Tee-shirt

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T-shirt visant à faire connaître Wikipédia

Le tee-shirt (ou T-shirt) ou chandail à manches courtes en Amérique du Nord, ou encore tricot en Afrique francophone, est un maillot de corps, initialement à manches courtes[1], en général fait en coton ou en fibres polyester, qui doit son nom à sa forme en « T ». Un tee-shirt peut également être à manches longues, à capuche ou à col roulé. Il était originellement porté comme sous-vêtement, mais est désormais employé comme un vêtement à part entière, marquant la décontraction de son porteur, particulièrement l'été. Il s'enfile par la tête grâce à son encolure élastique.

La matière et la forme différencient un tee-shirt et un sweat-shirt : un sweat-shirt est plus épais, souvent réalisé en molleton alors que le tee-shirt l'est en tricot, jersey, interlock ou côtes (1x1 ou 2x2), ce qui lui confère son élasticité. Le sweat-shirt est usuellement à manche longue et coupé plus ample.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le tee-shirt, vêtement américain emblématique, serait un emprunt des soldats de la Navy aux marins de la Royal Navy[2]. Selon une autre hypothèse d'un emprunt européen, les troupes américaines combattant en Europe au cours de la Première Guerre mondiale se seraient appropriées les maillots de corps en coton léger des travailleurs et soldats locaux. Ce sous-vêtement devint le maillot de corps réglementaire de l'US Navy en 1919[3]. Il devient un vêtement de dessus vers 1930, grâce au sport et au cinéma, notamment après l'apparition dans cette tenue de Clark Gable dans le film New York-Miami en 1934. Selon certaines sources[3], la version moderne du tee-shirt serait le fruit d'une collaboration en 1932 entre la firme textile Cooper's Jockey avec l'équipe de football des Trojans de l'Université de Californie du Sud. Il devient un vêtement quasi-universel quand les G.I. débarquent en Europe à partir de 1943, via la production massive d'un modèle désignant sa forme le « T. Type shirt »[4]. En juillet 1942, le magazine Life parait avec en couverture la photographie d'un soldat portant un t-shirt portant l'inscription « Air Corps Gunnery School ». Dans les années 1950, Marlon Brando et James Dean le popularisent. Après le film La Fureur de vivre avec James Dean, le T-shirt devient le vêtement décontracté de référence.

Les fabricants historiques de ce vêtement sont : Fruit of the Loom (Rhode Island, 1851), P.H. Hanes Knitting Company (Hanes, Winston-Salem, 1902) , Pilgrim (Sears-Roebuck and Co, Chicago, 1886)...

Le tee-shirt est également un support de communication largement utilisé aujourd'hui par les entreprises comme par tout type d'organisation ayant des messages à transmettre. Les premiers t-shirts publicitaires (« I like Ike ») ou décorés apparaissent à la fin des années 1940. Le premier serait de la campagne présidentielle de Thomas Edmund Dewey en 1948 portant l'inscription « Dew it with dewey » conservé par la Smithsonian Institution. Selon certaines sources[4], le t-shirt aurait été un support de la promotion du premier film en couleurs Le magicien d'Oz[5].

Modes et coupes[modifier | modifier le code]

Porté comme sous-vêtement, le t-shirt a plutôt une coupe ajustée. Ceux portés par les G.I., puis par les acteurs hollywoodiens des années cinquante sont également portés assez près du corps. Par la suite, notamment dans les années 80 avec le développement du mouvement Hip-hop, il y a eu une mode consistant à porter des T-shirts très amples.

Le plus souvent, un T-shirt couvre les bas du dos. Cependant, certains, notamment de sexe féminin, peuvent le porter très moulant et assez court, dévoilant le nombril et le ventre.

Comme vêtement de corps, le t-shirt est usuellement blanc. Le gris est également une couleur classique, notamment des t-shirts de sport dans les universités américaines, souvent imprimés. Le développement du t-shirt comme vêtement de dessus ira de pair avec l'élargissement de la palette des coloris.

À l'origine, les t-shirts étaient confectionnés à partir de métiers circulaires produisant des tubes. Ils n'avaient donc pas de couture verticale sur les cotés. La majorité de la production actuelle est, au contraire, composée d'un devant et un dos cousus ensemble.

Le t-shirt n'a théoriquement pas de bouton : le développement du bord-cote circulaire extensible à l'encolure ayant permis au t-shirt de se substituer à la tunisienne ou henley, vêtement de corps traditionnel. Le tee-shirt peut être pourvu d'une poche à la poitrine, à gauche, sans que l'usage de cet ajout ne soit déterminé.

Le T-shirt est le vêtement adopté par toutes les générations et les stylistes cherchent à en créer toujours de nouveaux : nouvelles formes, nouvelles couleurs, nouvelles matières.

Initialement en pur coton, ce vêtement est aujourd'hui également produit en bambou, matières synthétiques, mélange de coton et divers synthétiques, voire en laine.

S'il est de couleur claire il devient semi-transparent une fois mouillé, c'est sans doute cette particularité qui est à l'origine des concours de tee-shirt mouillés.

Gaminet[modifier | modifier le code]

Citation du Grand Dictionnaire terminologique :

« Le terme gaminet, créé à Paris en 1974 (par Jacques Cellard, chroniqueur au Monde) comme parade amusante à l'anglicisme, semble peu utilisé en France. Au Québec, cette création originale (attribuée à tort à l'Office québécois de la langue française) fut perçue comme une francisation intéressante de l'anglais tee-shirt et s'est ainsi progressivement répandue dans l'usage écrit, surtout en milieu commercial et médiatique. »

Production et image[modifier | modifier le code]

Pour un t-shirt, il faut environ 300 g de fil. Pour 300 g de fil, il faut environ 1,3 kg de coton égrené et nettoyé. Pour 1,3 kg de coton, un cueilleur doit récolter quelque 400 capsules pesant chacune entre 2,5 et 4 g. Pour obtenir ces 400 capsules, il faut en moyenne 28 arbustes et 14 m2 de terre. Un bon cueilleur les récolte en quelque dix minutes. Sur un hectare (100 m × 100 m), on peut donc récolter environ une tonne de coton permettant de confectionner 750 t-shirts[6].

Vêtement basique, souvent peu cher, le t-shirt est un exemple de produit de confection dont la production est largement délocalisée. Pouvant être produit dans des sweatshops, à partir de coton d'Ouzbékistan, le t-shirt est devenu, avec la chaussure de sport, un symbole du commerce inéquitable et a suscité un mouvement de réaction au début des années 1990, principalement en Amérique du Nord, le mouvement anti-sweatshops.

Si la demande relative à plus d'éthique quant à la production du coton a pu avoir un certain écho, notamment avec le coton biologique ou labélisé Max Havelaar, le t-shirt équitable dans ses conditions de confections reste un produit de niche. Néanmoins, ces éléments restent porteurs de messages dans le cas du T-shirt éthique (commerce équitable) et du T-shirt en coton biologique. De plus en plus d'entreprises choisissent des T-shirts de fabrication éthique comme support de communication et valorisent de la sorte leur image en faveur du développement durable.

Personnalisation[modifier | modifier le code]

Exemple de tee shirt personnalisé

Les méthodes de décoration et de personnalisation de tee shirt sont diverses, chacune ayant des avantages et inconvénients différents en fonction de l'usage, du coût, du nombre de couleurs, de la résistance, du nombre d'exemplaires fabriqués, de la personnalisation à réaliser. On trouve notamment l'impression par aérographe, par applique, par broderie, par flocage (poudre gonflante à chaud), par feutrine thermo-collée, par sublimation et par sérigraphie directe ou transfert sérigraphié. Certaines imprimantes laser sont capables d'imprimer une image par sublimation sur du papier spécifique, avec un effet miroir, afin de la transférer ensuite sur tee shirt.

Il est possible également, dans certains cas, d'utiliser plusieurs techniques de personnalisation sur un même tee shirt : sérigraphie et feutrine, ou marquage par applique et broderie par exemple.

Dans les années 1980, de la teinture thermocromatique était utilisée pour fabriquer des tee shirts qui changeaient de couleur au contact de la chaleur. Cette marque de tee shirt, Global Hypercolour, a connu un franc succès au Royaume-Uni pendant de nombreuses années mais a depuis disparu. Elle était aussi répandue aux États-Unis à la fin des années 1980 notamment auprès des adolescents. Le problème de ces vêtements résidait dans le fait que la teinture s'abîmait rapidement dans l'eau chaude et déteignait au lavage.

Personnalisation par sublimation thermique[modifier | modifier le code]

Pour l’impression par sublimation le vêtement doit être en polyester. C’est pourquoi il faut des tee shirt spécifiquement adaptés à la sublimation, soit avec intérieur coton et extérieur polyester, soit en microfibre ou coton et polyester.

Les tee shirt coton/polyester restent les moins coûteux, mais avec une durée d'utilisation limitée. De nos jours ce sont les tee-shirts en coton bio qui sont les plus prisés, car moins allergènes et certaines marques et distributeurs participent au développement durable et commerce équitable dans toutes les étapes de fabrication et production de t-shirt en coton bio.

La technique du marquage par sublimation est utilisée, par exemple, pour les tee shirts de paint ball ou ceux destinés au moto-cross.

Tee-shirt sous licence art libre[modifier | modifier le code]

Fin juin 2008, le premier tee-shirt sous licence Art Libre est apparu. Il s'agit donc d'un tee-shirt avec un design « protégé » par le copyleft. [réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tee-shirt : Maillot en jersey de coton, initialement sans col et à manches courtes, dont la forme rappelle celle d'un T. » TLFi
  2. Sean Alfano, « le tee-shirt est toujours au top dans la mode au quotidien », sur cbsnews.com,‎ 11 février 2009 (consulté le 30 avril 2012)
  3. a et b Randye Hoder, « 125 Years: Commemorative Fashion Section », Los Angeles Times, 22 octobre 2006, I38.
  4. a et b M.N. Boutin-Arnaud et S. Tasmadjian, Le vêtement, Éditions Nathan,‎ 1997 [détail des éditions] (ISBN 2-09-182472-0)
  5. en 1939, le t-shirt reste un sous-vêtement, peu propice à la promotion et cette anecdote n'est pas confirmée
  6. La quantité de coton nécessaire pour un tee-shirt, Journal Coopération de la Coop (Suisse), (no 18, version française, du 29 avril 2014),

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]