Fumée

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La fumée, ou boucane au Québec[1],[2], est un nuage de particules solides émis par un feu ou un échauffement mécanique. Ces particules sont principalement de la suie (du carbone imbrûlé), ainsi que des cendres ; ces particules sont mélangées aux gaz de combustion et aux vapeurs chaudes.(voir suite chap 2)

Toxicité et dangers[modifier | modifier le code]

Lors d'un incendie, la fumée représente quatre dangers :

  • étant opaque, elle gêne considérablement l'évacuation d'un bâtiment en feu et la progression des secours ;
  • si elle est inhalée, elle provoque des brûlures internes des poumons et des voies aériennes, qui s'ajoute à la toxicité des gaz ;
  • elle transporte de la chaleur (gaz et particules chaudes) ; en provoquant une élévation de température dans les locaux où elle se répand, elle peut provoquer la naissance d'un autre feu éloigné du foyer initial ;
  • la plupart du temps, elle contient des gaz imbrûlés issus de la pyrolyse des matériaux ; lorsqu'elle se mélange à l'air, elle peut provoquer une explosion de fumées (backdraft) ou un embrasement généralisé éclair (flashover).

Elle a également un « effet de filtre » qui modifie la perception des couleurs par les pompiers, et donc la lecture du feu : des flammes jaunes vont paraître rouges à travers la fumée, et si le plafond de fumées est épais, il peut cacher les rouleaux de flamme annonciateurs de l'embrasement généralisé éclair.

L'inhalation de fumée par une personne est très dangereuse. C'est la cause principale de décès lors d'un incendie. L'effet toxique évoqué plus haut peut persister après extinction de l'incendie. L'inhalation de fumée refroidie est d'autant plus pernicieuse qu'elle n'entraîne pas de sensation de gêne à court terme.

Les installations techniques et les matériaux de construction des structures peuvent subir des dommages irréversibles du fait d'une exposition, même brève, à l'action des fumées. Ainsi les fumées acides exercent des effets destructeurs sur la connectique comme sur le béton. De nombreux industriels qui échappent à un sinistre négligent l'action des fumées et s'exposent à des pannes et des défaillances structurels apparaissant dans les jours et les semaines qui suivent le sinistre. Il existe des procédés de décontamination qui doivent intervenir dans les heures ou les jours qui suivent.

Lutte contre l'incendie[modifier | modifier le code]

Dans un certain nombre de bâtiments, et notamment les établissements recevant du public en France, les normes de construction imposent de prévoir des mesures de désenfumage.

Lors de leur intervention sur un feu en volume clos, la priorité des pompiers est de maîtriser la fumée :

  • confinement (fermer les portes) ou au contraire évacuer : création d'un exutoire (c'est-à-dire d'une ouverture, quitte à casser une fenêtre ou le toit), éventuellement mise en place d'une ventilation opérationnelle ;
  • refroidissement des fumées en effectuant un jet diffusé (nébullisé) et pulsé d'eau, ou bien par « crayonnage » (dessiner des lettres dans l'air avec le jet diffusé).

Un seul kilogramme de plastique génère 2 500 m3 de fumées[3],[4].

Utilisation tactique[modifier | modifier le code]

Utilisation civile de fumigènes dans le cadre de manifestations (Paris XIII, novembre 2008).

Un système qui génère de la fumée est dit « fumigène ». Les fumigènes sont parfois utilisés par l'armée pour masquer la position exacte des soldats ; ils sont également utilisés pour effectuer un balisage visible de jour depuis le ciel, par exemple pour marquer la zone d'atterrissage d'un hélicoptère (drop zone ou DZ). Des machines à fumées sont également utilisées pour créer des ambiances dans les discothèques. Les fumigénes peuvent être utilisés à des fins récréatives, au même titre que les pétards. Leur fabrication est simple et ils sont souvent fabriqués soi-même, par exemple à partir de balles de ping-pong.[5]

Dans ces quatre cas, les fumées sont non toxiques.

Conservation des aliments[modifier | modifier le code]

L'exposition de certains aliments à la fumée (procédé appelé fumage) permet d'accroître leur durée de conservation. Les plus connus sont le jambon, le poisson, le fromage...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand Dictionnaire Terminologique
  2. Le mot fumée est tout de même utilisé
  3. [1]
  4. Hugues Demeude & Pascal Rossignol, « 10 kilos de plastique qui brûlent, cela fait 25 000 mètres cubes de fumées » ; in Feux de navires Les SP sur le pont ; Un nouveau GNR feu de navire est mis en place par la DDSC ; spmagN°954 fév 2004
  5. « fabrication de fumigénes à partir de balles de ping-pong »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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