Badonviller

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Badonviller
Badonviller
Blason de Badonviller
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Intercommunalité Communauté de communes de Vezouze en Piémont
Maire
Mandat
Bernard Muller
2020-2026
Code postal 54540
Code commune 54040
Démographie
Gentilé Badonvillois [1]
Population
municipale
1 559 hab. (2020 en diminution de 0,45 % par rapport à 2014)
Densité 71 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 30′ 00″ nord, 6° 53′ 35″ est
Altitude Min. 284 m
Max. 524 m
Superficie 21,95 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Baccarat
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Badonviller
Liens
Site web http://www.ville-badonviller.fr/

Badonviller [badɔ̃vile] est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est. Ses 1 559 habitants sont appelés les Badonvillois et les Badonvilloises. Village anciennement industriel, connu pour sa faïencerie, Badonviller est depuis la loi du 8 juillet 1879[2] le chef-lieu du canton de Badonviller regroupant 12 communes, après scission du canton de Baccarat[3]. Elle fait également partie de la communauté de communes du Badonvillois depuis sa création le 6 décembre 2001[4].

Le village s'est vu décerner une fleur dans l'épreuve du concours des villes et villages fleuris[5] pour récompenser son embellissement et la qualité des différents massifs de fleurs dans l'agglomération.

Géographie[modifier | modifier le code]

Badonviller se situe sur les premiers contreforts du massif des Vosges, sur le plus court chemin de Nancy à Strasbourg, à une quinzaine de kilomètres de Baccarat et à une trentaine de Lunéville. La commune est traversée par un affluent de la Vezouze appelé la Blette.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Badonviller est arrosée par la Blette[6], cours d'eau de 22,9 km, sous affluent de la Meurthe.

Le nord du lac de Pierre Percée s'étend en partie sud de la commune de Badonviller.

Transports urbains[modifier | modifier le code]

Deux lignes de transports en commun, par bus, sont à disposition des habitants de la commune :

La première ligne permet, notamment, de se rendre à la gare SNCF la plus proche, à Baccarat.

Météorologie[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2021, un nouveau record de chaleur, pour un mois de mars, a été établi à 25,7 degrés[9].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Badonviller est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[10],[11],[12]. La commune est en outre hors attraction des villes[13],[14].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (77 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (77 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (77 %), terres arables (6,4 %), zones agricoles hétérogènes (6,1 %), eaux continentales[Note 2] (4,8 %), zones urbanisées (3,3 %), prairies (1,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,1 %)[15].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[16].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La forme la plus anciennement attestée est Badonviler en 996, puis Baudonvillre (1018), ensuite Baltzweiler en 1552, Pfaltzweiller en 1665. Le village figure sur la carte de Cassini, sous le nom de Baudonviller[17].

Du nom de personne germanique Baldo, avec suffixe roman -villare « ferme »[18].

Phaltzwiller[19] comme 'Baltzweiler et Badenweiler sont les dénominations en allemand.

Selon Augustin Calmet et la cohorte des érudits lorrains du XIXe siècle, Badonviller (Bodonis villa) tire son nom de l'illustre famille Bodo, et en particulier de saint Bodon ou Leudin Bodon, 17e évêque de Toul qui vivait vers le VIIe siècle et dont cette villa ou domaine était le patrimoine[20]. L'apparent désaccord linguistique sur l'explication du toponyme proviendrait d'une différence notable, entre le nom simplifié du prélat Bodo en latin médiéval (langue écrite monopolistique) et les langues vernaculaires du IXe siècle et Xe siècle, le tudesque ou vieil allemand de Souabe de la chevalerie locale, et ses adaptations dans le parler roman, qui deviendront après le XIIe siècle au niveau véhiculaire, le roman lorrain et, au niveau vernaculaire, le patois du piémont lorrain de Badonvillers, où le "a" se prononce bien souvent comme le son o en français.

Les variations toponymiques à partir du XVIe siècle doivent être prises avec méfiance : ce sont parfois des adaptations suspectes ou de pures inventions littéraire de la Renaissance, par des humanistes férus de latin classique comme de multiples langues.

On pourra noter que le suffixe -viller corespond à un diminutif -villula, germanisé. Badonviller ne peut apparaître qu'à partir de l'époque carolingienne. Or ces formes les plus anciennes, mentionnée supra au début, sont attestées à l'époque othonienne ultérieure. Il s'agirait d'un centre de petit domaine, qui n'a plus rien à voir avec l'immense propriété latifundiaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les archéologues ne mettent pas en doute l'existence d'un centre latifundiaire à l'époque gallo-romaine.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Bodonis Villa est le centre d'un grand domaine mérovingien. Il est dirigé par une puissante famille Leudes, possessionnée dans le sud-ouest de l'Austrasie et le nord de la Bourgogne. Un membre de cette famille, Leudinus Bodo, termine sa carrière en prenant la crosse et la mitre de l'évêché de Toul. Pour conclure sa vie exemplaire, il décide de créer un grand monastère Bodonis monasterium à partir de ses possessions bordant le piémont vosgiens et une partie des montagnes voisines. C'est l'origine de monastère de Bodonmoutier, probablement démembré par les Pépinnides, avant de resurgir, par reconstruction partielle, sous la forme de l'abbaye de Saint-Sauveur.

Badonviller à l'époque carolingienne n'est plus qu'un modeste lieu de pouvoir, bourgade régissant une contrée paysanne, sous la tutelle temporelle de l'évêque de Metz. Mais après les troubles du Xe siècle, diverses familles de chevaliers alsaciens et souabes tendent à imposer leur domination, avec l'accord ou sans l'accord de l'autorité messine, demandant parfois le soutien spirituel de l'évêché de Toul.

La contrée avec celle de Blâmont fait partie d'un territoire administré par les châtelains de Pierre-Longue qui sont au milieu du XIe siècle sous l'autorité des comtes de Langenstein ou Langstein (Pierre-Longue en ancien français), avant de passer après 1140 à la maison de Salm. La longue guerre menée autour de 1135 par l'évêque de Metz, Etienne de Bar, contre le duc de Lorraine s'achève par le siège pendant une année de la capitale Pierre-longue (qui se nommera dorénavant Pierre-Percée par la tentative de percement d'un puit et l'aménagement d'une citerne d'eau de pluie) et la confiscation provisoire des terres du comté de Salm, puisque le défunt comte Hermann II, autrefois homme de l'évêque et placé par lui à la tête de l'avouerie de Senones, est devenu félon en suivant le duc de Lorraine.

Badonviller, bourgade idéalement placé sur le piémont vosgien et choisie par l'évêque messin, tuteur de l'héritier captif, Henri, qui est aussi son neveu par sa mère Agnès, a profité de la déchéance administrative de Pierre-Percée. Elle s'impose rapidement comme la capitale du comté de Salm. La lignée des comtes la fortifient et la défendent plus tard contre les prétentions des turbulents seigneurs de Blâmont, issus d'une branche cadette de la maison de Salm, au XIIIe siècle et au début du XIVe siècle.

Badonvillers est déjà une place forte au XIIIe siècle.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

La Réforme et l'exode des protestants[modifier | modifier le code]

L'essor de Badonviller, capitale et résidence des comtes de Salm, est remarquable au XVIe et surtout à la fin du XVIe siècle, époque où des monnaies et des médaillons sont frappés[21]. La paroisse installée au XIVe siècle est dédié à saint Martin. Il existe deux fabourgs, le Haut-faubourg et le faubourg d'Allemagne. Badonviller sur la Blette est à 1,5 lieue de Blâmont, 2,5 lieues de Raon-L'Etape, 3 lieues d'Etival, 5 lieues de Senones, 7 lieues de Lunéville...

En 1518, la famille princière des comtes de Salm, en particulier celle de Philippe-François, suit le courant de la Réforme luthérienne, sans toutefois obliger la population à ce choix. Mais les pasteurs luthériens du temple princier ne cesse de prêcher. Badonviller, capitale du comté, comporte une population de protestants réformés et de moins en moins de catholiques qui cohabitent pacifiquement. Pourtant la réforme échappe vers 1550 au prince et aux pasteurs luthériens officiels, le peuple et les religieux optant massivement pour le calvinisme.

Le mariage en 1597 de François de Vaudémont, fils de l'intransigeant duc catholique Charles III, avec Christine de Salm, une des héritières du comté de Salm, provoque une situation inédite, car l'autre héritier, Philippe-Othon de Salm, se convertit au catholicisme après un voyage à Rome en compagnie du cardinal de Lorraine en 1591[21]. Le partage du comté en 1598 avec Badonviller, comme capitale indivis, ne clarifie pas l'avenir religieux. Parvenus au pouvoir, les comtes lorrains de Salm, comme le prince de Salm, honoré du titre rhingrave et prince d'Empire en 1621 pour son retour au camp catholique, fondement du parti Habsbourg, se doivent de purger l'hérésie.

S'attachent-ils avec prudence à convertir tous ses sujets au catholicisme ? François de Vaudémont s'impatiente de la lente reconquête tridentine, et, passant outre l'avis mesuré de l'évêque de Toul, demande au pape Grégoire XV un vicaire apostolique[22]. Ainsi il obtient l'intervention de missionnaires sous la direction de Bernard, abbé de Haute-Seille[23]. Ce dernier inquisiteur s'associe avec le prieur de l'abbaye de Senones, Hipolyte Bobant, pour la partie montagneuse, terre de principauté[21].

Par un édit en date du 12 mars 1625, les princes, stupéfaits de la foule d'hérétiques encore présente, interdisent l'exercice du culte calviniste, ferment les temples, bannissent les pasteurs et maîtres d'école protestants et ordonnent aux habitants de se faire instruire dans la foi catholique dans le délai d'une année, sous peine de bannissement. Le résultat de cet édit est une migration assez importante de la communauté protestante de Badonviller vers Sainte-Marie-aux-Mines, territoire limitrophe du duché de Lorraine où régnait la tolérance. Les registres de baptêmes de l’Église réformée de Badonviller (de 1567 à 1624) se trouvent toujours actuellement aux archives communales de Sainte-Marie-aux-Mines. Mais le problème reste entier, dans les villages et dépendances de l'ancien comté, où les crypto-protestants par nécessité ne veulent abandonner leurs modestes biens ou avoirs.

L'intégration à la Lorraine et au royaume de France[modifier | modifier le code]

Démantelée pendant la guerre de Trente Ans, Badonviller reste pourtant en titre la capitale indivis du comté lorrain de Salm et de la principauté des Salm-Sauvage. Rares sont les princes de Salm qui y résident longtemps, la lignée des comtes lorrains est représentée désormais par les ducs de Lorraine et les comtes du Rhin servent l'Empereur à Vienne et dans ses dépendances. Survient le second partage sans indivis en 1751, le duché de Lorraine sous égide du royaume de France garde Badonviller et l'essentiel de l'ancien comté que le duché de Lorraine administrait déjà à l'ouest de la rivière Plaine, les princes d'Empire de Salm-Salm, nommé par l'union de deux branches cousines de Salm, gardent leurs terres choisissant le prestigieux bourg de Senones capitale de leur principauté. Il s'agit déjà d'une simple résidence d'été des princes allemands, comtes du Rhin.

Badonviller, avec le titre vieilli et honorifique de capitale du comté lorrain de Salm, passe ainsi au Royaume de France avec l'annexion officielle de 1766.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La Faïencerie[modifier | modifier le code]

Une faïencerie pendant la guerre, en 1915.

La fabrication de faïence à Badonviller débute en 1828 lorsque Nicolas Fenal, cultivateur, hérite d'une faïencerie à Pexonne (Meurthe-et-Moselle). Il reprend l'affaire et à son décès en 1857, ses enfants et neveux lui succèdent. Un des neveux, Théophile Fenal, créa sa propre manufacture à Badonviller. L'usine comptait alors plus de 300 ouvriers. Il n'existait à Badonviller aucune des matières premières nécessaires à la production de faïence, il fallait tout faire venir sur place. La proximité de forêts permettait l'approvisionnement en source d'énergie.

En 1905, Théophile Fenal mourut, son fils Edouard lui succéda. À son apogée, l'entreprise compta 1 000 salariés. Des artistes de renom, les frères Mougin et Géo Condé, créèrent des objets artistiques pour la faïencerie.

En 1921, la famille Fenal acheta les faïenceries de Lunéville et Saint-Clément qui furent dirigées par Edouard Fenal ; la faïencerie de Badonviller fut placée sous la direction de son fils Bernard qui dirigea la société au décès de son père en 1938. Bernard Fenal mourut pendant la Seconde Guerre mondiale, Gilbert Fenal lui succéda.

La production de faïence à Badonviller cessa en 1990[24].

Ligne départementale LBB[modifier | modifier le code]

La Petite gare des voyageurs en 1915.

Badonviller est desservi, entre 1911 et 1942, par une ligne, à voie métrique et d'intérêt local, entre Lunéville et Badonviller. Elle est inaugurée par le ministre Albert Lebrun, le , avec quatre arcs de triomphe dont l'un porte l'inscription « A Mr Lebrun, ancien ami de Mr Fenal »[25].

La station, appelée « petite gare », est un abri-voyageurs perpendiculaire à la voie qui possède deux quais de déchargement à la gare de marchandises. Elle est proche de la faïencerie Fenal et de la gare de la Compagnie de l'Est[26].

Le trafic fonctionnera jusqu'en 1942, la gare de marchandises devenant habitation au XXIe siècle.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Statue taillée le 15 février 1916.

La ville fut incendiée le 12 août 1914, 85 maisons ont été brûlées par les Bavarois à la suite de la résistance[27] du 20e bataillon de chasseurs à pied (BCP) de Baccarat sur le 16e IR bavarois[réf. souhaitée]. Les villageois sont accusés d'être des « francs-tireurs » et dix civils sont assassinés[27].

Le maire du village, Joseph Edmond Benoît, dont l'épouse avait fait partie des victimes, ne cessa de se démener toute la journée pour apporter secours et réconfort aux blessés et aux familles. Il poussa la magnanimité jusqu'à protéger un soldat allemand à qui les civils voulaient faire un mauvais sort[réf. souhaitée]. Pour sa conduite, Benoit fut fait chevalier de la Légion d'honneur le 19 juillet 1914 (Journal officiel et L'Action française du 19 juillet).

En souvenir de la prise du village, le chef de la musique du régiment bavarois Georg Fürst (de) écrivit la Badonviller-Marsch (de), la marche de Badonviller, musique militaire qu'il est toujours possible d'entendre[28]. Elle met en avant la première victoire allemande contre les Français sans évidemment parler des exactions qui eurent lieu dans le village. Cette musique sera la préférée d'Adolf Hitler selon un article de Time[29] où il est possible de lire qu'Hitler se réservait l'usage de cette marche pour ponctuer ses apparitions publiques.

D'importants combats se sont déroulés en février-mars 1915 au col de la Chapelotte à Angomont ; le mémorial a été dressé à Badonviller.

En 1918, Badonviller est détruite à 72 %[réf. souhaitée], elle acquerra le titre de Cité martyre[27].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Badonviller est l'une des 64 communes françaises décorées de la Légion d'honneur par le décret du 20 avril 1929 : « Ayant eu à supporter au début des hostilités les souffrances de l'occupation, et la destruction systématique de l'envahisseur, sut conserver ensuite, au cours de nombreux bombardements qui se succédèrent jusqu'à l'armistice, un courage stoïque au milieu des privations de toutes sortes, et du danger continuel, prouvant ainsi l'indomptable énergie de ses habitants et leur foi en la victoire.»

La commune fut également décorée de la croix de guerre 1914-1918, décernée par décret du 3 juillet 1920[30].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, la ville, traversée par le Schutzwall West est libérée le 17 novembre par la 2e division blindée appuyé par une section de chars légers du lieutenant Jean Davreux, une section de Shermans et quelques halftraks qui se dirigent ensuite vers Strasbourg[31]. Ces halftracks appartenaient à La Nueve, compagnie formée de républicains espagnols réfugiés en France lors de la Retirada et engagés dans la 2e DB. La libération du village se fit par des combats rue par rue[32]. Le Mort-Homme est stoppé lors des combats à la sortie de la ville en direction de Cirey-sur-Vezouze. Le lieutenant-colonel Jean Fanneau de La Horie[précision nécessaire][33] est tué le 18 par un éclat d'obus dans la poitrine « Ce n'est pas ce jour-là qu'il a pris le plus de risques[34] ».

Une borne marque aujourd'hui ce passage libérateur[35].

Après 1945[modifier | modifier le code]

Le 1er novembre 1948, la commune se voyait attribuer la croix de guerre 1939-1945, avec la citation suivante :

"La ville de Badonviller, décorée de la Légion d’Honneur et de la croix de guerre 1914-1918, pour son indomptable énergie et son courage stoïque dont les habitants ont montré les mêmes vertus civiques, établissant un réseau de résistance particulièrement actif.

En dépit des souffrances de l’occupation, des déportations dont celle du maire, M. Fournier, actuellement conseiller de la République, de l’exécution sur son territoire de 17 patriotes, d’un bombardement continu pendant trois semaines, la population a conservé son calme, sa dignité et sa foi dans la victoire. A renouvelé aussi le bel exemple de ses vertus patriotiques."

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 19 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[36]). Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et Bernard Muller a été réélu conseiller municipal avec le meilleur total de 721 voix, soit 86,45 % des suffrages exprimés. La participation a été de 71,40 %. Il a ensuite été élu maire par le conseil municipal[37].

Listes des maires[modifier | modifier le code]

M. Benoît, maire de la commune pendant la Première Guerre mondiale, photographié le .

De 1789 à 1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

De 1799 à 1848, la constitution du 22 frimaire an VIII () revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.

Du à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.

De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.

Depuis 1871, les maires sont élus par le conseil municipal à la suite de son élection au suffrage universel.

Liste des maires successifs depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
4 avril 1945 décembre 1970 Émile Fournier (1889-1970) RGR puis UDR Notaire, conseiller de la République de 1946 à 1948
Conseiller général du canton de Badonviller (1945-1970)
décembre 1970 mars 1989 Yvette Fournier    
mars 1989 mars 2001 Jean Nouvier    
mars 2001 En cours Bernard Muller[38],[39]
Réélu pour le mandat 2020-2026
  Ancien employé

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[40]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[41].

En 2020, la commune comptait 1 559 habitants[Note 3], en diminution de 0,45 % par rapport à 2014 (Meurthe-et-Moselle : +0,06 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 7661 8771 9712 0282 3572 2132 3532 3902 356
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
2 1112 2042 0131 9531 7251 7851 6841 6891 957
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 8762 0861 9272 1522 2672 1922 0102 1602 143
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013 2018
2 0501 9201 8121 6601 5121 5791 5981 5501 548
2020 - - - - - - - -
1 559--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[42] puis Insee à partir de 2006[43].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la circonscription de Lunéville[44] de l'académie de Nancy-Metz. Les enfants de la commune suivent le début de leur scolarité à Badonviller[45], à l'école maternelle publique Salm puis à l'école primaire publique du Haut-Jardinet[46] et enfin au collège de la Haute Vezouze à Cirey sur Vezouze. Les élèves vont ensuite aux lycées de Lunéville : le lycée Ernest-Bichat[47], le lycée polyvalent Jacques-Boutet-de-Monvel ou le lycée professionnel Paul-Lapie[48] ou bien encore le lycée privé Saint-Pierre Fourier.

Sports[modifier | modifier le code]

L'environnement nature de la commune permet, notamment, la pratique de sports comme le VTT, la randonnée pédestre, ou le canoë-kayak.

Toutefois, plusieurs équipements sportifs existent sur la commune : un stade de football, un gymnase (récemment rénové),ainsi que plusieurs clubs sportifs, comme le paintball.

Cultes[modifier | modifier le code]

Culte catholique en l'église Saint-Martin.

Économie[modifier | modifier le code]

Badonviller, comme toute la Lorraine et la partie de la Belgique qui se trouve dans son prolongement, fut un centre important de production de céramique et de faïence. De ce passé subsiste maintenant un musée de la faïence.

Afin de relancer l'activité économique sur la commune, la municipalité, en association avec la communauté de communes du badonvillois, réaménage les sites de l'ancienne faïencerie et de la plate-forme SNCF, pour la création d'une zone d'activité (environ 13 hectares)[49].

La fermeture du collège Emile Fournier de Badonviller le 08/07/2016, est une perte importante pour la commune, les conséquences pourrait être que la commune soit moins attirante pour les parents ayant des enfants à scolariser.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Hôtel de ville 1811, reconstruit 1924.
  • Hôtels particuliers.
  • Monument du 358e RI.
  • Cimetière national : 2562 soldats français.
  • Les fontaines : très nombreuses et très jolies ;
  • Les divers bâtiments anciens du village.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin.
  • Église romane Saint-Martin (XVIIIe siècle), reconstruite en 1925 en style néo-classique ; elle est un édifice classé, dans sa totalité, au titre des monuments historiques depuis un arrêté du 14 février 1921[50],[51]. Elle a pour particularité d'avoir une architecture à toit rond et un carillon imitant celui de Big Ben.
  • Chapelle de la Vierge du Mémorial (avenue Leclerc)[52].
  • Chapelle funéraire Fenal[53].
  • Chapelle Cartier-Bresson[54].

Les curiosités[modifier | modifier le code]

Croix gammée.

Vestige d'une ancienne croix gammée à proximité de l'église située dans l'ancienne école, détruite le 12 août 1914.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative.

Un des personnages les plus célèbres de Badonviller est l'astronome Charles Messier grand découvreur de comètes et auteur du fameux catalogue d'objets d'aspect nébuleux qui porte son nom.

On peut également citer le peintre paysagiste Jean-Baptiste Claudot, le général Auguste Clément Gérôme, la résistante Thérèse Adloff, le diplomate Léon Marchal et le philosophe et théologien Jean-Claude Larchet.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, à deux saumons adossés du même brochant sur le tout.
Commentaires : Badonviller devint capitale du comté de Salm au XVIe siècle. C'est à cette époque qu'elle adopta le blason actuel. Les armoiries s'accompagnent des croix de guerre au naturel, surmontées d'une couronne murale sommée de trois tours d'or maçonnées de sable et accostée de deux branches de sinople (chêne et laurier) croisées en pointe et liées de gueules par un ruban du même auquel est suspendue l'étoile de Légion d'honneur et la devise : Calme dans la tourmente

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.habitants.fr/meurthe-et-moselle-54
  2. le Code Officiel Géographique
  3. Archives de Meurthe et Moselle
  4. Site communauté de communes du Badonvillois
  5. Site des Villes et Villages fleuris
  6. Fiche de la Blette sur le site du SANDRE
  7. Ligne de bus R720
  8. Ligne de bus R710
  9. « meteo-plusieurs-records-de-chaleur-battus-en-meurthe-et-moselle-et-dans-les-vosges-1617200033 ».
  10. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  11. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  12. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  13. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  14. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  15. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  16. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Navigation : cartes de Cassini », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
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  19. E. Grosse (abbé.), Dictionnaire statistique du Département de la Meurthe qui reprend les notes de Dom Calmet, Notice de Lorraine, article "Badonvillers".
  20. Notez que son nom propre, prononcé en dialecte francique, langue parlé par les maîtres mérovingiens, nous est inconnu.
  21. a b et c Augustin Calmet, Notice de Lorraine, entrée Badonvillers, p 53-58.
  22. François est l'éphémère duc de Lorraine, régnant quelques jours.
  23. La fonction sera porté par le doyen Perpignan de Saint-Gengoult, décédé en 1672, puis à titre purement honorifique, par l'abbé de Mahuet, grand prévôt de Saint-Dié, la fonction disparaît avec lui le 11 décembre 1740.
  24. http://www.infofaience.com/fr/badonviller-hist
  25. Gabriel 2011, p. 74.
  26. Gabriel 2011, p. 139-140.
  27. a b et c (en) John Horne et Alan Kramer, German Atrocities, 1914: A History of Denial, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-10791-3, lire en ligne), p. 22, 383, 436, 458
  28. Badenweiler Marsch
  29. Article Time diu 5 juin 1939
  30. Liste des communes décorées
  31. La 2e DB - De Douala à Berchtesgaden
  32. Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, Paris, Le Cherche-Midi, 2011, collection « Documents ». (ISBN 978-2-7491-2046-1), p. 125 et 170
  33. http://www.imagesdelorraine.org/affichagerechercher.asp?objet=55&motcle=1939-1945&rech=&zoom=785&posrec=1&iptc22=&iptc32=
  34. Pierre Quillet, Le chemin le plus long chronique de la Compagnie de chars de combat du général de Gaulle, 1940-1945,Maisonneuve et Larose,1997 (ISBN 978-2-7068-1253-8), p. 620
  35. Philippe Leclerc sur le site chemins de mémoire
  36. (fr) « nombre des membres du conseil municipal des communes », Legifrance.
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  41. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
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  49. zone d'activité à Badonviller
  50. « Église Saint-Martin », notice no PA00105995, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  51. L'église Saint-Martin
  52. Chapelle-Mémorial 1939-45
  53. Chapelle funéraire Fenal
  54. La chapelle Cartier-Bresson