Crusnes

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Crusnes
Crusnes
L'église Sainte-Barbe.
Blason de Crusnes
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Briey
Intercommunalité Communauté de communes Cœur du Pays-Haut
Maire
Mandat
Florent Bertelle
2020-2026
Code postal 54680
Code commune 54149
Démographie
Gentilé Crusnois, Crusnoises [1]
Population
municipale
1 565 hab. (2020 en diminution de 2,73 % par rapport à 2014)
Densité 258 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 26′ 07″ nord, 5° 55′ 02″ est
Altitude Min. 350 m
Max. 436 m
Superficie 6,06 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Luxembourg (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Villerupt
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Crusnes
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Crusnes

Crusnes est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune fut un village-frontière avec l'Allemagne entre 1871 et 1918. Elle est à une dizaine de kilomètres du Luxembourg.

On fait la distinction entre Crusnes Village et Crusnes Cité.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Bernique, La Fondation, Crusnes Cités, La Dame, Keurtange, Bourig Loch, La Schleide, Haut de Neygroudt, La Truie, Pièce de huit jours, Pièce de onze jours, Le Choque, Aux Oies, Au chemin D'Hirps, Le Haut Chemin, La Fosse Baslieux, Anne Berre, La Croix Bailly, Trou de Butte.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Crusnes est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Luxembourg (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 115 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (68,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53,6 %), forêts (20,4 %), prairies (13,9 %), zones urbanisées (12,2 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Crusna et Crune (1254), Crusne (1341), Cruine (1654), Crunes (1793), Crune (1801).
  • Krongen en luxembourgeois[9],[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est déjà mentionné en 636 sous le nom de Cruna Fluviolu. Il dépendait en 1254 de l'abbaye de Villers-Bettnach, quoique faisant partie du diocèse de Trèves comme cure du doyenné de Luxembourg[11]. En 1817 il y avait 193 habitants répartis dans 31 maisons. Le village a été érigé en commune en 1833.

La guerre franco-allemande de 1870[modifier | modifier le code]

En 1871, Adolphe Thiers souhaite donner de l'espace à la place-forte de Belfort devant rester française. Les Allemands, connaissant la valeur minière du sous-sol lorrain, acceptent en échange de communes supplémentaires de Moselle, en déplaçant vers l'ouest la frontière prévue lors des préliminaires de paix signés à Versailles le 26 février 1871. Les communes de Rédange, Thil, Villerupt, Aumetz, Boulange, Lommerange, Sainte-Marie-aux-Chênes, Vionville deviennent donc allemandes. Villerupt et Thil restent françaises grâce au Normand Augustin Pouyer-Quertier, ministre des Finances du gouvernement Thiers.

La petite commune de Crusnes, dont le sous-sol est riche en minerai, a été oubliée sur la carte-base du traité de Francfort. « Crusnes est un hameau d’Aumetz, il doit suivre le sort d’Aumetz » affirme le commissaire allemand. « Assertion inexacte », réplique le commissaire français, le capitaine Aimé Laussedat : « Crusnes est commune indépendante depuis près de quarante ans ». Opposition énergique du Français, qui finit par obtenir gain de cause. Ce qui n’empêcha pas l’Allemand de demander une compensation territoriale : des bois situés dans la commune (française, et limitrophe de la nouvelle frontière) d'Avril, au nord-est de ce village. Alors les rapports se tendirent, le commissaire français menaça de rompre, s’obstinant à ce qu’il ne fût point question de compensation pour une cession à laquelle l’Allemand n’avait manifestement aucun droit ; il l’emporta encore : bataille gagnée, qui conserva à la France Crusnes, une commune de 600 à 700 hectares et de 372 habitants, et les bois d'Avril, la commune d'Avril restant intégralement française[12].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'histoire moderne de Crusnes est associée à la ligne Maginot. Le village est en effet entouré de nombreux blockhaus et ouvrages du Secteur fortifié de la Crusnes.

À la fin des années 1970, un tremblement de terre a été ressenti. Il s'agissait en réalité d'un effondrement minier, le sol s'affaissant de presque un mètre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1962 1965 M. Apelle DVD  
mars 1965 mars 1989 Léon Eckel[13] PCF  
mars 1989 octobre 2010 Serge Bertelle PCF Retraité directeur école primaire
Décès en cours de mandat
décembre 2010 mai 2020 Alain Eckel[14] PCF Retraité salarié du secteur privé
mai 2020 En cours Florent Bertelle[14],[15] DVG Employé civil ou agent de service de la fonction publique

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[17].

En 2020, la commune comptait 1 565 habitants[Note 3], en diminution de 2,73 % par rapport à 2014 (Meurthe-et-Moselle : +0,06 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1836 1841 1861 1866 1872 1876
212155174410360372372320350
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
3053023133123233456461 1151 685
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
2 2712 2121 7242 4132 6152 1861 8431 5901 660
1999 2006 2011 2016 2020 - - - -
1 6021 6041 6261 5741 565----
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Église paroissiale Saint-Léger.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Barbe
  • Monument aux morts à Crusnes Village de la guerre 1914-1918.
  • Église Sainte-Barbe commanditée par la famille de Wendel en 1939 et réalisée par l'entreprise de Ferdinand Fillod, est l'une des seules églises, à structure métallique, entièrement construites en fer en Europe. Elle fut classée monument historique par arrêté du [20]. (restaurée en 2006)[21].
  • Église paroissiale Saint-Léger à Crusnes Village reconstruite en 1736, puis à nouveau en 1860.
  • Calvaire dit Croix Boulanger, situé 22 rue de la Mairie élevé en 1714 (date portée), aux frais de Jacques Goeury et Catherine Mengin sa femme. Le revers du croisillon, historié, est accolé à la façade de la maison et est non visible.
  • Croix monumentale, située 17 Grande Rue, construit en 1785, représentant : Christ en croix ; ornement végétal ; fleur ; cœur ; fleur de lys.
  • Chevalement du puits de mine Errouville.
Chevalement du puits Errouville à Crusnes

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Crusnes dans la culture[modifier | modifier le code]

Une scène du film Les Rivières pourpres 2 - Les anges de l'apocalypse a été tournée devant l'église Sainte-Barbe.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.habitants.fr/meurthe-et-moselle-54
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Marcel Konne et Albert-Louis Piernet, « Dierfer vun äiser Hemecht », Hemechtsland a Sprooch, no 1,‎ (ISSN 0762-7440).
  10. Luxemburger Wörterbuch, Luxemburg, P. Linden, 1950-1977
  11. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  12. Extrait du livre La délimitation de la frontière franco-allemande par le capitaine devenu colonel Aimé Laussedat, éditions Delagrave, Paris 1902.
  13. https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-longwy/2015/11/09/un-demi-siecle-et-toujours-la-meme-colere-rouge
  14. a et b « Résultats des élections municipales 2020 », sur le site du Télégramme de Brest (consulté le ).
  15. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020.
  20. « Eglise Sainte-Barbe », notice no PA00106443, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. Est Magazine du 30/01/2011