Église Saint-Pierre de Chartres

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Église Saint-Pierre de Chartres
France Eure et Loir Chartres en lumieres 2006 Eglise Saint Pierre.jpg
L'église Saint-Pierre pendant Chartres en Lumières en 2006.
Présentation
Destination initiale
église abbatiale
Destination actuelle
église paroissiale
Construction
Xe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Propriétaire
Usage
Abbatiale, église paroissiale catholique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Statut patrimonial
Localisation
Adresse
Coordonnées

L'église Saint-Pierre est une église de Chartres (Eure-et-Loir), classée monument historique depuis 1840[1]. Avant la Révolution, c'était l'église de l'abbaye Saint-Père-en-Vallée (Père signifiant ici Pierre) dont les vestiges remontent au VIIe siècle. L'église est devenue paroissiale en 1803.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye Saint-Père-en-Vallée.
Façade nord de l'église Saint-Pierre avec sa tour datée d'environ 930, par Mieusement (1840-1905), sans date.

L'église abbatiale Saint-Père-en-Vallée[modifier | modifier le code]

On doit probablement à la reine Bathilde, au VIIe siècle, non la fondation de l'abbaye Saint-Père, plus ancienne, mais un accroissement de ses revenus. Détruite par les Normands en 858 et à nouveau en 911, l'abbaye fut entièrement reconstruite vers 930 par l'évêque Aganon, qui y fut inhumé.

Les incendies de 1077 et 1134 la détruisirent presque totalement, à l'exception de la tour ouest, bâtie comme un donjon. Les dégâts furent si importants que l'abbé Foucher décida de reconstruire entièrement l'église en conservant la tour épargnée par les incendies.

Fort opportunément la découverte, en 1165, du tombeau de saint Gilduin, mort en 1077 au cours d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint-Père et inhumé dans le chœur l'église abbatiale, fit affluer pèlerins et dons, qui permirent de poursuivre les travaux du chœur, dont les vitraux furent posés vers 1190. Le reste de la reconstruction se déroula au cours du XIIIe siècle dans des conditions financières moins favorables. Ainsi renonça-t-on à démolir la tour primitive. L'édifice fut achevé autour des années 1320.

Les bâtiments de l'abbaye évoluèrent en fonction des modes et des vicissitudes de l'Histoire. La galerie nord du cloître fut reconstruite au XIIIe siècle, le cloître en entier en 1408, le dortoir (qui disparut dans l'incendie de 1584) fut rebâti et terminé en 1609, tous les bâtiments furent rénovés entre 1700 et 1709.

La Révolution fit disparaître le cloître et utilisa l'église, vidée d'une grande partie de son mobilier, comme fabrique de salpêtre. Les bâtiments restants furent affectés à une caserne de cavalerie (caserne Rapp), avant d'être attribués au lycée Marceau, au muséum et à un hôpital militaire.

L'église paroissiale Saint-Pierre de Chartres[modifier | modifier le code]

En 1803, au moment du rétablissement du culte en France, une paroisse est constituée. L'église prend alors le vocable de Saint-Pierre.

Cinq des 12 panneaux émaillées des apôtres (1547) qui ornaient la chapelle de la Vierge de Saint-Pierre de Chartres, aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts de Chartres.

Lorsque le décor de la chapelle axiale, chapelle Notre-Dame ou de la Vierge, fut renouvelé dans la deuxième moitié du XIXe siècle, elle comprenait respectivement deux vitraux de part et d'autre de la fenêtre centrale et les douze précieuses plaques des apôtres[2], peints en émail, commandées en 1545 par François Ier pour la chapelle Saint-Saturnin du château de Fontainebleau et exécutées en 1547 à Limoges par Léonard Limosin, émailleur du roi, d'après des cartons en couleur de Michel Rochetel. Elles avaient été données par Henri II à Diane de Poitiers pour la chapelle du château d'Anet où elles restèrent jusqu'à la Révolution. Elles se trouvaient dans la chapelle axiale de Saint-Pierre depuis 1802[3]. Plus aucune de ces œuvres n'est en place.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La chapelle axiale de l'église présente une statue de la vierge réalisée par Charles Antoine Bridan au XVIIIe siècle[4].

L'église accueille régulièrement des concerts à l'occasion du Festival d'orgues.

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Les bâtiments de l'abbaye situés au sud de l'église, rebâtis au XVIIIe siècle, font actuellement partie du lycée Marceau.

Article détaillé : Lycée Marceau.

Vitraux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre comporte, notamment, 46 vitraux classés monument historique au titre d'objet :

  • l'ensemble des fenêtres hautes, composé des sous-ensembles[5] :
    • baies 200 à 205, verrières datées vers 1295, 1300, 1305[6] ;
    • baies 207 à 228, verrières datées du XIIIe siècle et 1er quart du XIVe siècle, restaurées aux XIXe et XXe siècles[7],[8] ;
  • les baies 100 à 116, verrières datées 1260, 1270 et 1300, restaurées au XXe siècle[9],[10] ;
  • la baie 008, remploi au XXe siècle de deux écus armoriés du XVIe siècle[11].

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Paroisse et doyenné[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre fait partie de la paroisse Notre-Dame, Chartres ville, rattachée au doyenné de Chartres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Église Saint-Pierre », notice no PA00096999, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Plaques décoratives (12) : les douze apôtres », notice no PM28000171, base Palissy, ministère français de la Culture
  3. Paul Durant: « Église de Saint-Père, à Chartres : explication de la nouvelle décoration exécutée dans la chapelle de la Sainte-Vierge », Chartres, Imprimerie de Garnier, 1863 (voir en ligne.
  4. Didier Rykner, « Chartres : son patrimoine à la dérive, ses projets pharaoniques et inutiles », sur http://www.latribunedelart.com, (consulté le 21 janvier 2017)
  5. « Ensemble des fenêtres hautes répondant à une unité dans le programme iconographique », notice no PM28000764, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. « 6 verrières (verrière figurée, verrière à personnages) : saints, apôtres et martyrs, calvaire, Vierge à l'Enfant, anges, motifs décoratifs et décor d'architecture (baies 200 à 205) », notice no PM28000768, base Palissy, ministère français de la Culture
  7. « 10 verrières (verrière à personnages, grisaille décorative) : saints de l'ancien testament, décor d'architecture (baies 207 à 216) », notice no PM28000769, base Palissy, ministère français de la Culture
  8. « 12 verrières (verrière figurée, verrière à personnages) : saints et apôtres, scènes de la vie du Christ, scènes de la Vie de la Vierge, scènes de la vie des saints, décor d'architecture, motifs décoratifs (baies 217 à 228) », notice no PM28000770, base Palissy, ministère français de la Culture
  9. « 5 verrières figurées : scènes narratives, Annonciation, Adoration des Mages, Fuite en Égypte, Dormition de la Vierge, motifs décoratifs (baies 100 à 104) », notice no PM28000766, base Palissy, ministère français de la Culture
  10. « 12 verrières (grisaille décorative) : motifs décoratifs (baies 105 à 116) », notice no PM28000765, base Palissy, ministère français de la Culture
  11. « Verrière (baie 8) », notice no PM28000767, base Palissy, ministère français de la Culture
  12. L'inscription au centre indique : « NOTRE DAME DU PERPETUEL SECOURS PRIEZ POUR NOUS ». La dédicace en bas indique : « Souvenir de la MISSION MARS MDCCCLXXXV » (1885).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : église en Eure-et-Loir.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]