Vol 111 Swissair

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Vol Swissair 111
Image illustrative de l'article Vol 111 Swissair
Caractéristiques de l'accident
Date
Phase en route
Type Incendie suite à cablage défectueux
Site Au large de Peggys Cove, Nouvelle-Écosse
Passagers 215
Membres d'équipage 14
Morts 229
Blessés 0
Survivants 0
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil McDonnell Douglas MD-11
Compagnie Swissair
Nº d'identification HB-IWF
Localisation
Coordonnées 44° 24′ 33″ N 63° 58′ 25″ O / 44.409167, -63.973611 ()44° 24′ 33″ Nord 63° 58′ 25″ Ouest / 44.409167, -63.973611 ()  

Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Écosse

(Voir situation sur carte : Nouvelle-Écosse)
Vol Swissair 111
Monument dédié aux victimes de l'accident.

Lors du vol régulier Swissair au départ de New York JFK et à destination de Genève-Cointrin, le McDonnell Douglas MD-11 HB-IWF sombre dans l'océan Atlantique au sud-ouest d'Halifax le 2 septembre 1998 à 8 km des côtes de la Nouvelle-Écosse (Canada). La totalité des 229 personnes présentes à bord, soit 215 passagers et 14 membres d'équipage, périssent.

Parmi les victimes se trouvent John LaMotta, fils du champion de boxe Jake LaMotta et Jonathan Mann, responsable de l'OMS des actions contre le SIDA. Se trouvait à bord également Pierre Babolat, alors directeur de l'équipementier sportif Babolat. Le joueur de tennis suisse Marc Rosset était censé prendre lui aussi ce vol pour rentrer de l'US Open qu'il venait de disputer, mais il avait finalement décidé de repousser son retour en Suisse, annulant sa réservation au dernier moment.

Avion[modifier | modifier le code]

L'avion était un McDonnell Douglas MD-11, immatriculé HB-IWF, baptisé « Vaud » et construit en 1991 sous le numéro de série 48448/465. Au moment de l'accident il totalisait 36 041 heures de vol et était propulsé par 3 moteurs Pratt & Whitney 4462.

Équipage[modifier | modifier le code]

  • Le commandant de bord : Urs Zimmermann, 49 ans, 10 800 heures de vol dont 900 sur MD-11.
  • Le copilote : Stephan Loew, 37 ans, 4 800 heures de vol dont 230 sur MD-11.
  • Personnel de cabine : 12 personnes.

Déroulement du vol[modifier | modifier le code]

Le vol décolla de JFK à 20 h 18 (EDT). Cinquante trois minutes plus tard, à une altitude de 33 000 pieds (soit 10 060 mètres), l'équipage perçut une odeur de brûlé. Un quart d'heure plus tard, une fumée devint visible et plusieurs systèmes tombèrent en panne. L'équipage lança un signal « pan-pan » en demandant un déroutement sur Boston Logan mais fut dirigé vers l'aéroport d'Halifax distant de seulement 56 miles (104 km).

À 22 h 19, l'avion n'était plus qu'à 54 km de Halifax mais était encore trop haut (21 000 pieds) et l'équipage dut entamer un 360 degrés pour rallonger sa distance de descente.

À 22 h 23, l'avion atteignit 10 000 pieds et se trouvait à environ 60 kilomètres de l'aéroport.

À 22 h 24, alors qu'il était en circuit autour de l'aéroport pour vidange par délestage en mer du carburant, l'équipage se déclara en détresse. Le contact fut perdu une minute plus tard après un nouvel appel de détresse. Ce fut le dernier contact radio avec le vol SR111. L'avion percuta l'océan à 22 h 31 selon les sismographes d'Halifax.

Une erreur fatale[modifier | modifier le code]

Les deux pilotes parlent en même temps sur la fréquence et dans la salle de contrôle. Plusieurs échanges étant en cours, le contrôleur ne va pas entendre une phrase clé :
Copilote : "Il faut qu'on se pose tout de suite"
Contrôleur: "Swissair 111, encore quelques kilomètres, je vous suis" Le contrôleur aérien, Bill Pickrell, n'a pas entendu la demande d’atterrissage d'urgence, un raté qui pendant des mois, des années va l'obséder. Bill Pickrell : "Je ne suis pas sûr d'être capable de décrire convenablement ce que j'éprouve, ce qui s'est passé ce soir-là, j'ai dû y repenser un bon millier de fois, est-ce que j'aurais pu faire davantage ? Est-ce que j'ai commis une erreur ? Est-ce que j'ai ma part dans ce qui est arrivé ? Mais, j'ai fini par comprendre que de toute manière je n'aurais rien pu faire d'autre, tout ce qu'on pouvait faire, on l'a fait."

A 22h31, le MD-11, avec ses 229 passagers et membres d'équipage, percute l'océan avec une force de 350G, tuant sur le coup tous ses occupants.

Bilan[modifier | modifier le code]

  • Survivants : 0.
  • Morts : 229 (215 passagers, 14 membres d'équipage).
  • L'avion s'est déchiqueté en plus d'un million de morceaux à l'impact.

Passagers[modifier | modifier le code]

Nationalité Passager équipage Total
Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan 1 0 1
Drapeau du Canada Canada 3 0 3
Drapeau du Canada Canada et Maroc Maroc 1 0 1
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 0 1
Drapeau de la France France 41 0 41
Drapeau de la France France et Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 0 1
Drapeau de la France France et Drapeau des États-Unis États-Unis 2 0 2
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 0 1
Drapeau de la Grèce Grèce et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau de la Grèce Grèce 1 0 1
Drapeau de l'Inde Inde 1 0 1
Drapeau de l’Iran Iran 1 0 1
Drapeau de l’Iran Iran et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau d’Israël Israël et Drapeau de la Suisse Suisse 1 0 1
Drapeau de l'Italie Italie 3 0 3
Drapeau du Mexique Mexique 1 0 1
Drapeau de la Russie Russie 1 0 1
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 1 0 1
Saint-Christophe-et-Niévès Saint-Christophe-et-Niévès 1 0 1
Drapeau de la Suisse Suisse 31 13 44
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 0 1
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 2 0 2
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 0 1
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 3 0 3
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni et Drapeau des États-Unis États-Unis 2 0 2
Drapeau des États-Unis États-Unis 110 1 111
Drapeau : Serbie-et-Monténégro Yougoslavie 1 0 1
Total 215 14 229

L'enquête[modifier | modifier le code]

Les boîtes noires furent promptement retrouvées. Un seul corps fut identifié; les autres étaient mutilés ou emportés par la mer. Les enregistrements s'étaient stoppés environ 6 minutes avant l'impact. Dès octobre 1998, il parut probable que la cause de la catastrophe était un feu électrique déclenché par le montage défectueux du réseau de divertissement de bord (RDB In flight entertainment network). Néanmoins après une reconstitution méticuleuse de l'épave récupérée, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ne remit son rapport préliminaire qu'en 2000 et le rapport final en mars 2003.

Selon l'enquête il semblerait que des arcs électriques qui s'étaient formés sur le circuit de service du réseau de divertissement de bord (RDB) n'avaient pas déclenché d'alarme mais avaient enflammé rapidement des matières combustibles présentes à bord et avaient mis hors service des éléments essentiels au fonctionnement de l'appareil. L'équipage n'a pas semblé réaliser le phénomène et a rapidement perdu ses instruments de vol. Outre la fumée et la chaleur qui, d'après l'épave, devaient être intenses dans le cockpit, c'est sans instrument et de nuit que les pilotes devaient se diriger, ce qui était impossible sans repère terrestre. L'avion percuta l'océan avec une extrême violence compte tenu des déformations relevées.

Le BST nota que la propagation du feu était si rapide qu'il n'aurait pas été possible à l'équipage de rallier Halifax même dès le premier signal. Il publia neuf recommandations concernant les matériaux, les systèmes électriques et les enregistreurs de bord.

Des matériaux d'isolation thermique habituellement utilisés dans les cockpits et agréés par la FAA se révélèrent particulièrement combustibles lors des tests. Des recommandations générales sur la détection incendie et les systèmes d'extinction furent également publiées.

En conclusion, on peut dire que cette enquête a mis au jour plusieurs anomalies graves concernant les protocoles de certification menés sous la responsabilité de la FAA. Un des sous-traitants de cette certification fut largement mis en cause pour la légèreté avec laquelle avaient été certifiés les systèmes de divertissement à bord.

Mémorial[modifier | modifier le code]

On retrouve deux monuments en souvenir des victimes à plus d'un km du site de crash. À chaque anniversaire de la tragédie, une cérémonie s'y déroule.

Médias[modifier | modifier le code]

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télé Mayday : Alerte maximum nommé Feu à bord.

La compagnie[modifier | modifier le code]

Swissair, après l'accident, a retiré de tous ses avions le polyéthylène, qui avait propagé le feu à bord vol Swissair 111. En 2002, la compagnie fait faillite.

Liens externes[modifier | modifier le code]