Scientifique

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Un(e) scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.

« Homme de science » et "femme de science" sont des termes très employés notamment en littérature. « savant » est un nom plus ou moins tombé en désuétude et remplacé par « scientifique » ou « chercheur » ou « chercheuse ».

Les mathématiques sont regroupées avec les sciences.

Il arrive que des personnes (ex. : charlatans) s'auto-qualifient de scientifiques, le scepticisme scientifique est une pratique qui remet en doute leurs allégations.

Évolution du métier[modifier | modifier le code]

Du siècle des Lumières à nos jours, le savants devient peu à peu scientifique, chercheur et/ou ingénieur : Le mot « scientifique » évoque aujourd'hui surtout les sciences pures, voire les « sciences dures » mais les savants étaient autrefois aussi les lettrés. Ainsi le « Journal des savants » [1] est en France le plus ancien journal littéraire d'Europe, il fut créé en 1665 par Denis de Sallo, conseiller au Parlement de Paris, sous Colbert et avec un patronage royal à partir de 1701. Les sociétés savantes étaient éclectiques. Il existe toujours des enseignants-chercheurs.

La distinction entre science, science appliquée et technologie n'est pas toujours claire, mais on admet que ingénieurs ont des buts plus pratiques alors que les scientifiques étudient plutôt des phénomènes fondamentaux. Tous deux procèdent à partir de problèmes ou hypothèses et cherchent des solutions. Les scientifiques accomplissent souvent des tâches technologiques en concevant l'équipement expérimental et les prototypes de construction et quelques ingénieurs font la recherche scientifique de premier ordre. Les ingénieurs mécaniciens, électriciens, chimistes et en aérospatiale sont souvent au premier rang de l'étude de nouveaux phénomènes et matériaux. Peter Debye reçu un degré en électrotechnique et un doctorat de physique avant de remporter par la suite un prix Nobel de chimie. Claude Shannon, un ingénieur, fonda la théorie moderne de l'information.

De l'Antiquité à nos jours, et surtout durant le XXe siècle, la part des scientifiques dans la population et leur nombre total a beaucoup augmenté (à titre d'exemple, selon la base de données Scopus d'Elsevier, ce seul éditeur a publié de 1996 à 2011 des articles scientifiques écrits (ou co-écrits) par 15 millions de scientifiques différents, de presque toutes les nationalités (mais surtout basés dans quelques pays riches et industrialisés).

Les statistiques montrent aussi qu'à partir des années 1980, les équipes scientifiques tendent à devenir plus étoffées et (grâce à l'internet notamment) les collaborations interrégionales et internationales ont un coût qui diminue et se font plus nombreuses[2].

Les modes d'évaluation des chercheurs ont beaucoup évolué au XXe siècle, avec depuis les années 1990 une tendance au renforcement des exigences de rentabilité, de productivité et des financements par projet, qui a poussé de nombreuses universités à soutenir une démarche de partenariat avec le privé et/ou de dépôts de brevets (souvent aux Etats-Unis déposés par des chercheurs ou équipes qui publient beaucoup[3]) et/ou de création de start-ups. Les scientifiques travaillant dans la recherche publique sont soumis à une forte pression de publication (traduite par une formule « Publier ou mourir »), mais il leur est souvent difficile de franchir le seuil des revues à comité de lecture (Le 09 Juillet 2014 John Ioannidis a montré dans la revue PLoS ONE, via un travail statistique[4] qu’il n’y a que moins de 1%-des scientifiques (soit 150 608 personnes) qui arrivent à gérer leur carrière en réussissant à publier au moins un article par an. Cependant ces derniers dominent la sphère de l'information scientifique publiée (leur signature figurant sur 41% de tous les documents publiés)[4]. Et dans les articles les plus cités, ce même groupe d'élite est retrouvé (co-auteurs de 87% de ces articles)[4]. De plus, les rangs des scientifiques ayant publié à plusieurs reprises plus d'un papier par an diminuent de façon spectaculaire avec le nombre d’article publié par an.( Deux articles ou plus: 68 221 personnes ; Trois ou plus: 37 953 personnes ; Quatre ou plus: 23 342 personnes ; Cinq ou plus: 15 464 personnes ; 10 ou plus: 3269 personnes[4]. Une position dominante d'un scientifique dans un domaine donné peut l'amener à agir comme un mandarin ainsi que le présente Jean Labarre[5].

L'avènement de l'Internet, des modes de travail collaboratif et ouvert, de revues "ouvertes" (par exemple : PLOS, qui publie ses articles sous licence CC-BY-SA) et récemment de mode d'enseignements plus ouverts (ex MOOCs) pourraient encore modifier la formation, la formation tout au long de la vie et le travail des scientifiques.

Adjectif[modifier | modifier le code]

scientifique du latin scientificus est un adjectif désignant ce qui est relatif à la science (parfois par opposition à littéraire). Par extension, est utilisé comme qualificatif synonyme de caractère propre à la science : rigueur, exigence, etc. (ex : Cette méthode est scientifique). L'usage de scientifique pour désigner une personne est donc un substantif[6].

Exemples de professions[modifier | modifier le code]

catégorie « Scientifique par domaine »


Des professions qualifiées de « scientifiques » :

Listes de personnes scientifiques[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 133 numéros du Journal des Savants, soit 937 contributions publiées de 1960 à 2006 sont consultables en ligne via le portail Persée.
  2. Adams JD, Black GC, Clemmons JR, Stephan PE (2005) Scientific teams and institutional collaborations: Evidence from US universities, 1981–1999. Res Policy 34: 259–285. doi: 10.1016/j.respol.2005.01.014 (résumé)
  3. Stephan PE, Gurmu S, Sumell AJ, Black G (2007) Who's patenting in the university ? Evidence from the survey of doctorate recipients. Econ Innov New Techn 16: 71–99. doi: 10.1080/10438590600982806
  4. a, b, c et d Ioannidis JPA, Boyack KW, Klavans R (2014) Estimates of the Continuously Publishing Core in the Scientific Workforce ; 2014-07-09 ; DOI:10.1371/journal.pone.0101698 (cc-by-sa)
  5. Jean Labarre, « Recherche fondamentale : les effets pervers du mode de financement sur projets », Biofutur, no 356,‎ Juillet-Août 2014, p. 52-53 (lire en ligne)
  6. le trésor de la langue française informatisé

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • de Solla Price DJ (1963). Little science, big science. New York: Columbia University Press
  • Garfield E (1996) The significant scientific literature appears in a small core of journals. Scientist 10: 13–15.
  • Hirsch JE (2005) An index to quantify an individual's scientific research output. Proc Natl Acad Sci U S A 102: 16569–72. doi: 10.1073/pnas.0507655102
  • Long JS, McGinnis R (1981) Organizational context and scientific productivity. Am Sociology Rev 46: 422–442. doi: 10.2307/2095262 (résumé)
  • McNamee SJ, Willis CL (1994) Stratification in science: A comparison of publication patterns in four disciplines. Knowledge: Creation, diffusion, utilization 15: 396–416. doi: 10.1177/107554709401500403
  • O’Brien TL (2012) Change in academic coauthorship, 1953–2003. Science, Technology & Human Values 37: 210–234. doi: 10.1177/0162243911406744
  • Wray KB (2004) An examination of the contribution of young scientists in new fields. Scientometrics 61: 117–128.