Palimpseste

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Codex Ephraemi Rescriptus de Bibliothèque nationale de France.

Un palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») est un manuscrit constitué d’un parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette méthode fut utilisée au Moyen Âge, surtout entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement désencrés ou effacés grâce à de la ponce.

À cause de cette méthode, de nombreux écrits ont été momentanément ou irrémédiablement perdus : textes juridiques tombés en désuétude, mais aussi textes de penseurs grecs pré-chrétiens, textes d'écriture gothique, et même des textes d'auteurs chrétiens. Il est cependant parfois possible de reconstituer l'ancien texte de certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents (chimie, imagerie aux rayons ultraviolets, rayonnement synchrotron).

Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. Par exemple, Olivier Mongin parle de la « ville palimpseste »[1]. Le terme est également utilisé en architecture, ou encore dans l'analyse paysagère. En art, on parle aussi de « biopalimpseste » pour une œuvre d'art issue du bio-art qui met en jeu les questions relatives à la réécriture du vivant.

Palimpsestes renommés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Mongin La condition urbaine, la ville à l'heure de la mondialisation, Le Seuil, 2005 ; rééd. coll. « poche » Points Seuil, 2007 ; page 50).
  2. Ce palimpseste fait l'objet d'un projet international visant à en extraire la totalité du texte : http://archimedespalimpsest.org/.
  3. Selon William Noel et Reviel Netz, Le codex d'Archimède,  éd. JC Lattès (2008), p. 243, le colophon du manuscrit date du 14 avril 1229.
  4. Voir à ce sujet l'article du Monde du 6 novembre 2014 :« Euréka », un palimpseste !

On peut signaler une utilisation courante en archéologie égyptienne : en application directe de la définition le mot est utilisé pour désigner les modifications apportées par un souverain dans le cartouche d'un pharaon précédent (exemple de Karnak, cartouches des salles nord et sud du palais de Maât). SOURCE : dans la publication « Et in Ægypto et ad Ægyptum, Recueil d’études dédiées à Jean-Claude Grenier » – pages 83 et 84 – cartouches de Thoutmosis II et de Thoutmosis III. Textes réunis et édités par Annie Gasse, Frédéric Servajean et Christophe Thiers, Montpellier, 2012 - Équipe « Égypte Nilotique et Méditerranéenne » de l’UMR 5140, « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs – Université Paul Valéry – Montpellier II).

Bibliographie[modifier | modifier le code]