Einstürzende Neubauten

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Einstürzende Neubauten

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Informations générales
Pays d'origine Berlin Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre musical Musique expérimentale, industrielle
Années actives Depuis 1980
Labels Eisengrau
ZickZack
Some bizzare
Mute Records
Potomak
Site officiel www.neubauten.org
Composition du groupe
Membres Blixa Bargeld
N.U. Unruh
Alexander Hacke
Jochen Arbeit
Rudolf Moser
Ash Wednesday
Anciens membres F.M. Einheit
Marc Chung
Gudrun Gut
Beate Bartel
Roland Wolf
Logo

Einstürzende Neubauten (prononcé en allemand : [ˈaɪnˌʃtʏɐtsəndə ˈnɔʏˌbaʊtən]) est un groupe originaire de Berlin-Ouest, formé en 1980, composant une musique expérimentale à tendance bruitiste et industrielle. Ses membres successifs appartiennent à la scène artistique dite « des dillettantes géniaux ».

Dès ses débuts, le groupe se distingue par l'utilisation systématique de sons concrets provenant d'objets et d'outils qui leur tombait sous la main, conférant à leurs morceaux une sonorité généralement agressive aux oreilles des non-initiés.

Étymologie du nom[modifier | modifier le code]

Le nom du groupe signifie « les nouvelles constructions sont croulantes » ou « les nouveaux immeubles s'effondrent ». À Berlin-Ouest, à côté des Altbau « anciennes constructions », majoritairement datant du Gründerzeit et ayant un style architectural historiciste, se sont érigés dans l'après-guerre des Neubau « nouvelles constructions », souvent bétonnés.

Le nom du groupe a fait parler de lui quand le toit de la Salle des Congrès s'effondre pendant une conférence le 21 mai 1980, faisant un mort et de nombreux blessés graves. L'accident de ce symbole architectural germano-américain d'après-guerre était dû à un défaut de construction. L'attention médiatique que le groupe attira à cette occasion donna à son nom un nouveau sens[1].

Orientation musicale et imagerie[modifier | modifier le code]

Les Neubauten se sont beaucoup fournis sur les chantiers pour trouver de objets susceptibles de produire des sons innovants et enrichir leur musique qu'on qualifiera plus tard d'industrielle. Des scies circulaires, des scies à métaux, des perceuses, des tôles comme percussion ou des marteau-piqueurs font partie de leur attirail hétéroclite et de leur incessantes prises de sons. D'après Blixa Bargeld, ce n'était pas une direction artistique que le groupe prenait consciemment. Les membres du groupe, désargentés et résolus à une approche radicale et non conventionelle de la musique, se servait de ce qu'ils trouvaient ou volaient dans leur environnement immédiat[1][2].

Peu de temps avant la sortie de l'album Kollaps, N.U. Unruh a dû vendre sa batterie qu'il utilisait jusque-là pour pouvoir payer son loyer. Il a ensuite recréé un ensemble de percussions avec des objets trouvés. Sur le livret de Kollaps, le groupe revendique son renoncement à la batterie professionnelle (« Schlagzeug abgeschafft ») et aux instruments traditionnels[3], même si le groupe conservait une guitare.

Le membre principal du groupe, Blixa Bargeld, s'est construit musicalement dans les années 1970 avec le Krautrock de Can, Neu! ou Kraftwerk, même s'il considère Ton Steine Scherben comme le seul vrai groupe de rock allemand et germanophone de l'époque[4].

Le 4 septembre 1981, le groupe participe au Festival Genialer Dilletanten où il pourra écouter un autre groupe industriel légendaire, les anglais de Throbbing Gristle. Dans les années qui suivirent, de nombreux groupes de musique, Einstürzende Neubauten en tête, ont rendu hommage à ce festival en s'autoproclamant des « dilletantes géniaux », terme dont la faute d'orthographe (le double l de dilettante) est assumée. Le terme de dilettante est ici choisi à dessein pour se démarquer des « professionnels de la musique » et pour revendiquer une approche conceptuelle, dadaïste et punk de leur art. Les artistes comme Joseph Beuys et Jackson Pollocks ainsi que le mouvement des Nouveaux Fauves (Junge Wilde) en général auront une influence déterminante sur l'imagerie du groupe[4].

Pendant les années 1990, la musique du groupe devient plus mélodique. Le changement de line-up partiel de 1995 sera un symptôme de ce changement de cap progressif. Le percussioniste F.M. Einheit, qui mettait littérallement le feu à la scène dans des spectacles très énergiques dans les années 1990 déclarera lors de son départ que « les nouvelles constructions ne s'effondrent plus » et qu'il regrettait un adoucissement de la musique du groupe.

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Article principal : Logo d'Einstürzende Neubauten.

Le groupe est aussi reconnaissable à son logo, un pétroglyphe pariétal d'origine toltèque ou olmèque, décliné sur la quasi-totalité de leur production.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres fondateurs (1980)
Première époque (1981-1995)
Deuxième époque (1997-présent)

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation du groupe (1979-1980)[modifier | modifier le code]

Dès fin 1979, Blixa Bargeld fait des répetitions dans son squat de la Langenscheidtstraße à Berlin-Schöneberg. Il enregistre quarante minutes d'une piste appelée Valium en collaboration avec Susä Hobeck, Beate Bartel et N-Dih alias N.U. Unruh dans une première cassette du nom des trois participants principaux : n.dih/blixa/susä et du surtitre Einstürzende Neubauten[5].

Bien qu'elle participera à quelques concerts au printemps 1980, Susä Hobeck quitte rapidement Blixa, N-Dih et Beate. Par ailleurs, cette dernière fait partie avec Gudrun Gut, Bettina Köster, Eva Gößling et Karin Luner du groupe féminin de punk expérimental et de free jazz Mania D, qu'elles ont fondé en mai 1979. Gudrun Gut et Bettina Köster sont aussi propriétaire d'une boutique underground dans la Goltzstraße 37, Eisengrau, qui leur sert aussi de lieu de répétition. Blixa Bargeld ne tarde pas à y emménager.

Constamment à la recherche de salle de concert, Bargeld est invité pour le 1er avril 1980 à jouer à la discothèque Moon Club. Il appelle différents amis et propose « à ceux qui répondent » de l'accompagner sur scène. Le line-up de cette soirée « fondatrice » du groupe sera Beate Bartel, Gudrun Gut, Blixa Bargeld et NU Unruh. Ils organisent une prise de son avec tête artificielle pour garder un enregistrement du concert. Ils publieront de cette soirée une cassette de 46 minutes, tirée à vingt exemplaires, qu'ils vendent à Eisengrau sous le nom de Moon, 1. April 1980 / Liveaufnahme in Kunstkopfstereo. Le local devient pour eux une sorte de label musical diy.

Le 12 avril 1980, Einstürzende Neubauten fait son deuxième concert au SO36. Beate Bartel, Gudrun Gut, Blixa Bargeld et NU Unruh sont rejoint pour cette soirée par Bettina Köster. L'enregistrement, cette fois en mono, s'intitule Chaos → Sehnsucht/Energie et sortira en juin, toujours limité à vingt exemplaires[5].

Les filles cessent de participer à Einstürzende Neubauten pour se consacrer à plein temps à Mania D. Unruh et Bargeld enregistre donc leur single Für den Untergang à deux. La face A est enregistrée au Music Lab Studios de la Lübecker Straße à Berlin-Moabit, la face B à l'intérieur d'un pilier de la Bundesautobahn 100 vers Berlin-Schöneberg[5]. Le vinyle (premier du groupe) sort en septembre 1980 chez Monogam Records. Le single fait également partie de la compilation Strategien gegen Architekturen.

Première époque (1981-1995)[modifier | modifier le code]

Neubauten.jpg

En 1981, le percussionniste FM Einheit et le guitariste Alexander Hacke rejoignent Einstürzende Neubauten. Ils enregistrent leur premier album Kollaps, où ils utilisent comme instruments concrets des plaques de métal et autres instruments qu'ils fabriquent eux-mêmes, ainsi que différents sons électroniques.

Durant leur première tournée allemande, Mark Chung rejoint le groupe et, un an plus tard, c'est au tour du technicien-son Alexander Hacke d'en devenir un membre. Cette formation durera 10 ans.

En 1982, Einstürzende Neubauten enregistrent un second album, Zeichnungen des Patienten O. T.. Le titre provient d'un livre de l'écrivain Leo Navratil, qui y décrit les dessins d'Oswald Tschirtner.

La production suivante Halber Mensch (1985) peut être vue comme une percée dans leur carrière musicale. Pour la première fois, la musique d'Einstürzende Neubauten possède une certaine structure, particulièrement dans les paroles de Blixa Bargeld et dans le chant qui, de mots ou de phrases criées, s'organisent en mélodies poétiques.

À partir des années 1990, leur production évolue vers une certaine sérénité, tout en gardant une approche bruitiste et intellectuelle. Ils écrivent aussi des musiques pour les pièces de théâtre de Heiner Müller. Le groupe est surtout reconnu pour ses performances scéniques mélangeant instruments conventionnels (guitare, basse) et divers objets, utilisés comme matériaux sonores surtout pour les percussions.

Les deux albums suivants, Fünf auf der nach oben offenen Richterskala (1987) et Haus der Lüge, rencontreront un franc succès aux États-Unis et au Japon.

Deuxième époque (1995-aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Einstürzende Neubauten.

Albums publics[modifier | modifier le code]

Albums privés[modifier | modifier le code]

Série des Supporters Neubauten.org, distribuée exclusivement aux souscripteurs du groupe
  • Supporter Album #1 (2003)
  • Airplane Miniatures EP téléchargeable
  • Grundstueck (Supporter Album #2) (2005)
  • Grundstueck (Phase II DVD) (2005)
  • Alles was irgendwie nützt (bootlegs) (2006)
  • Jewels (disponible en téléchargement pour les supporters) (2006-2007)

Projet Musterhaus[modifier | modifier le code]

  • 1. Anarchitektur (2005)
  • 2. Unglaublicher Lärm (2005)
  • 3. Solo Bassfeder (2005)
  • 4. Redux Orchestra Versus Einstürzende Neubauten (2006)
  • 5. Kassetten (2006)
  • 6. Klaviermusik (2006)
  • 7. Stimmen Reste (2006)
  • 8. Weingeister (2007)

Singles[modifier | modifier le code]

  • Für den Untergang (1980)
  • Thirsty Animal (Einstürzende Neubauten & Lydia Lunch) (1982)
  • Yü-Gung (1985)
  • Feurio! (1990)
  • Total Eclipse of the Sun (1999)
  • Perpetuum mobile (uniquement disponible au téléchargement) (2004)

Maxis[modifier | modifier le code]

  • Kalte Sterne (1981)
  • Interim (partie du triptyque Tabula Rasa) (1993)
  • Malediction (partie du triptyque Tabula Rasa) (1993)
  • Stella Maris (1996)

Compilations[modifier | modifier le code]

Lives[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Moon, 1. April 1980 / Liveaufnahme in Kunstkopfstereo
  • 1980 : Chaos → Sehnsucht/Energie
  • 1982 : Live
  • 1984 : 2X4
  • 2001 : 09-15-2000, Brussels
  • 2003 : Gemini (disponible uniquement au téléchargement)
  • 2004 : Perpetuum Mobile Tour albums
  • 2005 : 25th Anniversary Tour albums

Autres: Théâtre, Bandes Originales, Remix[modifier | modifier le code]

  • Die Hamletmaschine (1991)
  • Faustmusik (1996)
  • Ende Neu Remixes (1997)
  • Berlin Babylon (2001)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1981 : Stahlmusik (concert en public)
  • 1985 : Berlin Now (documentaire)
  • 1986 : ½ Mensch (film de Sogo Ishii)
  • 1987 : Nihil oder Alle Zeit der Welt (film de Uli M Schueppel)
  • 1993 : Liebeslieder: Einstürzende Neubauten(WDR, documentaire de Stephan Guntli)
  • 2000 : Hör mit Schmerzen (documentaire de Christian Beetz et Birgit Herdlitschke)
  • 2001 : Berlin Babylon (Documentaire de Hubertus Siegert), bande originale d'Einstürzende Neubauten)
  • 2002 : Ausländer raus! Schlingensiefs Container(documentaire de Paul Poet), spectacle en public d'Einstürzende Neubauten
  • 2004 : Seele brennt: Einstürzende Neubauten Nihil(documentaire de Christian Beetz und Birgit Herdlitschke)
  • 2006 : On Tour with Neubauten.org(documentaire de Danielle de Picciotto)
  • 2006 : Palast der Republik - Berlin, 4. November 2004 (concert au palais de la république)
  • 2009 : Elektrokohle (von Wegen) (documentaire d'Uli M Schueppel)
participation 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Einstuerzende Neubauten - Biography », sur nick-cave.com
  2. (en) « Blixa Bargeld interview by Jason Gross », sur furious.com
  3. (de) « Ein Interview mit Blixa Bargeld », sur Tip Berlin,‎ 18 octobre 2010
  4. a et b (en) A.D. Amorosi, « Einstürzende Neubauten: Stories From The Industrial Revolution », sur Magnet Magazine
  5. a, b et c (de) « Discography (I) (1980-1997) », sur fromthearchives

Liens externes[modifier | modifier le code]

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