Rivière des Prairies

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45° 35′ 22″ N 73° 39′ 26″ O / 45.58944, -73.65722 ()

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Rivière des Prairies
(Rivière Jésus)
Vue aérienne de la rivière des Prairies avec le pont Louis-Bisson
Vue aérienne de la rivière des Prairies avec le pont Louis-Bisson
Caractéristiques
Longueur 40 km
Bassin ?
Bassin collecteur Fleuve Saint-Laurent
Débit moyen 1 365 m3/s
Cours
Source Lac des Deux Montagnes
· Coordonnées 45° 42′ 30″ N 73° 28′ 45″ O / 45.70833, -73.47916 (Source - Rivière des Prairies)  
Confluence Fleuve Saint-Laurent
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Rivière des Mille Îles, Rivière L'Assomption
· Rive droite Aucun
Pays traversés Canada
Québec
MRC Les Moulins
Lanaudière
Régions traversées Montréal
Principales villes Laval, Terrebonne, Montréal

Sources : Commission de toponymie[1]

La rivière des Prairies est un cours d’eau du Québec (Canada). Elle est située entre l’île de Montréal et l’île Jésus. Elle sépare les villes de Montréal et de Laval.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La rivière des Prairies prend sa source dans le lac des Deux Montagnes entre d’une part la pointe ouest de l’île Bizard et le Cap Saint-Jacques sur l’île de Montréal, et d’autre part entre l’île Bizard et l’île Jésus. Ces deux bras entourent l’île Bizard. Avant de rejoindre le fleuve Saint-Laurent, elle capte les eaux de la rivière des Mille Îles. La rivière des Prairies est en partie navigable mais elle est entravée par un barrage hydro-électrique. Il n’est pas possible de passer d’un plan d’eau à l’autre sur cette rivière. Ainsi, le passage entre son affluent et son émissaire est bloqué à la navigation. La rivière des Prairies reçoit 70% de l’eau du lac des Deux Montagnes. Elle est un prolongement de l’Outaouais[2].

Rapides[modifier | modifier le code]

La rivière des Prairies est parsemée de rapides et le courant y est parfois fort. Les rapides de Cap Saint-Jacques[3] courent sur environ 500 m entre l’île Bizard et l’île de Montréal, les rapides Lalemant[4] courent eux aussi sur une distance approximative de 500 m entre l’Île Bizard et l’île Jésus, les rapides du Cheval Blanc[5] font environ 100 m. Il faut mentionner l’existence passée de deux gros rapides, soit le Gros-Sault[6] près de l’île Perry, où l’on érigea un moulin[7] et le Sault-au-Récollet, aujourd’hui engloutis depuis la construction de la centrale hydro-électrique, mais où subsiste un fort courant[8]. Le Sault-au-Récollet était aussi infranchissable sur la rive nord de l’île de Montréal que les rapides de Lachine sur sa rive sud. La dénivellée totale du lac des Deux Montagnes au fleuve Saint-Laurent est de presque 16 mètres. De part et d’autre de l’île de Montréal il était malaisé de remonter le courant. C’était carrément impossible avec des navires de fort tonnage et un défi de taille pour les petites embarcations. Les portages étaient aussi nombreux que les rapides.

Énergie[modifier | modifier le code]

Aux premiers temps de la colonisation française, le fort courant de la rivière fut exploité pour y faire tourner nombre de moulins. La rivière est en partie harnachée pour la première fois en 1726. On y construit une digue pour relier la rive à l'île de la Visitation. Cette digue est considérée comme « l'un des plus importants ouvrages de génie civil du Régime français. »[9] Deux siècles plus tard, une centrale hydroélectrique de 45 MW, la centrale de la Rivière-des-Prairies, est installée entre l'île de la Visitation et la rive lavalloise. Elle alimente en électricité les maisons de Laval. Construite en 1928-1929, la propriété de cette centrale a été transférée à Hydro-Québec lors de la nationalisation de la Montreal Light, Heat and Power, en 1944[10].

Eau potable[modifier | modifier le code]

On tire de la rivière des Prairies l’eau destinée à la consommation des habitants de cinq municipalités de l’île de Montréal. 63 000 m3 d’eau sont traités en moyenne chaque jour dans la seule usine de filtration de cette rivière, l’usine Pierrefonds[11].

Îles[modifier | modifier le code]

La rivière compte de nombreuses îles, notamment l'Île Bizard, les Îles Laval et l'Île de la Visitation.

Écosystèmes[modifier | modifier le code]

La région est densément peuplée, ce qui affecte forcément ses écosystèmes naturels. Néanmoins, plusieurs zones riveraines sont protégées et mises en valeur sur le plan environnemental. On y retrouve plusieurs des grands parcs de Montréal. C’est notamment le cas du parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, du Parc-nature du Bois-de-Liesse (traversé par le ruisseau Bertrand) et de celui du ruisseau de Montigny qui se jette dans la rivière à la hauteur de l’arrondissement d’Anjou. À l’extrême est de la rivière on trouve le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies. L’écoterritoire des rapides du Cheval blanc se veut une zone de préservation de la biodiversité présente aux abords de la rivière. Il fait partie d’un ensemble plus vaste, le parc-nature des Rapides du Cheval Blanc dont la création a été annoncée en 2009 mais qui, en 2014, n’est pas encore ouvert officiellement au public[12].

Parmi les espèces florales à statut précaire on retrouve le micocoulier occidental, l'orme de Thomas, le staphylier à trois folioles et l'aigremoine pubescente. La rivière des Prairies abrite deux espèces de poisson en danger, l’alose savoureuse et l’esturgeon jaune. La rivière offre aux diverses espèces qui la peuplent des milieux humides propices à leur reproduction.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rivière a reçu son nom en 1610. Le père Vimont écrit dans la Relation des Jésuites de 1640 : « [...] un certain Français, M. des Prairies, ayant charge de conduire une barque au Sault-Saint-Louis en 1610, quand il vint à la rencontre des deux fleuves, au lieu de tirer du côté du sud, il tira vers cet autre fleuve qui n'avait pas encore de nom français et qui, depuis ce temps-là, fut appelé du nom de ce jeune homme. »[13]

Au lieu de continuer dans le Saint-Laurent, à la hauteur de Repentigny, il entra sans le savoir dans l'affluent de ce dernier que les Indiens appelaient Skawanoti, c'est-à-dire la rivière en arrière de l'île[14].

Les Sulpiciens exploitèrent l’énergie du Sault au Récollet en construisant là des moulins dès le XVIIe siècle. Ces moulins furent utilisés jusqu'au début du XXe siècle.

Déversoir de la centrale, vu du Parc-nature de l'Île-de-la-Visitation à Montréal.
Déversoir de la centrale, vu du Parc-nature de l'Île-de-la-Visitation à Montréal.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ponts[modifier | modifier le code]

Plusieurs ponts ou tunnels la traversent. De l'ouest vers l'est ce sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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