Race supérieure

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Le concept de Herrenvolk en allemand, race supérieure à propos des humains a été une idée récurrente au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Le concept de race supérieure existait dans les activités d’élevage. Les animaux domestiqués (d’élevage et de compagnie) ont depuis toujours été sélectionnés suivant des critères d’abord intuitifs, puis précis et codifiés, afin d’obtenir des animaux qui présentent les caractéristiques désirées.

C’est ainsi que l’Homme a pu créer en 20 000 ans (date estimée des premières domestications de loups) les nombreuses races canines que nous connaissons aujourd’hui, en sélectionnant les individus qui correspondaient aux usages dont leurs maîtres avaient besoin. Des races bovines ou chevalines distinctes ont été créées aussi en fonction des besoins (lait ou viande pour les bovins, trait ou combat pour les chevaux). Le génie génétique pourrait permettre dans l’avenir des modifications encore plus radicales.

Lorsque la situation économique devient particulièrement difficile, en temps de crise ou de pénurie, les tensions entre les différents groupes sociaux tendent à s’accroître et il arrive qu’un groupe, minoritaire, soit désigné comme le « bouc émissaire », sur lequel tout le monde peut canaliser sa colère. Un groupe sera d’autant plus susceptible d’être désigné comme tel que ses us et coutumes semblent étranges ou qu’il semble vivre de façon prospère tandis que d’autres éprouvent des difficultés. On a présenté pour cette raison les Juifs comme objet de défiance dans une partie plus ou moins importante de la population en Europe (voir par exemple Le Marchand de Venise, de William Shakespeare), ou les chrétiens du Liban avant qu'ils n'y deviennent majoritaires).

Dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon ont connu une période où la conjonction d’une perte de leurs colonies (pour l’Allemagne), de la crise économique, du nationalisme et d’idées (préalablement falsifiées) comme celles de Friedrich Nietzsche ont fait apparaître des notions extrêmes qui se sont terminées tragiquement peu après.

Nietzsche n’était cependant pas raciste : de son vivant, il s’est défendu contre le pillage de son œuvre par les « germanophiles » et les antisémites (qu’il appelle la canaille). Son concept philosophique d’Ubermensch décrit en réalité un idéal politique, moral et esthétique pour toute l’humanité, qui ne dépend d’aucune donnée biologique et s'oppose à la médiocrité du dernier homme. Le concept de race est d’ailleurs pour lui une fumisterie.

Il n'en allait pas de même du concept d’Übermensch prôné par Hitler, puisque cet Übermensch là prétend au contraire se définir de manière biologique par rapport à son opposé, qui ne peut être que l'Untermensch (voir le cru et le cuit).

L’idéologie de la race supérieure dans le nazisme tire son origine en partie d’une interprétation incorrecte des théories darwiniennes (une évolution naturelle à long terme confondue avec exactement son contraire, c’est-à-dire une directive morale), ainsi que, d’après le réalisme fantastique, dans la mythologie de l’Ordre de Thulé.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]