Domjevin

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Domjevin
Vue du village depuis la route de Blémerey.
Vue du village depuis la route de Blémerey.
Blason de Domjevin
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Canton Baccarat
Intercommunalité Communauté de communes de la Vezouze
Maire
Mandat
Dominique Pierrat
2014-2020
Code postal 54450
Code commune 54163
Démographie
Gentilé Domjevinois, Domjevinoise
Population
municipale
256 hab. (2012)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 37″ N 6° 41′ 51″ E / 48.5769444444, 6.697548° 34′ 37″ Nord 6° 41′ 51″ Est / 48.5769444444, 6.6975
Altitude Min. 237 m – Max. 293 m
Superficie 10,28 km2
Localisation

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Domjevin

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Domjevin

Domjevin est une commune française située dans la région Lorraine dans le département de Meurthe-et-Moselle, dans l'arrondissement de Lunéville et dans le canton de Blâmont.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Village situé dans la partie ouest du canton de Blâmont, Domjevin est situé à égale distance de Lunéville, Blâmont, Badonviller et Baccarat soit 17 km, et à 48 km de Nancy. La commune s'étend sur 1 028 ha dont 218 boisés, traversés par la Vezouze avec ses nombreux méandres au milieu d'une grande prairie - il y a 12 km de rives sur le territoire de Domjevin, traversé aussi par le ruisseau de Chazal, affluent de la Vezouze qui part de la Bonne Fontaine.

Village de Domjevin vu d'une hauteur.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Laneuveville-aux-Bois Emberménil Vého Rose des vents
Manonviller N Blémerey
O    DOMJEVIN    E
S
Bénaménil Buriville Fréménil

Toponymie[modifier | modifier le code]

Tombeau dit de Jovin, selon la tradition Jovin l'aurait apporté d'Italie pour lui servir de sépulture (musée archéologique Saint-Rémi de Reims).

Domjevin dont le nom apparaît pour la première fois dans une donation de 1010, a certainement des origines plus anciennes, voire gallo-romaines : les traditions veulent que les Romains aient élevés un camp et un temple à Jupiter (Juvinus) sur une des collines du village mais aucun vestige ne vient confirmer cette supposition [1]. Le village a dû porter un autre nom avant d'être rebaptisé pour prendre celui d'un Saint Jovin, général romain[2],[3] d'origine gauloise né à Reims sous l'empereur Julien (Constantinople mai-juin 332 / Ctesiphon 26 juin 363), combattit en Gaule et repoussa trois invasions en particulier à Sainte-Geneviève près de Pont-à-Mousson en 367. Nommé consul la même année, il se convertit au christianisme et mourut en 370. Ce qui pourrait confirmer cette hypothèse est le vitrail central de l'église (détruit en 1914) représentant un soldat romain déposant ses armes au moment de se convertir et qui passait pour être saint Juvino patron de la paroisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Moyen Âge central[modifier | modifier le code]

  • En 1175, Hermann, abbé de Moyenmoutier, céda à la même abbaye ce que son monastère possédait à Frisonviller et à Domjevin[1].
  • En 1189, la 3e partie des dîmes de Domjevin fut abandonnée à l'abbaye de Haute-Seille par Henri, comte de Salm[1].
Armoiries de Blâmont, les 2 saumons adossés sont l'emblème de la famille de Salm.
  • En 1219, Henri, comte de Salm, donna à l'abbaye de Senones sa cour ou sa métairie de Domjevin[1].
  • En 1248, Ferry de Salm, sire de Blâmont, reconnaît que son cousin Mathieu, duc de Lorraine, lui a laissé la moitié du ban de Domjevin[1],[4],[5],[6].
  • En 1280, le sire de Blâmont, qui vivait avec les religieux, donna ses fours banaux de Domjevin et de Frisonviller à ces religieux à condition de partager la moitié du produit.

Moyen Âge tardif[modifier | modifier le code]

Frisonviller était un hameau qui devait se situer dans le voisinage de la Bonne-Fontaine (en amont du ruisseau de Chazal) décrit comme habitations et moulin ; fut plusieurs fois nommé dans les chartes du XII et XIIIe siècle ; en 1308, il fut anéanti " Tout y périt, bestes, mobles, bleif et vin " au point qu'il n'en reste même plus trace dans les désignations du cadastre. Frisonviller n'est plus cité que comme breuil dans le partage de 1311, préparé par le comte de Blâmont[3].

En 1308 Domjevin et Frisonviller subirent un véritable désastre : une incursion de Messins, tout y périt, le hameau fut complètement détruit. Domjevin très meurtri, s'en releva heureusement[3].

Le templiers avaient bâti une maison de leur ordre sur une colline surplombant la vallée de la Vezouze. On voit encore le bassin d'une fontaine qui était à leur usage. Ce poste devait avoir une haute importance, car une route pavée et cimentée, qui, du village rejoignait la route de Lunéville fut découverte en partie au XVIIIe siècle[4],[6],[7]. En 1308, les templiers disparurent, leur maison fut affectée aux chevaliers de Malte.

Au mois de septembre 1324, Henri de Blâmont reconnaît tenir en fief du duc Ferry, après l'évêque de Metz, le village de Domjevin[1].

En 1329, les habitants de Domjevin se mirent sous la protection et sauvegarde de la duchesse de Lorraine, Isabelle d'Autriche et du duc Raoul son fils, moyennant une certaine somme. Henri, comte de Blâmont, de qui le village dépendait, y donna son consentement. Les habitants renouvelèrent le traité de sauvegarde en 1384 avec Jean, duc de Lorraine[5],[6].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, Domjevin est compris avec 15 autres villages dans le comté de Blâmont. Plusieurs seigneurs se partagent les rues et les habitants, sur lesquels ils ont pleine justice : ce sont les ducs de Lorraine et les comtes d'Haussonville[1].

Domjevin est le seul village avec Reillon à adhérer à la « Charte de Beaumont » et s'affranchit partiellement de la féodalité. Il s'est donné deux maires élus le jour de la Pentecôte. Le village géra les délits et profita d'avantages fiscaux. La division amena disparité, jalousie et dissension[1],[3].

Le 20 avril 1518, Henri, prévôt de Blâmont, rachète des mains de Warry de Luxembourg, seigneur de Fléville, le quart du village de Domjevin, que Thibaut, seigneur de Blâmont, avait engagé en 1427 à Jean de Fléville pour la somme de 100 francs[1].

L’Inquisition était une juridiction d'exception, établie pour représenter l'autorité judiciaire du pape sur une région donnée, quand le fonctionnement normal des tribunaux ecclésiastiques s'avérait inadapté. Les inquisiteurs ont le pouvoir juridique absolu pour juger et condamner les gens (ils pouvaient être exécutés, pendus…). De 1584 à 1630, Domjevin fut un des villages où il y eut le plus d'habitants exécutés (à Blâmont) pour sorcellerie : 13 femmes[8] et 3 hommes[1] et 6 chiens .[réf. nécessaire]

Les épidémies de pestes et la Guerre de Trente Ans ont laissé à nouveau Domjevin dépeuplé et ravagé : il ne restait plus que 30 habitants[3].

Il n'existe que 3 ponts sur la Vezouze dont un à Domjevin : ce pont est à péage et apporte des revenus aux habitants de Domjevin qui en sont propriétaires. En 1650 les habitants s'entendent pour remplacer le pont de bois par un pont de pierre. Les habitants de Vého et de Fréménil seront exemptés de droit de péage car il participèrent à l'entretien de ce pont[1].

À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle 14 hectares de vignes couvraient les beaux coteaux du finage. Le vin de Domjevin, d'excellente qualité, avait une certaine réputation à Nancy[6].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

En 1802, après avoir appartenu au bailliage de Lorraine, cour souveraine de Nancy, Domjevin fut une succursale qui relevait de Blâmont avec Fréménil pour annexe[1].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Entre 1840 et 1914, beaucoup de gens travaillent la terre au village, il y a de nombreux commerces, il y a beaucoup d'artisanat : vannerie et broderie[3].

Lors de la Première Guerre mondiale, l'occupation allemande dure peu de temps mais la population est évacuée pendant quatre ans et à son retour retrouve un champ de ruines. De nombreuses maisons ne seront pas reconstruites[3].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le village est occupé par les Allemands. À la libération 30 000 obus ont été tirés sur le village, pendant que les habitants vivent un exode au pays de Sarrebourg[3].

En 1946, il y avait 35 exploitations agricoles, 2 laiteries, 10 commerçants et des artisans : ce qui formait l'économie du village[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 René Bregeard    
mars 2008 2014 Lucien Manonviller    
2014 en cours Dominique Pierrat    

Administration vers 1836[modifier | modifier le code]

Vers 1836, Domjevin comptait 12 conseillers municipaux ; deux électeurs pour la députation et 60 électeurs communaux[6] (il y avait peu d'électeurs communaux à cause du suffrage censitaire masculin de 1815 à 1848 : seul les hommes très riches avaient le droit de vote. En 1815, en France, seules 100 000 personnes avaient le droit de vote sur 30 millions d'habitants.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 256 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
496 577 562 599 600 601 559 530 548
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
533 568 522 511 481 478 485 458 447
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
437 411 311 343 315 322 244 286 296
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012 -
257 237 228 230 267 237 248 256 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Démographie : histoire[modifier | modifier le code]

En 1829, on dénombrait 599 habitants. Vers 1836, Domjevin comptait 610 habitants 135 feux et 115 habitations. Vers le milieu du XVIe siècle, Domjevin comptait 25 feux ; et 29 en 1708, pour 279 habitants ; au village on recense 70 chevaux, 108 vaches, 35 bœufs et 107 porcs[3]. En 1841 il y a 559 habitants ; plus que 244 en 1946 ; conséquence de l'exode rural : 228 en 1982[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bonne Fontaine[modifier | modifier le code]

La Bonne-Fontaine de nos jours.

Avant la Révolution, on venait déjà à la source, dédiée à Notre Dame sous la Croix et réputée pour des vertus bienfaisantes. En 1851 une chapelle néogothique fut construite, la chapelle Notre-Dame-de-la-Bonne-Fontaine[11]. En 1944, la nef est détruite, seuls le chœur et la statue de la Vierge restent intacts ; la nef fut remplacée par une construction plus moderne.

On peut qualifier cette chapelle de haut lieu de la spiritualité du Lunévillois. Près de 5 000 cierges sont brûlés par an par plus de 10 000 visiteurs. C'est un lieu privilégié pour le calme et le recueillement[12].

Portes monumentales[modifier | modifier le code]

Après la Guerre de Trente Ans, le village en ruines se reconstruit : d'imposantes fermes sont construites, ornées de portes monumentales dues à des artistes italiens qui ont voulu reproduire les belles réalisations architecturales de leur pays. Ces constructions sont un mélange du style baroque et Renaissance : cet art est le « style italo-lorrain du XVIIIe siècle ». Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques portes, les autres furent détruites lors des deux Guerres mondiales[2],[3].

Calvaires[modifier | modifier le code]

  • Calvaire du carrefour de le RD 19 et 19 bis ; on pourra s'interroger sur ce texte : « CET CROX A ETE FAIT PAR LA COMUNOTE DE DOMJUVIN EN 1791 ». Cette croix a été érigée en pleine révolution, à l'époque de la destruction de objets de culte. Le mot paroisse a été remplacé par communauté …
  • Croix du centre située sur la route de Domjevin à Manonviller (1893)[3].

Église[modifier | modifier le code]

L'église du village de Domjevin.

Inaugurée en 1733, elle remplace l'ancienne église vétuste et trop petite. La nef est de style grange (commun à l'époque). L'église se remarque par son clocher à bulbe et à tourelle construit par Fhilibert, originaire de Suisse, venu habiter Domjevin après avoir quitté Fribourg[2],[3].

Tableaux[modifier | modifier le code]

Vers 1850, de grandes toiles représentant les stations du chemin de croix furent peintes par De Mirbeck (originaire de Barbas) et vinrent orner l'église. Aujourd'hui, ces tableaux sont assez abîmés et ont été remisés depuis 1945[2].

« Hôpital »[modifier | modifier le code]

Construit en 1917, vestige de la Grande guerre, l'« hôpital » était un poste de secours qui se situe au bord de la route de Domjevin à Manonviller[13].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • M. Mangin, curé de Blâmont de 1834 à 1868, un des prêtres distingués du clergé de Nancy, est né à Domjevin[6].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Domjevin Blason Blasonnement : d'or à une porte de gueules au casque romain du même à la cocarde d'or.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l LEPAGE Henri, Les communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes, A. Lepage, 1853, vol.1 p. 305-306 [lire en ligne].
  2. a, b, c et d AUBRY-HUMBERT Antoinette, Seigneurs et laboureurs dans le Blâmontois aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2011, vol.3 p. 207-249.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n CCV, Communauté de communes de la Vezouze, des communes à vivre, Blâmont, CCV, 2003, p. 52-57.
  4. a et b LEPAGE Henri, Le département de la Meurthe : statistique historique et administrative, Nancy, Peiffer, 1843, vol.2 p. 161 [lire en ligne].
  5. a et b CALMET Augustin, Notice de la Lorraine qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg, l'électorat de Trèves, les Trois Évêchés, Lunéville, Mme George, 1840, vol.1 p. 301 [lire en ligne].
  6. a, b, c, d, e et f GROSSE E. (abbé), Dictionnaire statistique du département de la Meurthe, Lunéville, Creusat, 1836, vol.1 p. 184-185 [lire en ligne].
  7. MICHEL Louis Antoine, Statistique administrative et historique du département de la Meurthe, Nancy, Michel, 1822, p. 244 [lire en ligne].
  8. HATTON Emile, Procès et exécution de Christienne Simon, sorcière à Domjevin, 1607, Le Pays Lorrain, 1935 [lire en ligne].
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012.
  11. DEDENON Alphonse, Cinq pèlerinages dans le Blâmontois, Nancy, 1926, p. 1-20 [lire en ligne].
  12. Livret : Notre-Dame de la Bonne Fontaine à Domjevin, 2010.
  13. Notes sur "l'Hôpital de Domjevin", blamont.info [lire en ligne].