Francis Galton

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Francis Galton

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Francis Galton vers 1850.

Biographie
Naissance 16 février 1822
Sparkbrook
Décès 17 janvier 1911
Haslemere
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni

Francis Galton (16 février 1822 à Sparkbrook, près de Birmingham — 17 janvier 1911 à Haslemere, dans le Surrey) est un homme de science britannique. Il fut anthropologue, explorateur, géographe, inventeur, météorologue, proto-généticien, psychométricien et statisticien. Il est entre autres fondateur de la psychologie différentielle ou comparée. Il a également mis en place de façon systématique la méthode d'identification des individus par empreintes digitales. Il fut anobli en 1909 et reçut la médaille Copley, décernée par la Royal Society. Il est par ailleurs considéré comme le fondateur de l'eugénisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une carte météo du Royaume-Uni, créée par Francis Galton en 1861
Diagramme de corrélation de Galton (1875)

Cousin de Charles Darwin et élevé dans une famille d'intellectuels fortunés (son grand-père est membre de la Royal Society), Francis Galton ne fit cependant pas d'études brillantes à l'université et s'il a attaché son nom à la statistique et à la psychologie, il a été avant tout un touche-à-tout intuitif. Explorateur passionné, il obtient une première consécration en tant que géographe, s'intéresse assez à la météorologie pour nous léguer le mot « anticyclone » et découvre les ultrasons. À partir de 1865, il se consacre à la statistique avec l'objectif de quantifier les caractéristiques physiques, psychiques et comportementales de l'homme, ainsi que leur évolution.

Si Darwin a énoncé ses lois de l'évolution dans un contexte indépendant de toute réflexion sur le calcul des probabilités, ses théories ont assuré le triomphe d'une description probabiliste du monde, parallèlement à la physique statistique de Maxwell et Boltzmann. C'est Francis Galton qui a fait le lien entre la théorie de la sélection naturelle et la recherche mathématique, consacrant une large partie de son activité à la défense de la théorie de l'évolution, en se proposant de montrer qu'elle permet des prévisions susceptibles d'être vérifiées.

Ses études portent sur la transmission de caractères héréditaires, comme la taille, et sa plus importante contribution est d'expliciter correctement le concept de corrélation, autrement dit la façon dont la loi de probabilité d'une variable aléatoire dépend de la valeur supposée fixée d'une autre variable aléatoire. Ses travaux sur la psychologie différentielle sont inclus dans cette perspective.

À ses contributions mathématiques, Galton joint de grands talents d'organisateur et de vulgarisateur. Il cherche également un moyen de sélectionner systématiquement et scientifiquement ce qui pourrait s'apparenter à l'élite de l'humanité (ou plutôt du Royaume-Uni). À ce titre, il est considéré, avec son disciple Karl Pearson, avec qui il fonde un journal consacré à cette étude (Biometrika), comme le fondateur de l'école biométrique et eugénique britannique.

Galton est également resté célèbre pour sa méthode de la photographie composite. Celle-ci consiste à fusionner en une seule image une multiplicité de clichés individuels, en vue de parvenir à une image générique permettant d'isoler une physionomie typique. C'est ainsi qu'il en vint à proposer le portrait-type de différents membres d'une même famille, mais également celui du criminel, ou encore du syphilitique. Cette technique est considérée comme un ancêtre des procédures actuelles de morphing.

Francis Galton cherche désespérément, en 1853, des traces d'existence de la licorne lors de ses explorations de l'Afrique australe, et offre de fortes récompenses pour sa capture : « Les Bushmen parlent de la licorne, elle a la forme et la taille d’une antilope, avec au milieu du front une corne unique pointée vers l’avant. Des voyageurs en Afrique tropicale en ont aussi entendu parler, et croient en son existence. Il y a bien de la place pour des espèces encore ignorées ou mal connues dans la large ceinture de terra incognita au centre du continent[1]. »

Tests et quantification[modifier | modifier le code]

La quantification des observations biologiques est considérée par Galton comme une condition nécessaire à leur étude. Il applique ce principe général à l'étude des capacités humaines et utilise avec James McKeen Cattell, les premiers tests.

Ces tests sont des épreuves portant sur des processus élémentaires, sensoriels et moteurs. Leur validité à l'égard de critères complexes tels que la réussite universitaire se révèlera très faible. Galton postulait que toutes les mesures biologiques devaient se distribuer selon la loi normale, un postulat que le caractère conventionnel des mesures psychologiques prive, au moins dans ce domaine, de signification précise.

Il a été l'inventeur de nombreuses méthodes statistiques couramment employées depuis et de notions en psychologie comme l'étalonnage, la régression, la corrélation. Il a esquissé les principes de l'analyse factorielle qui sera développée en psychologie dans les directions qu'il avait indiquées par des psychologues britanniques tels que Charles Spearman et C. Bort. Ils montreront que son intuition relative à la prééminence d'un facteur général d'intelligence sur des facteurs spécifiques peut constituer une manière heuristique de décrire les différences individuelles dans ce domaine.

Il était persuadé que les facteurs héréditaires jouaient un rôle dominant dans la détermination des différences individuelles et a ébauché dans ce domaine des méthodes d'étude du problème hérédité-milieu qui ont été perfectionnées depuis : méthode des jumeaux, études des pédigrées ; mais il a sous-estimé dans ses travaux l'importance des facteurs de milieu[réf. nécessaire].

Il a ainsi inspiré les politiques eugénistes, telle l'hygiène raciale, qui furent appliquées au début du XXe siècle en Scandinavie, aux États-Unis et par le régime National-socialiste: stérilisation massive d'individus considérés comme déviants (alcooliques, schizophrènes, handicapés...), déviances supposées héréditaires, donc nécessitant la limitation des naissances "d’inaptes" ou, pour les Nazis, l'élimination d'individus déficients et, d'un point de vue racial, "nocifs pour l'intégrité et la pureté de la race aryenne"[réf. nécessaire].

Il a fondé en 1904 et financé un laboratoire qui devait se consacrer à l'eugénique mais qui, devenu le « Galton Laboratory » de l'Université de Londres, a été ultérieurement dirigé par Karl Pearson et Ronald Fisher dont les contributions aux méthodes statistiques sont indépendantes des orientations générales de Galton.

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Francis Galton, « Regression Towards Mediocrity in Hereditary Stature », Journal of the Anthropological Institute, vol. 15,‎ 1886, p. 246-263 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Francis Galton, The Narrative of an Explorer in tropical South Africa, Londres, J. Murray,‎ 1853, 314 p. (lire en ligne), p. 283
  2. (en) [PDF] List of fellows of the Royal Society, 1600-2007. A-J, p. 132
  3. London Gazette : n° 28275, p. 5806, 30-07-1909

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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