Robin des Bois

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Robin des bois
Image illustrative de l'article Robin des Bois

Origine Royaume-Uni
Sexe Masculin
Espèce Humain
Cheveux Brun
Yeux Brun
Activité(s) Chasse
Caractéristique(s) Vole aux riches pour donner aux pauvres
Arme(s) favorite(s) arc
Adresse Forêt de Sherwood
Entourage Frère Tuck, lady Marianne
Ennemi(s) shérif de Nottingham

Robin des Bois est un héros archétypal du Moyen Âge anglais. Selon la légende, telle qu'elle est répandue aujourd’hui, Robin des Bois était un brigand au grand cœur qui vivait caché dans la forêt de Sherwood et de Barnsdale (en). Habile braconnier, mais aussi défenseur avec ses nombreux compagnons des pauvres et des opprimés, il détroussait les riches au profit des pauvres ou rendait au peuple l'argent des impôts prélevés, selon les idéaux des auteurs.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le pseudonyme anglais Robin Hood signifie littéralement « Robin la Capuche » et non pas « Robin des Bois », comme cette paronymie de hood avec wood l'a souvent laissé penser[1], selon la version anglo-saxonne. Il est à noter que hood peut aussi signifier "truand" en anglais. Robin des Bois est aussi un personnage plus ancien de la Bretagne insulaire : coed en gallois ou koad en breton qui mute en c'hoad quand il est précédé de certains mots (prononc. /RHoat/, ce son n'existe pas en français), signifiant effectivement « bois ». Selon X. Delamarre, du Dictionnaire de la langue gauloise, cela proviendrait de caito- ou ceto-, signifiant « bois ». La fameuse capuche serait donc un élément ajouté a posteriori par la légende anglo-saxonne pour expliquer le nom anglais.

Histoire et légende[modifier | modifier le code]

Robin des Bois et Petit Jean, par Louis Rhead en 1912

La première mention de Robehod ou Hobbehod date de 1228 dans un document judiciaire : un parchemin recense un Robinhood mis en prison pour non paiement d'une dette ou d'une amende[2]. La majorité des références datent de la fin du XIIIe siècle : entre 1261 et 1300 en Angleterre, on retrouve pas moins de huit références à un certain Rabunhod[3].

Dès le début du XIVe siècle, des ballades populaires célèbrent les aventures de Robin des Bois, notamment d'un Robin, chef d'une équipe de lutteurs qui apparaît lors des fêtes paroissiales[4]. Il est dès lors suffisamment connu dans la tradition orale pour apparaître dans la littérature : la première mention manuscrite d'une œuvre littéraire de Robin des Bois se trouve dans Pierre le laboureur (Piers Plowman) de William Langland (1377), où Sloth, un prêtre paresseux, déclare : « Je connais des rimes de Robin des Bois. » Trois ans plus tard, le chroniqueur écossais Jean de Fordun écrit que le personnage de Robin des Bois dans les ballades « plaît mieux que tous les autres. »

Au cours du XVe siècle se forge la légende de Robin des Bois dans plusieurs ballades qui s'étoffent : A Gest of Robyn Hode (La geste de Robin des Bois) est un conte enfantin, compilation de plusieurs poèmes du XIVe siècle, qui le présente comme un hors-la-loi au grand cœur, affrontant un système corrompu avec son arc long (arme ignoble au sens étymologique du terme) ; Robin et le moine, histoire sanglante dans laquelle il détrousse les riches pour son propre compte et tue des gens avec flegme ; Robin et le potier, conte comique dans lequel il berne le shérif de Nottingham grâce à la femme de ce dernier ; Gest[5] présente une version complète de l’histoire de Robin des Bois (avec les personnages du bûcheron Petit Jean et de Stuteley, chef du groupe de paysans que Robin a sauvé de la potence). Des historiens marxistes comme Rodney Hilton[6] en ont fait le symbole de la révolte paysanne alors que Robin des Bois apparaît dans ces textes plutôt comme un yeoman[7]. D'après les recherches de Laurence Belingard, maître de conférence en histoire anglaise à l'Université d'Avignon[8], le personnage décrit dans certaines ballades populaires n'a rien à voir avec l'image du noble justicier mais plutôt comme un paysan parfois cruel et violent. Elle note par exemple des passages où le héros décapite un moine, ou d'autres où il décapite un enfant.

De nombreuses versions imprimées de ces ballades apparaissent au début du XVIe siècle au moment où l'imprimerie connaît ses premiers essors en Angleterre. Son image a cependant changé : Robin y est désormais qualifié de gentleman et il n'est plus question d'un personnage aussi cruel qu'au siècle précédent, ce qui à cette époque signifie un commerçant ou un fermier indépendant. Ce n'est qu'à la fin du siècle qu'il acquiert dans les pièces élisabéthaines (par exemple en 1601 The Downfall and Death of Robert, Earl of Huntingdon, La chute et la mort de Robert, comte de Huntingdon) un titre de noblesse et prend le nom de « Robin de Loxley », ou encore de « Robert Fitz Ooth, Comte d'Huntingdon » : du hors-la-loi, les auteurs des pièces de théâtre le transforment (phénomène de gentrification) en noble dépossédé volant les riches pour donner aux pauvres.

Son association romantique avec Marianne (ou « Marion », parfois appelée « Mathilde ») date de cette période tardive. Le nom de « Marion » provient d'une pastourelle lyrique du poète français Adam de la Halle, le Jeu de Robin et Marion (vers 1283). À part les noms, rien cependant ne permet d'établir une correspondance entre les deux personnages. Ils se rencontrent soit dans les fêtes paroissiales (ballades dans lesquelles ils font partie tous deux du petit peuple, elle étant présentée comme une danseuse), soit dans la demeure seigneuriale du père de Lady Marianne (pièces de théâtre les présentant comme des nobles). Marianne devient même le double féminin de Robin au XIXe siècle (guerrière montant à cheval). Apparaît à la même période le frère Tuck, confesseur de Marianne[7].

À la fin du XVIe siècle, l'histoire de Robin des Bois recule dans le temps pour se situer vers les années 1190 au moment où le roi Richard Cœur de Lion part pour la troisième croisade.

Au XVIIe siècle, Robin des Bois figure dans The Sad Shepherd (Le Triste Berger, 1641) de Ben Jonson. Puis, au XIXe siècle, Robin des Bois devient un des héros du roman Ivanhoé (1819) de Walter Scott, ce qui en fait un personnage mondialement popularisé. L'idée que Robin est un rebelle saxon combattant les seigneurs normands et vole aux riches pour donner aux pauvres[9] date de cette époque.

On a accusé de plagiat Thomas Love Peacock (1785-1866) pour le célèbre Maid Marian, paru trois ans après Ivanhoé. Peacock a toujours soutenu que son livre avait été écrit en 1818, un an avant la parution de celui de Scott. L’influence de Rabelais y est sensible, notamment à travers le personnage de frère Tuck.

Autour du personnage de Robin, de nombreuses incohérences se sont introduites au fil du temps. Il est dit que Robin le Seigneur de Loxley (chef-lieu du comté de Hallamshire) fut dépossédé de ses terres par le Shérif de Nottingham et déclaré hors-la-loi. Le shérif apparaît en effet dans les premières ballades, où Robin finit par le décapiter, mais il n'y est pas question de ses terres. Ses autres ennemis sont un chasseur de primes du nom de Guy de Gisbourne (en), ainsi que de riches abbés, lesquels sont également tués par Robin. Mais si les anciennes ballades font mention d'un prêt accordé par Robin à un chevalier malchanceux, elles ne disent rien d'une redistribution des rapines aux pauvres. Il est dit encore que Robin réside dans la verte forêt de Sherwood, dans le comté de Nottingham, alors que les ballades le font évoluer à Barnsdale (en), dans le comté de York, soit à près de 80 kilomètres au nord.

Robin des Bois sur le drapeau du Nottinghamshire.

Du Moyen Âge à nos jours, chansons et ballades, pièces de théâtre et comédies musicales, films et séries de télévision ont façonné un mythe en résonance avec leur époque, soumis au passage à de nombreuses manipulations idéologiques, comme le montrent par exemple le personnage de Marianne, qui joue tantôt le rôle d'une guerrière, tantôt celui d'une jeune fille passive, ou celui de Robin des Bois lui-même, présenté tantôt comme un vulgaire bandit, tantôt comme un résistant qui combat pour une juste cause. Par ailleurs tout en idéalisant Robin des Bois, Egon Pierce et Alexandre Dumas le font périr d'une mort violente. Blessé, recueilli dans un couvent, une religieuse, lointaine parente d'un normand, feint de le soigner et enlève le pansement pour que coule le sang. Agonisant il enjoint ses compagnons à ne pas le venger. Dans La rose et la flèche Richard Lester s'inspirera de l'histoire en imaginant la religieuse sous les traits de Marianne.

Localisations et recherches[modifier | modifier le code]

Le Major Oak dans la forêt de Sherwood

Dans les versions modernes de la légende, Robin Hood aurait élu domicile dans la forêt de Sherwood, dans le comté du Nottinghamshire. Pour cette raison, les gens du comté entretiennent une affinité particulière avec le personnage, depuis 2011 une silhouette de Robin des Bois est représentée sur le drapeau du comté tout comme les grands panneaux routiers entrant dans le comté représentent Robin des Bois avec son arc et une flèche, l'accueil des personnes à « Robin Hood County ». La BBC de Nottingham utilise aussi l'expression « Robin Hood County » sur ses programmes réguliers.

Un des fameux sites liés à Robin des Bois est le « Major Oak Tree », un chêne plusieurs fois centenaire considéré comme le repaire du héros et de ses comparses. Pour renforcer cette conviction, l'Université de Nottingham a réalisé en 2010 une étude des grottes de Nottingham, dans le but « d'accroître le potentiel touristique de ces sites ». Le projet utilise un scanner laser 3D afin de produire un document en trois dimensions permettant d'analyser et de localiser plus de 450 grottes de grès autour de Nottingham où l'on pourrait trouver des traces encore plus probante de l'existence de Robin des Bois à Nottingham.

Cependant, la localisation de Nottingham est un sujet de discorde en Angleterre. Alors que le shérif de Nottingham et la ville elle-même apparaissent dans les premières ballades (Sherwood est spécifiquement mentionné dans la ballade Robin Hood et le moine) certaines des ballades originales (même celles référençant Nottingham) localisent l'action de Robin des bois vers Barnsdale dans une zone se situant entre Pontefract et Doncaster, dans le comté du Yorkshire.

Par ailleurs, il a été suggéré que les ballades qui placent l'action dans ce comté sont géographiquement plus précises. Cette idée est renforcée pour certains par la prétendue similitude entre le nom « De Locksley » (auquel Robin des Bois a été très souvent apparenté) à la ville de Loxley, dans le Sud du Yorkshire, près de Sheffield.

Les environs de Tideswell se dispute aussi le lieu de l'action, les registres du tribunal local font état d'un grand nombre d'apparitions du nom « Robert de Lockesly » en 1245.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Vers 1283 : Première mention de Marion. Adam de la Halle : Le Jeu de Robin et Marion.
  • Vers 1377 : Première mention de Robin (Robyn hood). William Langland : Piers Plowman (Pierre le laboureur)
  • Vers 1450 : Premières ballades et premières pièces connues.
  • Vers 1495 : L'imprimeur Wynken De Worde publie A Gest of Robyn Hode, chanson de geste composée d'après plusieurs ballades anciennes.
  • 1765 : Vieille ballade anonyme, non datée, « Robin Hood and Guy of Guisborne », collectée par Thomas Percy dans Reliques de l’ancienne poésie anglaise.
  • 1795 : Première compilation importante de ballades anciennes. Joseph Ritson : Robin Hood: A Collection of all the Ancient Poems, Songs and Ballads, now extant, relative to that celebrated Outlaw.
  • 1819 : Premier grand roman historique. Walter Scott : Ivanhoé.
  • 1822 : Roman de Thomas Love Peacock : Maid Marian.
  • 1838 : Premier grand feuilleton journalistique. Pierce Egan the Younger : Robin Hood and Little John: or, The Merry Men of Sherwood Forest. Alexandre Dumas en tirera la matière de deux romans : Le Prince des voleurs (1872) et Robin Hood le Proscrit (1873).
  • 1883 : Premier grand classique de la littérature enfantine. Howard Pyle : The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire.
  • 1891 : Première opérette à succès aux États-Unis. Reginald De Koven (musique) et Harry B. Smith (livret) : Robin Hood.
  • 1908 : Premier film. Film muet britannique réalisé par Percy Stow : Robin Hood and His Merry Men.
  • 1936 : Première bande dessinée. Parue au Canada dans The Toronto Telegram. Ted McCall (scénario) et Charles Snelgrove (dessins) : Robin Hood and Company.

Les compagnons de Robin des Bois[modifier | modifier le code]

Les hommes de main de Robin des bois et en français, les « Joyeux Compagnons ». Ce sont :

Adaptations[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Robin, personnage principal[modifier | modifier le code]

Parmi les très nombreuses interprétations du mythe de Robin des Bois, voici quelques œuvres qui ont connu une diffusion en français :

Affiche du film Robin Hood de 1922 avec Douglas Fairbanks
Cinéma
Télévision

Personnage secondaire ou parodie[modifier | modifier le code]

Autres adaptations[modifier | modifier le code]

Roman
  • Donald E. Cookes Les compagnons de Robin des Bois, Rouge et Or, 1967. L'œuvre se passe en 1212 un an après la mort de Robin des bois, "mort d'une grave blessure", "lâchement assassiné par une femme". Les anciens compagnons de Robin des Bois, Petit-Jean, Will Scarlett, Will Stuteley, Frère Tuck reprennent le combat contre la tyrannie du roi Jean après avoir intégré dans leur bande un jeune aristocrate, dépossédé de ses terres par les hommes du roi Jean, Arthur Fitzooth qui ressemble comme un frère à leur ancien chef.
Bande dessinée
Jeux vidéo

Comédie musicale

Autres
  • Le 94e épisode de Star Trek : La Nouvelle Génération, Qpidon (Qpidon) réalisé par Cliff Bole plonge l'équipe de l'Enterprise dans une reconstitution de Robin des Bois.
  • Dans une ancienne version de Warhammer, la Bretonnie avait la possibilité d'inclure des personnages fortement inspirés de Robin des Bois : Bertrand le brigand, chef des archers de Bergerac, Hugo le Petit (qui était imposant) et Guy le gros (frère Tuck).
  • Dans le manga français de Mika Pen dragon, un personnage se nomme Oud, son vrai nom est Roby Delokusulai.
  • Dans l'épisode « Le Justicier », de la saison 3 de Kaamelott, un personnage nommé Robyn, incarné par Roland Giraud prend la défense des paysans en révolte face au Roi Arthur.
  • Le personnage principal du comic Green Arrow doit beaucoup à Robin des Bois.
  • Robin Mask est un des catcheurs surhumains dans le japanime Muscleman, symbolisant l'Angleterre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=356
  2. Des archives seigneuriales de la même période mentionnent des fugitifs nommés Robert Hood, mais c'est un nom très courant en Angleterre
  3. Holt, J. C., Robin Hood, Ed : Thames & Hudson, 1982
  4. Historia spécial no 125, mai 2010
  5. Appelé aussi A Gest of Robyn Hode
  6. Rodney H. Hilton, Robin des Bois a-t-il existé ?, Collections de L'Histoire no 36, juillet 2007
  7. a et b François Amy de La Bretèque, La légende de Robin des Bois, Ed : Privat, 2001
  8. Robin Hood, du paysan rebelle au noble justicier : étude diachronique des archétypes fondateurs du mythe de Robin Hood à travers quelques représentations trans-médiatiques du personnage : Belingard, Laurence / Atelier national de Reproduction des Thèses / 1999
  9. http://web.univ-pau.fr/saes/pb/rech2001/01_emed.htm
  10. A Geste of Robyn Hode (ligne 15)
  11. « Locksley, la légende de Robin des bois, acteurs principaux », sur http://locksley-mus.com/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edward Barry, Thèse de littérature sur les vicissitudes et les transformations du cycle populaire de Robin Hood, Paris, Imprimerie et fonderie de Rignoux, 1832, [lire en ligne].
  • (en) Stephen Knight, Robin Hood. A Mythic Biography, Ithaca-Londres, Cornell U.P., 2003, XIX-247 p., (ISBN 0-8014-3885-3), [compte-rendu en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]