Early hardcore

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Early hardcore

Origines stylistiques breakbeat[1], house[2], jungle[1], musique industrielle[2], techno hardcore, techno[2]
Origines culturelles Début des années 1990 ; Pays-Bas (Rotterdam)[3]
Instruments typiques Boîte à rythmes, clavier, échantillonneur, séquenceur, synthétiseur
Popularité Faible à élevée dans les années 1990, underground depuis les années 2000
Scènes régionales Allemagne, Belgique, États-Unis, Pays-Bas, Italie
Voir aussi Hakken, Parkzicht, Thunderdome, J-core

Genres dérivés

Breakcore[4], frenchcore[4], happy hardcore[5],[6], happy gabber, happy hardcore[7], jumpstyle[8]

Le early hardcore est un genre de musique électronique lancé au début des années 1990 dans le mouvement techno hardcore, et l'un des deux styles musicaux distincts du gabber.

Ce n'est qu'au début du millénaire que les fans apercevront un brusque arrêt du early hardcore, qui lui, se divise par la suite en plusieurs sous-genres musicaux. Les évènements diminuent et changent considérablement la scène du hardcore. Certains nostalgiques de ce style musical restent dans ce domaine et plusieurs compositeurs et labels tentent de garder la même fraicheur de l'époque où le early hardcore affluait en masse. Depuis 2007, aux Pays-Bas, le early hardcore reste très apprécié des danseurs et certains évènements comme le Ghost Town, à Vechtsebanen, mixent et diffusent encore ce genre.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme de « gabber » est initialement utilisé au début des années 1990 par le producteur néerlandais Paul Elstak pour décrire cette scène, à cette époque émergente, dans sa globalité[7]. Le terme est dérivé du mot yiddish chaver qui signifie « ami » ou « frère »[7]. Cependant, le jargon amstellodamois du genre, « gabberhouse », s'inspire de DJ « Hardy » Ardy Beesemer[4],[9],[10]. À la suite du déclin significatif du genre à la fin des années 1990, un nouveau style distinct, le mainstream hardcore[3], nu-style, ou nu-style gabba[2], émerge en 2002[2],[4]. Par rétronymie, le style des années 1990 est nommé hardcore house, gabberhouse, early hardcore, early rave, oldschool rave ou oldschool gabber.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le symbole « Hardcore » représente le courant early hardcore.

Les origines culturelles du gabber sont retracées au début des années 1990 aux Pays-Bas[11] ; les prémices du gabber, elles, sont retracées à la toute fin des années 1980[7] aux États-Unis, plus précisément en 1991 à la création du label discographique Industrial Strength Records, le tout premier au monde catégorisé techno hardcore, par le producteur et disc jockey américain Lenny Dee[12]. À partir de ce moment, Lenny Dee est considéré comme le créateur des genres hardcore, gabber et speedcore[13]. La chanson We Have Arrived de Mescalinum United, publié en 1991 par Industrial Strength Records, est considérée par la presse spécialisée comme la toute première chanson gabber connue[4],[2]. Le disquaire Mid-Town dans le Nieuwe Binnenweg de Rotterdam occupe également une place dans la popularisation du genre[4].

Les origines stylistiques du genre font débat, cependant[14]. Certains attribuent ses origines à des disc jockeys américains qui jouaient des compositions stylistiquement similaires lors de soirées à Rotterdam, laissant supposer une origine américaine de ces sonorités[14], style parfois qualifié de « hard house », voire « UK hard house », afin de le distinguer de ce qui deviendra le « hardcore house » spécifiquement néerlandais[9]. Pour d'autres, l'origine est à chercher en Belgique, au sein de la scène new beat[15]. En cette période, la scène rotterdamoise est à la recherche d'un style propre, s'opposant à la scène amstellodamoise. Les médias s'intéressant à la scène house néerlandaise se focalisent à l'époque uniquement sur Amsterdam, ville dans laquelle l'acid house est très populaire. Au Parkzicht, boîte de nuit rotterdamoise ouverte en 1989, DJ Rob mixe régulièrement des compositions houses, acid ou techno en provenance de Belgique, d'Italie, des États-Unis ou du Royaume-Uni[16],[17], qu'il accélère et dont il intensifie la ligne de basses. Le Parkzicht accueille alors des jeunes de toute la région, sans videur à la porte, ainsi qu'une jeune génération de DJs, dont Paul Elstak[16], The Dark Raver, d'abord comme strip-teaseur, ou DJ Gizmo[4]. Petit à petit, la césure se fait, et la house et hardcore house se distinguent clairement à cette époque. Vers 1991 ou 1992 se crée une inflexion franche du style hardcore house dont l'identité se structure. Au final, le style se développe en réaction à la commercialisation de la house et est principalement influencé par le early hardcore originaire de New York et Francfort[5].

Popularisation et déclin[modifier | modifier le code]

Les premiers groupes musicaux, ou compositeurs, revendiquant ce style particulier « hardcore house » se structurent, et profitent de cette marque de fabrique pour véhiculer un message identitaire, via le tout nouveau label Rotterdam Records. En particulier, le groupe Euromasters, emmené par DJ Paul, fait paraître en 1991 le single Amsterdam, waar lech dat dan? / Rotterdam, éch wel (français : Amsterdam, putain c'est où ça ? / Rotterdam, c'est cool), affirmant par là la supériorité de la scène culturelle rotterdamoise par opposition à la scène amstellodamoise[18]. En réaction à cette sortie, DJ KC The Funkaholic dénigre, lors d'une interview, cette musique et ses amateurs, déclarant que « c'est avant tout le barouf d'une catégorie d'une couche sociale, des groupes de jeunes qui, entre potes, veulent aller s'éclater un max entre eux pendant le weekend[16],[19]. » Les Euromasters réagissent à cette déclaration en composant le titre Gabber zijn is geen schande! (en français : « Y'a pas de mal à être gabber ! ») Le mot gagne par la suite en popularité au sein de la scène hard house de Rotterdam et les fans se surnomment dès lors « les gabbers »[20], ceci expliquant l'origine amstellodamoise du qualificatif d'une musique à l'origine rotterdamoise[16].

Le gabber devient un phénomène de société et développe sa propre culture[21]. En 1995, le style gabber assoit son ampleur grâce aux milliers de fans qui affluent régulièrement aux divers événements (Thunderdome, mais également Earthquake, A Nightmare In Rotterdam, Hellraiser) qui revendiquent le style hardcore. Une presse spécifique s'organise, avec des magazines néerlandais tels Strobe ou Thundermagazine. Lors d'un documentaire diffusé en 1995, Rob Janssen explique que « le gabber ne consiste pas à se faire remarquer[22]. » En 1997, 24 % des jeunes néerlandais de 14 à 19 ans privilégient l'écoute du gabber[23]. À la fin des années 1990, l'ambiance qui entoure le genre musical gabber se dégrade, des influences néofascistes se faisant sentir un peu partout en Europe, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie, en Suisse et dans le Middle West américain[24]. Cependant, la majorité des amateurs du genre ne participent pas de ce mouvement, et les producteurs et artistes décident de combattre des relents racistes[25]. Le style périclite bientôt ; moribond à la fin des années 1990[26], laissant une place plus importante au hardstyle, jusqu'à la nouvelle émergence du gabber sous un nouveau style distinct dès l'année 2002[4].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Morceau early hardcore (ici, Wheres Me Rizzla? de IchiBaN).

La totalité des artistes et compositeurs utilisent un ou plusieurs logiciels audio-numériques spécialisés dans la création musicale par ordinateur[14]. Les thèmes du early hardcore se focalisent habituellement sur ceux de la violence, l'hédonisme, la drogue, et autres thèmes sombres[4],[27]. Peter Shapiro considère le genre comme « le schisme entre jungle et hardcore, qui peut être caractérisé à l'aide la distinction entre caisse claire et breakbeat[1]. » Dans le early hardcore, la basse et la grosse caisse (kick) sont réglées au même niveau sonore et fusionnent dans un mouvement appelé « marteau-piqueur »[1].

Certains instruments tels que l'orgue, à tuyaux ou électronique (comme par exemple dans les musiques « raveworld » du groupe Rotterdam Terror Corps ou « Do The Fuck » du groupe The Stunned Guys) et l'accordéon (« Braincracking » du groupe Neophyte) et le Roland Alpha Juno sont également utilisés. Un des composants les plus caractéristiques du early hardcore est un stab apparu pour la première fois dans le morceau Anasthasia de T99[28]. Cette sonorité est généralement obtenue à partir du sample de "statu variabilis" dans O Fortuna de Carmina Burana. Le sample contient ou non la présence de la cymbale, selon le rendu désiré. Ce composant est présent dans de nombreux morceaux de early hardcore, dont Hardcore To Da Bone de Masters of Ceremony.

Au niveau des percussions, les cymbales suivent généralement le kick. Souvent, celui-ci est accompagné par les charleys (de la même manière que pour d'autres types de musiques électroniques), la caisse claire (ride, snaredrum) sont majoritairement utilisé pour donner une percussion plus forte et/ou un rythme varié. pour les morceaux les plus détaillés. Les hi-hats et open hats sont occasionnellement utilisés entre ou pendant les lignes durant le tempo. Les claps peuvent être utilisés pour créer un style un peu plus classique, et les crashes pour faire la transition entre les différentes parties d'un morceau.

Mouvement[modifier | modifier le code]

Le mouvement gabber était un sujet négativement critiqué, controversé et stéréotypé par les médias[29]. Ce mouvement prenait initialement une grande ampleur aux Pays-Bas et en Belgique ainsi que dans leurs régions frontalières. Toutefois, le style musical s'est essoufflé des années après sa commercialisation (aux environs de 1998), mais il a eu un impact considérable sur la société hollandaise et retrouve, depuis 2002, un nouveau souffle grâce à la popularité du hardstyle. Le gouvernement hollandais estimait au début des années 1990 que le mouvement hardcore était dangereux pour la jeunesse ; selon eux, les gabbers incitaient à la consommation de drogues, au racisme/sexisme, à l'homophobie et à la violence[29]. Une répression et une censure assez sévère s'ensuivent contre les gabbers, dont certains tendent alors à se politiser. C'est, en effet, cette minorité qui va donner une image très négative au mouvement hardcore, accusé de racisme, notamment avec le style vestimentaire et l'apparence proche de celui des « boneheads » (crâne rasé, vêtements de marques spécifiques.) qui se développe vers le milieu des années 1990, notamment auprès des plus jeunes[29].

Alors que le style vestimentaire typique des gabbers plus âgés (jeunes adultes) intègre les vêtements de sport de la marque Australian, Cavello et Nike Air Max, d'autres se caractérisent par un air de « bonehead », parfois même nationaliste[30]. En 1997, une étude, concernant 1 147 adolescents hollandais sélectionnés dans 8 écoles et 4 villes, montre que 54 % des garçons et 46 % des filles sont impliqués dans le gabber, avec une moyenne d'âge de 15,7 ans[29].

Artistes[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, certains des artistes énoncés ci-dessous sont des références actuelles en matière de musique gabber et hardcore. Ils ont d'abord débuté avec le mouvement early hardcore avant de rejoindre (ou de quitter) le mouvement gabber. Certains d'entre eux changent de noms de scène et d'autres préfèrent choisir une voie autre que la composition musicale.

Événements[modifier | modifier le code]

Après la création du style musical actuellement connu sous le terme de « early hardcore », de nombreux labels ont été indépendamment et progressivement créé. Ces labels se popularisent et organisent leurs propres événements à travers les Pays-Bas, l'Europe, l'Amérique et même le monde entier. Ces labels incluent notamment Masters of Hardcore, Megarave, ainsi que des groupes comme Rotterdam Terror Corps (RTC). La plupart de ces événements se popularisent massivement tandis que d'autres ne sont plus d'actualité. L'événement Thunderdome, par exemple, doit sa popularité aux compilations homonymes commercialisés depuis 1992 par le label ID&T. Ces événements notables incluent : Masters of Hardcore[31], Megarave[32], Rotterdam Terror Corps et le très célèbre Thunderdome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Modulations: Une histoire de la musique électronique (titre original : Modulations - A History of Electronic Music: Throbin Words of Sounds, Paris, France, Allia,‎ 2004, 355 p., p. 204.
  2. a, b, c, d, e et f (en) « Gabba Hardcore Dance Music », sur Fantazia (consulté le 2 mars 2015).
  3. a et b (en) « Gabber », sur Corehistory (consulté le 14 juillet 2011).
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Dance Music.
  5. a et b (en) « How have you seen dance music culture develop within The Netherlands within your own career and has it always been an easy / positive route of progression? », sur Dancing Astronaut,‎ 8 octobre 2013 (consulté le 24 février 2014).
  6. (en) Sean Levisman, « Five Electronic Music Styles You Have to Be Absolutely Blitzed to Enjoy »,‎ 15 août 2011 (consulté le 24 février 2015), Happy hardcore is what happens when you take a bunch of Gabber-loving soccer hooligan meatheads and give them so much E that they turn all sappy and sentimental, but no less oafish and brutal..
  7. a, b, c et d (en) « It’s Not A Disgrace To Be A Gabber! », sur Boilerroom TV,‎ 8 novembre 2014 (consulté le 24 février 2015).
  8. (en) Brandon Ivers, « What Is It? Jumpstyle », sur XLR8R,‎ 29 janvier 2008 (consulté le 24 février 2015).
  9. a et b (en) Sander Kerkhof, « Dutch music now: from Amsterdam to Zwolle », sur Guardian.co.uk,‎ 12 juin 2012 (consulté le 9 juin 2013).
  10. « Back in the ’90s : le gabber », sur Whos Next (consulté le 31 août 2013).
  11. (en) Jamie Clifton, « Gabber Will Make Your Head Explode », sur Vice.com (consulté le 14 juin 2013).
  12. (nl) Pass-Out, « Lenny Dee: van disco tot grondlegger en ‘still here’. », sur Partyflock,‎ 22 mars 2008 (consulté le 18 août 2014).
  13. (en) Thomas Green, « Review: Harder, louder, faster. The Radical Technology tour The Powerhaus, London », sur The Independant,‎ 15 mai 1998 (consulté le 24 février 2015).
  14. a, b et c (en) Station23, « Gabber », sur everything2.com (consulté le 9 juin 2013).
  15. [vidéo] (de) « The Sound of Belgium », de Jozef Devillé, de Arte France, 2012, 85 min [présentation en ligne]. Documentaire diffusé le 22 novembre 2014 sur Arte Deutschland.
  16. a, b, c et d (nl) « Dance en (pop)journalistiek - Onderzoek in de fenomeen dance in de media » [PDF], sur deanderekantvanhetgelijk.files.wordpress.com,‎ 26 mai 2006 (consulté le 6 juillet 2013), p. 8.
  17. (en) Rod Glacial, « DJ Rob a inventé le son gabber et il vous raconte comment », sur Vice Magazine (consulté le 2 mars 2015).
  18. (en) Reuben Acciano, Western Europe,‎ 2005 (ISBN 1740599276, lire en ligne), p. 836.
  19. (en) « Biographie de DJ K.C. the Funkaholic », sur groovetrackers.com (consulté le 4 avril 2011).
  20. (en) Bogdanov, Vladimir, All Music Guide to Electronica: The Definitive Guide to Electronic Music, Backbeat Books,‎ 2001, x p. (ISBN 978-0879306281).
  21. (en) Jamie Clifton, « Gabber Will Make Your Head Explode », sur Vice.com (consulté le 14 juin 2013).
  22. (en) Ken Taylor, « A look back at gabber's foundations and street culture in 1995 », sur Beatport News,‎ 23 août 2013 (consulté le 31 août 2013).
  23. (en) Tom F. M. Ter Bogt et Rutger Engels, « Partying Hard: Party Style, Motives for and Effects of MDMA Use at Rave Parties », Substance Use & Misuse, vol. 40,‎ 2005, p. 1479–1502 (ISSN 1082-6084, lire en ligne [PDF]). Édité par Taylor and Francis.
  24. (en) Silcott, Mireille, Rave America: New School Dance Scapes, Toronto, ECW Press,‎ 1999, 114-117 p..
  25. (en) United Hardcore Against Racism & Hate - Time to Make a Stand (HUR 001, Hardcore United Records, 2005.), DJ Chosen Few - Chosen Anthem (Against Racism) (MOK 8, Mokum Records 1993.), Party Animals feat. MC Rob Gee - Die Nazi Scum (MOK 54, Mokum Records 1996.) et Hellcore - Fuck the Nazism (BDR-CD-02, Braindestruction Recordz, 2003.) sont les musiques par lesquelles la lutte contre le racisme et le fascisme s'est exprimée chez les DJ engagés du genre.
  26. (en) Robbert Tilli, « Holland Becomes Source Of R&B. Dutch Industry, Audience Begin To Embrace Local Acts », Billboard, vol. 110, no 31,‎ 1er août 1998, p. 21 (lire en ligne).
  27. (en) Thomas H. Green, « Gift of the gabber », sur Guardian.co.uk,‎ 15 décembre 2004 (consulté le 9 juin 2013).
  28. (en) « Famous Sounds » (consulté le 7 mai 2011)
  29. a, b, c et d (en) Stijn Verhagen, Frits Van Wel Ph.D., Tom Ter Bogt Ph.D. et Belinda Hibbel, Fast on 200 Beats Per Minute: The Youth Culture of Gabbers in the Netherlands, vol. 32, Kathryn G. Herr,‎ décembre 2000 (lire en ligne), p. 147 à 164.
  30. « Londsdale, marque préférée des gabbers » (consulté le 3 septembre 2010).
  31. (en) « Masters of Hardcore » (consulté le 7 février 2011)
  32. (en) « Megarave Records » (consulté le 13 juillet 2011)