Sutta Nipāta

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Sutta Nipāta (pâli), «choix d'instructions» est un recueil de sûtras du bouddhisme ancien, parfois mêlés de vers, qui figure dans la « collection mineure » , Khuddaka Nikaya, du canon pâli.

André Bareau traduit ce recueil par dépôt des sermons. Il mentionne l'absence d'ordre logique, ce qui fait de ce recueil une particularité du canon pâli.

Le Sutta Nipata se compose lui-même de cinq parties :

Sections anciennes[modifier | modifier le code]

Les deux sections Aṭṭhaka Vagga et Pārāyana Vagga qui sont considérées comme considérablement antérieures au reste du canon pâli et qui révéleraient une forme plus précoce de la religion bouddhique. Ce point de vue se fonde sur l'aspect littéraire des textes, leur inclusion dans les commentaires les plus anciens, mais également parce qu'ils expriment des croyances bouddhiques sous une forme différente de leurs versions les plus courantes.

Le Khaggavisānasutta, partie de l'Uraga Vagga, semble également révéler une forme ancienne de monachisme bouddhique, qui insiste sur la quête individuelle d'une manière proche de la tradition indienne des sannyāsin. Une version assez complète de ce sûtra fut trouvée dans le Gandhara en 1994 parmi les plus anciens manuscrits indiens connus.

Y figuraient également les sections Aṭṭhakavagga et Pārāyanavagga. Ces deux sections affirment l'aspect négatif de l'ascétisme et s'intéressent aux questions des activités physiques et du désir sexuel. Elles insistent sur la nécessité de rejeter les opinions, évitant de traiter de métaphysique.
Ces deux sections diffèrent également par leur approche de la méditation bouddhique, évoquant bien plus ce qui sera plus tard défini comme samatha bhavana et abordant très peu vipassana ; alors que les sûtras ultérieurs enseigneront plutôt l'équilibre des deux. Est mentionné l'objet méditatif de la sphère du néant, ce qui a amené - avec les autres points - Gomez à souligner la proximité de ces enseignements avec le bouddhisme Madhyamika et la notion de vacuité qui y est centrale.

Tillman Vetter note que ni ces collections ni le reste des sûtras ne forment un ensemble homogène, ce qui contrevient à certaines affirmations de Gomez. Ces sûtras proviendraient de groupes ascétiques précédant Gautama Bouddha et auraient été intégrés, plus tard, au corpus bouddhique.

Références[modifier | modifier le code]

  • André Bareau, En suivant Bouddha, Kiron Espace, 2000, p 204-211
  • Michel-Henri Dufour, Dictionnaire pâli-français, Les éditions des 3 monts, 1998
  • Sutta Nipāta
  • (en) Luis O. Gomez, Proto-Mādhyamika in the Pāli canon, Philosophy East and West 26:2 (1976) pp137-165
  • (en) Tillman Vetter, Mysticism in the Aṭṭhakavagga pp101-106 in The Ideas and Meditative Practices of Early Buddhism (Brill 1988)