Église Saint-Julien de Tours

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Église Saint-Julien de Tours
La tour-porche
La tour-porche
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement Archidiocèse de Tours
Début de la construction 1240
Style dominant Roman, gothique primitif, et gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Ville Tours
Coordonnées 47° 23′ 45″ nord, 0° 41′ 14″ est

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Église Saint-Julien de Tours

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Église Saint-Julien de Tours

L'église Saint-Julien de Tours, située à Tours en France, est l'abbatiale d'une ancienne abbaye bénédictine dont l'origine remonte au VIe siècle ; elle date majoritairement du XIIIe siècle. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Elle est bordée par la rue Nationale (ex rue Royale), la place Anatole-France et le square Prosper-Mérimée.

De l'abbatiale à l'église actuelle[modifier | modifier le code]

À la fin du VIe siècle jusqu'au IXe siècle une abbaye est construite et se développe autour de la tour carrée (encore visible aujourd'hui). Elle dispose d'un cloître, de celliers (qui abritaient les récoltes du domaine), et d'une bibliothèque.

Pendant cinq siècles se succèdent destructions et reconstructions. En 853, l'abbaye est détruite par les Normands, elle est reconstruite au Xe siècle[2].

En 1044 le comté de Tours est âprement disputé entre la maison féodale blésoise et la maison d'Anjou. Geoffroy III d'Anjou remporte le comté après un conflit qui endommage l'église. Elle est reconstruite et consacrée en 1084.

Un ouragan fait écrouler la nef de Saint-Julien en 1224. L'église est une nouvelle fois reconstruite et édifiée sous la forme actuelle[3].

À la Révolution, l'église est vendue et sert d'écurie et de remise pour diligences[4].

Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale (1940 et 1944) ont ravagé une grande partie du centre-ville de Tours dont l'entrée de ville où se situe l'église. Miraculeusement, Saint-Julien reste debout et les dégâts ont pu être réparés. L'abbaye détruite a par contre été remplacée par le square Prosper-Mérimée.

En 2004, la chute d’une pierre d’ogive depuis la nef provoque la fermeture de l'édifice. Après plusieurs années où il n'est ouvert qu'à l'occasion des journées du patrimoine, sa réouverture totale est autorisée par une visite de la commission de sécurité le 28 septembre 2011[5]. Parallèlement à l'arrivée du tramway de Tours en 2013, l'église connaît dès 2011 une restauration de son clocher. La création d'un grand parvis en harmonie avec la restructuration de la place Anatole-France que jouxte l'église est en projet.

Caractéristiques et architecture[modifier | modifier le code]

Issue de plusieurs campagnes successives de construction et de reprise, l'actuelle abbatiale mélange plusieurs styles architecturaux.

Le clocher-porche[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIe siècle, l’abbé Gerbert procède à une reconstruction totale de l’église abbatiale en style roman. Le clocher-porche[Note 1] qui permet d’accéder à l’église actuelle date très certainement de cette phase de reconstruction[6]. Dans sa configuration actuelle, le clocher-porche mesure 25 m de hauteur[7]. On ignore par contre si le porche occupant le rez-de-chaussée du clocher était, dès sa construction, largement ouvert, sur un ou plusieurs côtés, ou si la disposition que l’on observe aujourd’hui est le résultat d’une modification ultérieure[8]. Les restaurations qui se sont succédé ont effacé toute trace de l’entrée d’origine.

Les bas-reliefs des chapiteaux du porche, dessinés par Gustave Guérin[9], datent du XIXe siècle ; ils ont été mis en place à l'occasion de la restauration de 1960 (photos 2 et 3).

La nouvelle église est consacrée en 1084, sous l'archiépiscopat de Raoul Ier de Langeais ; elle est dédiée à « notre Dame, saint Julien et tous les saints ».

La nef, le transept et le chœur[modifier | modifier le code]

La nouvelle nef de l'abbatiale est reconstruite entre 1243 et 1259[10] ; à cette époque, c'est l'architecture gothique qui prévaut.

L’église affecte, dès lors, la forme générale qu’on lui connaît aujourd’hui :

  • un clocher-porche donnant accès à une nef flanquée de collatéraux simples, d'une largeur de 10 m et d'une hauteur de 21 m ;
  • un transept pourvu d’une seule travée à l’extérieur des collatéraux de la nef ;
  • un chœur à quatre collatéraux, de même largeur que le transept, soit 30 m ;
  • un chevet plat qui termine le chœur et dont il est difficile d'expliquer l'architecture si particulière[7].

Une partie des vitraux qui ornent la nef et le chœur a été réalisée par Max Ingrand (photos 5 et 6)[11]. Ces vitraux remplacent ceux créés au XIXe siècle dans l'atelier Lobin, détruits pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les absidioles[modifier | modifier le code]

Vers 1300, le chevet est repris avec adjonction de deux absidioles en prolongement des collatéraux externes du chœur ; elles seront reconstruites au XVIe siècle[12].

Autour de l'église Saint-Julien[modifier | modifier le code]

  • Bien que n'étant pas une cathédrale, l'église est une propriété de l'État à la suite de l'intervention de Prosper Mérimée (1846).
  • Le congrès de Tours (SFIO) (1920) se tint dans la salle des Manèges aujourd'hui disparue, elle jouxtait l'Église Saint-Julien.
  • L'ancien dortoir des Moines de l'abbaye Saint Julien qui touche la façade nord de l'église abrite aujourd'hui le Musée du Compagnonnage de Tours
  • Les celliers sont occupés par le Musée des Vins de Touraine.
  • La salle capitulaire à l'est du cloître abrite des expositions.

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Galinié (dir.), Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville. 40 ans d'archéologie urbaine, Tours, FERACF, , 440 p. (ISBN 978 2 91327 215 6)
  • Pierre Leveel, La Touraine disparue et ses abords immédiats, Chambray-lès-Tours, C.L.D., 319 p. (ISBN 2 85443 253 3)
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, , 735 p. (ISBN 2 85554 017 8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les tours-porches (ou clochers-porches), bâties à l’entrée principale d’une église, sont caractéristiques du style roman. On en trouve plusieurs en Touraine, dont celle de l’abbatiale Saint-Paul, à Cormery, mais la plus connue et la plus monumentale en région Centre est celle de l’abbaye de Fleury, à Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00098153, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Robert Ranjard, La Touraine archéologique, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, , 735 p. (ISBN 2 85554 017 8), p. 18
  3. Robert Ranjard op. cit., p. 19
  4. (en) « Église Saint-Julien de Tours - entrée de l'église avec une diligence. Esquisse de Joseph Mallord William Turner, 1826 », sur Tate Gallery (consulté le 6 juillet 2014).
  5. L'église Saint-Julien rouvre ses portes (Tours), reportage de TV Tours du 26 octobre 2011)
  6. Charles Lelong, « Le clocher-porche de Saint-Julien de Tours et les vestiges romans de l'abbaye », Cahiers de civilisation médiévale., no 68,‎ , p. 335-351 (lire en ligne).
  7. a et b Sibylle Madelain-Beau, « Laissez-vous conter l'église Saint-Julien » [PDF], sur le site de Tours (consulté le 6 juillet 2014).
  8. Florence Juin, « Les tours-porches romanes - Archéologie et signification - L'exemple de Saint-Julien de Tours », Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, vol. XLV,‎ , p. 865-896.
  9. « GUÉRIN Etienne Charles-Gustave dit Gustave », sur ELEC (Éditions en Ligne de l'École des Chartes) (consulté le 6 juillet 2014).
  10. Robert Ranjard op. cit., p. 21
  11. « Vitraux de l'église Saint-Julien », sur Cathédrale de Tours - Paroisse Saint-Maurice (consulté le 6 juillet 2014).
  12. Robert Ranjard op. cit., p. 22