Pigeon voyageur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sous-article d'un taxon biologique
Article principal :
Pigeons voyageurs.jpg
« Pigeons domestiques vulgaires,
du groupe des pigeons dits voyageurs »
Sous-articles
Listes des autres espèces de pigeons
Columba
Article général Pour un article plus général, voir Colombophilie.

Le pigeon voyageur est une race d'oiseau de l'espèce du pigeon biset (Columba livia) spécialement sélectionnée pour effectuer des voyages afin de transmettre des messages et dont les déplacements constituaient un vecteur de communication courant — et considéré comme très fiable — jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Les éleveurs sont les colombophiles.

Le routage n'avait pas toute la flexibilité désirée : un pigeon ne sait faire qu'une chose, c'est retourner vers son pigeonnier ; on gardait donc dans chaque pigeonnier des pigeons appartenant à un autre pigeonnier, pour pouvoir envoyer des réponses éventuelles ou accusé de réception ; mais pas trop longtemps non plus, car il ne faut pas que ce pigeon finisse par considérer ce nouveau pigeonnier comme le sien.

Cela restait tout de même pour les troupes un moyen efficace de remonter des messages à l'état-major sur la situation du terrain sans grand risque d'interception (un pigeon est plus difficile à viser qu'un ballon), sans grande ponction sur les ressources (un pigeon est léger à emporter, et facile à nourrir), dans un silence total de fonctionnement (par rapport à un avion, par exemple), d'où discrétion ; de façon presque invisible : comment distinguer en plein ciel un pigeon militaire de ses confrères sauvages ?

Un pigeon pouvait par ailleurs emporter des microfilms en cas de besoin. Mais le recours au pigeon voyageur fut abandonné dans les décennies où se généralisait l'usage du microfilm.

La colombophilie reste activement pratiquée en Europe, y compris en France (notamment par les « coulonneux » du Nord), comme activité de loisirs.

Divers[modifier | modifier le code]

Les premières utilisations des pigeons voyageurs remontent à il y a plus de 3000 ans de cela, alors qu'ils étaient utilisés pour proclamer le vainqueur des Jeux olympiques antiques[1].

Jean Desbouvrie a gagné sa célébrité en tentant de remplacer le pigeon voyageur par des hirondelles, plus rapides et capables de se nourrir en vol, mais sensibles à l'hiver.

L’US Navy utilise les pigeons pour le sauvetage en mer. Les pigeons sont entraînés par conditionnement opérant à réagir à certaines couleurs (celle des gilets de sauvetage). Grâce à son excellente vue, le pigeon, situé dans une bulle sous un hélicoptère, repère les naufragés bien mieux que l'œil humain.

Colombophilie militaire[modifier | modifier le code]

L'armée belge, en plus d'avoir utilisé des pigeons pendant la Première Guerre mondiale, est pratiquement la seule armée à les avoir encore utilisés à des fin militaires pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une statue, située à Bruxelles au square des Blindés et dont le piédestal porte la mention Au pigeon soldat, leur a été édifiée en signe de reconnaissance. Cette statue, due au sculpteur Victor Voets (1882-1950) et inaugurée en 1931, représente un pigeon prêt à aller porter un message confié par la Patrie reconnaissante et dépoitraillée.

Les pigeons ont été utilisés comme moyen de communication par les Français pendant la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale. Un monument de la société colombophile française situé dans le parc de la citadelle de Lille leur rend hommage.

En 2013, l'armée française est la dernière armée européenne à maintenir au sein du 8e régiment de transmissions basé dans la Forteresse du Mont-Valérien près de Paris une unité colombophile de 150 pigeons annexé au musée colombophile militaire[2].

Sens de l'orientation de l'animal[modifier | modifier le code]

Des pigeons élevés dans des pièces sans fenêtre ou sous une bâche n'acquièrent jamais le sens de l'orientation. On pense donc que l'observation habituelle de la position du Soleil (comme pour les abeilles), et peut-être des étoiles, joue un rôle dans l'apprentissage de leur faculté.
N.B. Tous les colombophiles savent[réf. nécessaire] que les performances de retour par temps clair sont meilleures que celles obtenues lorsque le ciel est nuageux.

On a cru un moment que les pigeons utilisaient les routes pour trouver leur chemin ! En effet, des émetteurs radios munis de GPS miniaturisés montrèrent qu'ils suivaient de préférence celles-ci. On découvrit par la suite que les pigeons profitaient simplement de légers courants ascendants au-dessus du bitume chauffé, en été.

De multiples études, certaines datant de plus de 40 ans, d'autres très récentes, démontrent que le pigeon domestique, les tortues marines, mais aussi beaucoup d'autres animaux – l'abeille domestique, des fourmis, des papillons migrateurs, la langouste de Cuba, sont sensibles au champ magnétique terrestre et l'exploitent pour s'orienter[3].

Ils s'orientent également en détectant les infrasons issus du site autour du pigeonnier[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Teale, Edwin (Juin 1936). "Mile-a-Minute Pigeons". Popular Science Monthly 128 (6)
  2. Article et vidéo sur le site de France-info
  3. Pour la Science no 348 - octobre 2006
  4. (en) Jonathan T. Hagstrum, « Atmospheric propagation modeling indicates homing pigeons use loft-specific infrasonic ‘map’ cues », The Journal of Experimental Biology,‎ 15 février 2013 (DOI 10.1242/jeb.072934)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]