Morphologie (biologie)

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En biologie, la morphologie (du grec μορφή morphé, « forme » avec le suffixe -logie, « discours ») désigne initialement la science descriptive (en) étudiant la forme et l'aspect visuel de la structure externe d'un animal, d'une plante ou d'un organe. La morphologie se distingue ainsi à l'origine de l'anatomie, qui s'intéresse à la structure interne. Cette science prend parfois une définition plus large, comprenant l'étude des structures externes (l'eidonomie (en)) mais aussi internes (l'anatomie)[1].

La partie de la morphologie qui s'intéresse aux plantes s'appelle la morphologie végétale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le poète et naturaliste Goethe, qui poursuivit des études dans le prolongement de Linné et de Rousseau, nous offre dès 1807 une conceptualisation de la morphologie. Celle-ci s'inscrit dans son projet d'étude de la métamorphose des plantes:

"Lorsque les objets naturels, et surtout les êtres vivants, nous apparaissent de façon telle que nous souhaitons comprendre leur nature et leur activité dans l'ensemble, nous croyons parvenir au mieux à cette connaissance en les dissociant de leurs parties, et cette vie en effet est réellement propre à nous mener très loin. Il nous suffira de rappeler en quelques mots seulement aux amis du savoir comment la chimie et l'anatomie ont contribué à la compréhension et à une vue d'ensemble de la nature.

Mais constamment poursuivis, ces efforts de dissociation ont aussi bien des inconvénients. Le vivant est bien décomposé en ses éléments, mais à partir de ceux-ci on ne peut le reconstituer et lui rendre la vie. Ceci est vrai déjà pour de nombreux corps inorganiques, et à plus forte raison pour les corps organiques.

C'est pourquoi, de tout temps, l'homme de science, a ressenti le besoin d'identifier les formations vivantes, d'appréhender en une totalité leurs composantes visibles, saisissables, de voir en elles ce par quoi s'exprime l'être intérieur, et ainsi de parvenir en quelque sorte à une vision dominant l'ensemble. Il n'est pas besoin d'exposer ici dans le détail combien ce désir de l'homme de science est proche de l'impulsion artistique et de l'instinct d'imitation.

On rencontre donc dans le cheminement de l'art, du savoir et de la science, plusieurs tentatives pour fonder et développer une connaissance que nous aimerions appeler la morphologie. Sous quelles formes diverses ces essais se présentent, c'est ce dont il sera parlé dans la partie historique.

Pour désigner dans son ensemble l'existence d'un être réel, l'Allemand dispose du mot forme (Gestalt). En employant ce terme, il fait abstraction de ce qui est mobile, il admet que les éléments formant un tout sont établis, achevés et fixés dans leurs caractères.

Mais si nous observons toutes les formes, et en particulier les formes organiques, nous constatons qu'il ne se trouve nulle part de constance, d'immobilité, d'achèvement, et qu'au contraire tout oscille dans un mouvement incessant. C'est pourquoi notre langue se sert à fort juste titre du mot formation (Bildung), tant pour désigner ce qui est produit que ce qui est en voie de l'être.

Si donc nous voulons introduire une morphologie, nous n'avons pas à parler de forme, mais si nous employons ce terme, nous pouvons penser tout au plus l'idée, le concept, ou un élément fixé pour un instant seulement dans l'expérience" (La métamorphose des plantes, Objet de méthode de la morphologie, trad. Henriette Bideau).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Dubois, 2008, Drôles d’espèces. Hybridation, perturbations de la méïose et spéciation dans le règne animal : quelques points délicats de terminologie, d’éidonomie et de nomenclature, In Peut-on classer le vivant ? Linné et la systématique aujourd’hui, D. Prat, A. Raynal-Roques et A. Roguenant [éds.], Belin, 169-202