Pigeon voyageur

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Pigeons voyageurs.jpg
« Pigeons domestiques vulgaires,
du groupe des pigeons dits voyageurs »
Sous-articles
Listes des autres espèces de pigeons
Columba
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Le pigeon voyageur est une race d'oiseau de l'espèce du pigeon biset (Columba livia) spécialement sélectionnée pour effectuer des voyages afin de transmettre des messages et dont les déplacements constituaient un vecteur de communication courant — et considéré comme très fiable — jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Les éleveurs sont les colombophiles.

Le routage n'avait pas toute la flexibilité désirée :

  • un pigeon ne sait faire qu'une chose, c'est retourner vers son pigeonnier ;
  • on gardait donc dans chaque pigeonnier des pigeons appartenant à un autre pigeonnier, pour pouvoir envoyer des réponses éventuelles ou accusé de réception ;
  • mais pas trop longtemps non plus, car il ne faut pas que ce pigeon finisse par considérer ce nouveau pigeonnier comme le sien.

Cela restait tout de même pour les troupes un moyen efficace de remonter des messages à l'état-major sur la situation du terrain

  • sans grand risque d'interception (un pigeon est plus difficile à viser qu'un ballon) ;
  • sans grande ponction sur les ressources (un pigeon est léger à emporter, et facile à nourrir) ;
  • dans un silence total de fonctionnement (par rapport à un avion, par exemple), d'où discrétion ;
  • de façon presque invisible : comment distinguer en plein ciel un pigeon militaire de ses confrères sauvages ?

Un pigeon pouvait par ailleurs emporter des microfilms en cas de besoin. Mais le recours au pigeon voyageur fut abandonné dans les décennies où se généralisait l'usage du microfilm.

La colombophilie reste activement pratiquée en Europe, y compris en France (notamment par les « coulonneux » du Nord), comme activité de loisirs.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Les premières utilisations des pigeons voyageurs remontent à il y a plus de 3000 ans de cela, alors qu'ils étaient utilisés pour proclamer le vainqueur des Jeux olympiques antiques[1].
  • Jean Desbouvrie a gagné sa célébrité en tentant de remplacer le pigeon voyageur par des hirondelles, plus rapides et capables de se nourrir en vol, mais sensibles à l'hiver.
  • L’US Navy utilise les pigeons pour le sauvetage en mer. Les pigeons sont entraînés par conditionnement opérant à réagir à certaines couleurs (celle des gilets de sauvetage). Grâce à son excellente vue, le pigeon, situé dans une bulle sous un hélicoptère, repère les naufragés bien mieux que l'œil humain.

Colombophilie militaire[modifier | modifier le code]

Sens de l'orientation de l'animal[modifier | modifier le code]

  • Des pigeons élevés dans des pièces sans fenêtre ou sous une bâche n'acquièrent jamais le sens de l'orientation. On pense donc que l'observation habituelle de la position du Soleil (comme pour les abeilles), et peut-être des étoiles, joue un rôle dans l'apprentissage de leur faculté.
    N.B. Tous les colombophiles savent[réf. nécessaire] que les performances de retour par temps clair sont meilleures que celles obtenues lorsque le ciel est nuageux.
  • On a cru un moment que les pigeons utilisaient les routes pour trouver leur chemin ! En effet, des émetteurs radios munis de GPS miniaturisés montrèrent qu'ils suivaient de préférence celles-ci. On découvrit par la suite que les pigeons profitaient simplement de légers courants ascendants au-dessus du bitume chauffé, en été.
  • De multiples études, certaines datant de plus de 40 ans, d'autres très récentes, démontrent que le pigeon domestique, les tortues marines, mais aussi beaucoup d'autres animaux – l'abeille domestique, des fourmis, des papillons migrateurs, la langouste de Cuba, sont sensibles au champ magnétique terrestre et l'exploitent pour s'orienter[3].
  • Ils s'orientent également en détectant les infrasons issus du site autour du pigeonnier[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Teale, Edwin (Juin 1936). "Mile-a-Minute Pigeons". Popular Science Monthly 128 (6)
  2. Article et vidéo sur le site de France-info
  3. Pour la Science no 348 - octobre 2006
  4. (en) Jonathan T. Hagstrum, « Atmospheric propagation modeling indicates homing pigeons use loft-specific infrasonic ‘map’ cues », The Journal of Experimental Biology,‎ 15 février 2013 (DOI 10.1242/jeb.072934)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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