Hardcore (musique électronique)

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Hardcore

Origines stylistiques Musique industrielle, electronic body music, techno, acid House, new beat
Origines culturelles Début des années 1990[1], Belgique, Rotterdam (Pays-Bas) et Francfort (Allemagne)
Instruments typiques Boîte à rythmes, clavier, sampler, séquenceur, synthétiseur
Popularité Faible à élevée
Scènes régionales Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Australie Australie
Voir aussi Rave party
Free party
Teknival

Sous-genres

Happy hardcoreMakinaUK hardcore – Freeform hardcore – Hardcore breaks – Early hardcoreMainstream hardcoreIndustrial HardcoreDigital HardcoreSpeedcoreTerrorcoreFrenchcoreBreakcoreDarkcore – Trancecore – J-coreGabber

Le hardcore, ou techno hardcore, est une variété originellement européenne de musiques électroniques de danse issues des raves émergentes des années 1990, dérivées de la musique oldschool hardcore initialement conçue à Rotterdam aux Pays-Bas. Ces sous-genres se démarquent généralement des autres courants de musiques électroniques par une plus grande rapidité (160 à 200 BPM ou plus[2]), l'intensité des kicks et des basses (dans certaines musiques dérivées)[3], du rythme et de l'atmosphère, de leurs thèmes (parfois violents)[4], de l'usage de la saturation ainsi que des expérimentations proches de celles conçues par le courant de la musique industrielle.

Sommaire

Histoire[modifier]

Émergence[modifier]

Pour comprendre l'émergence du hardcore, il faut remonter jusqu'à la fin des années 1970 pour trouver des traces d'une musique électronique de danse « dure » avec la musique industrielle. Apparue en marge du mouvement punk, elle n'a de commun avec ce dernier qu'un désir de faire table rase de la musique des années 1970, mais elle n'utilisera jamais les mêmes procédés[réf. souhaitée]. Des groupes comme Throbbing Gristle, Coil, Cabaret Voltaire, SPK, Foetus ou encore les allemands Einstürzende Neubauten produiront une musique bruitiste, violente utilisant en grande partie des instruments électroniques. Le message véhiculé par l'industriel est alors très provocateur, subversif, et ces groupes n'hésitent pas à agrémenter leurs concerts de performances dérangeantes (masochisme, scatophilie, imagerie totalitaire)[réf. nécessaire]. Certaines sonorités et expérimentations musicales de l'indus influenceront directement le hardcore et ce, dès le début du mouvement (l'artiste belge Liza N'Eliaz et le français Laurent Hô feront notamment les liens entre les deux styles dès les débuts des années 1990[réf. nécessaire]).

Au milieu des années 1980, sous l'impulsion du groupe belge Front 242, un nouveau genre plus accessible et plus dansant inspiré de l'industriel et de la new wave apparaît : l'Electronic Body Music (EBM)[5]. Ce style se caractérise par un certain minimalisme, des sonorités froides, débarrassées des influences afro-américaines (qui sont à la base du disco, funk ou de la musique house), des rythmiques puissantes, généralement accompagnées d'un chant agressif et d'une esthétique proche de l'industriel et du punk[5]. C'est lorsque l'EBM rencontre le new beat (autre style d'origine belge) et l'acid house que la musique va alors évoluer vers un son plus dur, la techno[6]. Dès lors, le terrain est préparé pour l'arrivée du hardcore.

Origines du terme[modifier]

Le terme « hardcore » n'est pas nouveau en musique. Il a d'abord été utilisé pour désigner une mouvance plus radicale de punk rock (Black Flag, Minor Threat, Bad Brains...) qui, en plus de durcir la musique, attachait également de l'importance à une attitude et un mode de vie à l'image de la rue dans laquelle il était né : violent, underground, mais engagé et sincère. Ce concept sera par la suite repris lors de l'apparition du hip-hop à la fin des années 1980, désignant la frange dure du mouvement, qui observe alors les mêmes caractéristiques : un son plus dur, des paroles engagées, un mode de vie tout entier dédié au respect des valeurs affichées par des rappeurs tels que KRS-One ou Public Enemy. Le terme de « techno hardcore » a d'abord été utilisé par les groupes d'EBM à;GRUMH... et Leather Strip[7],[8], à la fin des années 1980 bien que leur musique n'ait finalement jamais rien eu à voir avec le hardcore. En 1990, le producteur allemand Marc Acardipane est le premier à se revendiquer de la techno hardcore avec son titre We Have Arrived, souvent considéré comme le titre fondateur du style[9].

Cependant au début de la décennie, les termes « hardcore » et « darkcore » sont également utilisés pour désigner des formes primitives de breakbeat et de drum and bass qui connaissent alors un très grand succès en Angleterre (et dont émergeront plusieurs producteurs célèbres, tels The Prodigy, Lords of Acid ou encore Goldie)[réf. nécessaire].

Années 1990[modifier]

Logo du label Planet Core Productions (PCP) qui a vu naître le supposé[9],[10] premier EP hardcore intitulé We Have Arrived de Mescalinum United.

L'acte de naissance « officiel » du hardcore est supposément[9],[10] reconnu comme étant la sortie du titre We Have Arrived du producteur allemand Mescalinum United, originaire de Francfort, qui va devenir l'un des bastions du hardcore à ses débuts[7],[11]. Acardipane fonde le label Planet Core Productions en 1989 et va produire plus de 500 titres, dont 300 lui-même jusqu'en 1996[7]. Une autre légende du hardcore fera ses débuts sur PCP : Miroslav Pajic, plus connu sous le nom de Miro. Le « clan » PCP va notamment populariser une forme de hardcore lente, lourde, minimale et très sombre désormais désigné sous l'appellation darkcore. Aux États-Unis, le pionnier new-yorkais de la techno Lenny Dee lance le label Industrial Strength Records dès 1991[11] qui va fédérer une bonne partie de la scène américaine, faisant de New York une des places fortes du hardcore américain. On y trouve notamment Delta 9, Laura Grabb, D.O.A. ou encore The Horrorist, mais va également produire des producteurs d'autres nationalités comme les anglais Caustic Visions, les australiens Nasenbluten et même quelques titres de Marc Acardipane. Au même moment à Rotterdam, ce sont les DJ's et producteurs Paul Elstak[12] et Rob Fabrie qui vont populariser un style plus rapide, aux lignes de basse saturées bientôt connu sous le nom de gabber, ainsi que sa forme plus commerciale et accessible, le happy hardcore[11],[13].

Paul Elstak fonde Rotterdam Records en 1992, qui devient le premier label de hardcore hollandais[14]. En 1992 à Utrecht, une gigantesque rave party nommée The Final Exam[15] va découler sur la création du label ID&T qui lance en 1993 le concept Thunderdome qui va très fortement populariser le hardcore à travers l'Europe, notamment à travers une série de compilations et d'événements attirant des milliers de jeunes, lançant ainsi le mouvement gabber. Rien que sur la seule année 1993, quatre compilations sortent avec un succès croissant[16],[17],[18],[19]. Beaucoup d'artistes présents sur ces compilations deviennent alors de véritables stars, tels 3 Steps Ahead, DJ Buzz Fuzz, The Dreamteam, Neophyte, Omar Santana, et Charly Lownoise et Mental Theo dans un registre gabber/happy hardcore, mais également quelques producteurs au son plus dur[réf. nécessaire], tels que Spiral Tribe et E-de Cologne. La même année, le label Mokum Records[11] est créé par Freddy B qui connaîtra le succès grâce à des artistes et groupes comme Technohead[20],[21],[22], Dano[23], Tellurian, The Speedfreak, Scott Brown[24], ainsi que la musicienne belge Liza N'Eliaz[25] pionnière du speedcore. En Angleterre, les membres du sound system Spiral Tribe[26], notamment Stormcore, 69db, Crystal Distortion et Curley vont durcir leur son acid/breakbeat, devenant ainsi précurseurs des genres tribe, acidcore et hardtechno. Ils fondent en 1994 le label Network 23 qui va notamment produire Somatic Responses, Caustic Visions, Unit Moebius ou les français Les Boucles Étranges, posant ainsi les bases musicales et visuelles du hardcore des free parties. Dans le même temps une autre scène se développe autour de DJ The Producer, Traffik, Bryan Fury et Hellfish (Deathchant, 1994).

En France, les pionniers du hardcore incluent : Laurent Hô[27], DJ Charly & DJ Davyd, DJ Kirin, DJ La Carotte, Atomic Compressor, King Smoke, The Killer Clowns, LKJ, PatCash (avec leur label (Gangstar Toons Industry[7], 1994), DJ Olive, Manu Le Malin, Psy4X Soundsystem avec Tieum et DJ Tof, puis Dr. Macabre. Ils sont bientôt suivi par SpeedyQ's, Armaguet Nad, La Peste (fondateur de Hangars Liquides, label speedcore), Sarin Assault, XMF (dans lequel officie The Hacker, c'est Manu le Malin qui va donner une grande visibilité au style en France (il intervient notamment à plusieurs reprises lors d'émissions TV). Le hardcore français se caractérise alors dès le début par des sonorités acid et Industrielles très sombres et dures, qui tranchent avec le son hollandais à part G.T.I (Gangstar Toons Industry) plus proche des hollandais et des anglais[réf. souhaitée]. Tandis que le mouvement des free parties se développe dans le pays, d'autres producteurs et sound systems se font connaître : les Teknokrates, ou encore Heretik System, dont les membres Popof, Beuns, KRS ou encore Nout vont produire un grand nombre de morceaux notamment hardtechno, hardcore et speedcore. Micropoint, composé de Radium et Al Core qui existe depuis le milieu des années 1990 va connaître un franc succès avec leur album Neurophonie en 1998[28]. Cet album est souvent considéré comme le point de départ du sous-genre frenchcore, entraînant un véritable engouement pour le hardcore en France, correspondant également à la forte médiatisation du phénomène des free parties.

Années 2000[modifier]

À la fin des années 1990, le hardcore va subir quelques transformations. Le gabber et le happy hardcore vont temporairement s'éteindre, laissant la place à d'autres styles plus accessibles comme la makina et le hardstyle. Sous l'influence de ce dernier et de la nouvelle scène industrial hardcore symbolisée par DJ Promo et son label The Third Movement et des producteurs comme Ophidian ou Mindustries, le gabber va renaître au début des années 2000 sous une forme plus moderne, plus mature, plus lente et plus travaillée[10], qui va rencontrer un très vif succès en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Italie[10], autour de producteurs et groupes tels Endymion, Kasparov, Art of Fighters, The Stunned Guys, ou encore DJ Mad Dog.

La série des compilations Biomechanik mixées par Manu le Malin va offrir une certaine visibilité au darkcore, qui va connaître un certain engouement au début de la décennie : des labels comme Enzyme X, Crossbones ou Bloc 46 produiront des artistes issus de courant, comme Ruffneck, Fifth Era, ou The Outside Agency. Bien qu'il soit apparu dès la moitié des années 1990, le breakcore va connaître un essor important au tournant de la décennie, notamment autour des producteurs Kid 606, Venetian Snares, Bong-Ra. Surtout, le style va suffisamment marquer la scène pour que l'on en retrouve des éléments dans d'autres genres de hardcore (les fusions avec le speedcore, le frenchcore, la drum'n'bass voire le dubstep sont depuis monnaie courante)[réf. nécessaire].

Tandis que le mouvement free party connaît un succès sans précédent dans toute l'Europe, et notamment en France (la fréquentation dans les teknivals dépassent souvent les dizaines de milliers de personnes), se développe la scène surnommée freetekno: on compte alors de très nombreux producteurs et labels dédiés à la tribe, à la hardtechno et au frenchcore : Epileptik, Audiogenic, Les Enfants Sages, Tekita, Breakteam, Mackitek, B2K et Narkotek. La qualité de ces productions parfois discutable, associée à l'apparition d'un look va profondément diviser le mouvement free party. Cependant, des artistes tels Cardiak, Roms, Psiko, Maissouille, Cemtex connaissent aujourd'hui une véritable popularité dans ce milieu.

Caractéristiques[modifier]

Musicalité[modifier]

L'évolution d'un morceau de techno hardcore suit en général la structure d'un morceau techno classique, à savoir l'ajout ou le retrait de pistes sonores suivant un cycles de quatre mesures. L'accent est généralement mis sur des coupures ou des baisses d'intensité au cours du morceau souvent suivies d'une montée, à l'instar d'autres genres de musiques electro. Le tempo du hardcore oscille plus rapidement que d'autres musiques de danse, généralement compris entre 140 et 220 battements par minute (BPM), cependant, il n'existe pas de véritable règle en la matière, il pourra donc être plus lent (notamment dans le genre darkcore), ou au contraire beaucoup plus rapide (principalement dans le speedcore et les sous-genres associés).

Le hardcore se distingue avant tout par une rythmique fortement mise en avant et des basses très lourdes. Il est surtout apprécié à des volumes très élevés (pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines de kilowatts). Un travail très important est réalisé autour du kick (probablement l'élément le plus reconnaissable de ce genre musical) notamment par des effets de saturation et de filtres, ainsi que sur des basses très imposantes. Les autres éléments rythmiques sont généralement des charlestons et des caisses claires, mais des sons synthétiques imitant des claquements de mains sont également très courants (principalement dans les productions des années 1990). L'usage de mélodies dans le hardcore est moyennement fréquemment: certains sous-genres (notamment gabber et hardstyle) en font grandement usage, il s'agira alors d'une sorte de riff tantôt mélancolique, épique ou au contraire joyeux que le public pourra reprendre en chœur (il s'agit habituellement d'anthem), souvent basé sur le son de synthétiseur « hoover », devenu caractéristique de ces genres[10]. D'autres styles, notamment ceux rattachés à la scène des free parties (frenchcore et hardtek) ne présentent que très rarement de mélodies et mettront alors plus l'accent sur les ambiances et les effets sonores. Des interventions vocales au cours d'un morceau sont très fréquentes, quel que soit le genre : il s'agit souvent de samples tirés de films (généralement à connotation sombre : films d'horreur, de guerre, de science-fiction... mais sont également appréciés des dialogues plus humoristiques), de journaux télévisés, mais il peut également s'agir de paroles écrites et interprétées par le producteur lui-même. Dans ce dernier cas de figure, un phrasé inspiré du hip-hop est alors courant.

Les ambiances développées dans le hardcore peuvent être très variées selon les sous-genres: enjouées (happy hardcore), très sombres (darkcore, doomcore), hypnotiques (tribe) ou encore martiales (gabber). Le genre reste cependant invariablement destiné à être dansé, il ne délivre donc pas vraiment de message et reste en général ludique. Le hardcore est également célèbre pour citer un grand nombre de musiques. À l'échelle de la musique électronique, il fusionne ou reprend de nombreux éléments à la drum and bass, au breakbeat, à l'acid techno ainsi qu'à la trance. En dehors des musiques électroniques, il n'est pas rare de retrouver des éléments de hip-hop, de reggae, de punk rock ou encore de metal extrême, souvent par le biais de samples. Les remixes de musiques célèbres à des fins souvent parodiques, notamment de musiques de films, de musique classique voire tout simplement de titres pop sont également très appréciés, notamment dans le hardcore joué en free party.

Pendant très longtemps, le style était principalement produit à l'aide de boîtes à rythme de marque Roland, telles les fameuses Roland TR-909 et Roland TR-808. La techno hardcore, notamment produite dans les années 1990 a été très fortement marquée par les sonorités de ces instruments, au point qu'il en est parfois référence dans des titres de morceaux, voire dans les pseudonymes de certains producteurs.

Éléments visuels[modifier]

En général, le hardcore est associé à une imagerie dure, violente, voire macabre, qui n'est finalement pas très éloignée de ce que l'on peut trouver dans les milieux heavy metal : têtes de mort, couleur noire, etc. Cependant, le hardcore présente également très souvent des visuels inspirés de la science-fiction, toujours très sombres, l'esthétique biomécanique y est notamment très appréciée[réf. nécessaire]. Un très grand nombre de ces artworks est réalisé par ordinateur, de même que les extraits vidéos diffusés par les VJs au cours de soirées ou de concerts. Le milieu free party a souvent repris ces éléments graphiques, en adjoignant d'autres faisant explicitement référence à la drogue ou au caractère hypnotique de la musique : spirales, images psychédéliques absurdes, inquiétantes[réf. nécessaire].

Le breakcore a, quant à lui, introduit un autre type de visuels, niché quelque part entre esthétique punk chaotique, humour provocateur à base de pornographie, de culture internet et d'infographie de mauvaise qualité volontaire, très brute (détourages simplistes, couleurs criardes, etc.)[29].

Style vestimentaire[modifier]

Les Nike Air Max étaient l'une des paires de chaussures les plus répandues dans le mode vestimentaire parmi les adeptes de hardcore.

Contrairement à la plupart des autres genres[Lesquels ?] de musique associés à la culture rave, le hardcore est l'un des seuls[réf. souhaitée] à avoir généré une esthétique vestimentaire. Il existe principalement deux tendances : le look gabber, et le look rattaché au mouvement free party (couramment surnommé « teufeur » en France[30]).

Le mouvement gabber est originaire des Pays-Bas[31], mais il va connaître une grande expansion dans le reste du Benelux, ainsi qu'en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Italie[6],[10]. Les gabbers apprécient particulièrement le genre musical du même nom, mais également diverses évolutions du style originel, principalement le mainstream hardcore et le hardstyle. Ils se reconnaissent généralement à leur look composé d'un crâne rasé et un visage imberbe, des vêtements de sport de marque Australian, Cavello, Lonsdale[32], Everlast, de baskets, généralement de marque Nike. Les bombers sont également particulièrement appréciés[10]. Le résultat présente plusieurs similitudes avec le look skinhead, avec qui on les confonds et amalgames souvent dans les médias, notamment à cause d'une réputation de violence. Ils sont fréquemment associés aux milieux d'extrême droite, alors qu'ils ne sont en fait que rarement impliqués dans un quelconque mouvement politique de quelque tendance qu'il soit. Un certain nationalisme cocardier n'est cependant pas rare[réf. souhaitée]. Un élément important de la culture gabber est la danse hakken, typique du style, et seule véritable danse issue du hardcore (bien qu'il soit rapproché du jumpstyle et du Melbourne shuffle[réf. nécessaire]). Il s'agit d'une danse rapide et agressive, qui se base sur un enchaînement de petits pas rapides accompagnés de mouvements des bras et du torse[32].

Dans la deuxième moitié des années 1990, suite à une grande médiatisation du phénomène rave, une vague de répression est engagée, notamment en Angleterre, puis en France. Une branche du mouvement va alors se radicaliser et lancer le mouvement des free parties, le hardcore devient l'une des musiques les plus appréciées du mouvement qui change alors de public : une nouvelle génération, plus jeune, qui n'a pas connu les débuts de la rave va peu à peu remplacer la précédente[réf. souhaitée]. Ils affichent alors un look beaucoup plus marqué, inspiré du punk et du hip-hop : crâne rasé, dreadlocks, crêtes, piercings, tatouages, vêtements militaires, baggys, sweats et t-shirts à l'effigie d'artistes, labels et sound systems, dominance des couleurs noires, kaki. Le look « teufeur » est très durement critiqué par la plupart des premiers acteurs du mouvement free party, qui lui reprochent d'y avoir amené un conformisme justement contraire aux idéaux originels de cette culture. Les références clairement affichées de manière provocatrice à la drogue associées à plusieurs drames (overdoses, meurtres) durant des teknivals vont définitivement associer les « teufeurs » à la consommation excessive de drogue dans les médias. Très courant au début des années 2000, ce style vestimentaire tend cependant à se raréfier, à mesure que les free parties perdent en popularité, depuis quelques années.

Production[modifier]

Le style musical hardcore est souvent composé grâce à l'utilisation d'un séquenceur musical, et un bon nombre de musiques était produit auparavant par logiciels de module sur ordinateur. Certains exemples de logiciels utilisés incluent FL Studio, Ableton Live, Cubase, Logic, Nuendo et Reason[33]. La grande disponibilité des ordinateurs, combinée par l'absence de rémunération financière, signifie que la plupart des artistes composent pour leur propre plaisir et pour le fait d'innover.

Sous-genres[modifier]

Alors que le genre musical techno hardcore ne cesse de s'accroître, de différents types (classés sous-genres) attirent d'autres fans.

  • Darkcore : Le darkcore (ou doomcore) est typiquement caractérisé par un tempo oscillant entre 150 et 180 BPM et d'un kick moins agressif mais très profond sur fond de samples souvent tirés de films d'horreur et accompagné d'un synthétiseur pour donner un air malsain et une mélodie très travaillée.
  • Frenchcore : Originaire de la scène française depuis les années 1990, et dérivé du gabber, le frenchcore se caractérise par un tempo oscillant entre 180 et 220 BPM ainsi que d'un kick semi-distordu notant une certaine distance entre le kick et la basse. Le frenchcore présente généralement peu de mélodie et se dérive souvent sur des fonds de bruits industriels. Il a également été considéré comme un style de free teckno[34].
  • Gabber : Le gabber est très populaire en Europe, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et en Belgique.
    • Early hardcore : Le early hardcore est la forme ancienne du gabber.
    • Mainstream hardcore ou nu-style : Le mainstream hardcore est la forme contemporaine du gabber[35], oscillant généralement entre 160 et 185 BPM et caractérisé par un kick distordu puissant très travaillé. Il est souvent accompagné d'une mélodie dark originale, et souvent travaillée.
  • Happy hardcore : Le happy hardcore est une musique dérivée de la dance (oscillant entre 165-180 BPM), souvent accompagnée de voix masculines ou féminines sentimentales. Ce style est notamment très populaire, entre autres, au Royaume-Uni en Australie et en Espagne.
  • Hardstyle : Le hardstyle est dérivé de la hard trance mélangé au hardcore. Il oscille généralement entre 130 et 150 BPM[36].
  • J-core : Les musiques nommées J-core sont des musiques électroniques dérivées du hardcore, originaire du Japon durant les années 1990. Très influencé par la culture Otaku, il contient un bon nombre de samples en provenance de mangas et d'animes. Le tempo oscille entre 160 et 190 BPM.
  • Makina : La makina, souvent similaire au UK hardcore, et originaire d'Espagne, est une musique électronique caractérisée par un tempo oscillant entre 150 et 180 BPM accompagnée de voix pitchées et de mélodies faciles à retenir. Il existe deux catégories de musiques Makina dont l'une est classée "mélodique" et l'autre classée "base" (sans aucune mélodie).
  • Speedcore : À ne pas confondre avec le thrashcore ou le speed metal, le speedcore est un dérivé du hardcore avec un tempo pouvant facilement osciller de 300 à 500-600 BPM souvent caractérisé par un kick lourd et distordu. Ses genres dérivés sont le splittercore, pouvant atteindre 700-800 BPM, et l'extratone, pouvant atteindre un tempo phénoménal et parfois très peu audible de 1000 BPM ou plus (dans lequel le kick est difficilement entendu, voir impossible).
  • Terrorcore : Originaire de Francfort, en Allemagne, le terrorcore oscille généralement entre 180 et 600 BPM. Il est caractérisé par ses samples repris de musiques Heavy Metal et industriels sur fond de kick gabber très rapide.
  • UK hardcore : Le UK hardcore est un terme musical pour désigner le type de rave hardcore très célèbre au Royaume-Uni. Il est caractérisé par un kick 4/4 et d'un tempo oscillant entre 150-200 BPM. Ce style de musique a émergé dans les années 1990 et a pris une ampleur phénoménale au XXIe siècle.

Notes et références[modifier]

  1. (en) Jon Savage, « Machine soul - A History Of Techno ». Consulté le 11 mai 2012
  2. (en) PSYCHEDELIC FREESTYLE. Consulté le 12 mai 2012
  3. (en) Dirk Moelants, « Dance Music, Movement and Tempo Preferences », 13 septembre 2003, p. 2. Consulté le 8 mai 2013
  4. (en) Ishkur, « Ishkur's guide ». Consulté le 8 mai 2013
  5. a et b (en) EuroPopMusic : Electronic Body Music, sur EuroPopMusic. Consulté le 8 mai 2013
  6. a et b (en) Johannes Ripken, « Dance Music History – First electronic sounds, via Disco, House, Dance to current developments », sur Johannes Ripken, 10 mai 2012. Consulté le 8 mai 2013
  7. a, b, c et d (en) Reynolds Simon, Energy Flash: A Journey Through Rave Music and Dance Culture, 1998 (ISBN 978-0330350563) 
  8. (en) « New Life-Soundmagazine october/november », New Life-Soundmagazine, octobre-novembre 1989 
  9. a, b et c (en) Mescalinum United - Biography, sur Planet Lyrics. Consulté le 8 mai 2013. « Trauner was co-founder of record label Planet Core Productions and has been credited with creating the first hardcore techno/gabber track in 1990, We Have Arrived, under the name of Mescalinum United »
  10. a, b, c, d, e, f et g (en) Gabba Hardcore Dance Music, sur fantazia. Consulté le 8 mai 2013
  11. a, b, c et d (en) Peter Shapiro, Drum 'n' bass: the rough guide : [jungle, big beat, trip hop], 1999 [lire en ligne] 
  12. (nl) DJ Paul Elstak, sur djguide.nl. Consulté le 8 mai 2013
  13. (en) Vladimir Bogdanov, All music guide to electronica: the definitive guide to electronica, 2011 
  14. (en) Mid-town History, sur Rotterdam Records. Consulté le 8 mai 2013
  15. (en) EVENTS.the past, sur Thunderdome, 20 juin 1992. Consulté le 8 mai 2013
  16. (en) 5th Raider, « Thunderdome I : Fuck Mellow, This Is Hardcore From Hell Review », sur http://gabber.no.sapo.pt/, 31 décembre 2004. Consulté le 27 décembre 2012
  17. (en) 5th Raider, « Thunderdome II : Back From Hell! Review », sur http://gabber.no.sapo.pt/, 19 juillet 2001. Consulté le 27 décembre 2012
  18. (en) 5th Raider, « Thunderdome III : The Nightmare Is Back Review », sur http://gabber.no.sapo.pt/, 30 juillet 2001. Consulté le 27 décembre 2012
  19. (en) 5th Raider, « Thunderdome IV : The Devil's Last Wish Review », sur http://gabber.no.sapo.pt/, 22 août 2007. Consulté le 27 décembre 2012
  20. (en) British and American hit singles: 51 years of transatlantic hits, 2071 p. 
  21. (en) Banana-Na-Na. Consulté le 27 janvier 2013
  22. (de) Gold-/Platin-Datenbank (Technohead - I Wanna Be a Hippy), sur Musikindustrie.de. Consulté le 17 janvier 2013
  23. (en) Daniel Leeflang Bio, sur Mokum Records. Consulté le 11 janvier 2013. « [...] and "I wanna be a hippy" which gave him a gold record for 25 000 copies sold in Germany only. »
  24. (en) Wyburn, Claire, « Scott Brown: The King of Scottish Hardcore », M8, no 85, avril 1996, p. 10–11 
  25. (fr) Des pratiques artistiques des jeunes, 2003 
  26. (fr) Stéphane Hampartzoumian, Effervescence techno: Ou la communauté trans(e)cendantale, 2004 
  27. (fr) Morgan Jouvenet, Rap, techno, électro...: Le musicien entre travail artistique et son organisation, 2006 [lire en ligne] 
  28. Biographie Micropoint. Consulté le 15 janvier 2013
  29. (en) [PDF] Breakcore: Identity and Interaction on Peer-to-peer, sur Academia-edu. Consulté le 8 mai 2013
  30. (fr) Michel Van Grevelinge, Profil hardcore, 2010 (ISBN 978-2-296-11959-8) 
  31. (en) Chris Fuller, « Happy hardcore, gabber raves and 200 BPM », Billboard, vol. 109, no 30, 26 juillet 1997, p. 41 [texte intégral] 
  32. a et b (en) Street Gangs, Migration Ethnicity, William Publishing, 2013 (ISBN 978-1-84392-396-1) [lire en ligne] 
  33. (en) When and where did it begin ? (Introducing Hardcore Techno), sur http://corehistory.blogspot.com/ (blog spécialisé). Consulté le 10 mars 2012
  34. (en) Frenchcore, sur http://corehistory.blogspot.com/. Consulté le 10 mars 2012
  35. (en) Nu style gabber aka Mainstream Hardcore, sur http://corehistory.blogspot.com/. Consulté le 10 mars 2012
  36. Hardstyle, sur http://corehistory.blogspot.com/. Consulté le 10 mars 2012

Annexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Nicolas Dambre, Les musiques électroniques, Éditions Alternatives, Paris, 2001 (ISBN 2862272698)

Articles connexes[modifier]