Celluloïd (dessin animé)

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Peinture sur cellulo

Le cell, ou cellulo, ou celluloïd (seruga en japonais, cel en anglais) est une feuille plastique transparente d'acétate de cellulose sur laquelle on peint à la main les différents éléments d'un dessin animé. Grâce à la transparence de ces feuilles, on peut superposer plusieurs cellulos et créer des scènes complexes sans tout redessiner à chaque fois.

Historique[modifier | modifier le code]

À l'origine du dessin animé, tout était réalisé sur papier. Les œuvres de pionniers ont toutes été réalisées sur ce support.

Mais l'opacité du papier posait plusieurs problèmes :

  • cela ne permettait pas de conserver les parties immobiles du dessin et de ne les remplacer que par les parties mobiles ;
  • cela posait des problèmes de stabilité et produisait un effet de sautillement ;
  • cela limitait les effets de perspective.

À New York, début 1910, le Québécois Raoul Barré, prépare le terrain à la généralisation de l'animation sur cellulo. Il est en effet le premier à utiliser un support transparent en verre.

Mais ce sont par la suite les Américains Earl Hurd en 1914 puis John Randolph Bray en 1915 qui brevètent la technique d'animation sur cellulo, consistant à dessiner directement sur une fine feuille de plastique transparent.

À noter que le celluloïd, qui donne son nom au cellulo, est en fait du nitrate de cellulose, très toxique et inflammable, et qu'il a été ensuite remplacé par l'acétate de cellulose.

Tous les grands studios américains comme Disney, MGM, Warner, Hanna Barbera ont utilisé cette technique, à laquelle ils ont ajouté quelques améliorations : décors en trois dimensions par les frères Fleischer, usage de la caméra multiplane par Walt Disney… Mais pour l'essentiel, la technique reste la même, il s'agit toujours de tracer à l'encre les formes qui seront ensuite remplies et colorées, le plus souvent à la gouache.

Ainsi chaque image réellement filmée est le fruit d'un long travail comprenant plusieurs étapes. Cette technique favorise donc la division du travail entre plusieurs équipes, principe qui a été adopté dès l'origine par John Randolph Bray puis les chefs de studio qui l'ont suivi.

La technique des celluloïds a été abandonnée au début des années 2000, laissant la place aux techniques d'animation assistées par ordinateur. Souvent jetés par les studios d'animation japonais, au premier rang desquels figurent Toei Animation et Sunrise, les celluloïds et dessins de production sont désormais fortement recherchés par les collectionneurs. En France, les maisons de vente aux enchères en vendent régulièrement[1].

La technique liée à l'utilisation du cellulo[modifier | modifier le code]

Le dessin de fond ou décor est réalisé sur un support transparent ou non, en plastique, papier, carton ou toile.

Le cellulo est posé sur ce dessin de fond et, par effet de transparence, les éléments dessinés sur le cellulo s'intègrent au décor.

Plusieurs cellulos peuvent ainsi être superposés, ce qui permet une importante économie de travail puisque toutes les parties immobiles n'ont pas à être redessinées. Cela permet également de créer des effets de perspective de mouvement spectaculaires : lorsque des objets ne se déforment pas, ne bougent pas les uns par rapport aux autres et sont à une même distance de la caméra fictive, on les dessine sur un même calque. Pour rendre un mouvement de travelling latéral, on fait défiler les calques à des vitesses différentes, d'autant plus lente que le plan est éloigné. Un plan très lointain, comme par exemple des montagnes vues à plusieurs kilomètres, peut même être immobile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Comics (Japan) », sur KOCHI Gallery (consulté le 06/08/2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]