Race méditerranéenne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La race méditerranéenne est l'une des sous-races dans laquelle la race caucasienne a été classée par la plupart des anthropologues entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle[1].

Irlandais de « type méditerranéen », selon l'ouvrage d'Augustus Henry Keane, Man, Past and Present (1899).

Théories raciales[modifier | modifier le code]

Les premiers débats[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Répartition des différentes races de l'Europe, selon Madison Grant dans son ouvrage The Passing of the Great Race (1916).

Le fait que les peuples méditerranéens étaient responsables de la plus importante des civilisations antiques était un problème pour les promoteurs de la supériorité nordique. Le livre très controversé de Giuseppe Sergi, The Mediterranean Race (1901), a fait valoir que la race méditerranéenne était en fait originaire d'Afrique, probablement de la région saharienne, et qu'elle a aussi inclus un certain nombre de peuples du continent africain (Afrique du Nord et corne de l'Afrique) à la peau sombre, comme les Éthiopiens et les Somalis. Giuseppe Sergi a ajouté que la race méditerranéenne est caractérisée par « une espèce humaine ni foncée, ni blanche, ni négroïde, mais pur dans ses éléments, c'est-à-dire [que ce n'est] pas un produit du mélange des Blancs avec les Noirs ou les peuples négroïdes »[2]. Il émit également l'hypothèse que toutes les races (les nordiques de la Méditerranée, de l'Afrique, etc.) sont originaires d'une même espèce eurafricaine[3]. Il a expliqué sa taxonomie comme étant inspirée par une compréhension de la « la morphologie du crâne révélant les caractères physiques de la race humaine, qui restent les mêmes à travers les longs siècles et à des endroits éloignés […]. Tel un zoologiste qui peut reconnaître le caractère d'une espèce ou d'une variété appartenant à une région du globe ou sur une période de temps, un anthropologue suit la même méthode pour enquêter sur les caractéristiques morphologiques du crâne […]. Cette méthode [l'a] guidé dans [ses] enquêtes sur le problème actuel et […] a donné des résultats inattendus qui ont été souvent par la suite confirmés par l'archéologie ou l'histoire »[4].

Selon Giuseppe Sergi, la race méditerranéenne était la « plus grande espèce du monde » et a été singulièrement responsable des civilisations les plus accomplies de l'Antiquité, y compris Carthage, celles de la Mésopotamie, de la Perse, de l'Égypte antique, de la Grèce antique et de la Rome antique. Les quatre grandes branches de la race méditerranéenne étaient les Libyens (ou Berbères), les Ligures, les Pélasges et les Ibères[5]. Les habitants de l'Égypte antique ont été identifiés par Giuseppe Sergi comme un sous-groupe des Hamites, constituant une variété proche de la race méditerranéenne[6].

Répartition[modifier | modifier le code]

Selon diverses définitions, la race méditerranéenne est répandue en Europe du Sud (Midi de la France compris), en Amérique latine (par ascendance espagnole et portugaise), dans des parties de l'Europe de l'Est (Roumanie comprise), en Afrique du Nord, dans la corne de l'Afrique, en Asie de l'Ouest et centrale, ainsi que dans certaines parties des îles Britanniques et de l'Allemagne[7],[8],[9],[10],[11].

Traits physiques[modifier | modifier le code]

La race méditerranéenne est caractérisée par une taille soit moyenne, soit grande, avec un crâne de taille modérée, un nez aquilin ou droit, n'importe quelle couleur des cheveux et des yeux, d'un teint du rose au brun foncé — le teint olive étant le plus fréquent[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Karim Murji et John Solomos, Racialization : Studies In Theory And Practice, Oxford University Press,‎ 2005 (ISBN 0199257035), p. 215.
  2. Sergi 1909, p. 250.
  3. Sergi 1909, p. 259.
  4. Sergi 1909, p. 36.
  5. Sergi 1909, p. 166.
  6. Sergi 1909, p. 39-44.
  7. (en) John Higham, Strangers in the Land : Patterns of American Nativism, 1860–1925, Rutgers University Press,‎ 2002 (ISBN 0-8135-3123-3), p. 273.
  8. (en) Bryan S. Turner, The Early Sociology of Class, Taylor & Francis,‎ 1998 (ISBN 0-415-16723-X), p. 241.
  9. (en) Carleton S. Coon, The Races of Europe, Greenwood Press,‎ 1972, 739 p., chap. X-XI.
  10. Patrizia Palumbo, A Place in the Sun : Africa in Italian Colonial Culture from Post-Unification to the Present, University of California Press,‎ 2003, p. 66.
  11. (en) Anne Maxwell, Picture Imperfect : Photography and Eugenics, 1870–1940, Sussex Academic Press,‎ 2010, p. 150.
  12. (en) William Rhind, Second-Class Book of Physical Geography, Édimbourg,‎ 1851, chap. XV.
  13. (en) Carleton S. Coon, Caravan : the Story of the Middle East,‎ 1958 (lire en ligne), p. 154-157.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Giuseppe Sergi, The Mediterranean Race : A Study of the Origin of European Peoples, vol. 40, Walter Scott Publications, coll. « Contemporary science »,‎ 1909 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Madison Grant, The Passing of the Great Race, 1916 (publié en français en 1926 chez Payot sous le titre de Le Déclin de la grande race et préfacé par Georges Vacher de Lapouge), réédité aux Éditions de L'Homme Libre, 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Madison Grant, "The Mediterranean race", The Passing of the Great Race (Part II - European Races In History, Chapter 5).