Abbon de Fleury

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Abbon de Fleury
Image illustrative de l'article Abbon de Fleury
Manuscrit médiéval d'un ouvrage d'Abbon de Fleury
Biographie
Naissance v.940-945
Orléans
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Décès
La Réole
Abbé de l'Église catholique
Abbé de Fleury
9881004

Saint Abbon de Fleury est un moine bénédictin réformateur, abbé de Fleury, né entre 940 et 945 à Orléans et mort le à La Réole.

C'est l'un des grands théologiens du Haut Moyen Âge durant la Renaissance ottonienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire

Abbon naît entre 940 et 945 à Orléans. Il est envoyé par ses parents faire des études à l'abbaye de Fleury, aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire où il reçoit l’habit religieux. Il continue ses études d'astronomie et de dialectique à Paris, puis à Reims. Il revient ensuite à Orléans où il apprend en particulier la musique, la géométrie et la rhétorique[1].

En 985, S. Oswald, évêque de Worchester, demande qu’on lui envoie un savant moine, pour instruire dans la piété et dans les lettres ceux de l’abbaye de Ramsey (Cambridgeshire, Angleterre) dont il était le fondateur. Abbon, qui n’était encore que diacre est choisi : son mérite est reconnu par le roi Ethelrede ; il est ordonné prêtre peu après son arrivée. De l'automne 985 au printemps 987, il y recueille les éléments de la tradition populaire et les témoignages qui lui permettent de rédiger la vie de saint Edmond.

Sur la fin de l’an 987, il revient à Fleury où la communauté l’élit pour succéder à l'abbé décédé. Il étoit continuellement occupé à lire, écrire ou dicter : montrant en cela l’exemple de ce qu’il prescrivoit à ses religieux, à qui il recommandoit l’étude comme étant utile à la piété, & comme une pratique très-propre à les faire avancer dans la voie de la vertu, & à les y soutenir.

Il écrit un recueil de sentences pour se défendre contre Arnoul, évêque d'Orléans proche des capétiens, qui, non content de la juridiction spirituelle sur le monastère de Fleury, exigeait encore que l’abbé se reconnaisse pour son vassal et lui prête serment de fidélité. Il passe alors pour le champion de la liberté monastique face aux prétentions des évêques et reçoit dans son combat l'appui du pouvoir pontifical.

Alexis Master, voleurs pénétrant dans la tombe de St Edmond

Au concile de l’abbaye de Saint-Basle en 991, voyant qu’au lieu de traiter les matières de la foi & de la discipline ecclésiastique, comme on l’avoit annoncé, on parloit seulement d’ôter aux moines & aux laïcs les dixmes qu’ils possédoient, & de les donner aux évêques, il s’y opposa fortement ; & la populace ayant outragé les évêques, qui furent contraints de se sauver sans rien conclure, on rejeta cette violence sur Abbon[2]. Mais il sut se justifier pleinement auprès des princes régnants.

Pour justifier sa lutte contre les prélats, il adresse au roi Hugues Capet et à son fils Robert son Apologie aux rois Hugues et Robert (994). Juriste à cette occasion, il propose une vision tripartite de la société, où l'ordre monastique prime[3]. Cet écrit apologétique se trouve imprimé à la tête du recueil de ses lettres, publié en 1687 in-folio, sur les manuscrits de P. Pithou, et imprimé au Louvre avec l’ancien code des canons de l’église romaine ; Abbon tente de persuader les princes qu’ils devaient soutenir les privilèges accordés aux monastères en établissant les devoirs des rois et de leurs sujets, comme aussi les droits de l’ordre monastique, et ce qui regarde les avoués (advocati) ou défenseurs et protecteurs des églises et monastères. Cet ouvrage est un tissu de maximes puisées dans les conciles, les écrits de quelques pères, le Code de Théodose, les Novelles de Justinien, les capitulaires de nos rois...[4].

Il prend la défense de l'archevêque de Reims, félon aux yeux du roi des Francs Hugues Capet, en déniant la compétence des prélats pour ce jugement et en affirmant que la question devait être remise au pape. Il devient dès lors le champion du pape face aux prétentions des prélats et des seigneurs et se lie d’amitié avec le pape Grégoire V.

À l’avènement de Robert II le Pieux en 996, Abbon entre à son service et devient un influent conseiller. Sa science et sa sagesse universellement reconnues le firent respecter des grands et des savants, et le rendirent l’arbitre de presque tout ce qui concernait la discipline monastique. Il fut d'ailleurs victime de son amour pour le bon ordre[5]

En 1004, il se rend au monastère de La Réole (dans l'actuel département de la Gironde), dépendance gasconne de Fleury, pour le réformer. Il y meurt assassiné, tué par un coup de lance, pour s'être interposé dans un conflit entre Français et Gascons le . Il y fut enterré et honoré comme martyr. Les actes du concile de Limoges de l’an 1031, attestent que dès lors son culte fut établi dans plusieurs églises, notamment celles de Fleury et de la Réole[6].

Aimoin de Fleury son disciple a écrit son histoire, que Jean Mabillon a insérée dans la première partie des actes des saints de l’ordre de Saint Benoît.

Sa fête est célébrée le 13 novembre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dessin figurant dans un manuscrit écrit à Fleury. On reconnaît l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Jérusalem y est marqué d'une croix et au centre y est inscrit le nom du royaume mythique de Méroé.

Abbon avait beaucoup écrit ; mais il ne reste qu’un petit nombre de ses ouvrages, dont plusieurs sont même encore manuscrits.

Voici quelques singularités qui ne sont pas indifférentes pour l’histoire 

en écrivant au pape, il se sert des termes de majesté, sainteté, révérence, & sérénité,
dans des lettres adressées au roi Robert, il fait revivre la qualité de serviteur des serviteurs de Dieu, que prenaient anciennement les abbés et même de simples moines, à la tête de leurs lettres & autres écrits.
  • Recueil de lettres imprimé ;
  • Apologétique ;
  • Recueil de canons.
Le P. Jean Busée, Jésuite, publia à Mayence en 1602 in-4º son abrégé des vies des papes, finissant à Grégoire II.
Surius a donné la vie de S. Edmond roi d’Angleterre, composée par Abbon et M. Arnauld d’Andilly l’a traduite en françois.
  • Cycles de Victorius & de Denys le Petit, sur le comput, sur l’astronomie, la dialectique, la grammaire...
  • Il écrivit contre une erreur populaire, qui se répandait de son temps annonçant la fin du monde comme prochaine.
Ses ouvrages ont été recueillis dans les Acta sanctorum ordinis Sanci Benedicti.
On trouve quelques lettres d'Abbon dans le tome X du Recueil des histoires de France par D. Martin Bouquet.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 2004, les villes de La Réole et de Saint-Benoît-sur-Loire ont célébré le millénaire de sa disparition lors de festivités laïques et religieuses. La Réole vit se monter un grand spectacle mêlant théâtre, musique, danse et chant sous la direction de la musicienne Marielle Guillon, ainsi que différents colloques et expositions, et Saint-Benoît-sur-Loire fut spectatrice de nombreuses conférences historiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Moréri 1759
  2. Louis Moréri 1759
  3. Abbon n'est pas à l'origine de cette tripartition renouant avec une tradition indo-européenne ; introduite dès l'époque carolingienne, sans doute par l'école d'Auxerre, elle est aussi utilisée par les contradicteurs d'Abbon comme l'évêque de Laon, Adalbéron de Laon.
  4. Louis Moréri 1759
  5. Louis Moréri 1759
  6. Louis Moréri 1759

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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