Sikorsky CH-124 Sea King

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CH-124 Sea King.

Le Sikorsky CH-124 Sea King est un type d'hélicoptère militaire de lutte anti-sous-marine conçu pour une utilisation à partir d'un bateau. Il est la variante canadienne du Sikorsky S-61 américain. Il est en service dans la Marine royale canadienne (MRC), puis les Forces canadiennes (FC), depuis 1963.

Le Sea King est assigné aux destroyers de classe Iroquois,aux frégates de classe Halifax et aux navires ravitailleurs de classe Protecteur. Lorsqu'il est déployé, le Sea King embarque quatre hommes d'équipage (2 pilotes, un coordonnateur tactique et un opérateur[1]).

Historique[modifier | modifier le code]

En 1963, la MRC autorise l'achat de 41 hélicoptères Sea King, désignant ces derniers sous le nom de CHSS-2 Sea King[2].

Les composants sont construits au Connecticut par l'entreprise Sikorsky. La plupart sont assemblés à Longueuil par United Aircraft of Canada. En 1968, le CHSS-2 est renommé CH-124 lors de l'unification des Forces canadiennes[2].

La MRC développe une technique pour permettre à ces gros hélicoptères d'atterrir sur de petits ponts de navires. Cette dernière implique l'utilisation d'un treuil « rabatteur » (hauldown), nommé Beartrap (en)[3], ou familièrement Crazy Canucks par l'équipage[4]. Ce dernier permet de récupérer les Sea King sous à peu près n'importe quelles conditions en mer[5].

Afin de détecter des sous-marins, le Sea King traîne un sonar au bout d'un câble d'environ 100 à 150 mètres de long. On peut également équiper le Sea King d'un FLIR afin de détecter des navires de surface de nuit.

Au cours des années, le CH-124 a été rénové et mis à niveaux un grand nombre de fois.

Remplacement[modifier | modifier le code]

Sikorsky CH-124A Sea King.

En 1983, le Ministère de la Défense nationale (MDN) fait des recherches pour renouveler les Sea King[6].

Au milieu des années 1980, les Forces canadiennes commencent à percevoir le Sea King comme étant trop petit pour la guerre anti-sous-marine[7]. En conséquence, en 1985, le Parti progressiste-conservateur du Canada lance le projet New Shipboard Aircraft (NSA) afin de remplacer le Sea King[7].

En avril 1986, le NSA lance un appel d'offre. Trois concurrents sont envisagés sérieusement : le S-70 SeaHawk de Sikorsky, le AS332F Eurocopter Super Puma d'Aérospatiale et le EH-101 d'AgustaWestland[8].

Sikorsky CH-124A Sea King avec ses pales repliées pour entreposage.

Sikorsky se retire de la course[9]. En 1987, le gouvernement Mulroney annonce la commande de 35 hélicoptères EH-101 pour remplacer les CH-124 Sea King.

À la fin de cette décennie, les Forces canadiennes doivent également remplacer la flotte de CH-113 Labrador (en). En 1991, le gouvernement Mulroney joint le renouvellement des CH-113 à la commande, voulant bénéficier d'économies diverses. La commande passe ainsi à 50 hélicoptères pour un montant estimé à 5,8 milliards de dollars canadiens ($CAN)[10].

Au début des années 1990, le gouvernement canadien affronte un déficit et un taux de chômage croissant, le programme de renouvellement de la flotte d'hélicoptères n'est pas très populaire. En 1993, la nouvelle chef du parti Kim Campbell tente de calmer le jeu en réduisant la commande à un montant de 4,4 milliards de $CAN[11]. Le chef du Parti libéral du Canada, Jean Chrétien, promet d'annuler le renouvellement des hélicoptères et en fait un enjeu électoral lors de l'élection fédérale canadienne de 1993[4].

Peu de temps après son élection en octobre 1993, le gouvernement Jean Chrétien ordonne l'annulation de la commande d'hélicoptère, entraînant le paiement d'une pénalité de 500 millions de $CAN. Ce geste sera critiqué plus tard, au fur et à mesure que les Sea King vieillissent[12].

Au milieu de la décennie, chaque Sea King nécessite plus de 30 heures de maintenance pour chaque heure de vol, un rapport jugé « exagérément disproportionné » par le coordonnateur des Amis De l'Aviation Maritime (ADAM/FOMA), un organisme lié à la Canadian Naval Officers Association, dans une lettre de février 1999[13],[14].

Le 27 février 2003, un Sea King s'écrase sur le pont du HMCS Iroquois (en) lors d'un déploiement en mer d'Arabie[15]. Plus tard la même année, la flotte entière est maintenue au sol (à l'exception des opérations essentielles) pour plusieurs semaines après la perte de puissance de deux appareils à quelques jours d'intervalle.

Le gouvernement libéral commence un processus de renouvellement des appareils en deux parties. En décembre 2002, le ministre de la défense John McCallum critique le projet en deux parties et tente d'établir un projet en une partie[16].

Après la retraite de Jean Chrétien, le nouveau chef du Parti libéral Paul Martin fait une priorité du remplacement des Sea King[16].

En juillet 2004, on annonce que les Sea King seront remplacés par des Sikorsky H-92 Superhawk. La livraison des 28 premiers appareils est prévue pour 2008. Après divers problèmes, la date de livraison est repoussée en 2010[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Canada's Air Force - Aircraft - CH-124 Sea King - Technical Specifications »
  2. a et b (en) « CH-124 Sea King Variants », Canadian American Strategic Review
  3. (en) « Haze Gray & Underway - The Canadian Navy of Yesterday & Today - Sea King »
  4. a et b (en) « CBC News In Depth: Canada's Military »,‎ 1 février 2006
  5. (en) ST. LAURENT Class History.
  6. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 3 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  7. a et b (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 4 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  8. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 5 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  9. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 7 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  10. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 9 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  11. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 10 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  12. (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 13 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  13. (en) Lee Myrhaugen, « Sea King Replacement - Why? », sur http://www.naval.ca,‎ février 1999
  14. « Friends of Maritime Aviation (FOMA) - Amis De l'Aviation Maritime (ADAM) », sur http://www.noac-national.ca,‎ 2011
  15. (en) La Presse canadienne, « Loose screws to blame for Sea King crash: report. »,‎ 30 août 2004
  16. a et b (en) Stephen Priestley, « CASR: Politics, Procurement Practices, and Procrastination: the Quarter-Century Sea King Helicopter Replacement Saga - Part 16 »,‎ janvier 2004 (dernière mise-à-jour)
  17. (en) Clive, « Sikorsky CH-148 Cyclone -- Delays and Contract Adjustments », sur http://209.157.64.200, Canadian American Strategic Review,‎ 26 décembre 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]