Cluny III

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Abbaye de
Saint-Pierre et Saint-Paul de Cluny
Image illustrative de l'article Cluny III
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbatiale
Rattachement Saint-Siège (dépendait directement du pape)
Début de la construction 1088
Fin des travaux 1130
Style dominant Roman (Cluny III)
Protection Monument historique (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Saône-et-Loire
Ville Cluny
Coordonnées 46° 26′ 05″ nord, 4° 39′ 34″ est

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Abbaye deSaint-Pierre et Saint-Paul de Cluny

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Abbaye deSaint-Pierre et Saint-Paul de Cluny

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Abbaye deSaint-Pierre et Saint-Paul de Cluny

« Cluny III » est l'expression employée pour désigner le troisième chantier de l'abbatiale de Cluny, construite entre 1088 et 1130, sous l'abbatiat d'Hugues de Semur.

Cluny III était un bâtiment roman d'une grandeur exceptionnelle, avec ses 187 m de longueur pour une largeur de 90 m au niveau du transept. Il était, à son époque, le plus grand de la chrétienté, titre qui ne lui sera ravi que cinq siècles plus tard par la basilique Saint-Pierre de Rome. Avant cela, elle fut surnommée Maior Ecclesia (« La plus grande église »).

L'abbaye de Cluny fut presque intégralement détruite à la Révolution.

Historique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La construction aurait pour origine le songe d'un ancien abbé de Baume-les-Messieurs redevenu simple moine, Gunzo, à qui saint Pierre aurait demandé de dire à Hugues de Semur de bâtir une nouvelle église. L'apôtre lui aurait inspiré le plan de la nouvelle abbaye, qui devait être apte à abriter un millier de moines. En fait le songe merveilleux permet de justifier un projet très orgueilleux pour un ordre religieux. L'Ordre de Cluny a toutefois les moyens de ses ambitions. C'est l'ordre le plus influent du Moyen Âge, qui intègre des établissements de toute l'Europe (Allemagne, Italie, Terre Sainte, Angleterre). C'est même un appui indispensable pour les entreprises réformatrices du pape. De plus, il bénéficie d'un apport de dons en numéraire énorme, par les princes et rois, dont Ferdinand III et Alphonse X, qui assurent chaque année des quantités importantes d'or.

Si la légende a retenu Gunzo comme architecte, le vrai maître d’œuvre est sans doute Hézelon, chanoine mathématicien de Liège devenu moine à Cluny.

L'église est consacrée en 1130, par le pape Innocent II. L'autel principal avait déjà été consacré par le pape Urbain II le 25 octobre 1095.

Démantèlement[modifier | modifier le code]

L'édifice ne survit pas à la Révolution française. En 1798, le terrain est vendu en lots, les propriétaires pouvant ainsi bénéficier facilement de pierres taillées.

Vestiges[modifier | modifier le code]

De Cluny III, ne subsistent que les bras Sud du grand et du petit transept, ainsi que le clocher de l'Eau bénite, qui coiffe le croisillon sud du grand transept. On peut voir aussi les restes des tours des Barabans, qui encadraient le portail, et les parties basses de l'avant-nef. Tout cela représente moins de 10 % de la surface d'origine de Cluny III.

On peut trouver des fragments de cette abbaye dans les musées alentour : musée du Palais Jean de Bourbon et musée du Pape Gélase, où se situent aujourd'hui les Arts et Métiers ParisTech.

Portail[modifier | modifier le code]

Le portail, détruit à l'explosif en 1810 et dont les fragments sont emmenés par des particuliers ou servent alors de remblai, fait l'objet de nombreuses recherches et tentatives de reconstitution[1]. L'exposition « Cluny, 1120 Au seuil de la Major Ecclesia »[2] au Musée national du Moyen Âge présente un état des lieux de ces recherches. Un remontage de ce portail sur une armature métallique de sept mètres de haut y est présenté, qui sera exposé ensuite de manière permanente au musée Ochier de Cluny (Bourgogne). De plus de 16m de haut (environ 1,5 fois celui de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vezelay), il marquait l'entrée de l'abbaye avant la construction de l'avant-nef gothique (appelée Galilée[3] dans la culture Clunisienne). Il était surmonté d'une chapelle, la chapelle Saint-Michel. D'après les travaux de Kenneth John Conant et les sources qu'il a pu réunir, on peut faire quelques suppositions sur l'iconographie de ce portail. Le tympan monolithe figurait un christ en gloire dans une mandorle bénissant entouré de quatre anges et des quatre évangélistes. Une première voussure à motif végétaux, appartenait encore au tympan qui pesait environ 17 tonnes. Le linteau figurait sans doute les douze apôtres entourant la Vierge Marie (perdue), reliant ainsi le registre terrestre au registre céleste incarné par le Christ qui la surmonte. D'autres personnages entouraient les apôtres, sans doute à gauche la scène des saintes femmes au tombeau, ce qui semble indiqué par un morceau figurant le visage d'un soldat endormi. À droite, Conant pensait que figurait la scène des pèlerins d'Emmaüs.

Les morceaux les plus importants retrouvés sont :

Description[modifier | modifier le code]

Cluny III

L'édifice d'art roman doit beaucoup aux architectes Gauzon et Hézelon de Liège. Le plan fait état d'un édifice impressionnant, de 190 mètres de long, un déambulatoire orné de cinq chapelles rayonnantes, un double transept de 59 et 73 mètres[4] comportant des absidioles sur les façades orientales, achevées en 1100. La nef est aussi grande que le grand transept, avec onze travées, et succède à un narthex (ou avant-nef, ou encore galilée) de cinq travées, ce qui prendra 12 ans à construire (1107-1115) et 6 ans à voûter. Les deux tours carrées des Barabans, hautes à l'origine de 50 mètres[4], en gardent l'entrée. Mais c'est l'élévation qui constitue l'élément le plus impressionnant. Le vaisseau central de la nef, élargi par des collatéraux doubles, s'élevait en effet à 30 mètres sur trois niveaux. Sa voûte légèrement brisée était soutenue à l'intérieur par des arcs doubleaux, et épaulée par des contreforts évidés. La croisée du grand transept était couverte d'une coupole de 40 mètres de haut, surmontée d'une tour barlongue, et accompagnée au nord et au sud, au milieu des bras du grand transept, de deux tours, celles-ci de plan octogonal. De même, la croisée du petit transept était surmontée d'une souche de plan octogonal coiffée d'une flèche en charpente.

Reconstitution de l'abbatiale Cluny III

Toutes les dimensions de l'abbatiale sont des multiples d’un module de base de cent pieds supposés romains et des multiples de sept[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marion Cocquet, « Quand Cluny revit », sur Le Point,
  2. [PDF]"Cluny, 1120 Au seuil de la Major Ecclesia"
  3. Galilée
  4. a, b et c Marcel Pacaut, Les ordres religieux au Moyen Âge, Nathan, 1970, p.74

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Vingtain, L'abbaye de Cluny, Centre de l'Occident médiéval, Éditions du CNRS, 1998.
  • Julie Roux, Cluny, In Situ, MSM, 2010.
  • Histoire Antique & Médiévale hors-série n° 30, CLUNY 1120, au seuil de la Major Ecclesia, Mars 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]