Al-Qaida au Maghreb islamique

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Al-Qaïda au Maghreb islamique
القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي
Image illustrative de l'article Al-Qaida au Maghreb islamique

Idéologie Islamisme, Panislamisme, Salafisme, Jihadisme
Objectifs Établissement d'un califat islamique
Instauration de la Charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2007
Fondé par Abdelmalek Droukdel
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentat, attentat-suicide, enlèvement, prises d'otages
Zone d'opération Maghreb et Sahel
Période d'activité 2007-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Abdelmalek Droukdel
Djamel Okacha
Membres 200 à 800 (en 2004)[1]
~ 1000 (en 2013)
Financement Rançons, trafic de drogues, d'armes et de clandestins, etc[2].
Groupe relié Al-Qaïda
MUJAO
Répression
Considéré comme terroriste par États-Unis[3], Australie[4], Russie[5]

Al-Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI (arabe : القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي, ālqāʿd fy blād ālmġrb ālāslāmy) est une organisation islamiste armée d'origine algérienne. Avant le , elle était connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat[6] (GSPC ; arabe : الجماعة السلفية للدعوة والقتال, al-jamaa`atu l-salafiyyatu li l-da`wati wa l-qitaal), groupe issu d'une dissidence du Groupe islamique armé (GIA ; arabe : الجماعة الإسلامية المسلحة, al-Jama'ah al-Islamiyah al-Musallaha)[7],[8]. Son affiliation au réseau Al-Qaïda aurait obtenu l'approbation d'Oussama Ben Laden[9].

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis[3], de l'Australie[4] et de la Russie[5]. Elle est considérée par l'ONU comme proche d'Al-Qaïda et à ce titre sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies[10].

Si les racines du groupe se trouvent en Algérie, sa zone d'opération actuelle correspond à la région du Sahel, qui borde au sud le désert du Sahara, dans ses parties mauritanienne, malienne et nigérienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

2007[modifier | modifier le code]

Le , l’armée algérienne lance une vaste offensive aérienne et terrestre dans la wilaya de Béjaïa, pour éliminer des membres du GSPC. L’ANP menait des opérations de ratissage depuis plusieurs mois, et mène cette offensive avec le soutien de forces de la gendarmerie, de groupes de patriotes et de la BMPJ. Cette réaction de l'État algérien s'explique par la multiplication d'attaques isolées contre des positions de militaires algériens à l'automne précédent, dont certaines attribuées au GSPC. Selon certaines sources, 4 membres du GSPC auraient été éliminés (dont un combattant originaire de Boumerdès), et des membres importants du mouvement seraient désormais encerclés[11].

D'avril à décembre, l'organisation va être responsable d'une série d'attentats, visant le siège du gouvernement algérien, un cortège du président Bouteflika, le Conseil constitutionnel, le siège algérien du HCR, faisant plus d'une centaine de morts et de très nombreux blessés.

Le , il revendique deux attentats suicides à Alger[12],[13], qui font 30 morts et plus de 220 blessés. Sans être rigoureusement formel sur les visées de ces attentats, Yazid Zerhouni, le ministre de l'intérieur, connu pour être au cœur de la décision politique en Algérie, estime pour sa part qu'ils sont « l'une des dernières manifestations de gens ne voulant pas que l'État fonctionne normalement[14] ». Et d'ajouter dans une allusion à d'autres forces politiques hostiles à la politique du président algérien qu'« il y a peut-être d'autres intérêts, d'un autre type, que politico-religieux[14] ». Dans cette hypothèse, ces attentats ne seraient qu'un épisode de plus de la lutte entre les clans de l'armée par le biais d'un groupe (le GSPC) dont de nombreux experts considèrent qu'il est, à l'instar des Groupes islamiques armés (ceux-là même considérés généralement comme responsables de la vague d'attentats commis en France en 1995 et dont il a pris la suite), très largement infiltré par les services secrets algériens et peut-être français[15].

Le jeudi , Samir Saïoud, alias Samir Moussaab, numéro deux du GSPC est tué lors d'un affrontement avec l'armée algérienne[13]. En , l'armée a affronté avec de l'artillerie lourde et des hélicoptères de combat des partisans d'AQMI dans la région de Yakourène, village situé à une centaine de kilomètres à l'est d'Alger, en Kabylie.

Le , un attentat-suicide à Batna commis peu de temps avant l'arrivée du président Abdelaziz Bouteflika. L'explosion a fait 22 morts et 107 blessés

Le , un attentat à Lakhdaria fait dix morts.

Le , les autorités confirment la reddition d'Hassan Hattab, une information déjà publiée le 28 septembre[16].

Le 7 octobre 2007, Harek Zoheir, alias Sofiane el Fasila, un des plus importants lieutenants de l'« émir » Droukdal, est abattu par les forces de sécurité algériennes.

Il revendique un double attentat à la voiture piégée ayant fait soixante-sept morts à Alger, le 11 décembre 2007.

Toujours en décembre, les menaces précises d'attentats ont amené à l'annulation de la course du Paris-Dakar, alors qu'un réseau d'appui aux maquis algériens, en partie constitué d'ancien djihadistes afghans, était démantelé en France.

2008[modifier | modifier le code]

Début janvier 2008, les autorités françaises et algériennes font état de nombreuses menaces proférées sur le site salafiste al-Ekhlass, bien connu pour être un lieu de diffusion de communiqués, de vidéos et de messages sonores, utilisé par Al-Qaïda, par AQMI, par les groupes islamistes radicaux d'Irak, de Somalie et d'Afghanistan, mais aussi par toute une nébuleuse de farfelus et de fanatiques. Un certain Mourabit Mouwahed (le combattant de l'unité) appelle les islamistes à perpétrer le plus possible d'attentats en France afin de « provoquer la chute du président Nicolas Sarkozy (...) un effondrement économique de la France » en s'attaquant à des « personnalités prestigieuses, dont le maire de Paris » mais aussi à des lieux symboliques comme le quartier de la Défense et la Tour Eiffel. Cette situation renvoie aux attentats de 1995, avec de février à juin, des écrits contre la France avec un passage à l'acte en juillet[17].

Le , un groupe lié à l'organisation terroriste enlève, en Tunisie, deux touristes autrichiens, Andrea Kloiber (44 ans) et Wolfgang Ebner (51 ans) et les transfère en territoire algérien, dans une zone montagneuse. Le 15 mars, ils sont localisés au nord du Mali à 150 km de Kidal. Il s'agit selon le quotidien algérien, Al Djazaïr News, de la première opération menée par le chef algérien Abdelhamid Abou Zaïd qui exige le versement d'une rançon et la libération de militants islamistes emprisonnés en Algérie et en Tunisie, dont l'ancien chef du GSPC, Amar Saïfi, instigateur en 2003 de l'enlèvement dans le sud algérien d'un groupe de trente-deux touristes européens.

2009[modifier | modifier le code]

L'année 2009 est marquée par une recrudescence d'enlèvements de ressortissants occidentaux contre le paiement de rançons. En janvier 2009, AQMI enlève quatre touristes britanniques au Mali, puis en libère deux assez rapidement. Fin avril, elle menace d'en exécuter un si Abou Qatada, Jordanien d'origine palestinienne condamné à mort dans son pays pour activité terroriste et prisonnier au Royaume-Uni sans avoir été jugé en vertu des lois contre le terrorisme, n'est pas libéré[18].

Le 22 janvier, un groupe armé enlève quatre touristes européens (un couple suisse, une Allemande et un Britannique) dans la zone frontalière entre le Niger et le Mali.

Le 22 avril, Al-Qaïda libère deux diplomates canadiens enlevés en décembre 2008[19].

La perte de nombreux éléments importants (250 terroristes éliminés entre 2007 et 2009)[20] a poussé Abdelmalek Droukdal à promouvoir de nouveaux chefs à la tête de ses phalanges.

Le 4 février, l'"émir" sanguinaire de katibat El Feth, Omar Bentitraoui Antar, également connu sous le nom de guerre de Yahia Abou Khitma, est abattu par les autorités en plein centre-ville à Boumerdès. Le 15 février 2009, Mourad Bouzid, 65 ans, infirmier de l'ex-GSPC et responsable de l'endoctrinement de jeunes recrues est tué par les forces algériennes dans la même ville[21].

Le 5 mai, le journal Euroinvestor révèle la préparation d'une opération de grande envergure de quatre États riverains du Sahara pour traquer et neutraliser les combattants d'Al-Qaïda. L'Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie veulent empêcher l'implantation des islamistes dans la zone saharienne et les combattre avant qu'ils ne deviennent une réelle menace[22]. L'opération décrite comme « imminente » est toutefois reportée[23].

Le 31 mai, une cellule d'Al-Qaïda basée au Mali annonce sur un site islamiste avoir exécuté l'otage britannique Edwin Dyer, après avoir repoussé un premier ultimatum jusqu'à la fin du mois[24].

Le 10 juin, un officier malien à l'origine de l'arrestation de nombreux militants islamistes, le lieutenant-colonel Lamana Ould Bou, est assassiné par balles à Tombouctou. Al-Qaïda revendique la responsabilité de l'attentat[25].

Le 16 juin, l'armée malienne attaque et détruit une base de la branche maghrébine d'Al-Qaïda au Nord du pays, dans la localité de Garn-Akassa, près de la frontière algérienne. L'offensive intervient deux semaines après l'annonce d'une « lutte sans merci » contre « tous les groupes terroristes » de la zone sahélo-saharienne, décrétée par un responsable au Ministère de l'Intérieur malien. L'attaque visait l'"émir" Abdelhamid Abou Zeid, responsable de l'assassinat de l'otage britannique Edwin Dyer. Les militaires maliens annoncent l'élimination de 26 terroristes dont certains corps ont été retrouvés hâtivement enterrés par les survivants dans une fosse commune[26].

Le 23 juin, Christopher Leggett, travailleur humanitaire américain, est assassiné par balles à Nouakchott en Mauritanie. Selon des déclarations d'Al-Qaïda, qui a revendiqué la responsabilité de l'attentat, Legett a été tué pour avoir voulu convertir des musulmans au christianisme[27].

Le 30 juin, le dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique Abou Moussab Abdoul Wadoud déclare « Hier c'était le hijab et aujourd'hui, c'est le niqab. Nous nous vengerons de la France et de ses intérêts par tous les moyens à notre disposition, pour l'honneur de nos filles et de nos sœurs », en réactions aux propos de M. Sarkozy sur la burqa.

Dans la nuit du 4 au 5 juillet, l'armée malienne a attaqué lourdement des éléments de l'Aqmi dans la région de Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali. Les forces de l'Aqmi ont riposté.

En juillet, l'AQMI prétend avoir tué 28 soldats en capturé 3 au cours d'une embuscade au Mali[28].

Le 8 août, un attentat suicide devant l'ambassade française à Nouakchott en Mauritanie fait 3 blessés, deux policiers français et une passante mauritanienne.

Le 15 octobre, un chef islamiste lié au mouvement terroriste en Algérie, Mourad Louzai, également connu sous le nom d'Abou Khitma, est abattu près de Dellys par les services de sécurité[29].

Le lundi 9 novembre vers 5 heures, à Cap Djenet, située à l’est de la wilaya de Boumerdès, un officier supérieur est tué et deux militaires blessés « Les trois victimes effectuaient une patrouille de routine lorsque la bombe a explosé au passage de leur véhicule. »[30]

Le , un ressortissant français président de l’organisation non gouvernementale Icare qui lutte contre le paludisme dans le Cercle de Ménaka et du comité de jumelage de la ville française de Gérardmer et de la commune rurale malienne de Tidermène, a été enlevé dans l’hôtel dont il est gérant à Ménaka, dans la région de Gao. Le ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile a confirmé et condamné l’enlèvement[31]. Le , le mouvement terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué dans un enregistrement sonore diffusé par la chaîne de télévision Al Jazeera, l’enlèvement du Français ainsi que de trois espagnols en Mauritanie le [32].

2010[modifier | modifier le code]

Le , Al-Qaïda au Maghreb islamique a menacé d’exécuter l’otage français que l’organisation a enlevé le , si quatre de ses "combattants" détenus au Mali n’étaient pas libérés d’ici le 30 janvier[33]. Sous pression, le Mali libère finalement les quatre islamistes pour la libération de l'otage.

Le , l'émir de la Katibat El-Arkam, Khaled Abou Selmane alias Amir Gouri, est abattu avec deux autres militants dans un échange de tirs avec l'armée algérienne, dans un massif forestier de Lakhdaria. Abou Selmane était considéré comme le bras droit de l'actuel Émir d’Al-Qaïda au Maghreb, Abdel Malek Droukdel.

L'italien Sergio Cicala et son épouse, Philomène Kaboré, originaire du Burkina Faso, détenus en otage depuis quatre mois par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont libérés le .

Un humanitaire français, Michel Germaneau, âgé de 78 ans, est enlevé le au Niger par une cellule d'Aqmi dirigée par l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, qui avait déjà exécuté Edwin Dyer 13 mois auparavant[34]. Le , le chef de l'Aqmi annonce l'exécution de l'otage français, dans un enregistrement sonore diffusé par la chaîne Al-Jazira le soir du . Lors d'un conseil restreint de défense et de sécurité tenu en urgence le à L'Élysée, le président français Nicolas Sarkozy confirme la mort de Michel Germaneau, il condamne « cet acte barbare, odieux, qui vient de faire une victime innocente » et assure que « le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni »[35]. En absence de preuve sur les circonstances de la mort, on ne peut exclure que celle-ci ait résulté d'une privation de médicaments cardiaques[36].

Manifestation pour la libération de Pierre Legrand, Marc Feret, Thierry Dol et Daniel Larribe enlevés le 16 septembre 2010
(mai 2013)

Fin août, deux otages espagnols, Albert Vilalta et Roque Pascual, sont libérés par AQMI. Cette libération aurait donné lieu au payement d'une rançon et à la libération d'un membre de l'organisation[37]. La France dénonce l'attitude espagnole dans le règlement de cette affaire[38]. AQMI parle quant à elle d'une « leçon » pour la France et ses services secrets[39].

Dans la nuit de mercredi à jeudi , sept personnes sont enlevées au Niger (5 Français, un Togolais et un Malgache), toutes salariées de Areva et d'une filiale de Vinci[40]. La prise d'otage a été revendiquée le par l'AQMI dans un communiqué publié dans le média Al Jazeera[41].

Le 19 novembre 2010, Izza Rezki alias Abou Djaffar, qui serait le principal financier d'AQMI a été abattu avec l'un de ses acolytes par les forces de sécurité à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger[42].

Le 5 décembre 2010, l'émir de katibat El Arkam de l'ex-GSPC, Habib Mourad alias Nouh et son adjoint Samir Zoubeir sont éliminés par les forces de sécurité algériennes à proximité de la ville de Bordj Menaïel[43].

2011[modifier | modifier le code]

Le , Al-Qaïda au Maghreb Islamique enlève deux Français au Niger, l'un faisant partie d'une ONG ; l'autre était un ami du premier. La revendication est authentifiée le par un document audio. Au cours d'une tentative de libération par les forces françaises, les deux otages, Antoine de Léocour et de Vincent Delory, sont tués. Le rapport d'expertise sur la mort des deux Français, demandé par le Justice suite à la levée du secret défense par le ministère de la Défense français[44],[45], précise que Vincent Delory « n'a été victime d'aucun tir direct » mais que sa mort résulte « des effets thermiques dégagés par un foyer d'incendie »[36]. Lors d'une réunion de la commission de la défense de l'Assemblée nationale française, le député Yves Fromion s'est déclaré « très réservé quant à la façon dont la récente prise d'otages français à Niamey a été traitée. Il ne s'agit naturellement pas de briser la nécessaire union nationale contre le terrorisme, mais ceux qui ont donné l'ordre d'intervention devraient en tirer les enseignements afin de mieux réagir à l'avenir. En effet, c'est à la chance que l'on doit de ne pas avoir subi des dégâts plus importants encore. Gardons-nous de reproduire à l'avenir ce genre d'expédition insuffisamment mûrie », tout en précisant : « Je n'ai pas mis en cause nos forces armées. Mon interpellation concernait ceux qui ont déclenché l'intervention »[36]. Au moment de l'attaque par les militaires français, quatre gendarmes nigériens non entravés se trouvaient aux côtés des ravisseurs et de leurs deux otages[46],[47].

2012[modifier | modifier le code]

Un combattant d'AQMI

Depuis le 17 janvier 2012, le Mali subit des attaques de différents groupes, dont le MNLA, Mouvement National pour la Libération de l'Azawad.

Entre le 11 et le 22 mars 2012, une série de meurtres dans la région de Toulouse coute la vie à 7 personnes. Ces tueries ont été revendiquées par "Jund ak-Khilifah", une organisation proche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique[48]. Le meurtrier lui-même, Mohamed Merah, aurait fait part de sa proximité avec la mouvance terroriste. Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, a quant à lui qualifié de peu vraisemblable l'appartenance de Merah à ce réseau, privilégiant la piste d'une initiative isolée[49], et ce malgré l'existence de zones d'ombres autour de voyages que ce dernier a réalisé en Afghanistan et au Pakistan (AfPak) entre 2010 et 2011[50] et au cours desquels il aurait reçu un entraînement au maniement des armes[51].

Également en mars, un groupe touareg basé au Mali, Ançar Dine (défenseur de l'islam), mouvement islamiste armé touareg, affirme maîtriser la partie nord-est du Mali[52], et souhaiter instaurer par la lutte armée la charia. Il aurait été créé par un personnage connu des rébellions touareg des années 1990, Iyad Ag Ghali.

Le 27 juin 2012, des affrontements ont lieu avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad à Gao, ville du nord du Mali. Suite à ces combats, Le MNLA annonce la mort de Mokhtar Belmokhtar le 29 juin[53], mais un communiqué d'AQMI signé de son nom dément cette information le 7 juillet 2012[54].

Le , Nabil Abou Alqama , "émir" d'AQMI pour le Sahara et le Sahel, trouve la mort dans un accident de voiture dans la région de Gao au Mali[55]. Yahya Abou El-Hammam lui succède[56].

Le , le conseil de sécurité des nations-unies charge les pays de la Cédéao de mobiliser les forces armées ouest-africaines et de définir un plan de reconquête militaire du Nord Mali[57] qui se trouve entre les mains d'AQMI, du MUJAO et d'Ansar Dine.

À la mi-octobre, Mokhtar Belmokhtar est destitué du commandement de sa katiba par Abdelmalek Droukdal[58].

2013[modifier | modifier le code]

Combattants AQMI en Algérie, photo du Voice of America, 2014

Un document intitulé «Orientation du jihad dans l’Azawad» est trouvé à Tombouctou[59]. On y découvre les liens qu'Abdelmalek Droukdal envisage entre AQMI et Ansar Dine au nord Mali.

Le jeudi 28 février 2013, Abdelhamid Abou Zeid, l’un des dirigeants d’Aqmi, basé dans la région de Kidal, aurait été tué près d'Aguel'hoc dans le massif de Tigharghar, dans le nord du Mali ainsi que 40 combattants islamistes, par un détachement des forces spéciales françaises, selon une source sécuritaire algérienne[60].

Selon d'autres sources, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, annonçait que "Le 22 février, nous avons perdu nos soldats dans le massif des Ifoghas après avoir détruit la base des djihadistes. Nos soldats ont abattu deux chefs djihadistes, dont Abou Zeid, et ils ont libéré Tessalit"[61].

Le 6 novembre 2013, des activistes islamistes liés à AQMI revendiquent le meurtre de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon[62].

AQMI pendant la guerre du Mali[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Les forces d'AQMI au Sahara sont initialement dirigées par Nabil Abou Alqama, émir d'AQMI pour le Sahara et le Sahel, cependant ce dernier trouve la mort le 9 septembre 2012 dans un accident de voiture dans la région de Gao au Mali[55]. Djamel Okacha, dit Yahia Abou el Houmâm lui succède. Celui-ci dispose sous ses ordres d'environ 1 000 hommes[63] répartis dans quatre à cinq brigades ou katiba[64] :

  • La katiba Al Ansar, commandée par Hamada Ag Hama, dit Abdelkrim Taleb.
  • La katiba Tarik Ibn Ziyad, commandée par Mohammed Ghedir, dit Abdelhamid Abou Zeid. Tué le 23 février 2013 à la bataille de Tigharghâr, Saïd Abou Moughatil, dit Abou Saïd el-Djazaïri lui succède.
  • La katiba Al Fourghan, commandée initialement par Djamel Okacha, puis par Mohamed Lemine Ould El-Hassen, dit Abdallah Al-Chinguetti. Ce dernier est tué en 2013, il est remplacé par Aderrahmane, dit Talha.
  • La katiba Al-Mouthalimin, commandée par Mokhtar Belmokhtar. Celle-ci rompt cependant avec AQMI en décembre 2012, pour devenir le mouvement indépendant des Signataires par le sang.
  • La katiba Youssef Ibn Tachfin est créée plus tardivement, en novembre 2012, elle est commandée par Abou Abdel Hakim Al Ghairawany[65].

L'argent d'Aqmi[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Charles Brisard, « spécialiste du terrorisme », 90 % des ressources d'Aqmi viennent des rançons obtenues contre libération d'otages. D'autres experts parlent de trafics d'armes, de drogue (« deux flux de drogues illicites — l'héroïne dans l'est de l'Afrique et la cocaïne dans l'ouest — se rejoignent dans le Sahara »), de migrants clandestins ; et évoquent aussi le soutien de « quelques membres des forces de sécurité de certains pays » ; pays parmi lesquels, peut-être, l'Algérie (« Aqmi est issu de l'ancien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui serait une création des services algériens », Charles Saint-Prot)[66],[67]. Cependant AQMI aurait récupéré 50 millions de dollars de rançons et plus de 100 millions en ajoutant les divers autres trafics illicites (armes, drogue, etc.)[68].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 500 début 2004 selon le général Abderrezak Maïza, chef d’état-major algérien (« Le GSPC confronté à une nouvelle dissidence (journaux) », 5 février 2004.
  2. "Al Qaida au Maghreb taxe les trafiquants de drogue" sur lefigaro.fr, consulté le 19 mars 2010
  3. a et b (en) Foreign Terrorist Organizations, publié par l'Office of the Coordinator for Counterterrorism
  4. a et b (en) Listing of terrorist organisations, publié par l'Australian National Security
  5. a et b (ru) liste des organisations terroristes par le service de lutte anti-terroriste du FSB
  6. Xavier Raufer (directeur), Alain Chouet, Anne-Line Didier, Richard Labévière & Leïla N., Atlas de l’Islam radical, Paris : CNRS éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06577-3), p. 266
  7. Xavier Raufer (directeur), Alain Chouet, Anne-Line Didier, Richard Labévière & Leïla N., Atlas de l’Islam radical, Paris : CNRS éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06577-3)
  8. Émission C dans l'air,  ; Atlas de l'islam radical
  9. "Un groupe allié d'Al-Qaeda annonce changer de nom sur « ordre de Ben Laden »", Agence France-Presse, vendredi 26 janvier 2007.
  10. Liste récapitulative concernant Al-Qaïda, Oussama ben Laden, les Taliban et autres personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés sur le site de l'ONU
  11. Slimani Mourad, L’Anp accentue la pression sur les groupes terroristes : Des émirs encerclés à Béjaïa , El Watan, 1er avril 2006
  12. « Al-Qaïda au Maghreb revendique les deux attentats d'Alger » - Le Monde, 11 avril 2007.
  13. a et b « Élimination du n°2 du GSPC : coup dur porté à la stratégie de l'attentat suicide » - Jeune Afrique, 27 avril 2007
  14. a et b « Que veut Al Qaïda ? », Le Jour d'Algérie, 14 avril 2007.
  15. « les services de renseignements français et d’autres cercles bien informés savaient que de nombreux communiqués des GIA provenaient des bureaux du DRS, qui de surcroît quadrillait l’Hexagone de ses agents « islamistes » [...] Certes, on ne doit pas négliger le danger que pourraient représenter ces « fantassins du djihad ». Mais il n’y a guère de doute que les services français ont largement les moyens de surveiller au plus près leurs faits et gestes » « L’“ennemi algérien” de la France : le GSPC ou les services secrets des généraux ? » - Par Omar Benderra, François Gèze, Salima Mellah, publié par Algeria-Watch, 23 juillet 2005. Commente un article du Monde daté 26 juin 2005. Consulté le 13 octobre 2010.
  16. « Le fondateur du GSPC, Hassan Hattab s'est “rendu” aux autorités algériennes fin septembre », Le Monde, 6 octobre 2007
  17. « Menaces islamistes : la DST sur le qui-vive », Le Figaro du 11 janvier 2008
  18. « Al-Qaïda au Maghreb menace de tuer un otage britannique », Le Monde, 28 avril 2009, p 8
  19. "Al Qaïda libère au Mali quatre Occidentaux enlevés au Niger" ladepeche.fr, le 22 avril 2009
  20. « 250 terroristes éliminés en deux ans », L'Expression, 21 avril 2009, p 3
  21. « L’infirmier du Gspc abattu à Boumerdès », L'Expression, 17 février 2009, p. 3
  22. « Opération imminente de quatre États sahariens contre Al Qaïda », Euroinvestor, 5 mai 2009.
  23. (en) « Sahel countries suspend huge military attack against Al-Qaeda for 2 weeks », El Khabar, 11 mai 2009.
  24. « Al Qaïda au Maghreb dit avoir tué son otage britannique », Le Point, 3 juin 2009.
  25. (fr) "Mort du lieutenant-colonel Lamana Ould Mohamed Yehia Ould Bou : Accrochage entre l'Armée et les assassins", L'Essor, 17 juin 2009
  26. (fr) "Repère d'islamistes attaqué", Radio-Canada, 18 juin 2009
  27. "Al-Qaïda au Maghreb revendique l'assassinat d'un travailleur humanitaire en Mauritanie", Jminforme.ca, 25 juin 2009
  28. "Al Qaida au Sahel : un activisme en pleine extension", lexpress.fr
  29. "Terrorisme : Mourad Louzai dit Nouh Abou Khitma a été abattu jeudi à Azrou, pas loin de Dellys", Lacite DZ, 17 octobre 2009
  30. "Terrorisme : un officier supérieur et deux militaires tués" sur tsa-algerie.com
  31. "Le ministère de la sécurité intérieure confirme l’enlèvement", l'Essor, 30 novembre 2009
  32. « Al-Qaïda revendique le rapt d'un Français au Mali et de 3 Espagnols en Mauritanie », AFP, 8 décembre 2009
  33. « Mali : Al-Qaïda hausse le ton, menace d'exécuter un otage français », S. Daniel, AFP, 11 janvier 2010
  34. "Organisation AQMI annonce avoir exécuté l'otage Michel Germaneau sur http://www.france-info.com, consulté le 25 juillet 2010
  35. "Otage français : l'Élysée confirme la mort" sur lefigaro.fr, consulté le 26 juillet 2010.
  36. a, b et c Jean-Dominique Merchet, « AQMI : l'otage Michel Germaneau est mort de maladie, faute de médicaments » Marianne2, Blog « Secret défense », 10 janvier 2011 http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/AQMI-l-otage-Michel-Germaneau-est-mort-de-maladie-faute-de-medicaments_a93.html
  37. "Al Qaida au Maghreb islamique libère deux otages espagnols" sur nouvelobs.com, consulté le 23 aout 2010
  38. "Otage d'Aqmi : Sarkozy critique l'Espagne" sur lefigaro.fr, consulté le 25 aout 2010
  39. "Espagne : interrogations après la libération des otages" sur letelegramme.com, consulté le 25 aout 2010
  40. "Niger : possible enlèvement d'un groupe de personnes dont des français" sur 20minutes.fr, consulté le 16 septembre 2010]
  41. "Al Qaida revendique le rapt des cinq francais l'Armée française" sur lci.fr, consulté le 22 septembre 2010
  42. (fr) « Le chef terroriste Abou Djaffar abattu », ennaharonline,‎ 22 novembre 2010.
  43. L'émir de katibet El Arkam et son adjoint éliminés par l'ANP Le Temps d'Algérie, 7 décembre 2010
  44. « Alain Juppé a tranché vendredi: il suit la recommandation de la commission consultative du secret de la Défense nationale. Un peu plus tôt, l'autorité administrative indépendante s’était prononcée favorablement sur la requête du procureur de Paris, Jean-Claude Marin, en charge de l’enquête sur la mort de deux Français au Niger le 8 janvier dernier. L’incertitude demeure quant aux conditions de la mort des deux jeunes hommes, survenue durant une attaque menée par l’armée française » « Niger: Juppé lève le secret défense » sur le lejdd.fr, consulté le 03/02/2011.
  45. « Parmi les véhicules retrouvés calcinés, il y a un gros véhicule 4X4 immatriculé au Bénin...Parmi les véhicules calcinés figurait également « un véhicule de la gendarmerie nigérienne ». Le ministre français de la Défense Alain Juppé a indiqué lundi à Niamey que « des terroristes », mais aussi « des personnes portant uniforme de la gendarmerie nigérienne » ont été retrouvés morts après l'assaut, avec les otages. » « Otages nordistes tués : les zones d'ombre de l'opération militaire française » sur lavoixdunord.fr, consulté le 03/02/2011
  46. « Ces gendarmes n'étaient pas entravés, d'où la confusion avec les terroristes », Valeurs actuelles no 3870, 27 janvier 2011
  47. « Les forces françaises et le ministre de la Défense ont affirmé que dans le convoi des terroristes figuraient quatre gendarmes nigériens. Des hommes non entravés, ayant participé aux combats et utilisé leurs armes contre les militaires français du 1er RIMA » France Soir, 22 janvier 2011, 10h49, « Otages au Niger : Juppé lève le secret défense » sur francesoir.fr, Consulté le 8 février 2011.
  48. http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/22/1312619-une-organisation-liee-a-al-qaida-revendique-la-tuerie-de-toulouse.html Une organisation liée à Al-Qaïda revendique la tuerie de Toulouse] La Dépêche, 22 mars 2012
  49. « Pour le patron de la DCRI, Merah ne relevait d'aucun réseau », sur reuters.com,‎ 23 mars 2012
  50. « Le tueur présumé de Toulouse aurait fait la guerre avec les talibans », sur lemonde.fr,‎ 21 mars 2012
  51. Mohamed Merah, un membre actif de la mouvance djihadiste internationale Le Monde, 22 mars 2012
  52. http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/20/le-mouvement-islamiste-arme-touareg-affirme-controler-le-nord-est-du-mali_1672558_3212.html
  53. M. Abi, « Les Touaregs de l’Azawad annoncent la mort de Mokhtar Belmokhtar », sur Le Temps d'Algérie,‎ 29 juin 2011 (consulté le 29 juin 2011)
  54. « Donné pour mort, il se manifeste par communiqué Les justifications de Belmokhtar », sur Liberté,‎ 7 juillet 2012 (consulté le 9 juillet 2012)
  55. a et b http://www.rfi.fr/afrique/20120910-chef-aqmi-sahara-meurt-accident-voiture
  56. Boris Thiolay,, « Qui est le nouveau chef d'Aqmi au Sahara ? », lexpress.fr,‎ 5 octobre 2012
  57. Libération - L'ONU donne 45 jours aux Africains pour préciser leur intervention au Mali - 13 octobre 2012
  58. RFI, « Aqmi au Sahel: Mokhtar Belmokhtar écarté de son commandement »,‎ 15 octobre 2012
  59. La feuille de route d'Aqmi au Mali, Liberation.fr, 25 février 2013]
  60. L'emir d'Aqmi, Abou Zeid, aurait été tué dans un raid français, le Nouvel Observateur, 25 février 2013
  61. Idriss Déby : "Les troupes tchadiennes ont abattu Abdelhamid Abou Zeid" Le Point.fr - Publié le 01/03/20
  62. AQMI revendique l'assassinat des deux journalistes au Mali" Le Monde, le 6 novembre 2013
  63. francetvinfo Mali. Qui sont les islamistes à qui la France a déclaré la guerre ?
  64. [1] rfi : Les structures de l'organisation terroriste Aqmi
  65. Alakhbar : " Youssef Ibn Tachfin " une nouvelle aile d'AQMI
  66. « Terrorisme : Le portrait des combattants d'Aqmi ». Interview de Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme : « Mais où trouvent-ils l'argent ? — C'est la politique d'enlèvement qui procure à Aqmi l'essentiel de ses ressources. On estime que 90 % de ses ressources aujourd'hui sont procurées par les rançons qui représentent plusieurs dizaines de millions d'euros — Sans compter les ressources du trafic d'armes, de migrants ou de drogues, des sommes colossales qui permettent à Aqmi de s'imposer auprès des tribus locales en les finançant [...] », BFM TV, 11 janvier 2011 à 11:34. Consulté le 04/02/2011, mais n'est plus accessible aujourd'hui (11 février 2011 à 10:39 (CET)).
  67. « En prenant le contrôle d'une partie des trafics (drogue et migrants clandestins), ils ont rejoint le grand banditisme ». « deux flux de drogues illicites — l'héroïne dans l'est de l'Afrique et la cocaïne dans l'ouest — se rejoignent dans le Sahara. Les terroristes puisent des ressources du trafic de drogue pour financer leurs opérations, acheter des équipements et payer leurs troupes. » (Antonio Maria Costa, directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime). « Quelques membres des forces de sécurité de certains pays sont une source de soutien à Aqmi » (Pr Benhammou, président de la Fédération africaine des études stratégiques). « Aqmi compte dans ses rangs de nombreux déclassés attirés par la rapine [...] Aqmi est issu de l'ancien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui serait une création des services algériens » (Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques, professeur d'université à Paris-Descartes et Strasbourg), dans Valeurs actuelles n°3870, 27 janvier 2011, p. 39
  68. « Derrière AQMI se cache un projet de recolonisation de l’Afrique », Zine Cherfaoui pour El Watan, publié le 12 octobre 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]