Nicolas Viel

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Nicolas Viel, l'une des deux statues placées devant l'église de la Visitation ; l'autre étant Ahuntsic.

Nicolas Viel (15??-1625) est un récollet et missionnaire de la Nouvelle-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Viel est un prêtre missionnaire, né près de Coutances, en Normandie. Il entre chez les Récollets en 1598[1].

Nommé missionnaire en Nouvelle France, il quitte Paris le 18 mars 1623 avec le frère Gabriel Sagard, et arrive à Québec le 28 juin.

Le 16 juillet 1623, avec le père Joseph Le Caron et le frère Gabriel Sagard, il quitte Québec pour le pays des Hurons où il passe deux ans en compagnie d'un petit groupe de Français, étudiant la langue huronne et complétant par ses notes le dictionnaire de Le Caron.

L'été 1625, Viel décide de rentrer à Québec, en compagnie d'un jeune Français "huronisé" surnommé Ahuntsic. Fin juin, les deux hommes se noient suite au chavirage de leur embarcation dans des rapides de la rivière des Prairies, à l'endroit désormais nommé Sault-au-Récollet en mémoire de cet accident.

Certains auteurs du XVIIe siècle, entretenant ainsi l'image d'un martyr chrétien, évoquèrent l'hypothèse du meurtre de Viel et Ahuntsic par des Amérindiens. Toutefois, des recherches récentes (Marcel Trudel, Lucien Campeau) font ressortir que le chef algonquin Tessouat aurait été à l'origine de cette légende, dès 1634, pour décourager les Français de se rendre dans la région des Grands Lacs au pays des Hurons[2]. Rien de sérieux ne permet d'attribuer la mort du père Viel aux Amérindiens[3]. Il ne figure d'ailleurs pas dans la liste des martyrs canadiens canonisés en 1930.

Une plaque devant l'église de la Visitation évoque le lieu où "se sont noyés le Père Nicolas Viel et son jeune compatriote surnommé Auhaïtsic par les Hurons".

On ne connaît pas sa date de naissance, mais son compagnon Gabriel Sagard, dans son livre Le Grand voyage du pays des Hurons publié en 1632, le décrit comme un "vieux prédicateur" lors du voyage de 1623[4]. Dans le même livre, Sagard relate la fin de Viel et Ahuntsic comme une noyade accidentelle[5].

Monuments[modifier | modifier le code]

Une croix en son honneur a été érigée au parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, dans le nord de Montréal.

Une stèle commémorative en granit gris, agrémentée d’une croix, œuvre du sculpteur J.-C. Pichet, est érigée en 1915 par la Société Saint-Jean-Baptiste au parc Nicolas-Viel, à Montréal[6].

Une statue en bronze représentant Viel, œuvre de Sylvia Daoust (1902-2004), figure dans une niche de la tour centrale de l'Hôtel du Parlement du Québec à droite de celle de Jean de Brébeuf.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Direction générale du patrimoine et des institutions muséales du ministère de la Culture et des Communications, « Répertoire du patrimoine culturel du Québec : Viel, Nicolas », sur Ministère de la Culture et des Communications du Québec, Gouvernement du Québec,‎ 2012 (consulté le 13 avril 2014)
  2. Commission de toponymie, « Ahuntsic », sur Commission de toponymie du Québec, Gouvernement du Québec,‎ 1994 (consulté le 13 avril 2014)
  3. Serge Bouchad, « Un jeune homme nommé Ahuntsic », sur Québec Science,‎ 2014 (consulté le 13 avril 2014)
  4. "Nostre Congregation s'estant tenue à Paris, j'eus commandement d'accompagner le Pere Nicolas, vieil Predicateur, pour aller secourir nos Peres, qui avoient la mission de la conversion des peuples de la nouvelle France."
  5. "Je ne fay point ici mention de tous les hazards & dangers que nous courusmes en chemin, ny de tous les sauts où il nous fallut porter tous nos pacquets par de tres-longs & fascheux chemins, ny comme beaucoup de fois nous courusmes risque de nostre vie, & d'estre submergés dans des cheutes Y abysmes d'eau, comme a esté du depuis le bon Pere Nicolas, & un jeune garçon François nostre disciple, qui le suyvoit de pres dans un autre Canot, pour ce que ces dangers & perils sont tellement frequents & journaliers, qu'en les descrivans tous, ils sembleroient des redites par trop rebatues, c'est pourquoy je me contente d'en rapporter icy quelques-uns, & lors seulement que le sujest m'y oblige, & cela suffira."
  6. « Gouin Centre : Stèle du parc Nicolas Viel », sur Ville de Montréal (consulté le 13 avril 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]