Blason (héraldique)

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Détail décoratif de l'office des eaux du Delfland, à Delft (Pays-Bas), montrant les divers hameaux historiquement rattachés à la ville.
Armes de Liège, exemple de blasonnement tardif.

En héraldique, le blason est une description identifiant son porteur, pouvant être représentée sur un écu, une armure, une bannière ou un tabar. On parle également d'armes, les armoiries désignant l'écu et ses ornements extérieurs. Le blason est un signe de reconnaissance de l'individu ou de sa famille, particulièrement utilisé par les chevaliers au Moyen Âge. Néanmoins ce symbole ne leur est pas réservé : en France, il n'est pas besoin d'être issu de la noblesse pour créer son blason. Les roturiers créent des blasons dès le début du XIIIe siècle, les bourgeois étant imités par les simples paysans dès le XIVe siècle. Les villes en créent également de même que certaines administrations et corporations. La règle est de ne pas usurper les armes d'autrui[1]. Cette identification personnelle est devenue héréditaire dans les lignées mâles à partir de 1130 environ[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine des blasons provient probablement du monde celte ; les guerriers se faisaient reconnaître par des dessins, des emblèmes sculptés ou peints sur leurs boucliers. L'usage des armoiries se généralisant lors des vastes rassemblements des Croisades ; celles des familles illustres les plus anciennes sont les plus simples ; leur dessin se diversifiant et se complexifiant au fil du temps. Les armoiries se portaient sur l'écu, sur la cotte de mailles, sur la bannière, etc..[3].

En Europe occidentale, les blasons furent importants surtout aux XIIIe siècle, XIVe siècle et XVe siècle, même si leur usage perdura ensuite. Les rois et les hérauts d'armes étaient des personnages importants, parfois des chevaliers de renom ; ils étaient les juges d'armes des familles, les émissaires de la paix et de la guerre, les directeurs des cérémonies et des tournois dont ils désignaient les vainqueurs. Il leur fallait une prodigieuse mémoire pour mémoriser les blasons des nombreuses familles, en l'absence d'indications écrites en dehors des devises propres à chaque famille : « on ne voyait qu'écussons et devises sur les bannières, les habits, les meubles, dans les églises et les châteaux »[4].

En France, les armoiries ont théoriquement été abolies à la Révolution française par l'Assemblée le en même temps que tous les symboles de la noblesse[5] ; néanmoins l'héraldique, ou art des blasons, est encore pratiquée[6]. Une décision ministérielle du [1] a élargi les missions de la Commission nationale d'héraldique, en lui permettant de conseiller les particuliers qui désirent créer des armoiries.

Types de blasons[modifier | modifier le code]

Les blasons peuvent être divisés en différentes classes, selon les entités qu'ils représentent. La classification de base les divise en deux classes :

  1. Blasons simples : représentent une seule entité ;
  2. Blasons composites : combinent deux ou plusieurs blasons, chacun représentant une entité différente.

Les blasons peuvent également être classés selon la catégorie de l'entité qu'ils représentent :

  1. Blasons : représentent un monarque ou un état souverain ;
  2. Blasons de titulaires : représentent le titulaire d'une position ou d'un honneur ;
  3. Blasons de famille : représentent, dans un sens étroit, le chef de famille et, au sens large, toute la famille ;
  4. Blasons ecclésiastiques : représentent un titulaire ecclésiastique ou une entité collective religieuse ;
  5. Blasons corporatifs : représentent une entité morale collective, à la fois civile et militaire ;
  6. Blasons de domaine : représentent une entité territoriale non-souveraine.
  7. Blasons imaginaires : représentent un personnage fictif ou n'ayant pas eu d'armoiries.

En outre, les blasons peuvent encore être classés en fonction de leurs caractéristiques ou de leur historique:

  1. Blasons augmentés : aux symboles desquels ont été ajoutés des éléments du blason d'un suzerain, octroyé en récompense ;
  2. Blasons à enquerre : qui violent intentionnellement une ou plusieurs règles de l'héraldique, comme moyen de signifier qu'il faut s'enquérir du fait glorieux qui permettrait cette transgression;

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Éléments de droit héraldique français », sur cluaran.free.fr, (consulté le ).
  2. Hervé Pinoteau, « ARMES, héraldique », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  3. Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, Paris, W. Coquebert, , pages 255 et 256.
  4. Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, Paris, W. Coquebert, , page 571.
  5. Michel Pastoureau, « Héraldique », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  6. Héraldique française

Voir aussi[modifier | modifier le code]