Rave party

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Une rave, ou rave party, est un rassemblement autour de la musique électronique underground qui se déroule en pleine nature ou dans tout autre lieu non prévu pour cela à la base (gare, entrepôt désaffecté, grange, etc.).

Les bases idéologiques de ces rassemblements sont un refus des valeurs mercantiles du système et la recherche de la transcendance au travers de la musique. Ces valeurs se sont progressivement structurées en une sous-culture, la culture rave.

Le terme rave party est aussi communément employé par les médias pour désigner une free party. Bien que la plupart des rave parties soient festives, certaines tendent vers la réunion mystique, fruit de la transe collective.

Une rave party est organisée par un sound system. Un sound system est un collectif d'artistes (musicaux ou visuels), de techniciens, de DJ, et de décorateurs. Ce collectif recherche dans un premier temps le lieu idéal pour organiser l’événement, et une fois ce lieu établi, il en fait circuler les coordonnées, puis installe la logistique nécessaire au bon fonctionnement du son ainsi que les décorations et lumières.

Une analyse de l'histoire de l'homme nous pousse à observer que les rave parties sont une renaissance moderne d'anciens fonctionnements sociaux qui existaient dans les rites mystiques des tribus archaïques. À savoir : des réunions en pleine nature, autour de la musique, sous l'effet de psychédéliques, afin d'accéder à une sorte de transe collective et de communion avec la nature.[réf. nécessaire][Informations douteuses]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le verbe anglais « to rave » peut se traduire par « délirer », « divaguer » ou « s'extasier ». Le terme « rave » a été utilisé pour désigner une fête (party) dès les années 1960 à Londres par les descendants des immigrants venus des Caraïbes[réf. nécessaire]. Il fut ensuite repris dans les années 1980, lors de la naissance de l'Acid house à Chicago et en Grande-Bretagne ; à Goa, Ibiza et Israël ensuite.

Historique : à l'origine de la culture rave[modifier | modifier le code]

Participants groupés devant le système de sonorisation d'une rave

La fin des années 1980 voit le retour du mouvement contre-culturel, avec ses drogues hallucinogènes, sa musique planante et sa promotion de l'amour libre. Le rôle de la scène de Manchester, en Angleterre, sera prédominant pour le lancement du mouvement « rave » avec le « Second Summer of Love » en 1988.

Malgré la mauvaise image de cette musique auprès du grand public âgé entre 15/35 ans et le refus de la plupart des radios de diffuser ce type de musique en France comme NRJ (une émission cependant légendaire, Space Party), Fun Radio ou Skyrock, mise à part Maxximum au début des années 1990 et quelques radios associatives telle que L'Eko des Garrigues dans le sud de la France avec 3 émissions entre 1992 et 1994 (PH2, Rave Age, Tekno Trip — bien plus par la suite), voire Radio FG aujourd'hui[Quand ?], les clubs technos se multiplient et se remplissent sans même avoir recours à la publicité grâce au bouche à oreille[réf. nécessaire].

Devant cet engouement du public, certains propriétaires de clubs britanniques ont l'idée de dissocier vente d'alcool et horaires d'ouverture : en effet, traditionnellement au Royaume-Uni, les clubs ferment à l'heure où le permis de vente d'alcool expire. En ajournant volontairement leur licence de vente d'alcool, ces clubs peuvent non seulement rester ouverts toute la nuit mais aussi être ouverts aux mineurs. Ces clubs proposent des boissons énergisantes pour compenser. Cette situation ira crescendo, attisant les foudres des propriétaires de bars et des producteurs d'alcool, de sorte qu'en 1988, la loi impose aux clubs de fermer à deux heures du matin. Durant la même période, des centaines de rave parties, payantes et organisées par des promoteurs de spectacles, ont lieu dans des parcs d'attraction, des stades ou des parcs des expositions, autant en Angleterre que dans le reste de l'Europe.

Après la fermeture des clubs, de nombreuses fêtes clandestines s'élaborent sur un modèle de sound system itinérant. En mai 1992, Avon Free Festival est le premier festival techno gratuit organisé de manière clandestine et à grande échelle : trois jours de musique ininterrompue sont organisés à Castlemorton pour des milliers de ravers, au mépris total de la loi britannique. Le gouvernement réplique et, le 3 novembre 1994, le parlement britannique vote la clause Criminal Justice Bill du Criminal Justice and Public Order Act qui définit la rave comme « un rassemblement en plein air de cent personnes et plus (autorisées ou non à occuper le lieu) dans lequel de la musique amplifiée caractérisée par des pulsations répétitives est jouée pendant la nuit ». Cette loi permet entre autres aux policiers de forcer les ravers à évacuer les lieux s'ils génèrent des nuisances, et les contrevenants s'exposent à des peines de prison. Cette loi poussera de nombreux sound system britanniques (dont les Spiral Tribe) à s'exiler, notamment en France, créant ainsi le mouvement « free party ».

Évolution du mouvement[modifier | modifier le code]

La techno n'est plus considérée comme une musique déroutante et elle a gagné sa place dans les clubs, la plupart des pays ayant mis en place une législation permettant de différencier les soirées officielles des soirées clandestines.

États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

Le rave act est proposé en 2002, mais ne sera accepté qu'en 2003. Il sera alors intégré au Illicit Drug Anti-Proliferation Act : ce texte rend responsable les propriétaires de clubs ou les organisateurs d'événement de la consommation de drogues dans leur établissement ou pendant leur événement, ce qui place la promotion de « toute rave, danse, musique ou événement de divertissement dans lequel organisateur sait ou peut penser qu'il sera fait usage de substances illicites » au niveau de crime fédéral. Ce texte a été abandonné en février 2005.

France[modifier | modifier le code]

En 1995, une circulaire émise par la Direction générale de la police nationale, intitulée « Les soirées raves : des situations à hauts risques », présente les rave parties comme « des points de vente et d'usage de stupéfiants » et liste les différentes opérations de police qui peuvent y intervenir.

Une grande vague de répression suivra cette circulaire et, fin 1998 (notamment suite à des événements comme la Techno parade), les Ministères de la Défense, de la Culture et de l’Intérieur signent une nouvelle circulaire où une nette distinction est faite entre les organisateurs qui font une demande auprès des services administratifs (organisateurs de raves, payantes pour la plupart) et ceux qui organisent clandestinement (organisateurs de free party).

Cette circulaire opère alors une véritable scission entre les deux mouvements, tant musicale que légale, même si cette scission s'était déjà opérée devant le succès grandissant des rave parties comme les Boréalis (cycle de festivals techno ayant lieu en été dans le sud de la France de 1993 à 2000 et dont les derniers n'étaient plus clandestins) avec l'instauration de « contre-festivals » tel que les Fuck boréalis.

Ces dispositions sont légalisées avec la loi du 15 novembre 2001 sur la sécurité quotidienne.

Drogues[modifier | modifier le code]

Rave party et festival « XXXperience » dans la région de Belo Horizonte au Brésil en 2006.

Bien que la formulation « transe collective » donne une idée assez floue concernant la consommation de drogue dans ce mouvement, l'opinion publique a associé rave party et drogue. Les utilisateurs d'ecstasy mettent en avant les qualités de cette drogue, qui permet de se lâcher, d'abolir les barrières et d'atteindre une sensation de collectivité du bien-être[1]. Les spécialistes, au début des années 1990, ne peuvent que redouter les effets à long terme de cet usage prolongé de drogues, sans vraiment toujours disposer d'études fiables pour quantifier ces effets[1].

En 1990, une jeune femme de 21 ans est retrouvée morte à l'Haçienda, le club le plus populaire de Manchester ; la presse s'en empare et la mort est imputée à l'absorption de deux cachets d'ecstasy ; les circonstances de sa mort sont toujours inconnues. La virulence de la campagne de presse qui entoura ce fait divers est à rapprocher de ce qui entoura les scandales des punks en 1977.

Le mouvement rave party n'a d'ailleurs jamais nié les problèmes inhérents à la consommation de drogue, cherchant toujours dans la mesure du possible à mettre en œuvre le maximum de prévention concernant ces problèmes, que ce soit par l'information ou par la mise en place d'espaces calmes comme les « chill out ». D'autre part, il existait sur certains rassemblements Techno un stand de testing afin de mettre en évidence la présence de certaines molécules étrangères dans les produits consommés.

Cependant, la consommation d'autres drogues (amphétamines, cannabis, LSDetc.) y est très largement répandue, au même titre qu'elle pouvait l'être dans les festivals pop de l'Amérique des années 1970. Mais en 1992, il est fait état de douze morts depuis 1988 imputables à l'ecstasy au Royaume-Uni, et pour dix d'entre eux l'origine du décès est indiscutablement l'usage d'ecstasy, parfois à de faibles doses[1]. Le décès d'Anna Wood, âgée de 15 ans, mort d'une overdose en 1995 en Australie aura le même type d'écho médiatique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c [vidéo] (en) « 'E' is for Ecstasy », de Howard Reid, 24 mai 1992, 50 min [présentation en ligne]. Épisode de la série documentaire télévisée Everyman (en) diffusé en 1992 sur BBC Two, narration Steve Coogan. [vidéo] la vidéo en sur YouTube.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]