Basilique Saint-Sernin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Basilique Saint-Sernin
La basilique Saint-Sernin vue du parvis Jean-Paul-II.
La basilique Saint-Sernin vue du parvis Jean-Paul-II.
Présentation
Culte Catholique romain
Dédicataire Saturnin de Toulouse
Type Basilique
Rattachement Archidiocèse de Toulouse
Début de la construction fin du XIe siècle
Fin des travaux fin du XIIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Site web http://www.basilique-saint-sernin.fr/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Commune Toulouse
Secteur Secteur 1 - Centre
Coordonnées 43° 36′ 30″ nord, 1° 26′ 31″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Basilique Saint-Sernin
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Basilique Saint-Sernin

La basilique Saint-Sernin est le plus important édifice religieux catholique de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Elle se situe au cœur de la place du même nom, dans le secteur 1 de la ville. C'est une des plus grandes églises romanes conservées en Europe, avec la cathédrale de Spire, en Allemagne, et la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne.

L'histoire de la basilique est particulièrement liée aux récits qui entourent le martyre de saint SaturninSarnin ou Sernin en occitan. Au milieu du IIIe siècle, il aurait été à la tête de la première communauté chrétienne de la Tolosa antique. Le , il aurait été pris à partie par des païens au pied du Capitolium (emplacement de l'actuelle place Étienne-Esquirol) : ayant refusé de sacrifier à Jupiter et attaché à un taureau, il aurait été traîné le long du cardo, puis de la route qui débouchait de la porte Nord jusqu'à l'emplacement actuel de la basilique. Deux jeunes filles, les saintes Puelles, aurait enterré le saint sur place. La « découverte » du corps du saint au IVe siècle par l'évêque Hilaire, puis la construction d'un sanctuaire par les évêques Silve et Exupère au début du Ve siècle participent d'une première dévotion pour le martyr. Au cours du Moyen Âge, avec le développement du culte des saints, le sanctuaire devient l'un des plus importants centres de pèlerinage de l'Occident médiéval, alors même que la ville devient une étape importante pour les pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

L'importance de Saint-Sernin se ressent, dès le Moyen Âge, dans la place qu'elle occupe dans les luttes de pouvoir qui traversent la ville, mais aussi dans son influence considérable sur la croissance et l'urbanisme de Toulouse, et encore sur la floraison des arts. La communauté de chanoines, constituée au plus tard au IXe siècle, forme le cœur vivant d'une puissante abbaye qui accumule les richesses, grâce aux donations des Toulousains et des pèlerins, mais aussi par l'exploitation de ses nombreuses propriétés, et qui s'entoure de nombreux vassaux et obtient la protection de puissants seigneurs. La rivalité entre les chanoines de l'abbaye Saint-Sernin et les autres pouvoirs de la ville – le comte de Toulouse, puis le roi de France, et leurs représentants ; l'évêque et le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne ; les consuls et les représentants de la ville – sont au Moyen Âge une des dynamiques les plus puissantes de la politique toulousaine et méridionale. Parallèlement, la croissance du bourg Saint-Sernin qui se constitue autour de l'enclos abbatial, est un des enjeux de l'organisation et de la structure de la ville de Toulouse au Moyen Âge. De plus, le chantier de la nouvelle église, lancé à la fin du XIe siècle, et qui dure plus d'un siècle, est non seulement le signe de la puissance de l'abbaye, mais aussi un formidable moteur pour le développement de l'architecture, de la sculpture et de la peinture romanes dans le Midi de la France. Son plan architectural en fait l'archétype des grandes églises de pèlerinage, où les pèlerins peuvent circuler pour vénérer les reliques sans déranger la messe se tenant dans la nef. La basilique, qui conserve 260 chapiteaux romans[1], reste est des plus beaux témoins de l'architecture romane méridionale.

Après la Révolution française, et malgré la destruction du cloître et de la plupart des bâtiments abbatiaux entre 1804 et 1808, le caractère exceptionnel de la basilique Saint-Sernin est rapidement reconnu. L'église elle-même est mise au cœur de la nouvelle place que l'architecte Urbain Vitry lui aménage comme un écrin. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998[3].

La basilique Saint-Sernin reste le monument le plus visité de la ville, reconnue pour sa valeur patrimoniale exceptionnelle. Elle est d'ailleurs toujours au cœur de débats quant à sa mise en valeur. Elle est par ailleurs réputée pour ses quelque deux cents reliques (dont celles de six apôtres), qui en font l'église de France possédant le plus grand nombre de reliques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Édifices primitifs paléochrétiens (IVe et XIe siècles)[modifier | modifier le code]

La construction des premiers sanctuaires (IVe et Ve siècles)[modifier | modifier le code]

Le récit de la Passion de saint Saturnin, connu par un manuscrit de l'abbaye de Moissac daté du XIe siècle, rapporte que le corps de Saturnin aurait été découvert par l'évêque Hilaire qui, ayant refusé de déplacer le cercueil, aurait fait bâtir un sanctuaire[N 1],[4]. Il faudrait dater la construction de ce premier martyrium paléochrétien de la première moitié du IVe siècle, entre 314 et 356[5], alors que le christianisme devient une religion légale et privilégiée, mais que le paganisme reste majoritaire et vivant[6]. Il y a cependant un débat sur l'emplacement de la sépulture de Saturnin et il est donc difficile de trancher sur l'emplacement de ce premier sanctuaire – église Notre-Dame du Taur ou basilique Saint-Sernin. La tradition veut que les saintes Puelles aient enterré l'évêque à l'emplacement de la future église Notre-Dame du Taur, mais elle ne semble pas remonter au-delà du XVe siècle. De plus, les fouilles menées dans cette église en 1969-1970 n'ont révélé aucune trace de sanctuaire paléochrétien[7].

La crypte, sous le sol de laquelle se trouvent les restes de l'abside de la deuxième basilique.

Le récit de la Passion de saint Saturnin affirme ensuite qu'une nécropole se serait développé autour du premier sanctuaire, poussant les successeurs d'Hilaire, l'évêque Silve, puis l'évêque Exupère, à construire un sanctuaire plus grand[N 2],[4]. Si l'évêque Silve n'est connu que par le texte de la Passion de saint Saturnin, on sait qu'il était le prédécesseur d'Exupère, connu par d'autres sources et en poste au moins à partir de 405[8]. La datation de cette construction est liée aux débats théologiques qui opposent à la même époque le prêtre Vigilance, qui serait originaire de Calagurris des Convènes, et saint Jérôme. En 404, deux prêtres demandent à Jérôme d'intervenir pour combattre les idées de Vigilance, hostile à la vie monastique, au célibat des prêtres et des diacres, et surtout au développement du culte des martyrs – cette critique semble liée au succès du culte qui entoure la sépulture de Saturnin. En 406, Jérôme répond à Vigilance par son Liber contra Vigilantium, où il défend le culte des martyrs et attaque personnellement Vigilance[9],[8]. Ce débat qui trouble les communautés chrétiennes du sud de la Gaule expliquerait peut-être les précautions prises par l'évêque Exupère[N 3].

C'est sans doute à l'occasion de la cérémonie de translation organisée par Exupère (et commémorée ensuite tous les 1er novembre) que le corps de Saturnin est « renfermé dans un tombeau de marbre, à côté des corps d'autres saints, dans la terre »[N 4],[10], probablement pour éviter « qu'à l'avenir les ossements du benoit saint ne fussent confondus avec les autres »[11]. Il ne reste de ce sanctuaire qu'un pilier de marbre gris, replacé au centre de la salle principale des cryptes inférieures, ainsi que le bas du mur de l'abside, découvert lors des travaux de restauration des cryptes en 1969. C'est un mur semi-circulaire de 7,40 m de diamètre, d'une épaisseur de 70 cm et conservé sur une hauteur de 60 cm, peut-être « la paroi orientale d'un transept ou de la nef de la basilique »[12].

La nécropole paléochrétienne[modifier | modifier le code]

Un four à chaux découvert dans le sous-sol du musée Saint-Raymond.
Le sarcophage paléochrétien du « comte de l'An mil ».

Les terrains au nord de la Porterie (la porte nord de la Toulouse romaine, emplacement de l'actuelle place du Capitole) servaient de nécropole depuis le premier siècle de notre ère[13]. Le tombeau de Saturnin favorise à fin du IVe siècle la constitution d'une nécropole spécifiquement chrétienne, très dense sur le côté sud du sanctuaire et s'étendant sous une bonne partie du quartier de l'actuelle rue du Taur. La fouille la plus aboutie jusqu'ici a eu lieu en 1994-1996 dans le sous-sol du musée Saint-Raymond, où ont été découverts de grands sarcophages de marbre des IVe et Ve siècles. Les inhumations cessent dans cette zone au début du VIIe siècle, époque où a pu être creusé le grand fossé ovale autour de la basilique qui délimite ensuite le territoire de l'abbaye.

Les quatre sarcophages utilisés aux Xe et XIe siècles pour abriter les restes de plusieurs membres de la famille comtale et qui ont été finalement placés au XIIIe siècle dans l'enfeu des comtes de Toulouse, sont sans doute issus de cette nécropole paléochrétienne et typiques des « sarcophages d'Aquitaine » : des sarcophages en marbre, richement décorés, dont le principal atelier de production se situait peut-être dans les limites de la nécropole. Depuis le Ier siècle, Toulouse était en effet régulièrement alimentée par la Garonne en marbres des Pyrénées. Un four à chaux de la fin du IVe siècle, fouillé en 1995 dans le sous-sol du musée Saint-Raymond, abandonné brutalement avec son dernier chargement de marbre au cours du Ve siècle, aurait pu faire partie de cet atelier, représentatif du développement de la nécropole au temps des évêques Silve et Exupère[13].

Les « siècles obscurs » (Ve et XIe siècles)[modifier | modifier le code]

On ne sait « pratiquement rien » de la basilique entre sa construction au début du Ve siècle et le XIe siècle[14]. C'est pourtant à cette époque que se constitue autour du sanctuaire une communauté de religieux qui suivent la règle de saint Augustin. Elle a déjà, au IXe siècle, une certaine importance. En 844, le « monastère de saint Saturnin martyr » est l'une des trois églises toulousaines (avec la cathédrale et La Daurade) à bénéficier du privilège de l'immunité, confirmé par le roi des Francs Charles le Chauve, qui séjourne dans la ville lors de la guerre qu'il mène contre son neveu Pépin II d'Aquitaine[15]. L'église et son monastère sont entourés d'un fossé qui délimite le territoire du saint et l'enclos du monastère, qui est cependant isolé de la cité de Toulouse, au milieu d'un paysage qui reste profondément rural. Des analyses de pollens menées en 1996 sur le mortier utilisé lors de l'inhumation du « comte de l'An Mil » témoignent d'« un environnement de type péri-urbain », caractérisé par « un paysage déboisé avec des bosquets de chênes à feuillage caduc et de noisetiers, comportant un peu de chêne vert, de châtaignier et de frêne », des noyers et de la vigne, des prairies, des champs de céréales[16].

Construction de la basilique romane (XIe et XIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Le lancement du chantier et le conflit avec l'évêque Isarn[modifier | modifier le code]

Durand de Bredon, abbé de Moissac et évêque de Toulouse (pilier du cloitre de Moissac).

Vers 1030, l'évêque de Toulouse Pierre Roger décide « de retenir une part des dons faits à Saint-Sernin » en prévision des travaux de reconstruction du sanctuaire paléochrétien[17]. Celui-ci est sans doute devenu trop petit pour le nombre de plus en plus important de fidèles et de pèlerins. Le Cartulaire de Saint-Sernin, transcrit entre 1167 et 1185, permet de constater l'accroissement des ressources du chapitre canonial de Saint-Sernin, qui acquiert entre la fin du Xe siècle et la première moitié du XIe siècle des propriétés et des droits nombreux au nord de Toulouse et au sud, en limite du comté de Foix. Le tiers central du XIe siècle (sans doute consacré à l'accumulation de réserves pour la reconstruction) est beaucoup plus calme avant un apogée dans les années 1080-1125, lorsque le chantier est lancé[18].

Mais les tensions entre le chapitre de Saint-Sernin et l'évêque de Toulouse, soutenu par le comte et l'abbé de Moissac, deviennent extrêmement vives dans les années 1070 et 1080, sans doute attisées par le lancement effectif du chantier entre 1071 et 1076. Entre 1059 et 1071 déjà, l'évêque Durand de Bredon, est un ancien moine clunisien, abbé de Moissac depuis 1048. En 1073, le nouvel évêque Isarn, qui avait été prieur de Saint-Sernin, décide de la réforme des chapitres de Saint-Étienne et de Saint-Sernin, mesure caractéristique de la réforme grégorienne. La réforme est difficile et, comme à Saint-Étienne, Isarn doit, pour l'imposer à des chanoines réticents, invoquer les plus hautes autorités : le comte de Toulouse Guilhem IV, l'abbé de Cluny Hugues le Grand, l'abbé de Moissac Hunauld de Béarn. S'il parvient à imposer ses vues aux chanoines de Saint-Étienne, placés directement sous son autorité, ceux de Saint-Sernin en appelent directement au pape Grégoire VII. Celui-ci confirme entre 1079 et 1083 l'indépendance de l'abbaye, placée sous la protection directe de la papauté.

La réaction d'Isarn est violente : en 1083, avec l'appui du comte Guilhem IV, il expulse les chanoines, remplacés par des moines de Moissac, et met la main sur le temporel de l'abbaye, ainsi que sur le chantier de construction[19]. Les chanoines font intervenir Grégoire VII, qui les réintègre dans leurs droits et possessions. Le , le comte Guilhem IV « se repent solennellement de son sacrilège, s'engage à ne plus attaquer Saint-Sernin, garantit la liberté des chanoines et leur temporel »[20].

Les travaux de la fin du XIe siècle : le chevet et le transept[modifier | modifier le code]

La construction commence par le chevet, le transept et les premières travées de la nef. Elle enserre progressivement la basilique antérieure afin qu'il n'y ait pas d'interruption du culte et que les pèlerins puissent continuer à accéder au tombeau. Quitterie Cazes[21] distingue 6 étapes qui auraient pu précéder la consécration de 1096. Elles se distinguent par "la nature des matériaux utilisés et la façon dont ils sont agencés" plus que par des changements de style puisque le plan et l'élévation de tout l'édifice ont été conçus dès avant le lancement du chantier et qu'ils seront très exceptionnellement respectés jusqu'au quasi achèvement de la basilique à la fin du XIIIe siècle.

1. La construction commence par les "murs extérieurs du chevet", "les chapelles du déambulatoire et toute la périphérie du transept, absidioles comprises". Matériaux utilisés : la pierre pour les contreforts et encadrements de fenêtres, la brique pour les maçonneries intermédiaires. Cette étape laisse intacte la basilique antérieure.

Le croisillon sud du transept.

2. Un "petit décrochement dans la maçonnerie" (visible entre les fenêtres et les oculi au sud du déambulatoire) marque le début de la deuxième étape de construction. Elle permet le voûtement des chapelles basses et du déambulatoire, la mise en place du chœur avec le rond-point enserrant l'ancienne abside, transformée en crypte semi-enterrée. Les 9 baies du soubassement en briques de ce nouveau rond-point étaient alors ouvertes et une petite ouverture carrée (la fenestella) permettait aux pèlerins d'apercevoir le sarcophage du saint. La construction des premiers piliers intérieurs impose la destruction du reste de l'ancienne basilique. La disposition des pierres est moins régulière et apparaissent quelques signes lapidaires. On est peut-être aux alentours de 1083, lorsque la prise de possession d'Isarn signale que le tombeau a des clés et qu'une chapelle fonctionne.

3. Un nouveau "petit décrochement de maçonnerie" sous les fenêtres des tribunes correspondant à un réalignement des aplombs marque le début de la troisième étape. Les collatéraux du transept sont voûtés (nettement plus sûrement que le déambulatoire) ainsi que les premières travées de la nef et on élève le niveau d'arcades dans l'abside. La pierre est utilisée de façon plus mesurée au profit de la brique qui est désormais aussi employée à parité dans les encadrements, les contreforts et les supports. Les signes lapidaires sont plus fréquents.

4. C'est une étape intermédiaire. Les tribunes du chœur et du transept sont mises en place, on construit la partie supérieure de l'abside majeure avec des fenêtres hautes beaucoup plus richement ornées que celles de la partie basse. Les matériaux sont très hétérogènes mais on utilise beaucoup de pierres. Les signes lapidaires se font plus discrets.

5. Les tribunes du transept sont ensuite construites en deux temps : plusieurs travées avec beaucoup de pierres, le reste d'une façon homogène en alternant régulièrement calcaire mollassique et briques.

6. Pour disposer d'une basilique à peu près fonctionnelle (mais encore sans véritable nef), ne reste plus qu'à voûter les parties hautes et bâtir la coupole de la croisée, qui permet de mettre en place la souche carrée du clocher et son premier niveau de baies. C'est à ce moment qu'a pu avoir lieu la consécration de 1096.

La consécration en 1096[modifier | modifier le code]

Le pape Urbain II consacrant l'église Saint-Sernin, par Antoine Rivalz (1715, musée des Augustins).

La consécration de l'église abbatiale intervient lors du voyage du pape Urbain II dans le royaume de France en 1095-1096, alors qu'il prêche la première croisade. Il reçoit alors l'appui de l'évêque du Puy Adhémar de Monteil et du comte de Toulouse Raimond de Saint-Gilles. Urbain II se rend à Clermont où se tient le concile où il appelle les seigneurs à se croiser pour prendre Jérusalem aux Turcs seldjoukides. Il parcourt ensuite l'ouest de la France avant de redescendre vers Toulouse où il consacre la nouvelle église et son autel « l'année mille quatre-vingt-seizième du Seigneur, le neuvième des calendes de juin [le ] ». Il est accompagné de Raimond de Saint-Gilles et assisté des archevêques de Tolède, de Bordeaux, de Pise et de Reggio de Calabre, des évêques d'Albano Laziale et de Pampelune et de dix autres évêques. Il consacre « l'église du saint martyr Saturnin, évêque de Toulouse, et l'autel en l'honneur du même martyr très glorieux et du saint martyr Assiscle » et dépose « dans le même autel une très grande partie du chef du très glorieux Saturnin et des reliques du saint martyr Assiscle et d'autres saints et des reliques du saint confesseur Exupère, évêque de Toulouse »[22],[23].

C'est à cette occasion qu'est installé l'autel sculpté par Bernard Gilduin, sans doute au-dessus du tombeau du saint, dans l'abside majeure[24]. Les reliefs du Christ en majesté, du chérubin et du séraphin, aujourd'hui placés dans et autour de la fenêtre axiale murée de la crypte supérieure, pourraient avoir été antérieurement montées en retable et être la magestat de peyra am dos angels de peyra (« majesté de pierre avec deux anges de pierre ») mentionnée en 1467 dans le mur externe du déambulatoire sud[25].

La consécration et le passage d'Urbain II sont aussi l'occasion pour les chanoines de marquer quelques points dans leur longue lutte contre le parti du comte et de l'évêque. Ils obtiennent ainsi le retour de l'église Saint-Pierre de Blagnac en leur possession, alors qu'elle avait été donnée à abbaye de Moissac par le comte en 1070-1071[26] et la confirmation par de leurs « droits, possessions, revenus et statuts »[27]. L'année suivante, l'absence du comte Raimond de Saint-Gilles, parti pour la première croisade, est l'occasion pour les chanoines de Saint-Sernin de manifester une fois de plus leur indépendance et leur opposition au parti du comte et de l'évêque, puisqu'ils rejoignent le camp du duc d'Aquitaine Guillaume IX, qui occupe Toulouse en 1097 au nom des droits de sa femme, Philippa[26].

La mise en place de la nef au début du XIIe siècle[modifier | modifier le code]

Guillaume IX d'Aquitaine, troubadour et protecteur des chanoines de Saint-Sernin.

Le démarrage du chantier a été très rapide : environ 25 années ont suffi pour bâtir une église utilisable pour les cérémonies et les pèlerinages. La construction continue ensuite à un bon rythme dans les deux premières décennies du XIIe siècle, sans doute favorisée par la protection de Guillaume IX qui tient la ville de 1097 à 1100 et de 1108 à 1119. Deux étapes sont alors discernables[28].

7. L'église prend toute son extension avec l'élevation du mur périphérique de la nef et du massif occidental jusqu'au-dessus des fenêtres. On met en place l'avant-corps de la porte Miègeville et un puits est creusé dans le collatéral majeur nord. Les espaces du massif occidental sont alors largement ouverts et le sol est 60 cm plus haut qu'aujourd'hui. Le sol extérieur étant alors environ 2 mètres plus bas, une volée de marches devait mener à l'entrée de ce côté-là. Les matériaux sont très homogènes : calcaire mollassique et briques. On entame le deuxième étage du clocher.

8. C'est alors que l'on commence à voûter la nef et ses tribunes, en commençant par les deux travées les plus orientales. Le deuxième étage du clocher est achevé.

L'achèvement provisoire aux XIIe et XIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Le rythme des travaux ralentit notablement après les deux premières décennies du XIIe siècle. On ne sait s'il s'agit d'un manque de ressources (les premières phases de travaux ont dû être coûteuses, les comtes - peu favorables à Saint-Sernin[29] - sont revenus, le catholicisme est de plus en plus concurrencé par le catharisme), de main d'œuvre (les chantiers se multiplient dans la ville) ou simplement le choix des chanoines de privilégier la décoration intérieure de leur église (l'essentiel des peintures date du XIIe siècle) et la construction des bâtiments annexes comme le cloitre. Deux dernières étapes de construction peuvent encore être distinguées, l'une au XIIe siècle, l'autre au XIIIe[30].

9. Signe que les temps changent, la brique devient prédominante dans la construction (mais on conserve l'alternance de blocs de calcaire et de briques dans la nef centrale). Les collatéraux sont voûtés, les deux espaces latéraux du massif occidental (la sacristie et la chapelle Saint-Pierre) couverts. Les solutions architecturales semblent improvisées, témoignage possible des incertitudes causées par le changement de style à l'œuvre (les premières croisées d'ogives apparaissent dans la région autour de 1180). Trois des chapitaux de la sacristie semblent même être des "pastiches d'œuvres romanes" pour préserver l'unité de style. On bâtit le troisième étage du clocher.

10. "La brique règne désormais sans partage" (même dans les encadrements de fenêtres). Le reste des collatéraux et des tribunes est peu à peu voûté et couvert, en finissant par la nef vers 1250-60 et au-delà. Dans le massif occidental, on élève en partie la tour sud, la grande rose au centre et, au-dessus, une croisée d'ogives destinée à être surmontée d'un autre clocher au milieu de la façade ouest. Les chapitaux, le voûtement sont donc ici de style contemporain, peut-être "parce qu'on est dans un espace qui n'est plus celui de la nef". Mais l'ensemble de ce côté reste totalement inachevé. Les deux derniers étages du clocher ont dû être bâtis au début de cette période et innovent avec leurs "arcs en mitre" qui vont ensuite se répandre dans la région.

Le réaménagement de la crypte. C'est à partir de 1258 que l'ensemble de la crypte est réaménagé : un grand baldaquin de pierre, de style gothique, sorte de tour hexagonale s'élevant haut dans l'abside, abrite désormais le sarcophage de Saint Saturnin. Ce sarcophage est inséré en 1283 dans une "grande châsse en forme d'église"[31]. Dans les années 1280, on creuse sous les travées du chœur la crypte inférieure pour pouvoir abriter les nombreuses reliques qui sont venues enrichir le trésor de l'abbaye. C'est peut-être à cette occasion que l'on doit renforcer les quatre piliers de la croisée du transept, affaiblis par cette excavation.

Travaux postérieurs entre les XIVe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

L'arrivée des ordres mendiants en ville au XIIIe siècle (dominicains, franciscains, carmes, augustins) et la construction de leurs grandioses églises a dû limiter quelque peu les ressources dont disposaient les chanoines de Saint-Sernin. D'autant plus que, privée de ses comtes, Toulouse vit à partir du XIVe siècle, une période très difficile où crise politique (début de la guerre de Cent Ans), économique et démographique (peste noire) se conjuguent. La plupart des grands chantiers de construction ecclésiastiques s'arrêtent et les travaux ne reprennent dans l'église Saint-Sernin qu'à l'occasion de nécessités criantes ou de ressources inespérées.

Le clocher, avec sa balustrade et sa flèche, est achevé au cours du XIVe siècle. La flèche, elle, a connu plusieurs versions dès le XIIIe siècle.

À l'intérieur, une importante campagne de peinture permet de recouvrir le chœur et la première partie de la nef, dévolue aux chanoines, d'un décor de pierres colorées, semblable à celui qu'on trouve à la même époque dans l'église des Jacobins. Les écus armoriés peints sur les voûtes des premières travées de la nef sont ceux des papes et des cardinaux avignonnais des années 1330 : les papes Jean XXII et Benoit XII, et les cardinaux Jean-Raimond de Comminges et Pierre Roger. Ils auraient pu être réalisés vers 1339 par l'abbé de Saint-Sernin Hugues Roger, parent du cardinal Pierre Roger après la réforme des chanoines réguliers de 1339[32].

Période moderne[modifier | modifier le code]

L'économie toulousaine redémarre à partir des années 1450, poussée par les débuts du pastel, la fin de la Guerre de Cent Ans et l'établissement d'un parlement permanent. Mais Saint-Sernin végète. On ne peut mentionner qu'une nouvelle flèche en 1449[33]. En 1463, la ville de Toulouse subit un grand incendie. À cette occasion, le roi Louis XI octroie à l'abbaye une rente annuelle de 100 livres tournois afin de soutenir sa restauration[34].

Le siècle du pastel et l'enrichissement soudain de la ville font sentir leurs effets, mais aussi la prise en charge de l'entretien et des travaux par la Confrérie des Corps Saints à la fin des années 1520. Pavement et toitures sont restaurés à partir de 1535 puis on s'attaque au massif occidental, toujours pas terminé, à partir de 1541. Une sacristie est aménagée dans la salle haute de la tour nord et la dernière travée des tribunes de ce côté est reconstruite pour créer deux salles particulières. Le beffroi est totalement reconstruit dans les années 1550. Beaucoup de peintures sont refaites et "un enduit blanc à faux appareil de pierre revêt la majeure partie des murs"[35]. Antoine Olivier et Bernard Nalot signent le bail à besogne pour peindre la voûte et les murs du chœur en 1536. Les travaux sont terminés en 1542 par Bernard Nalot seul après la mort accidentelle d'Antoine Olivier.

Le déclenchement des Guerres de religion, particulièrement violent à Toulouse avec les terribles journées de la "Délivrance" en 1562 (au cours desquelles Saint-Sernin est assiégée plusieurs jours par les forces protestantes), force à quelques travaux défensifs : petites galeries de briques au-dessus des trois portes en 1562, galerie de bois avec artillerie le long de la tribune sud de la nef en 1567.

Au XVIIe siècle, une partie des reliques est sortie de la crypte et exposée dans de nouvelles châsses. Placées dans des armoires dorées, elles composent le "Tour des Corps Saints" le long du déambulatoire.

Au XVIIIe siècle, l'intérieur est mis au goût du jour avec de nouvelles stalles, un orgue, un jubé, de nouvelles décorations... Le baldaquin gothique de l'abside est détruit et remplacé par le nouveau dispositif de Marc Arcis.

Destructions et restaurations du XIXe au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Les bouleversements de la Révolution française et de l'Empire[modifier | modifier le code]

La Révolution française apporte de profonds bouleversements. En 1790, la communauté de chanoines est dispersée. Les riches possessions deviennent biens nationaux. L'église Saint-Sernin elle-même devient église paroissiale et échappe à la vente des biens nationaux, mais pas les autres bâtiments de l'abbaye qui sont vendus.

Entre 1804 et 1808, sous le Premier Empire, les bâtiments de l'abbaye sont détruits pour permettre l'aménagement d'une vaste place circulaire autour de l'église. En 1811, le précieux Évangéliaire de Charlemagne, qui avait été déposé en 1793 au musée du Midi de la République, est offert par par le maire de Toulouse, Guillaume de Bellegarde, à l'empereur Napoléon Ier, à l'occasion du baptême du roi de Rome.

Redécouverte et restauration de la basilique entre les XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

En 1838, Prosper Mérimée obtient le classement de l'église comme monument historique. Des travaux de restauration, contestés par Mérimée, sont effectués par Urbain Vitry (piliers nord de la nef, portails) de 1836 à 1845.

En 1845, Eugène Viollet-le-Duc, sur recommandation de Mérimée, est chargé d'une restauration générale. Les travaux commencent en 1860 après une campagne très contestée de restauration des cryptes sous la direction d'Alexandre du Mège. Secondé par Jacques-Jean Esquié (architecte départemental et auteur à Toulouse de l'hôpital Marchand et de la prison Saint-Michel). Les toitures sont entièrement refaites et modifiées avec création de couvertures distinctes pour la nef et les collatéraux séparées par un mur de comble. La corniche qui ornait l'extérieur du chevet est étendue à tout l'édifice.

En 1872, les travaux sont engagés à l'intérieur même de l'édifice. Eugène Viollet-le-Duc dépose le "Tour des Corps Saints" et refait une partie des décorations. Il meurt cependant avant d'avoir pu s'attaquer au massif occidental, qui n'est achevé qu'en 1929.

Restauration et « dérestauration » dans la deuxième moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La restauration du clocher, vue par André Cros (1969, archives municipales).

Des travaux généraux de restauration commencent en 1967, qui reviennent sur une grande partie des interventions de Viollet-le-Duc : d'abord le clocher dont la balustrade menaçait ruine puis, de 1970 à 1978, le décapage des enduits intérieurs qui permettent de retrouver les peintures médiévales. Les cryptes sont "dérestaurées" et le "tour des Corps Saints" rétabli dans le déambulatoire. Finalement, entre 1980 et 1990, le mauvais état des corniches force à intervenir sur les toitures qui sont rétablies dans leur configuration antérieure au XIXe siècle. En 1989, des travaux sont entrepris sur les mirandes qui se trouvent sous la toiture de la nef et du transept. Les travaux doivent les « dérestaurer », c'est-à-dire détruire les ouvertures en losanges dessinées par Viollet-le-Duc pour rétablir les formes romanes originales, avec un arc en plein cintre. Cette « dérestauration » provoque une protestation d'associations du quartier Arnaud-Bernard, avec occupation du parvis, déploiement de banderoles et pétitions recueillant des milliers de signatures. Malgré le soutien du maire de Toulouse aux frondeurs, les travaux reprennent à l'été 1990[36].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2018 et 2019, des travaux d'aménagement ont lieu autour de la basilique Saint-Sernin : sur la place, les parkings laissent place à une zone piétonne[37],[38],[39].

Description[modifier | modifier le code]

Structure et dimensions[modifier | modifier le code]

Comme la majorité des églises construites au Moyen Âge, la basilique est orientée d'est en ouest. L'extérieur est massif et dominé par le clocher octogonal pointant à 65 mètres de haut. Elle est organisée autour d'un transept assez imposant long de 65 mètres dont chaque bras possède deux absidioles orientées.

Elle est construite en brique de Toulouse et en pierre blanche ou légèrement verdâtre. La pierre blanche est du calcaire, extrait de carrières de la haute vallée de la Garonne, comme Boussens. La pierre verdâtre est une marne, extraite directement des rives de la Garonne.

Plan de la basilique Saint-Sernin.
  1. Porte des Comtes
  2. Enfeu des Comtes
  3. Ancien portail de l'abbaye
  4. Porte Miégeville
  5. Portail occidental
  6. Emplacement de l'ancien cloître
  7. Chapelle Saint-Pierre
  8. Sacristie
  9. Chapelle du Crucifix
  10. Chapelle des Âmes du purgatoire
  11. Chapelle de l'Immaculée Conception
  12. Chapelle Saint-Georges
  13. Chapelle Saint-Esprit
  14. Chapelle Saint-Martial, Saint-Cyr et Sainte-Julitte
  15. Chapelle Saint-Sylve
  16. Chapelle de la Vierge
  17. Chapelle Sainte-Germaine
  18. Maître-autel
  19. Peinture romane : Noli me tangere
  20. Cycle de la Résurrection
  21. Peinture représentant saint Augustin
  22. Restes de peintures : la Crucifixion

Extérieur[modifier | modifier le code]

Chevet[modifier | modifier le code]

Clocher[modifier | modifier le code]

Juste au-dessus de la croisée du transept, où se trouve le maître-autel, se dresse un clocher de 65 mètres de haut et de forme octogonale. Il est constitué de 5 niveaux :

  • le niveau le plus bas est au niveau de la coupole et est constitué sur chaque face de deux baies aveugles couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants, correspondant au beffroi, en léger retrait par rapport au précédent sont constitués de deux baies sur chaque face, également couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants ont été bâtis dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Ils se caractérisent sur chaque face par deux fenêtres couvertes d'arcs en mitre ;
  • enfin, en 1478, une flèche fut construite en maçonnerie pour porter un globe terminal couronné par une croix ;
  • le clocher abrite un carillon composé de 18 cloches au clavier et 6 au banc du sonneur[40].

En 1862, le peintre Léon Soulié se suicida en se précipitant du clocher.

Porte des Comtes[modifier | modifier le code]

Enfeu des comtes de Toulouse[modifier | modifier le code]

Porte Miègeville[modifier | modifier le code]

La porte Miègeville de Saint-Sernin marque une étape importante de l’évolution des portails romans. Elle est en effet le plus ancien portail à linteau et tympan historiés attesté en France.

Massif occidental[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

Nef[modifier | modifier le code]

La nef est longue de 115 mètres. Elle est composée de cinq vaisseaux et son vaisseau principal est large de 8 mètres. La nef présente des tribunes sur les collatéraux. La hauteur de la voûte en plein cintre est de 21 mètres. Elle couvre la nef et le transept grâce à des contrebutées latérales constituées de voûtes en quart-de-cercle disposées au-dessus des tribunes. La croisée du transept est surmontée d'une coupole sur trompes juste en dessous du clocher. Les piliers centraux ont été de nombreuses fois renforcés pour soutenir le clocher, qui a été surélevé à plusieurs reprises au cours des siècles. Ce renforcement casse légèrement les perspectives de la nef et du chevet.

La chaire et les lustres forment un ensemble dessiné par Eugène Viollet-le-Duc et réalisé par Eugène Emmanuel sont classés aux titre des monuments historiques[41].

Collatéral nord[modifier | modifier le code]

Il se caractérise par une série de bustes et reliquaires dédiés à saint Benoît Labre, sainte Agathe, saint Grégoire le Grand, saint Phébade, saint Louis de Toulouse et saint Vincent de Paul. Cette série de buste est suivie d'une niche où l'on trouve une statue de saint Roch

Collatéral Sud[modifier | modifier le code]

Expose un buste[42] de Jean-Paul II bénit et inauguré par Monseigneur le GallArchevêque de Toulouse, le . L'œuvre commandée au Sculpteur Sébastien Langloÿs témoigne de la volonté constante de la paroisse d'être un lieu d'accueil de l'art, depuis le Moyen Âge à nos jours. Cet intérêt pour l'art est démontré notamment par l'activité intense des concerts organisés dans la basilique, notamment grâce à la qualité exceptionnelle des orgues qu'elle abrite.

Contre-façade[modifier | modifier le code]

La communion de Marie

Côté nord, un tableau de Jean-Pierre Rivalz ː Huile sur toile classée au monuments historiques [43]

Les orgues

Louis Vierne: Allegro, 2e symphonie
Jean-Baptiste Dupont
Max Reger: extrait de l'introduction, passacaille et fuge op 127
Jean-Baptiste Dupont

Les grandes orgues de la basilique Saint-Sernin ont été achevées en 1889 par la maison Aristide Cavaillé-Coll. Deux œuvres du sculpteur Antoine-Joseph Salamon, le roi David et sainte Cécile, réalisées en 1845, sont réutilisées pour coiffer les tourelles de l'orgue[44]. Inauguré le par Alexandre Guilmant, l'instrument compte cinquante-quatre jeux répartis sur trois claviers et un pédalier (soit exactement 3 458 tuyaux). De nombreux tuyaux proviennent de l'orgue précédent, construit par Daublaine et Callinet.

De 1992 à 1996, il est restauré par les facteurs d'orgue Jean-Loup Boisseau, Bertrand Cattiaux et Patrice Bellet. Le titulaire (1996-…) de l'instrument est Michel Bouvard.

I Grand-Orgue
Montre 16′
Bourdon 16′
Montre 8′
Flûte harmonique 8′
Gambe 8′
Bourdon 8′
Salicional 8′
Prestant 4′
Flûte octaviante 4′
Quinte 22/3
Doublette 2′
Fourniture V
Cymbale IV
Cornet V
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Clairon-doublette 2′
Trompette-en-chamade 8′
Clairon-en-chamade 4′
II Positif
Montre 8′
Cor de nuit 8′
Salicional 8′
Unda maris 8′
Prestant 4′
Flûte douce 4′
Carillon III
Trompette 8′
Basson-Hautbois 8′
Clairon 4′
III Récit expressif
Quintaton 16′
Diapason 8′
Flûte harmonique 8′
Viole de Gambe 8′
Voix céleste 8′
Flûte octaviante 4′
Octavin 2′
Cornet V 8′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Basson-Hautbois 8′
Clarinette 8′
Voix humaine 8′
Clairon harmonique 4′
Pédale
Principalbasse 32′
Contrebasse 16′
Soubasse 16′
Grosse Flûte 8′
Violoncelle 8′
Flûte 4′
Contre Bombarde 32′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Fresque de la Résurrection

Transept[modifier | modifier le code]

Le transept de la basilique s'étend de la porte des Comtes aux chapelles du Sacré-Cœur et de Saint-Exupère, anciennement porte royale ouverte sur le monastère, au nord de l'église.

En face de la porte des comtes se trouvent, sur un des piliers, des pieds de Saint-Christophe sculptés et, sur la face orientale du transept Sud, les chapelles de Sainte-Germaine et de la Vierge Marie.

Partie nord du transept[modifier | modifier le code]

Dans la partie nord du transept se trouvent, à l'ouest, plusieurs fresques médiévales datant de 1180. Ces peintures murales furent recouvertes au XVIIe siècle puis au XIXe siècle sous des couches de badigeon blanc

  • Une représentation du cycle de la résurrection de Jésus . C'est en 1972 que fut découverte la peinture la plus spectaculaire, dite du « cycle de la Résurrection ». Le décor se développe sur toute la hauteur du mur en cinq registres[45]. Second registreː Les saintes femmes sont accueillies par un ange qui leur désigne le tombeau vide. Troisième registre : deux prophètes prosternés sont en adoration devant le Christ en majesté.
  • Devant le cycle au plafond ː le Christ représente comme l’Agneau de Dieu immolé et victorieux.

Dans la partie à l'Est la chapelle du Crucifix

  • Une fresque de L'Agnus Dei au plafond, devant la chapelle du crucifix.
  • Le Christ du comte Raymond IV ː Christ en Croix dit Christ du comte Raymond IV qui l'aurait ramené d'orient. Statue en bois recouverte de plaques de cuivre doré estampé ornée de pierre et d'émaux, l'ensemble daté du XIIe siècle, restauré en 1838. En face de cette chapelle, au plafond, un agneau pascal supporté par huit anges ainsi que la chapelle des âmes du purgatoire.

Partie sud du transept[modifier | modifier le code]

  • La chapelle des fonts baptismaux.
  • Monument aux morts de la paroisse de Saint-Sernin inscrit au titre des monuments historiques [46]?

Croisée du transept : Maître-autel, tombeau de Saint-Saturnin et chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur, est orné, à chaque côté par les statues de Saint Exupère et de Saint Sylve. Il abrite le tombeau de Saint-Saturnin : un baldaquin de style baroque dans lequel se trouve une statue à la gloire du Saint, sa sépulture, ainsi qu'une représentation de son supplice dans un bas-relief de plomb doré . Ce tombeau, auquel participa notamment le sculpteur Marc Arcis a été réalisé entre 1718 et 1759[S 1].

Déambulatoire[modifier | modifier le code]

Le transept est suivi d'un chevet à déambulatoire à chapelles rayonnantes. Ces chapelles sont le lieu d'exposition des reliquaires de l'abbaye. Entre les chapelles des armoires à reliquaire sont disposées.

  • Dans sa partie interne le déambulatoire est décoré de sept bas-reliefs en marbre encastrés dans le mur, avec au centre un Christ en majesté encadré par un chérubins, un séraphin, deux apôtres et deux anges. Ils sont l'œuvre de Bernard Gilduin l'ensemble est classé au titre des monuments historique [47].
  • Au plafond un Ex-voto en bois datant de 1528, offerte par les capitouls après une épidémie de peste qui avait touchée la cité. Il est formée d'une maquette de a basilique saint Sernin et du donjon de la maison de ville (Actuel Donjon du Capitole). Au-dessous les armes de la ville ont été peintes. Classé au titre des monuments historique [48].
  • L'armoire contenant la châsse de Saint-hilaire de Toulouse (3e évêque de Toulouse)
  • L'armoire contenant la châsse de sainte Victoire et saint Aciscle de Cordoue, ramener d'Espagne et donné à la basilique par Charlemagne.
  • L'armoire contenant la châsse de Saint-Gilbert.

Les objets précédent sont classés au titre des monuments historique[49]

Chapelle des âmes du purgatoire[modifier | modifier le code]

Chapelle de l'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]

Anciennement chapelle de Sainte Suzanne dans laquelle sont conservés le chef-reliquaire et la châsse de la sainte.

Chapelle Saint-Georges[modifier | modifier le code]

"…dont le corps repose sur ledit autel, dans une chasse d'argent, où il fut mis le ".

Chapelle Saint-Esprit[modifier | modifier le code]

La chapelle et l'autel sont consacrés au Saint-Esprit, sous l'invocation de Saint Exupère, Évêque de Toulouse, le corps duquel y repose dans une chasse de vermeil, qui fut donnée par messieurs les Capitouls de la même ville où il fut mis le [50].

Chapelle Saint-Martial, Saint-Cyr et Sainte-Juliette[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Sylve[modifier | modifier le code]

Évêque de Toulouse, fondateur avec Exupère de l'église Saint Sernin.

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Chapelle Sainte-Germaine[modifier | modifier le code]

Les cryptes et les reliques[modifier | modifier le code]

Sous l'abside se trouve une crypte. Le sol de l'abside est d'ailleurs surélevé par rapport au niveau du déambulatoire où s'ouvrent deux passages permettant d'accéder à la crypte. Ces deux passages étaient utilisés pour la circulation des pèlerins, l'un servant d'entrée et l'autre de sortie. Le déambulatoire est décoré d'éléments liturgiques baroques notamment de bustes reliquaireː Aciscle de Cordoue; Barthélemy (apôtre)

Buste reliquaire de Aciscle de Cordoue . Le déambulatoire permet de voir la chasse de Saint-Aciscle et de sa sœur Sainte-victoire, le buste reliquaire date de 1735, il est classé au titre des monuments historiques [51].

Les reliques de Saint Jacques le Majeur. La basilique Saint-Sernin conserverait depuis 1354 la tête et le corps de Saint Jacques-le-Majeur. Le , le corps de saint Jacques fut transféré dans une luxueuse arche en forme d'église, cadeau de Duc de Berry et de Jean de Cardaillac. Il était accompagné d'un buste reliquaire aussi remarquable. C'était les plus somptueux reliquaires avec celui de Saint-Sernin. Ces reliques provenaient de l'église Saint-Jacques qui était située près de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse et qui aurait été bâtie par Charlemagne pour y recevoir les reliques qu'il avait rapportées de Galice lors de son expédition contre les Sarrasins. Toutefois, ces reliques s'y seraient encore trouvées en 1490, selon la transcription en français de 1547 d'un procès-verbal établi par un certain Jean Badet pour vérifier l'authenticité des reliques de l'Apôtre Jacques. On interrogea des témoins sur l'origine historique, les signes de présence des reliques et leurs découverte. Les personnes rapportent qu'ils avaient entendu dire que Charlemagne avait rapporté ces reliques et qu'il avait fait construire l'église Saint-Jacques à Toulouse; "la teste" y avait été déposée sous un pilier "vers main droicte et aupres l'autel madame saincte Quiterie". L'empereur aurait fait peindre "la figure de la teste mons. saint Jacques ; et ...une coquille..."

Le reliquaire de la Sainte Épine La basilique possède depuis 1251 une épine prélevée sur la Sainte Couronne grâce au don d'Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis. Elle est conservée dans un reliquaire en bois puis placée au XVIe siècle dans un tube en cristal. Cette ampoule en or et en cristal est conservée depuis 1818 dans un reliquaire de la Sainte Épine en argent (petit temple, encadré par deux anges adolescents portant la lance et l'éponge, réalisé par l'orfèvrerie toulousain Samson en 1765) enfermé lui-même dans un second reliquaire octogonal en cuivre doré, travail de l'atelier d'orfèvre de Placide Poussielgue-Rusand en 1880[52].

Reliquaire de Saint Honorat de Toulouse. Le reliquaire est composé de plaques d'argent repoussée sur armature en bois datant de 1517, (65x102 cm)[53]. Honorat de Toulouse est un saint de l’Église catholique qui vécut aux IIe et IIIe siècles. Il est présenté comme disciple et successeur du premier évêque de Toulouse, Saturnin de Toulouse (Saint Sernin)[54]. Il y a dans a crypte un buste reliquaire pour ce personnage.

Le statut : sanctuaire, abbaye puis basilique mineure[modifier | modifier le code]

À partir de 1083, après une brève période d'obédience monastique sous l'autorité des abbés de Cluny et de Moissac, la basilique devint une collégiale, c'est-à-dire une église tenue par un collège de chanoines réguliers dirigés par un prévôt, puis par un abbé.

L'adoption de la vie canoniale régulière doit être distinguée de celle de la règle de saint Augustin, plus tardive.

Depuis l'époque carolingienne, la vie communautaire semble avoir été réglée par la règle de Chrodegang de Metz.

En 1070 et 1076 encore, la vie régulière n'est pas réglée par une seule règle précise, mais se résume au principe de l'habitat commun. Guillaume de Cahors décide ainsi de "vivre canoniquement [sous la dépendance de Saint-Sernin] en conformité avec les décrets des Pères, à savoir Augustin, Jérôme et les autres"[55].

En 1096, à l'occasion de la dédicace de l'abbatiale, Urbain précise les conditions de la vie régulière (mise en commun des biens, obligation de résidence, etc.), mais ne mentionne pas la nature de la règle, alors que le formulaire diplomatique de ses actes ne manque pas de le faire pour d'autres communautés.

Le , le pape Innocent II place la communauté sous la règle de saint Augustin[56].

En 1216, à la suite du concile de Latran IV, le pape Innocent III confirme les privilèges accordés par ses prédécesseurs et mentionne à nouveau la règle de saint Augustin.

Au cours du XIIIe siècle s'y ajoutèrent des "Statuts" encore inédits, connus par une copie tardive.

L'abbé de Saint-Sernin était à la tête d'un patrimoine immobilier considérable dans Toulouse et jusqu'au pied des Pyrénées qui le conduisit à de fréquents conflits avec l'évêque de Toulouse, dont la cathédrale Saint-Étienne, avait beaucoup moins de rayonnement que Saint-Sernin. La communauté s'agrandit et une abbaye fut construite autour de l'église.

À partir du milieu du XVe siècle, l'abbé régulier est remplacé par un abbé commendataire. Le , une bulle pontificale ordonne la sécularisation de l'abbaye qui abandonne la vie régulière.

Le chapitre canonial est supprimé à la Révolution et Saint-Sernin devient une « simple » église collégiale jusqu'en 1878, date à laquelle elle fut à nouveau consacrée et reçut le titre honorifique de basilique mineure par le pape Léon XIII.

Paroisse catholique[modifier | modifier le code]

La Basilique Saint-Sernin abrite la paroisse Saint-Sernin qui fait partie du Doyenné Centre-Ville du Diocèse de Toulouse. Elle propose les offices catholiques ou messes en semaine et le dimanche aux fidèles toulousains ou de passage ainsi que des Visites spirituelles offertes le week-end par des bénévoles formés par un historien M. Cazes, ancien Conservateur du Musée Saint-Raymond, et un théologien le Père Jean-François Galinier, archiviste au Diocèse. Un aperçu complet de la Paroisse, de la Basilique romane et des grandes Orgues est disponible sur le site www.basilique-saint-sernin.fr La Paroisse catholique accueille également encore aujourd'hui les pèlerins de Compostelle sur ce haut-lieu d'étape du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle pendant la saison, avec la recrudescence actuelle du pèlerinage. La solennité de Saint-Saturnin, premier évêque et martyre de Toulouse, est célébrée en grande pompe par la paroisse et le Doyenné du Centre-ville autour de la fête du Saint le dont les reliques sont portées en procession ce jour là. Aujourd'hui encore la Basilique Saint-Sernin accueille comme elle l'a toujours fait dans l'histoire de la chrétienté des adultes jeunes ou moins jeunes appelés catéchumènes, qui demandent le baptême catholique.

Tourisme et événements culturels[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Selon l'office de tourisme de la ville de Toulouse, la basilique Saint-Sernin aurait reçu la visite, en 2014, de 262 217 personnes, et, en 2015, 238 345 personnes. C'est le troisième site le plus visité de la ville, après la Cité de l'espace et le Muséum d'Histoire naturelle[57].

Selon l'office de tourisme de la région Occitanie, la basilique aurait reçu en 2019 la visite de pas moins de 754 800 personnes, ce qui en ferait le premier site toulousain en termes de fréquentation[58].

Événements culturels[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, la basilique Saint-Sernin accueille chaque année plusieurs concerts lors du festival international d'orgue de la ville, Toulouse les Orgues.

Disparition des bâtiments de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Après la Révolution et avec l'abandon des bâtiments de l'abbaye, il est décidé de dégager la basilique et de rendre accessibles son parvis et ses différentes portes. Ce projet sera mis à exécution au début du XIXe siècle. De 1804 à 1808, le cloître de l'ancienne abbaye fut démantelé et quelques chapiteaux furent conservés et exposés au musée des Augustins. Puis, par expropriation et rachats, les bâtiments et édifices sont détruits tout autour de l'église sous l'impulsion de Jacques-Pascal Virebent, architecte en chef de la ville, afin de former une place elliptique. Le musée Saint-Raymond, ancien collège du même nom, primitivement un hôpital géré par l'abbaye, est le seul ancien bâtiment subsistant du complexe abbatial.

Liste des prévôts, puis des abbés de Saint-Sernin[modifier | modifier le code]

Prévôts[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1117, l'abbaye n'est pas gouvernée par des abbés mais par des prévôts.

Abbés[modifier | modifier le code]

Selon la Gallia christiana, t. 13, col. 94, l'institution abbatiale daterait de 1117. Cependant, la liste de la Gallia christiana est fautive[59].

Un lieu de savoir[modifier | modifier le code]

La troisième travée d'une galerie de la basilique, au-dessus du collatéral extérieur nord de l’édifice, abrite deux cartes du ciel, peintes au XIIe siècle sans doute à des fins didactiques. La première carte, fort endommagée et difficilement lisible, permet de distinguer des cercles concentriques, des signes comme le vent, les nuages. Elle pourrait être une représentation du macrocosme et du microcosme montrant symboliquement l'interaction entre l'homme et l'univers[63].

La deuxième carte représente l'univers. La terre est divisée en trois continents : Europe, Afrique, Asie. Elle est au centre de l'univers figuré par douze cercles concentriques[64]. Cette représentation illustre la conception géocentrique héritée du modèle Ptoléméen. Elle avait sans doute pour but de faire comprendre la structure de l'univers et le mouvement des planètes et des étoiles, tels que communément admis avant Copernic[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Le corps du martyr demeura un certain temps sous un sol simplement recouvert d'herbe, certes sans honneur de quiconque, mais honoré de Dieu, jusqu'au moment où saint Hilaire, ordonné longtemps après évêque dans la ville de Toulouse, instruit de la fin de son prédécesseur et de son mérite, ayant fait creuser la terre jusqu'au cercueil de bois lui-même et craignant de déplacer les saintes reliques, fit diligemment construire par-dessus une voûte faite avec quantité de briques et même ajouter à un aussi grand lieu de prière une basilique vraiment toute petite, faite de matériaux ordinaires, en cachant bien le corps du martyr pour éviter que des hommes perfides, après l'avoir exhumé, ne le missent en pièces. »
  2. « Ensuite, le temps passant, comme les dépouilles d'un grand nombre de défunts étaient fidèlement apportées vers cette petite basilique, pour leur soulagement, à cause du martyr qui reposait là, et que tout cet endroit avait été rempli d'une multitude de corps ensevelis, saint Silve, promu à l'épiscopat de la susdite ville, faisant préparer à grands frais une belle et magnifique basilique pour y transférer les reliques du vénérable martyr, quitta ce monde avant l'achèvement de l'ouvrage commencé. Après sa disparition, saint Exupère, élu au suprême sacerdoce (...), fit très instamment achever la basilique que son prédécesseur avait fidèlement entreprise et il en fit heureusement la dédicace. »
  3. « Comme il hésitait à y transférer les reliques du saint martyr, non par manque de foi, mais par respect pour celui-ci, il fut averti pendant son sommeil de ne pas négliger infidèlement ce qu'il avait cru fidèlement : aucune injure n'était faite aux esprits ni par la réduction des cendres ni par le déplacement des membres, parce que c'était chose manifeste que ce qui avait été utile au salut des croyants était profitable à l'honneur des martyrs. Et aussitôt, fortifié par une telle vision, il soumit une requête aux religieux empereurs et obtint sans aucun retard ce qu'il avait si pieusement demandé : que les reliques du saint homme, transférées vers la basilique préparée avec grand zèle, ne fussent pas tant violées par une audace irréfléchie qu'honorées par la déférence de celui qui, avec un éclat particulier, leur témoigne du respect. »
  4. C'est l'historien dominicain Bernard Guy qui, en 1313-1316, rappelle le résultat des creusements effectués dans le sol de l'abside majeure de l'église le 6 septembre 1258 (découverte du tombeau de Saturnin) et le 3 octobre 1265 (découverte des tombeaux de quatre autres saints, les trois évêques Honoré, Silve et Hilaire, ainsi que Papoul, compagnon de Saturnin).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Duby et Jean-Luc Daval, La sculpture. De l'Antiquité au XXe siècle, éd. Taschen, 2010, p. 276.
  2. Notice no PA00094524, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Classement à l'UNESCO des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France, document d'évaluation de l'ICOMOS (lire en ligne).
  4. a et b Cabau 2001, p. 73.
  5. Cabau 1999, p. 123-162.
  6. Cazes 2008, p. 18-19.
  7. Pierre Gérard et Jean Rocacher, Aux origines de la paroisse du Taur de Toulouse, Éditions de L'Auta, Toulouse, 1993.
  8. a et b Cazes 2008, p. 20-21.
  9. Voir le texte original et la traduction de ce traité sur le site de Philippe Remacle.
  10. Patrice Cabau, « De saint Saturnin à Saint-Sernin », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, tome LXI, 2001, p. 249-250.
  11. Guillaume Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc, 1633.
  12. Cazes 2008, p. 23-24.
  13. a et b Cazes 2008, p. 25-43.
  14. Cazes 2008, p. 44.
  15. Gérard, 1999, p. .
  16. Éric Crubézy et Christine Dieulafait (dir.), Le comte de l'An Mil, coll. Suppléments Aquitania, no 8, Bordeaux, 1996, p. 73.
  17. Cazes 2008, p. 47-52.
  18. Gérard 1999, p. .
  19. Cabau 1998, p. 35-36.
  20. Cazes 2008, p. 48, et Gérard 1999, no 290.
  21. Tous les détails des chapitres relatifs à la construction et les citations non sourcées sont issus de l'étude très fouillée de Quitterie Cazes p. 53 à 103 de Saint-Sernin de Toulouse, op. cit.
  22. Cabau 1998, p. 29-66.
  23. Cazes 2008, p. 50.
  24. Cazes 2008, p. 194-206.
  25. Cazes 2008, p. 206-216.
  26. a et b Cazes 2008, p. 47.
  27. Cazes 2008, p. 48.
  28. Pour cette période, voir Cazes, op. cit., p. 76 et 77.
  29. Ils cessent dès la fin du XIe siècle de s'y faire enterrer, malgré l'acte de 1093 (no 2 du Cartulaire de Saint-Sernin) rappelant que le sanctuaire est réservé aux sépultures des comtes, évêques et chevaliers de la ville. Voir Le comte de l'An Mil, op. cit., p. 37 et 38.
  30. Voir Cazes, op. cit., pp. 78 à 91.
  31. Ne reste plus de ce baldaquin gothique, détruit au XVIIIe siècle, que le soubassement avec sa voûte rayonnante dans la crypte supérieure. Voir Cazes, op. cit., p. 92.
  32. Maurice Prin, « Les travaux récents de Saint-Sernin », L'Auta, no 418 (1976), p. 48-53.
  33. Pascal Julien et Henri Pradalier, « Le clocher de Saint-Sernin de Toulouse », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LV, 1995, p. 215-216.
  34. Lettres patentes de Louis XI, Toulouse, le 6 juin 1463. (lire en ligne).
  35. Voir Cazes, op. cit., p. 94 et D'ors et de prières. Art et dévotions à Saint-Sernin de Toulouse, Pascal Julien, Publications de l'Université de Provence, 2004.
  36. Daniel Fabre, Emotions patrimoniales, Editions de la Maison des sciences de l'homme, , 410 p. (ISBN 978-2-7351-1629-4), p. 14.
  37. Toulouse7.com, « Voici la nouvelle place Saint Sernin de Toulouse », sur toulouse7.com, (consulté le 21 septembre 2020).
  38. Béatrice Colin, « Toulouse : Complètement réhabilitée, la place Saint-Sernin garde ses trésors enfouis », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2020).
  39. Hugues-Olivier Dumez, « L'IMAGE. La place Saint-Sernin, à Toulouse, parée de ses nouveaux habits de lumière », sur actu.fr, (consulté le 21 septembre 2020).
  40. Carillon de la basilique
  41. Notice no PM31001078, base Palissy, ministère français de la Culture
  42. « Jean-Paul II entre à Saint-Sernin », https://www.ladepeche.fr/article/2013/05/12/1624542-jean-paul-ii-entre-a-saint-sernin.html,‎ (lire en ligne)
  43. Notice no PM31000811, base Palissy, ministère français de la Culture
  44. Maurice Prin, « Le tombeau du sculpteur Antoine-Joseph Salamon », L'Auta, no 19, janvier 2001, p. 22.
  45. Notice no PM31001049, base Palissy, ministère français de la Culture
  46. Notice no IM31100052, base Palissy, ministère français de la Culture
  47. Notice no PM31001052, base Palissy, ministère français de la Culture
  48. Notice no PM31000794, base Palissy, ministère français de la Culture
  49. Notice no PM31000784, base Palissy, ministère français de la Culture
  50. Antiennes et oraisons à l'usage de ceux qui auront la dévotion de visiter les sacrées reliques qui reposent dans l'insigne abbatiale Saint Sernin de Toulouse, Toulouse, Jean-Henry Guillemette, , 234 p.
  51. Notice no PM31001086, base Palissy, ministère français de la Culture
  52. Saint-Sernin de Toulouse : trésors et métamorphoses, Musée Saint-Raymond, , p. 209
  53. Notice no PM31000785, base Palissy, ministère français de la Culture
  54. Patrice Cabau, Les évêques de Toulouse (IIIe – XIVe siècles) et les lieux de leur sépulture, Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, (lire en ligne), p. 131
  55. C. Douais éd., Le cartulaire de saint Sernin, § 295, p. 210 : "...Deliberavi ibi canonice vivere, secundum patrum decreta, id est Augustini, Ieronimi, et ceterorum." ; voir aussi § 293
  56. Douais, Le cartulaire de Saint-Sernin, Toulouse, 1887, p. 481 §6: "In primis si quidem statuentes ut ordo canonicus secundum beati Augustini regulam perpetuis ibi temporibus inviolabiliter conservetur."
  57. Anthony Assemat, « Tourisme. Voici le palmarès des lieux les plus visités de Toulouse en 2015 », sur le site actu.fr, 26 janvier 2016 [(lire en ligne)].
  58. « Principaux sites - Fréquentation de plus de 400 000 visiteurs », sur le site de la région Occitanie (lire en ligne).
  59. Histoire générale du Languedoc, t. 4/2, Toulouse, Privat, 1872, n. 103, p. 523-527.
  60. Note 102 à Claude de Vic, Joseph Vaisseyte, Histoire générale de Languedoc, t. 4/2, Toulouse, 1872, p. 525 : « XVII kal. decembris obiit Amelius abbas Sancti Sernini ») et non 3.12.1337, date de la désignation de son successeur Jean des Prés (Eubel).
  61. Gallia christiana, t. 13, col. 97.
  62. Pour la date de décès, cf. extrait du nécrologe de Saint-Étienne de Toulouse, dans Paris, BnF, Coll. Baluze, vol. 75, fol. 197v. Nota bene : Contrairement à ce qu'affirme la Gallia Christiana, Bernard de Rozergue ou de Rozier n'a jamais été abbé de Saint-Sernin comme l'atteste un ajournement au parlement de Toulouse en 1476 qui montre que Jean Jouffroy a immédiatement succédé à Jean de Juniac ; voir Gaspard Caussé, « Un document inédit sur l’abbaye de Saint-Sernin », Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, tome 8 (1861-1865), p. 407.
  63. http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/geo/31/toulouse/stsernin/bducou98.htm
  64. http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/patrimoine-et-techniques/deux-cartes-du-ciel-a-la-basilique-saint-sernin-a-toulouse-une-representation-unique-au-monde/
  65. film réalisé à l'occasion d'une exposition

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique de publication :

  • [Douais 1887] Célestin Douais éd., Cartulaire de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse (844-1200), Paris, Toulouse, Picard, Privat, , compte-rendu par Thomas Antoine, Annales du Midi, 1889, t. 1, no 1, p. 69-72
  • [Astre 1927] Gaston Astre, « Origine des marbres utilisés dans les sculptures du XIe siècle à Saint-Sernin de Toulouse », Annales du Midi, nos 153-154,‎ , p. 55-63 (lire en ligne)
  • [Aubert 1929] Marcel Aubert, « Saint-Sernin », dans Congrès archéologique de France. 92e session. Toulouse. 1929, Paris, Société Française d'Archéologie, (lire en ligne), p. 9-68
  • [Delaruelle 1929] Étienne Delaruelle, « Les bas-reliefs de Saint-Sernin », Annales du Midi, t. 41, nos 161-162,‎ , p. 49-60 (lire en ligne)
  • [Auriol 1930] Achille Auriol et Raymond Rey, Saint Sernin de Toulouse, Toulouse, Édouard Privat, , 367 p.
  • [Aubert 1933] Marcel Aubert, L'église Saint-Sernin de Toulouse, Paris, Laurens, coll. « Petites monographies des grands édifices de la France », , 96 p., compte-rendu par Raymond Rey Annales du Midi, 1936, t. 48, no 189, p. 82-84
  • [Delaruelle 1953] Étienne Delaruelle, « Saint-Sernin de Toulouse. Problèmes et recherches », Annales du Midi, t. 65, no 21,‎ , p. 107-113 (lire en ligne)
  • [Gérard 1960] Pierre Gérard, « Aux origines du temporel de Saint-Sernin : Vilaigon, l'alleu de Castillon et la famille de Valségur-Castelmaurou (Xe – XIIe siècles) », Annales du Midi, t. 72, no 49,‎ , p. 5-24 (lire en ligne)
  • [Durliat 1965] Marcel Durliat, « Le portail occidental de Saint Sernin de Toulouse », Annales du Midi, t. 77, no 72,‎ , p. 215-223 (lire en ligne)
  • [Durliat 1978] Marcel Durliat, Haut-Languedoc roman, La Pierre-Qui-Vire, éditions Zodiaque, coll. « la nuit des temps » (no 49), , p. 47-137.
  • [Rocacher 1982] Abbé Jean Rocacher, Saint-Sernin, éd.Zodiaque, , 96 p., Nomb.Ill.
  • [Hermet 1989] André Hermet et Marie-Louise Prévot, « Bibliographie de l'histoire de Toulouse : 1- Les grandes églises de Toulouse », Archistra,‎ , p. 33-68. La bibliographie concernant la basilique Saint-Sernin donne à cette date 532 entrées.
  • [Pradalier 1996] Henri Pradalier, « Saint-Sernin de Toulouse au Moyen Âge », dans Congrès archéologique de France. 154e session. Monuments en Toulousain et Comminges. 1996, Paris, Société française d'archéologie, , p. 256-301
  • [Cabau 1998] Patrice Cabau, « Les données historiques relatives à la reconstruction de Saint-Sernin de Toulouse (XIe – XIIe siècles) : Réévaluation critique », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 58,‎ , p. 29-66 (lire en ligne)
  • [Gérard 1999] Pierre et Thérèse Gérard éds., Cartulaire de Saint-Sernin de Toulouse, Toulouse, Amis des Archives de la Haute-Garonne, , 4 vol.
  • [Cabau 1999] Patrice Cabau, « Les évêques de Toulouse (IIIe – XIVe siècles) et les lieux de leur sépulture », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 59,‎ , p. 123-162
  • [Porté 1999] Dominique Porté (dir.), « Saint-Sernin de Toulouse à la fin du Moyen Age. Des reliques et des hommes », Annales du Midi, t. 111, no 226,‎  :
    • [Fournié 1999] Michelle Fournié, « Introduction », p. 149-154 (lire en ligne)
    • [Fantuzzo-1 1999] Frédérique Fantuzzo, Catherine Saint-Martin, « La confrérie des Corps-Saints de Saint-Sernin de Toulouse au XVe siècle », p. 157-167 (lire en ligne)
    • [Fantuzzo-2 1999] Frédérique Fantuzzo, « Une grande confrérie urbaine », p. 169-183 (lire en ligne)
    • [Saint-Martin 1999] Catherine Saint-Martin, « Le chapitre abbatial de Saint-Sernin de Toulouse au Moyen Âge », p. 185-197 (lire en ligne)
    • [Fournier 1999] Priscille Fournier, « Un couvent méconnu : les Dames chanoinesses de Saint-Sernin de Toulouse », p. 199-216 (lire en ligne)
    • [Dubreuil-Arcin 1999] Agnès Dubreil-Arcin, « Un hagiographe à l'œuvre : Bernard Gui et les légendes de saint-Saturnin de Toulouse », p. 217-231 (lire en ligne)
  • [Rocacher 2000] Jean Rocacher et Mosé Biagio Moliterni, Saint-Sernin de Toulouse. Basilique romane, Éditions Privat, , 160 p. (ISBN 2708990748).
  • [Cabau 2001] Patrice Cabau, « Opusculum de passione ac translatione sancti Saturnini, episcopi Tolosanae civitatis et martyris. Édition et traduction provisoires », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LXI, 2001.
  • [Pradalier 2003] Henri Pradalier, « Saint-Sernin gothique », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 63,‎ , p. 89-108 (lire en ligne)
  • [Testard 2004] Olivier Testard, « La porte Miégeville de Saint-Sernin de Toulouse: proposition d'analyse iconographique », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 64,‎ , p. 25-61 (lire en ligne)
  • [Clément 2007] Corinne Clément et Sonia Ruiz, Toulouse secret et insolite : Les trésors cachés de la ville rose, Paris, Les Beaux jours / Compagnie Parisienne du livre, , 175 p. (ISBN 978-2-35179-015-1)
  • [Cazes 2008] Quitterie Cazes et Daniel Cazes (photogr. Michel Escourbiac), Saint-Sernin de Toulouse : De Saturnin au chef-d’œuvre de l'art roman, éditions Odyssée, , 348 p. (ISBN 978-2-909478-23-4)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Cazes 2017] Quitterie Cazes, « Toulouse. Deux chapiteaux du cloître de Saint-Sernin découverts en 2015 », Bulletin monumental, t. 175, no 2,‎ , p. 157-160 (ISBN 978-2-901837-67-1)
  • [Piano 2019] Natacha Piano, « Saint-Sernin de Toulouse. Datation archéologique et étude documentaire des fresques de la Passion (1119) », Bulletin monumental, t. 177, no 2,‎ , p. 101-112 (ISBN 978-2-901837-78-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]