions d'autorité (celles du chercheur, de l'expert et du penseur). Elle s'est par ailleurs opposée à la féminisation des noms de profession, dans un article intitulé « Le repos du neutre », ainsi qu'à la loi sur la parité, au nom du principe républicain de non-différenciation des individus en raison de leur appartenance à un groupe[20].

Elle intervient régulièrement dans la presse (Le Monde, Libération), à la radio (France Culture, France Musique, France Inter, Europe 1, Radio libertaire, Radio Courtoisie[21], Radio protestante, Radio judaïque[réf. souhaitée]) ou sur des sites spécialisés (TheConversation.fr) à propos de questions relatives à l'art contemporain, aux politiques culturelles, à la différence des sexes et à la sexualité, aux usages des images. Elle a tenu une chronique mensuelle dans le quotidien Libération en 2014-2015.

En 2008, à la fin d'un compte-rendu très critique du livre Classer, dominer. Qui sont les autres ? de Christine Delphy, Nathalie Heinich avance que les travaux de Delphy sont essentiellement idéologiques et lui reproche un féminisme qu'elle considère comme différentialiste et communautariste, exploité par les promoteurs du sexisme islamiste. Elle appelle à « un sérieux resserrement des procédures d’évaluation » au sein du CNRS, qu'elle estime « laisser ses postes de recherches servir durant des décennies à [des productions de bas niveau], au détriment des jeunes chercheurs brillants qui pourraient y exceller[22]. »

Récipiendaire en 2017 du prix Pétrarque pour son livre Des valeurs, une pétition l'accusant d'homophobie et réclamant le retrait de ce prix est lancée et recueille en quelques semaines plus de 1 800 signatures dont celles de Florence Dupont, Olivier Le Cour Grandmaison ou Jean-Loup Amselle[23],[24],[25]. Nathalie Heinich y répond dans la revue Limite[26], classée à droite[27] et s'en explique également dans l'émission L'Invité culture[28] sur France Culture, en revendiquant la nécessité de laisser exister des débats de fond qui ne soient pas d'emblée réduits à des camps politiques pré-établis. À cette occasion, Christine Boutin[29], La Manif pour tous[30], le Salon beige[31] et l'Action française[32], prennent sa défense, ainsi que de nombreux intellectuels de toutes sensibilités politiques[réf. nécessaire] revendiquant la liberté de penser et de débattre {{passage non neutre|revendiquant la liberté de penser et de débattre}}.

Publications[modifier | modifier le code]

Outre plusieurs dizaines d'articles dans des revues scientifiques ou culturelles, francophones ou anglophones, Nathalie Heinich a publié plus d'une trentaine d'ouvrages de recherche, livres de vulgarisation et recueils d'articles, portant principalement sur le statut d'artiste et la notion d'auteur, sur l'art contemporain, sur la question de l'identité, sur l'histoire de la sociologie et sur les valeurs. Ses livres et ses articles ont été traduits en quinze langues.

Elle a publié par ailleurs, aux éditions Thierry Marchaisse, un récit autobiographique (Maisons perdues), ainsi que, aux éditions du Lombard, une bande dessinée de vulgarisation sur le statut d'artiste contemporain, L'Artiste contemporain (avec Benoit Feroumont).

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1991 : La Gloire de Van Gogh. Essai d'anthropologie de l'admiration, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique »
  • 1993 : Du peintre à l'artiste. Artisans et académiciens à l'âge classique, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe »
  • 1995 : Harald Szeemann : un cas singulier. Entretien, Paris, L'Échoppe
  • 1996 :
    • Être artiste. Les transformations du statut des peintres et des sculpteurs, Paris, Klincksieck (rééd. 2005, 2012)
    • États de femme. L'identité féminine dans la fiction occidentale, Paris, Gallimard, coll. « Les Essais »
  • 1997 :
    • La Sociologie de Norbert Elias, Paris, La Découverte, coll. « Repères »
    • L'Art contemporain exposé aux rejets, Paris, Jacqueline Chambon (recueil d'articles, rééd. en poche en 2009)
  • 1998 :
    • Ce que l'art fait à la sociologie, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe »
    • Le Triple Jeu de l'art contemporain. Sociologie des arts plastiques, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe »
  • 1999 : L'Épreuve de la grandeur. Prix littéraires et reconnaissance, Paris, La Découverte, coll. « L'Armillaire »
  • 2000 :
    • Pour en finir avec la querelle de l'art contemporain, Paris, L'Échoppe
    • Être écrivain. Création et identité, Paris, La Découverte, coll. « L'Armillaire »
  • 2001 : La Sociologie de l'art, Paris, La Découverte, coll. « Repères »
  • 2002 :
    • Mères-filles, une relation à trois, avec Caroline Eliacheff, Paris, Albin Michel
    • L'Art en conflits, avec Bernard Edelman, Paris, La Découverte, coll. L'Armillaire (recueil d'articles)
  • 2003 :
    • Face à l'art contemporain. Lettre à un commissaire, Paris, L'Échoppe
    • Les Ambivalences de l'émancipation féminine, Paris, Albin Michel (recueil d'articles)
  • 2004 : Art, création, fiction. Entre sociologie et philosophie, avec Jean-Marie Schaeffer, Paris, Jacqueline Chambon (recueil d'articles)
  • 2005 : L'Élite artiste. Excellence et singularité en régime démocratique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines »
  • 2007 :
    • Pourquoi Bourdieu, Paris, Gallimard, coll. « Le Débat »
    • Comptes rendus à… Benjamin, Bourdieu, Elias, Goffman, Héritier, Latour, Panofsky, Pollak, Paris, Les Impressions nouvelles (recueil d'articles)
  • 2009 :
    • Le Bêtisier du sociologue, Paris, Klincksieck, coll. « Hourvari »
    • La Fabrique du patrimoine. De la cathédrale à la petite cuillère, Paris, éditions de la Maison des Sciences de l'Homme
    • Faire voir. L'art à l'épreuve de ses médiations, Paris, Les Impressions nouvelles (recueil d'articles)
  • 2010 : Guerre culturelle et art contemporain. Une comparaison franco-américaine, Paris, Hermann
  • 2011 : Sortir des camps, sortir du silence, Paris, Les Impressions nouvelles (recueil d'articles)
  • 2012 : De la visibilité, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines »
  • 2012 : De l'artification. Enquêtes sur le passage à l'art, Paris, éditions de l'EHESS (ouvrage collectif, co-direction avec Roberta Shapiro)
  • 2013 : Maisons perdues, Paris, Thierry Marchaisse
  • 2014 : Le Paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines »
  • 2014 : Par-delà le beau et le laid. Les valeurs de l’art, Rennes, Presses universitaires de Rennes,2014 (co-direction avec Jean-Marie Schaeffer et Carole Talon-Hugon)
  • 2015 : La Sociologie à l'épreuve de l'art, entretiens avec Julien Ténédos, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles (réédition de 2006)
  • 2015 : Dans la pensée de Norbert Elias, Paris, CNRS éditions (recueil d'articles)
  • 2016 : L'Artiste contemporain, Bruxelles, éditions du Lombard, coll. « La Petite Bédéthèque des savoirs » (bande dessinée, avec Benoît Féroumont)
  • 2017 : Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines »

Articles d'intervention ou de vulgarisation (sélection)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La constitution du champ de la peinture française au XVIIe siècle ».
  2. Voir sur sudoc.fr.
  3. a, b, c, d, e et f Gilles Bastin, « Nathalie Heinich, l'échappée solitaire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a, b et c Jean-Marie Privat, « Nathalie Heinich, La sociologie de l’art », Questions de communication, vol. 2,‎ (lire en ligne)
  5. « Prix littéraires : l'Académie française récompense 63 auteurs d'un coup », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  6. Olivier Bonfait, « Nathalie Heinich: Du peintre à l'artiste. Artisans et académiciens à l'âge classique. Paris, Éditions de Minuit, 1993. 302 p. [compte rendu] », Revue de l'Art, vol. 103, no 1,‎ , p. 84-85 (lire en ligne)
  7. Béatrice Rafoni, « Nathalie Heinich, L’élite artiste. Excellence et singularité en régime démocratique », Questions de communication, vol. 10,‎ (lire en ligne)
  8. Christophe Bardin, « Nathalie Heinich, Le paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique. Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des sciences humaines, 2014, 384 pages », Questions de communication, vol. 1, no 25,‎ , p. 374-375 (lire en ligne)
  9. Hervé Glevarec, « Nathalie Heinich, 2014, Le Paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique, Paris, Gallimard, " Bibliothèque des Sciences sociales ", 384 p », Revue européenne des sciences sociales, vol. 2, no 52-2,‎ , p. 284-288 (lire en ligne)
  10. Gérard Creux, « Nathalie Heinich, Roberta Shapiro (dir.), De l’artification. Enquêtes sur le passage à l’art », Lectures, Les comptes rendus,,‎ (lire en ligne)
  11. Florence Evin, « "La Fabrique du patrimoine", de Nathalie Heinich : plus de "table rase" pour le passé », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. Voir « La sociologie à l'épreuve des valeurs », Cahiers internationaux de sociologie, vol. 71, 2006.
  13. Voir les actes du colloque dirigé par Nathalie Heinich, Jean-Marie Schaeffer et Carole Talon-Hugon, Par-delà le beau et le laid : les valeurs de l'art, 2014.
  14. Voir notamment Ce que l'art fait à la sociologie, 1998 ; « Pour une neutralité engagée », Questions de communication, n° 2, 2002.
  15. Nicole Lapierre, « Révisions sociologiques », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. « Le Pacs et la gauche, l'histoire d'un rendez-vous manqué. Timorée et mal à l'aise, la majorité est passée à côté d'un vrai débat » sur liberation.fr du 15 mars 1999.
  17. « Mariage gay: une lettre d'intellectuelles » sur lefigaro.fr du 4 avril 2013.
  18. N° 180, mai-août 2014.
  19. Alain Quemin, « Quand le risque de l'égalité fait perdre la raison », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  20. Nathalie Heinich, Les Ambivalences de l'émancipation féminine, Paris, Albin Michel, (ISBN 2-226-14230-4, lire en ligne).
  21. « Entretiens avec Aude de Kerros », sur Radio Courtoisie (consulté le 21 juillet 2017)
  22. « Où la domination s'exerce-t-elle ? », Nonfiction, 25 novembre 2008.
  23. « Retrait du prix France culture/Le Monde à Nathalie Heinich », sur change.org, (consulté le 17 juillet 2017)
  24. Sonya Faure, « Sociologie et “homophobie” : un prix et une discorde », Libération,‎ (lire en ligne).
  25. « Nathalie Heinich, couronnée par France Culture et Le Monde, accusée d'homophobie. A-t-elle assimilé homosexualité et perversion ? Un arrêt sur textes », sur arretsurimages.net, (consulté le 17 juillet 2017).
  26. « Pétrarque contre les ragots », sur http//revuelimite.fr, (consulté le 17 juillet 2017)
  27. « “Limite”, des réacs en vert et contre tous », (consulté le 17 juillet 2017)
  28. L'Invité culture du 13 juillet 2017, sur France Culture.
  29. Christine Boutin, « Incroyable! Nathalie Heinich, couronnée par France Culture et Le Monde, accusée d'homophobie … via @arretsurimages », sur @christineboutin, (consulté le 20 juillet 2017).
  30. « Chronique du jour : "Contre la police de la pensée" - La Manif pour Tous », sur lamanifpourtous.fr (consulté le 20 juillet 2017).
  31. « En faisant comme si les militants LGBT représentaient l’ensemble des homosexuels, on accrédite une prise en otage », sur lesalonbeige.blogs.com (consulté le 20 juillet 2017).
  32. « Révélateur : l'attaque contre Nathalie Heinich », sur Action française, (consulté le 20 juillet 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]