Free party

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Espace de repos, habituellement installé à côté des sound system et appelé « chill-out »

Une free party (également nommée « free », « teuf » ou parfois « fête libre ») est une fête de musiques électroniques dépourvue de restrictions des scènes clubs légales. Elle implique plus particulièrement un système de sonorisation diffusant de la musique électronique tard dans la nuit mais la plupart du temps le lendemain après midi, jusqu'au moment où les danseurs décident de rentrer chez eux. Une free party peut être composée d'un ou plusieurs systèmes, et si elle devient festival, elle est désignée en tant que teknival. Ces parties peuvent être organisées dans des zones autonomes dans laquelle les personnes se dictent leurs propres règles, la sonorité est normalement assez élevée devant le sound system, mais assez faible dès qu'on s'en éloigne. Le terme de free dans ce contexte est à la fois utilisé pour décrire la gratuité de l'entrée et également le manque de restrictions et de règles gouvernementales. La motivation des organisateurs peut s'étendre du simple amusement à la manifestation.

Présentation[modifier | modifier le code]

Free party, devant le son.

Une free party est habituellement organisée dans zone autonome temporaire (Z.A.T.). C'est un lieu dans lequel un sound system « pose » du « son » (matériel de sonorisation) pour en faire profiter les participants. L'installation d'une free party ne se limite pas au système de sonorisation, qui est souvent accompagné d'un bar improvisé et éventuellement d'un espace de repos désigné sous le nom de « chill-out » (bien qu'assez rare en free party) où l'on trouve souvent des brochures de prévention sur les drogues, la sexualité, l'ouïe, etc. Le lieu, généralement inhabituel pour une soirée (champs, forêts, massifs, grottes, bâtiments désaffectés…), est tenu secret jusqu'au commencement de la fête. Les organisateurs mettent souvent en place une infoline (répondeur interrogeable à distance avec un code communiqué sur le tract de la free party) voire le numéro d'un DJ (assez rare depuis 2000) qui indique au dernier moment la route à suivre pour trouver la teuf, ce qui donne souvent lieu à un jeu du chat et de la souris avec la police. Les moyens modernes de communication, téléphone portable et internet, permettent de relayer rapidement l'information sur le lieu. Les participants s'auto-désignent sous le terme de « teufeurs ». Certains se déplacent dans des camions appelés « camtar » ou fourgons plus ou moins aménagés. D'autres vivent toute l'année dans ces camions avec leur famille. Comme pour le logiciel libre (free software), et contrairement à une confusion courante, le terme « free » ne doit pas être seulement entendu dans le sens de « gratuit » mais avant tout dans le sens de « libre » (idée très proche du logiciel libre), ces fêtes tenant par dessus tout à se démarquer de ce que leurs organisateurs considèrent comme du mercantilisme dans soirées conventionnelles[réf. nécessaire].

L'usage du terme « free party » plutôt que du terme « rave party » est attribué au Spiral Tribe, un des collectifs anglais réputés pour avoir fait connaître la free party à travers l'Europe[réf. nécessaire]. La free party propose un accès gratuit ou sur donation. Le terme « son » désigne souvent le système de sonorisation en lui-même, comme dans l'expression « mur de son » qui désigne l'alignement d'enceintes diffusant la musique ou dans l'expression « poser du son » qui désigne l'action de mettre en place un tel système de sonorisation. Mais ce terme peut aussi s'employer comme synonyme francophone de « sound system » pour désigner l'ensemble des personnes participant à l'organisation de la free party. Utilisé dans ce sens, il peut aussi être synonyme de « tribe » (anglais pour « tribu »), terme qui met en avant l'organisation, comme le mode de vie tribal et communautaire souvent adopté par les teufeurs. La musique diffusée lors d'une free party est généralement plus radicale et est principalement représentée par les genres hardcore notamment breakcore, tribe, drum and bass/jungle, trance, hardtechno, speedcore et acidcore.

En France, en 2005, le Collectif des Sounds Systems[1], créé en 2001 pour faire face à l'hostilité du projet de loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) dénombrait plus d'une centaine de sound systems, c'est-à-dire des groupes possédant en commun un matériel de sonorisation destiné à être utilisé en free party[2]. Plusieurs lois[Lesquelles ?] sont venues encadrer les free parties.

Histoire[modifier | modifier le code]

Free party, vue d'ensemble (UK Tek, mai 2005, Pays de Galles).

Après l'émergence des parties acid house durant la fin des années 1980, 4 000[3] personnes étaient attendues pour danser en free party. Ces événements étaient organisé chaque fin de semaine. Le bruit et les incidents qu'engendraient ses fêtes en milieu rural, comme Genesis '88, ont été diffusé dans les médias. Le gouvernement britannique sanctionnait ses parties illégales de 20 000 £ et de six mois de prison[3]. En France, la première free party nommée Teknival, a été organisé en 1993 près de Beauvais[4]. Les interventions policières ont mené ces parties souvent illégales à être organisées en milieu rural. Le mot "rave" était utilisé pour qualifier ces fêtes semi-spontanées habituellement organisées hors du M25 Orbital et qui attiraient pas moins de 25 000 personnes[3]. C'est à cette occasion qu'un groupe du même nom, Orbital, a été fondé. Durant les années 1990, les raves commencent à devenir un phénomène incontournable. Aux environs de 1989-1992[3], les individus ayant voyagé pour atteindre les premières raves tentaient d'organiser leurs propres fêtes. Au milieu des années 1990, des compagnies majeures sponsorisent les événements et adoptent le style des free parties à des fins commerciales.

Au début des années 2000, le terme « rave » sert à désigner la communauté impliquée dans la musique électronique, particulièrement en Europe. Certains européens s'identifient eux-mêmes comme des "clubbers" plutôt que des ravers. Le terme free party a été utilisé de temps à autre et peut être aperçu dans la vidéo de Spiral Tribe intitulée 'Forward the Revolution' datant de 1992. Certaines communautés préféraient le terme de « festival », tandis que d'autres préféraient le terme « parties ». Au Royaume-Uni, tandis que des lois étaient adoptées pour empêcher, voir bannir, l'organisation de ces fêtes considérées illégales, de plus en plus de raves anarchiques sont organisées en Europe et en France, pays dans lesquels les lois donnaient au maximum l'organisation de 4 teknivals par an (2 dans le sud, et 2 dans le nord). En France, les plus grands teknivals attiraient pas moins de 30 000 personnes durant une période de trois jours[5]. Les termes free party et squat party deviennent des termes prédominants pour décrire des fêtes illégales. les free parties sont très mal perçues par les lois et sont même proscrites par les autorités gouvernementales, utilisant à quelques occasions des tactiques policières brutales[6]. Le en France, le décret d'application de l'article 53 de la LSQ[7], dit « décret Vaillant » est signé par le Premier ministre Lionel Jospin. L'association Technopol, association pour la défense, la reconnaissance et la promotion des cultures, des arts et des musiques électroniques, dépose un recours auprès du Conseil d'État pour demander l'annulation du décret d'application au motif que le texte fait peser un régime d'autorisation et non un régime de déclaration comme il a été présenté par le gouvernement aux députés de l'assemblée nationale. Le recours est rejeté[7] et le texte reste appliqué de manière floue.

Arts libres[modifier | modifier le code]

Bolas

Dans son aspect de fête libre, la free party laisse une part importante à diverses formes de création artistique. La jonglerie de feu ou de lumière est mise à l'honneur dans ces rassemblements. Qu'il s'agisse de la musique mixée par les DJs sur des platines (le plus souvent avec des disques vinyles issus eux-mêmes de productions pour la plupart libres de droits SACEM et distribuées via des réseaux alternatifs tels que la vente par correspondance ou de petits magasins spécialisés), ou que ce soit des compositions personnelles jouées en temps réel comme le font les livers, voire avec des interventions vocales en direct pour accompagner le son.

La décoration est une part importante et prend plusieurs formes : structures métalliques décorées, tentures, tags/graphes, sculptures, totems, ainsi que l'ensemble de jeux de lumières. Toute création originale et de préférence colorée est la bienvenue. D'autres formes d'arts s'expriment par des prestations bénévoles, notamment les arts de rue, qui peuvent prendre la forme d'échassiers, de spectacles pyrotechniques improvisés ou non (cracheur de feu, jonglerie avec torches enflammées, bolas, etc.) ou aussi des réalisations de tags en direct, ou plus rarement des concerts et des prestations de théâtre de rue. Le VJing est aussi très présent en free party.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Bien que ces soirées soient considérées par leurs protagonistes comme des endroits d'échange, de partage et de refus du mercantilisme, une méconnaissance et un historique "underground" entraîne une partie de l'opinion publique et des médias à ne le voir de la même manière et le phénomène fait souvent l'objet de critiques.

Atteinte au droit de propriété[modifier | modifier le code]

Le premier sujet de polémique est l'atteinte au droit de propriété. À l'origine, dans un souci de clandestinité, il était rare que les propriétaires des terrains sur lesquels avaient lieu des free parties soient contactés. Et bien que cela ne soit pas choquant pour une construction industrielle désaffectée et effectivement laissée à l'abandon, les terrains agricoles, prairies ou terrains ensemencés sont par contre utilisés par leurs propriétaires. Malgré tout avec l'évolution des législations dans de nombreux pays, beaucoup d'organisateurs ainsi que d'autres acteurs du mouvement tentent de communiquer avec les propriétaires afin de limiter les conflits, de faciliter la recherche d'un terrain adéquat et d'obtenir une autorisation préalable.

Pollution et nuisances sonores[modifier | modifier le code]

La majorité des plaintes relatives à une free party concernent les nuisances sonores. En effet, bien que les fêtes aient lieu dans des endroits reculés, la (pourtant faible) puissance de la sonorisation fait qu'elles sont audibles à plusieurs kilomètres à la ronde. Malgré tout, les organisateurs prennent généralement en compte l'orientation des habitations les plus proches pour placer le son dans une autre direction. Les free parties ayant lieu en général dans des lieux calmes, elles détruisent parfois pour plusieurs jours cette qualité de vie.

De plus, certains teufeurs, dénoncés par d'autres participants plus respectueux de la nature, n'emportent pas avec eux les déchets de leurs fêtes. Il arrive que pour une fête de trois jours, ce soit plusieurs tonnes d'ordures qui restent en plein champ, à charge pour la commune ou le propriétaire éventuel d'en financer le ramassage. Cette situation ayant été constatée par les organisateurs, nombres d'initiatives se multiplient pour encourager au nettoyage, comme l'échange d'un sac-poubelle plein contre une bière ou des coupures solidaires des sons pour le nettoyage en début d'après-midi. Il arrive aussi que quelques teufeurs restent volontairement sur place une partie de l'après-midi pour nettoyer le site.

Drogue[modifier | modifier le code]

Du fait de l'esprit libertaire inhérent aux free parties et de l'auto-responsabilisation qui en découle, une grande tolérance existe vis-à-vis des produits psychotropes ou drogues. Malgré cette tolérance, les participants à ces fêtes n'ont pas tous le même comportement face aux drogues, certains ne prennent aucune drogue et la grande majorité a une consommation relativement modérée de ces produits, qu'ils perçoivent comme un simple usage récréatif.

Certains y voient un moyen d'amplifier ou d'illuminer leur conscience personnelle par la transe comme une résurgence des transes communautaires pratiquées en Inde, en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud où un usage social ou religieux est fait des drogues psychédéliques. D'autres y voient surtout un moyen d'éliminer la fatigue par la consommation de stimulants, type amphétamines ou un moyen de limiter la sensation de dépression liée à la descente (fin des effets) des drogues excitantes ou hallucinogènes par la consommation d'opiacés (héroïne, opium, rachacha). Les principales drogues consommées sont le cannabis, le speed ( Amphétamine ), l'ecstasy, le LSD, la cocaïne et la kétamine. Cette ouverture d'esprit aura aussi permis d'aborder ce problème de front et de tenter d'y apporter des solutions notamment par de la prévention via la réduction des risques avec la mise en place de dépliants informatifs et la présence, au sein de la free party elle-même, de stands d'informations tenus soit par des associations de teufeurs ou d'usagers (en France, par exemple, ASUD, Preven'teuf, Spiritek, Techno+...) soit par des ONG (en France, par exemple, Médecins du monde et Croix-Rouge).

Au sein du mouvement[modifier | modifier le code]

De nombreuses polémiques existent au sein du mouvement lui-même. La plus récurrente est celle qui vise à déterminer si le mouvement est avant tout festif ou politique, polémique qui amène différentes interprétations du mouvement : le versant politique restant partisan de petits rassemblements à taille humaine et exempt de toute législation puisque clandestins. La critique se fait plus virulente du fait de l'encadrement de l'État et des investigations menées en marge des rassemblements pour la recherche des infractions, notamment à la législation sur les stupéfiants.

Une autre polémique vise la médiatisation du mouvement et l'afflux massif de participants qu'elle engendre, générant des problèmes de pollution et de facteurs de nuisances (voitures, parkings) et de bruits pour les riverains des communes voisines

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. collectif des sound systems français - site officiel - créé en 2000
  2. D'où sortons nous ?
  3. a, b, c et d (en) Reynolds = Simon, Energy Flas, Picador,‎ 1999 (ISBN 0-330-35056-0)
  4. Sarah de Haro, « Les Spi, quatre DJ dans le vent », Libération,‎ 30 juillet 2001 (lire en ligne)
  5. (en) « French ravers force police to retreat », sur BBC,‎ 16 août 2002 (consulté le 26 juin 2006)
  6. (en) « Czech PM defends rave crackdown », sur BBC,‎ 2 août 2005
  7. a et b CE, 30 avril 2004, N° 248460

Bibliographie[modifier | modifier le code]