Moyen (Meurthe-et-Moselle)

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Moyen
Moyen (Meurthe-et-Moselle)
Église Saint-Martin.
Blason de Moyen
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Canton Lunéville-2
Intercommunalité Communauté de communes du Territoire de Lunéville à Baccarat
Maire
Mandat
Francis Villaume
2014-2020
Code postal 54118
Code commune 54393
Démographie
Population
municipale
551 hab. (2016 en augmentation de 5,56 % par rapport à 2011)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 04″ nord, 6° 34′ 11″ est
Altitude Min. 236 m
Max. 347 m
Superficie 23,57 km2
Localisation

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Moyen

Moyen est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anciennes mentions : Modium (1114), Ecclesia de Moyn (1120), Moin (1152), Moyan (1135), Medium castrum (1153 ou 1155), Moyens (1344), Moiens et Medianus (1402)[1]. En Lorrain-roman : Moyin[2], qui se prononce avec le ine lorrain, un phonème qui n'existe pas en Français.

Le village tirerait son nom de sa position médiane sur la portion de voie romaine reliant Roville-aux-Chênes à Mortagne-sur-Meurthe (ancien hameau disparu à la confluence de la Mortagne et de la Meurthe[3], actuellement sur le territoire de Mont-sur-Meurthe).

Sobriquet[modifier | modifier le code]

Les habitants étaient surnommés les boucs et surtout les bocottes[2] (des petites meules de foin dans la prairie).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Moyen est pour beaucoup liée à l'histoire de son château. Carrefour d'importantes luttes d'influence, la destinée du village s'est forgée au rythme des siècles de conquêtes.

Antiquité[modifier | modifier le code]

À cette époque, Moyen était probablement déjà un lieu fortifié. Son nom Medium Castrum, en latin, le laisse supposer. Il y aurait un (oppidum gaulois), butte antique, à l'endroit même du château.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, période mal connue, le nom de Moyen apparaît dans de nombreux documents comme un lieu fortifié. Dom Calmet attribue la propriété du village en bloc à l'abbaye de Senones.

En 1224, Jean d'Apremont, évêque de Metz achète à l'abbaye de Senones tous les biens que celle-ci possède à Moyen, sauf les dîmes et le droit de patronage.

De 1224 au milieu du XVe siècle, les successeurs de Jean d'Apremont continuent à acquérir les biens que possèdent divers seigneurs et abbayes. Ils deviennent les seuls maîtres du pays. Moyen devient donc une châtellerie importante qui comprend Vathiménil, Chenevières, Saint-Clément, Laronxe et le prieuré de Mervaville. La garde de la châtellerie est confiée à un châtelain.

En 1444, l'évêque de Metz, Conrad Bayer de Boppart fait raser l'ancien château pour construire une puissante forteresse à Moyen. La maison seigneuriale, la chapelle, le palais épiscopal et les remparts sont édifiés. C'est à cette époque que le château prend le nom de Qui Qu'en Grogne. Pourquoi ? Dom Calmet rapporte que l'évêque de Metz y faisait travailler les bourgeois d'Épinal qui étaient ses sujets. Les seigneurs des environs en auraient pris ombrage et se mirent à grogner. Conrad Bayer de Boppart n'en tint pas compte, et pour marquer son mépris, nomma son château Qui-qu'en-grogne. Il agrandit la châtellenie dont Moyen était le chef-lieu en y ajoutant le ban de Saint-Clément[3]. Moyen devint alors une des plus belles places de l'évêché de Metz.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Gravure du château de Moyen par François Collignon.

En 1555, le cardinal Robert de Lenoncourt, alors évêque de Metz (serviteur du roi de France), obtient une garnison française pour Moyen. Passage probable des protestants de France et d'Allemagne à Moyen.

En 1582, passage des Bourguignons.

En 1591, les Espagnols saccagent la forteresse.

En 1597, les reîtres font probablement les plus gros dégâts au château. Battus à Thiébauménil, ils brûlent le village et le château. Le château sera reconstruit et c'est sans doute à cette époque que sont apparues les fenêtres à meneaux qu'on voit en diverses parties du bâtiment.

En 1635, le château, alors français, est capturé par les Lorrains (Charles IV duc de Lorraine). Commandée par Jean d'Arbois de Xaffévillers, la garnison alors mise en place, ne résiste que peu de temps au maréchal de La Force, commandant des troupes françaises (5 jours). C'est le manque d'eau (18 septembre) qui fera tomber le château et qui donnera l'idée de creuser le puits.

En 1636, le duc de Lorraine, Charles IV, demande aux Lorrains de reprendre le château, ce qu'ils font.

en 1640, Moyen avait un escholâtre[4], autrement dit, un régent d'école et donc une école.

En 1639, Richelieu fait mettre le siège devant le château de Moyen. C'est François du Hallier, gouverneur de Nancy, qui se charge de la besogne en compagnie, dit-on, de 4000 hommes. Antoine Thouvenin et une centaine d'hommes tiennent alors le château. Ils répondent par des sorties audacieuses aux salves d'artillerie. Finalement, le 15 septembre une capitulation est signée. Richelieu fait, par la suite, démanteler le château.

En 1769, Moyen fut le théâtre d'un curieux fait judiciaire. Lors de l'annexion de l’évêché de Metz à la France, le droit ancien fut maintenu. Moyen faisait partie de cet évêché. Lors des plaids annaux, des gens de justice étaient nommés ; ils étaient les représentants locaux de l'évêque, "haut justicier de la communauté". Ordinairement, ce dispositif judiciaire ne traitait que des affaires bénignes mais en 1769, un garçon du village "bien connu pour être dément", assassina son oncle. L'événement surpris la justice locale qui n'étaient pas préparée pour juger une fait aussi grave. L'affaire fut rapidement menée et le jeune garçon fut condamné à la pendaison. L'intéressé déclara sa volonté de faire appel du jugement. Cette demande eu pour effet de transférer le second jugement à la justice royale de Metz. La chambre de la Tournelle reconnut la démence. Elle condamna le suspect à être "enfermé à vie avec les furieux dans l’hôpital de la Magdelaine... Aux frais de la seigneurie de Moyen"[5].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

À la Révolution, le château est vendu comme bien national. La propriété est morcelée, les pierres de la forteresse de Moyen servent aux villageois pour bâtir leurs maisons. Le quartier du Raimont en témoigne.

1888, Moyen compte 10 hectares de houblonnières et 115 hectares de vignes, bien que l'on en ait arraché 40 ha au cours des années précédentes. Le vin de Moyen est de qualité et peut rivaliser avec les meilleurs vins de Lorraine[4] selon l'auteur de la monographie de 1888. Le même dit aussi que les gelées sont fréquentes, raison pour laquelle la surface occupée par la vigne tend à diminuer. Les statistiques agricoles publiées dans ce document laissent entrevoir une nette orientation de l'agriculture locale vers l'élevage bovin et ovin, ce qui est encore rare à cette époque en Lorraine.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

De nos jours, le château est classé monument historique, il fait l'objet de travaux de restauration qui, chaque année, contribuent à lui redonner son aspect d'origine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 André Herique PS  
mars 2008 En cours
(au 16 avril 2014)
Francis Villaume    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[7].

En 2016, la commune comptait 551 habitants[Note 1], en augmentation de 5,56 % par rapport à 2011 (Meurthe-et-Moselle : +0,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9819331 0801 1781 2141 2001 2041 1901 207
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 1351 1111 0771 1171 0521 039956904888
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
859907797736705658686614583
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 -
525508506550502530522551-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château Qui qu'en grogne XVe siècle et XVIe siècle, classé monument historique. Château mentionné au XIIe siècle ; acquis au XIIIe siècle par les évêques de Metz qui lui donnèrent le nom de Qui-Qu'en-Grogne en le reconstruisant au XVe siècle ; pris en 1597 par le duc de Bouillon, et en 1653 par les Français qui le démantelèrent en 1639. Un seul bâtiment a survécu jusqu'en 1956 (incendie), maison dite "des Abbés", tour de la prison, salle des gardes, ancienne chapelle, vestiges de deux enceintes, puits.
  • Faïencerie Chambrette, puis Curé Lacroix construite en 1763 pour Gabriel chambrette, fils de Jacques Chambrette (1705 ; 1758) fondateur de la faïencerie de Lunéville. Le bâtiment est établi à proximité d'un petit ruisseau, alimenté par un puits (?) du château, dont l'eau sert au pétrissage de la terre. Commence à produire dans le courant de l'année 1765 des pièces de table semblables à celles fabriquées à Lunéville. L'usine est acquise en 1780 par Curé Lacroix, propriétaire de la faïencerie de Rambervillers, puis revendue en 1783. Cesse de fonctionner en 1791, ou peu après. Une tradition locale, vraisemblablement erronée assigne au bâtiment une reconversion en filature dans les premières années du XIXe siècle. Utilisée comme maison par la suite, l'usine est presque totalement détruite entre 1983 et 1986.
  • Moulin, puis cartonnerie Sainte-Marguerite (2e moitié XVIIIe siècle ; 3e quart XIXe siècle ; 1er quart XXe siècle). Appartenait à la mense épiscopale de Metz. Vendu comme bien national le 30 avril 1791. Possédait en 1858 six paires de meules dont quatre étaient entraînées par une roue hydraulique et deux par une turbine. Agrandissement dans le courant du 3e quart XIXe siècle. Usine réglementée en 1835, 1862 et 1866. Transformation en cartonnerie en 1923 pour Marcel et Paul Jacquemin de Saint-Dié et, construction de bâtiments supplémentaires à cette occasion (ateliers de fabrication, chaufferie, cheminée d'usine, dite alors cartonnerie sainte Marguerite, elle-même désaffectée en 1936.
  • Pont médiéval sur la Mortagne.
  • L'église Saint-Martin XIVe siècle tour latérale, avec son lustre en cristal moulé de Baccarat (seconde moitié du XIXe siècle) et la partie instrumentale de l'orgue attribuée à Blesi Jean (facteur d'orgues) du XVIIIe siècle

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Petit musée du château de Qui-Qu'en-Grogne : classe 1900 reconstituée, petit musée agricole, salle d'archéologie, salle avec miniatures de châteaux forts.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason de Moyen Blason
Détails

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, 1862
  2. a et b Robert Creusat, Quand Gerbéviller parlait patois, 1979, 72 p.
  3. a et b Henri Lepage, Le département de La Meurthe : statistique historique et administrative, deuxième partie, 1843
  4. a et b « monographie de Moyen pour l'exposition universelle de 1889 », sur galeries.limedia.fr, (consulté le 23 juin 2019)
  5. Une affaire de meurtre devant la justice seigneuriale de l'évêque de Metz à Moyen en 1769
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.