Early hardcore

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le style musical des années 1990. Pour le style musical des années 2000, voir Mainstream hardcore.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gabber et Gabba.

Early hardcore

Origines stylistiques Hardcore
Origines culturelles Début des années 1990
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Instruments typiques Synthétiseur
Boîte à rythmes
Ordinateur
Séquenceur
Clavier
Sampler
Popularité Répandue (1993-1999)
Faible (actuellement)
Scènes régionales Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Voir aussi Gabber, Hakken, Hardcore

Genres dérivés

Mainstream hardcore

Le gabber, initialement appelé hardcore house puis rétrospectivement early hardcore, early rave, oldschool rave ou oldschool gabber, est un genre de musique électronique appartenant au mouvement hardcore. Dans les années 1990, il fut le genre de musique hardcore le plus répandu. Le genre a progressivement été renommé early hardcore lors de l'arrivée du mainstream hardcore, aussi appelé gabber, aux environs de 2003. De 1993 à 1999, le early hardcore prend une tournure majoritaire aux Pays-Bas et dans les pays limitrophes tels que la Belgique, le Luxembourg, la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, grâce notamment à l'événement Thunderdome.

Ce n'est qu'au début du millénaire que les fans apercevront un brusque arrêt du early hardcore, qui lui, se divise par la suite en plusieurs sous-genres musicaux. Les évènements diminuent et changent considérablement la scène du hardcore. Certains nostalgiques de ce style musical restent dans ce domaine et plusieurs compositeurs et labels tentent de garder la même fraicheur de l'époque où le early hardcore affluait en masse. Depuis 2007, aux Pays-Bas, le early hardcore reste très apprécié des danseurs et certains évènements comme le Ghost Town, à Vechtsebanen, mixent et diffusent encore ce genre.

Définition[modifier | modifier le code]

Une musique early hardcore (ici, Wheres me rizzla? de IchiBaN).

La définition de ce style est assez variable : en Europe continentale, le gabber est défini comme étant une version plus dansante et commerciale du hardcore, propagée entre autres par les soirées et compilations Thunderdome[1]. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le genre est désigné comme un ensemble de productions hardcore qui ne peuvent être classifiées dans les genres apparentés mélodieux UK hardcore et happy hardcore[Note 1]. Les musiques gabber reprennent notamment et généralement les thèmes de la violence, des drogues et autres types de profanations, perceptibles à travers des instruments électroniques et paroles parfois distordus.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du mot « gabber » tient d'un article dans lequel DJ K.C. the Funkaholic est interviewé sur son sentiment à l'égard de la scène hardhouse de Rotterdam. Il répond « Ils ne sont qu'une bande de gabbers qui prennent du plaisir »[2]. Paul Elstak, de Rotterdam, lit cet article et sur la première composition Euromasters (commercialisé sur Rotterdam Records), il grave le vinyle intitulé Gabber zijn is geen schande! (« Y'a rien de mal à être gabber! »). Depuis, le mot gagne en popularité dans la scène hardhouse de Rotterdam et les fans se surnomment désormais "gabbers". Le style a débuté au plus tard des années 1980 aux Pays-Bas, plus précisément au club de Parkzicht situé à Rotterdam dans lequel The Headbanger (alias. DJ Waxweazle) mixait régulièrement, mais certains clamaient que le genre a été dilué par le happy hardcore et, pour les fans, par une commercialisation du genre musical dans lequel le jeune public était attiré. L'organisation commerciale ID&T a aidé le genre musical à s'implanter (plus notamment grâce aux événements et compilations Thunderdome) en vendant tous types de marchandises et de produits dérivés[3]. Durant 1995, le style musical prend de l'ampleur grâce aux milliers de fans qui affluent semestriellement dans de divers événements liés au hardcore. À cette époque, des magazines hollandais tels que Strobe et Thundermagazine favorisent le développement de nouveaux évènements.

Le symbole le plus commun représentant le courant early hardcore.

En France, le gabber se forge un public au milieu des années 1990, principalement à Paris, notamment grâce à Gangstar Toons Industry (DJ Kirin & Dj La Carotte), Guiz-Ohm, Manu le Malin, Psychiatrick Sound System, DJ Olive et Mazen "Boss" qui ramènent, fin 1992, les premiers labels hollandais tels que Mokum Records, Rotterdam Records, Terror Traxx, etc. À l'époque, les compilations Thunderdome se vendent bien à plus de 10 000 exemplaires[réf. nécessaire]; mais les lois françaises ne permettaient pas d'organiser des raves à la hauteur des raves hollandaises[4]. Lors de l'effondrement du gabber durant la fin des années 1990, un style musical alternatif, nommé frenchcore, prend petit-à-petit place et engage une plus grande popularité que le gabber en France. Le gabber est souvent joué en soirée « underground » et « free party ». Depuis les années 2000 et 2010, un grand nombre de producteurs et DJ français reprennent le thème et la maîtrise similaire du gabber hollandais ; notamment, des artistes et groupes tels que DJ Ektoplasm & DJ Disorder (Total Hardcore Records), Tieum et les artistes du label Paris Hardcore Mafia (PHM).

Production[modifier | modifier le code]

Certains instruments tels que l'orgue, à tuyaux ou électronique (comme par exemple dans les musiques « raveworld » du groupe Rotterdam Terror Corps ou « Do The Fuck » du groupe The Stunned Guys) et l'accordéon (« Braincracking » du groupe Neophyte) et le Roland Alpha Juno sont également utilisés. Un des composants les plus caractéristiques du early hardcore est un stab apparu pour la première fois dans le morceau Anasthasia de T99[5]. Cette sonorité est généralement obtenue à partir du sample de "statu variabilis" dans O Fortuna de Carmina Burana. Le sample contient ou non la présence de la cymbale, selon le rendu désiré. Ce composant est présent dans de nombreux morceaux de early hardcore, dont Hardcore To Da Bone de Masters of Ceremony.

Au niveau des percussions, les cymbales suivent généralement le kick. Souvent, celui-ci est accompagné par les charleys (de la même manière que pour d'autres types de musiques électroniques), la caisse claire (ride, snaredrum) sont majoritairement utilisé pour donner une percussion plus forte et/ou un rythme varié. pour les morceaux les plus détaillés. Les hi-hats et open hats sont occasionnellement utilisés entre ou pendant les lignes durant le tempo. Les claps peuvent être utilisés pour créer un style un peu plus classique, et les crashes pour faire la transition entre les différentes parties d'un morceau.

Genres dérivés[modifier | modifier le code]

Le early hardcore s'est focalisé sur un tempo plus rapide s'étendant au-delà de 200 BPM, et les genres apparentés (normalement partie intégrante des labels) exposent certains traits musicaux majoritairement définis par leur kick. Ces genres apparentés incluent :

  • Le terrorcore - Utilisant le même kick distordu que celui des productions gabber nu-style. Les pistes n'incluent aucune mélodie et le thème est souvent très agressif. Les artistes représentatifs de ce genre incluent notamment DJ Plague et Paranoizer[6].
  • Le UK gabber - Supprimant la ligne de basse du kick en faveur d'un son plus résonnant, dans lequel est inclus un filtre. Souvent influencé par le Breakcore, utilisant un rythme au-delà du kick 4/4, cette variante du Gabber constitue un son ambient progressif. Ses artistes notoires incluent Hellfish, DJ The Producer, Bryan Fury, Deathmachine, Teknoist, et Scott Brown. Occasionnellement, les artistes du UK hardcore tentent de produire du UK gabber, tels Gammer et Brisk & Vagabond. Certains artistes UK hardcore adorent inclure une petite section de gabber nu-style dans leurs musiques hardcore. Ces fans originaux incluent Hixxy et Re-Con.
  • Le speedcore - Type de hardcore et gabber rapide, battant à 200 BPM ou plus[7].
    • Au-delà du speedcore existe d'autres genres plus rapides encore. Le terme « splittercore » est souvent utilisé pour nommer les musiques oscillant entre 500 et 900 BPM. Le terme « extratone »[8], quant à lui, est utilisé pour nommer les musiques allant au-delà de 1 000 BPM (bien qu'il soit impossible pour l'oreille humaine de distinguer une telle quantité de kicks rapides par seconde/minute).

Mouvement et popularisation[modifier | modifier le code]

Le mouvement gabber était un sujet négativement critiqué, controversé et stéréotypé par les médias[9]. Ce mouvement prenait initialement une grande ampleur aux Pays-Bas et en Belgique ainsi que dans leurs régions frontalières. Toutefois, le style musical s'est essoufflé des années après sa commercialisation (aux environs de 1998), mais il a eu un impact considérable sur la société hollandaise et retrouve, depuis 2002, un nouveau souffle grâce à la popularité du hardstyle. Le gouvernement hollandais estimait au début des années 1990 que le mouvement hardcore était dangereux pour la jeunesse ; selon eux, les gabbers incitaient à la consommation de drogues, au racisme/sexisme, à l'homophobie et à la violence[9]. Une répression et une censure assez sévère s'ensuivent contre les gabbers, dont certains tendent alors à se politiser. C'est, en effet, cette minorité qui va donner une image très négative au mouvement hardcore, accusé de racisme, notamment avec le style vestimentaire et l'apparence proche de celui des « boneheads » (crâne rasé, vêtements de marques spécifiques.) qui se développe vers le milieu des années 1990, notamment auprès des plus jeunes[9]. À l'inverse des Pays-Bas où un certain patriotisme, voire un nationalisme explicite, caractérise le mouvement, la branche allemande est initialement plutôt marquée par l'extrême gauche[réf. nécessaire].

Alors que le style vestimentaire typique des gabbers plus âgés (jeunes adultes) intègre les vêtements de sport de la marque Australian, Cavello et Nike Air Max, d'autres se caractérisent par un air de « bonehead », parfois même nationaliste[10],[11]. En 1997, une étude, concernant 1 147 adolescents hollandais sélectionnés dans 8 écoles et 4 villes, montre que 54 % des garçons et 46 % des filles sont impliqués dans le gabber, avec une moyenne d'âge de 15,7 ans[9].

Artistes notables[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, certains des artistes énoncés ci-dessous sont des références actuelles en matière de musique gabber et hardcore. Ils ont d'abord débuté avec le mouvement early hardcore avant de rejoindre (ou de quitter) le mouvement gabber. Certains d'entre eux changent de noms de scène et d'autres préfèrent choisir une voie autre que la composition musicale.

Événements notables[modifier | modifier le code]

Après la création du style musical actuellement connu sous le terme de « early hardcore », de nombreux labels ont été indépendamment et progressivement créé. Ces labels se popularisent et organisent leurs propres événements à travers les Pays-Bas, l'Europe, l'Amérique et même le monde entier. Ces labels incluent notamment Masters of Hardcore, Megarave, ainsi que des groupes comme Rotterdam Terror Corps (RTC). La plupart de ces événements se popularisent massivement tandis que d'autres ne sont plus d'actualité. L'événement Thunderdome, par exemple, doit sa popularité aux compilations éponymes commercialisés depuis 1992 par le label ID&T.

Ces événements notables incluent : Masters of Hardcore[12], Megarave[13], Rotterdam Terror Corps et le très célèbre Thunderdome.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notamment au Royaume-Uni où le UK hardcore est différent du UK gabber.
  1. (fr) « L'anthologie Thunderdome », sur Thunderdome France (consulté le 4 mai 2010)
  2. (en) « Biographie de DJ K.C. the Funkaholic » (consulté le 4 avril 2011)
  3. (en) « Site officiel d'ID&T », sur Id&t (consulté le 3 septembre 2010)
  4. « Arrêtés préfectoraux d'interdiction » (consulté le 4 avril 2011)
  5. (en) « Famous Sounds » (consulté le 7 mai 2011)
  6. (en) « Détails notables du terrorcore », sur Corehistory Blogspot,‎ 2009 (consulté le 9 février 2011)
  7. (en) « Détails notables du speedcore », sur Corehistory Blogspot,‎ 2009 (consulté le 9 février 2011)
  8. (en) « Détails notables du extratone », sur Corehistory Blogspot,‎ 2009 (consulté le 9 février 2011)
  9. a, b, c et d (en) Stijn Verhagen, Frits Van Wel Ph.D., Tom Ter Bogt Ph.D. et Belinda Hibbel, Fast on 200 Beats Per Minute: The Youth Culture of Gabbers in the Netherlands, vol. 32, Kathryn G. Herr,‎ décembre 2000 (lire en ligne), p. 147 à 164
  10. (fr) « Londsdale, marque préférée des gabbers » (consulté le 3 septembre 2010)
  11. (nl) « La marque Longsdale cataloguée par deux gabbers », sur Myvideo.be (consulté le 21 mai 2010)
  12. (en) « Masters of Hardcore » (consulté le 7 février 2011)
  13. (en) « Megarave Records » (consulté le 13 juillet 2011)