Zarmas

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple zarma. Pour la langue zarma, voir Zarma.

Zarmas

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Jeunes filles en tenue traditionnelle

Populations significatives par région
Drapeau du Niger Niger 5 507 000
Drapeau du Nigeria Nigeria 113 000
Drapeau du Bénin Bénin 38 000
Drapeau du Ghana Ghana 6 900
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso 1 100
Population totale 5 665 000
Autres
Langues

zarma

Religions

islam

Les Zarmas sont un peuple d'Afrique de l'Ouest, présents essentiellement au Niger – où ils représentent 28 % de la population –, et d'une façon minoritaire au Nigeria, au Bénin, au Ghana et au Burkina Faso. Ils font partie du groupe Songhaï.

Ethnonymes[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Adzerma, Dierma, Djerma, Djermas, Djermi, Dyabarma, Dyarma, Dyerma, Gole, Jerma, Jermas, Saberma, Zabarima, Zabarma, Zabarmawa, Zaberma, Zabermawa, Zabirmawa, Zabrama, Zabrima, Zarbarma, Zarberma, Zarmas, Zerma, Zermas[1].

Origine et histoire[modifier | modifier le code]

Les Zarmas sont des populations émigré du lac Débo, région du delta intérieur du fleuve Niger entre Mopti et Gundam, dans la marge occidentale de l'empire songhaï. Leur proximité historique explique notamment le degré élevé de continuité linguistique entre les Zarmas et les Songhaïs, les similitudes dans la croyance religieuse et les établissements politiques.

Des incursions répétées sur le lac Débo par des Peuls, Touaregs, et Soninkés dès le XVe siècle, les Zarmas ont laissé le secteur pour la région de Gao. Ils ont continué à se déplacer vers le sud au milieu du XVIe siècle pour s'installer dans l'Anzourou et le Zarmaganda au nord de Niamey. Pour des problèmes politiques et économiques, certains Zarmas se sont déplacés de Zarmaganda durant le XVIIe et XVIIIe siècle vers les régions de la vallée du Niger au sud de Niamey et dans les plateaux de Fakara et de Zigui au sud-est. À chaque étape, les colons Zarmas ont rencontré des groupes pionniers, qu'ils ont assimilés : Goole, Kalle, Tchi, Lafar, Sabir, et Suje, de nos jours ces noms sont restés des appellations claniques. Les sous-éthnies Haoussa notamment Goubé ou Goubawa, Mawri ou Arawa, Mogobiri ou Gobirawa se sont installées par vagues migratoires ou commerciales et se sont mixées avec les populations zarma mais ont authentiquement gardé leurs cicatrices raciales.

Le début du XIXe siècle est marqué par des résistances acharnées contre des invasions Touaregs et Peuls. C'était d'abord Anzourou et Zarmaganda, qui luttaient contre les Touaregs en 1800. Puis commença le Djihad des Peuls en 1804, alors une classe guerrier Wongari, émerge en partie des Zarmas du Dallol Bosso, 50 ans de résistance avec acharnement, Dawda Bongaran, Issa Korombé et leurs alliés font la guerre contre les Peuls. Entre 1849 et 1856, apogées des Peuls sur le Zarmatarey, puis la situation s’inverse entre 1856 et 1866 au profit des Zarmas.

Dès lors, les régions de la rive droite du Niger (Gourma), jusqu’aux pays Gurunsi devint une zone de razzia pour les Zarmas. En fait, des princes Zarmas comme Babatou, qui font du mercenariat, dans le Dagomba et les pays Gurunsi arrivent à organiser une base de militaires et un État qui n’arrête pas de croître jusqu’à l’arrivée des colonnes français en septembre 1896.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Système de transport des objets lourds par les femmes du Zarmaganda
Habillement des aristocrates.

Windi (concession) est l'unité de base sociale chez les Zarmas, collectivité d'homme et femme apparentés par les liens de descendance paternelle, unis sous l'autorité du plus âgé entre eux, le chef de la famille s'appelle Windikoy. Chaque village Zarmas est dirigé par un kwarakoy, chef du village qui est aussi sous l'autorité d'un bonkoyni ou laabukoy, ce dernier a sous son autorité un pays (ou une principauté).

Les pays Zarma[modifier | modifier le code]

Les Zarmas découpent le secteur qu'ils occupent en trois régions principales connues sous des appellations traditionnelles : Boboye, Zarmaganda, et Zarmatarey. Dans ces régions s'organisent plusieurs principautés, leur création remonte aux environs de la fin du XIXe siècle. À la tête de chaque pays se trouve une famille princière (Koyze) qui exerce un pouvoir autonome. La plupart des chefs règnent sous la tutelle de Zarmakoy, dont la plus célèbre est celle de Dosso. On trouve aussi des Gabdakoy, des Kallekoy, des Wonkoy, des Mayaki et des Amirou.

Les castes[modifier | modifier le code]

Les systèmes de castes sont très remarquables chez les Zarmas, on y retrouve:

  • Burtchini, homme libre, (rois, guerriers, et sujets);
  • DJassare, griot généalogiste et historien de la société ;
  • Zam, artisan du bois (bûcherons) en contact avec les génies des arbres ;
  • Tchakay, tisserand ;
  • Gaw, chasseur, en relation avec le double des animaux et les esprits qui les protègent ;
  • Gunu ou Wanzam, coiffeur (autrefois prêtre des rites virginaux).
  • horso ou domestique, esclave familial.
  • descendant d'esclaves/serfs: la majorité de la population
  • sorkho riverains et pecheurs

Vie économique[modifier | modifier le code]

Les Zarmas sont principalement des cultivateurs de mil, sorgho, et maïs, ils élèvent souvent quelques têtes de bétail comme moutons, chèvres, et quelque volailles qui seraient habituellement abattus et mangés pendant les fête religieuses et les cérémonies de mariage, et baptême. Après la saison des pluies la plupart des jeunes font l'exode vers les pays côtiers pour faire des petits commerces, dans ces régions le nom Zarma est devenu synonyme de commerçant de pagnes. Tchakey, Les tisserands Zarmas fabriquent des Kunta, couvertures traditionnelles de mariage, en coton, de 3 m sur 1,60 m, et des couvre-lits aux motifs géométriques bleus, verts, rouges, noirs et blancs. Les femmes sont réputées pour faire des vanneries et des poteries.

Croyances[modifier | modifier le code]

Les Zarmas sont en majorité des musulmans. Les chrétiens Zarmas sont très peu nombreux. Leur pratique de l'islam est mêlée légèrement à la croyance ancestrale Foley (ou Holey). Ils participent à de divers cultes Holey, dont le plus célèbre est le Yenendi (refroidissement) qui se situe vers la fin de saison chaude, destiné à Cirey de faire venir la pluie dans des conditions favorables aux cultures et à concilier l'humeur de Dongo génie de la foudre. La région de Niamey semble être La Mecque des animistes, tandis que Kiota où habite le cheikh Aboubacar Hassoumi reste un centre de rencontre non seulement pour les musulmans Zarmas, mais pour un bon nombre de musulmans Nigériens. Cependant des sectes comme le Sonianké (sorcier antagoniste du Tyerkaw ) et le Tyerkaw (sorcier mangeur d'âme) sont très dominants dans cette société.

Culture[modifier | modifier le code]

Rôle social des nattes[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

La musique des Zarmas est très variée mais, les plus remarquables sont :

  • moolo, musique des griots, les historiens de la société. Il récite les hauts faits des ancêtres pendant qu'un musicien l'accompagne d'un kuntiji, guitare monocorde, ou le moolo, une sorte de luth a trois cordes.
  • Bitti, la musique sacrée des Zarmas, la musique des danses de possession Foley, Les instruments principaux sont goje, le violon, et Gaasu, la calebasse. Les musiciens jouent la musique de l'esprit qu'ils veulent faire venir et le prêtre Zima rappelle les pouvoirs de sa famille.

La cavalerie de Dosso[modifier | modifier le code]

Habiles cavaliers de l'époque précoloniale, pendant les fêtes les cavaliers du palais de Djermakoy portent leurs costumes de guerre : grand manteau brodé de motifs floraux rouges, jaunes et bleus. Un casque rouge cerclé de bandes métalliques argent, surmonté d'un plumet de plumes d'autruche, noires et blanches. Un grand bouclier en peau d'antilope coloré. Un sabre de fer dont la poignée est en forme de croix, poignard fixé à l'avant-bras gauche. Une lance longue torsadée de tresses rouges, blanches et noires. Le cheval caparaçonné de tissus matelassé en losanges rouges, jaunes et bleus.

Personnalités Zarma[modifier | modifier le code]

  • Zabar Khane, héros et ancêtre légendaire des Zarmas;
  • Mali Béro, héros légendaire et guide de l'exode des Zarmas au XVe siècle;
  • Issa Korombé; le célèbre guerrier de Boboye, chef de la résistance contre les Peuls durant la deuxième moitié du XIXe siècle;
  • Mohammed Ibrahim Babatou, 1872-1896 chef des cavaliers aventuriers et mercenaires du nord-ouest de Ghana;
  • Attikou Zarmakoy, chef de la résistance contre la colonisation française dans les années 18971902.
  • Diori Hamani Premier Président du Niger né à Soudouré 1916 - mort à Rabat 1989; il fut président de 1960 à 1974;
  • Seyni Kountché Second Président du Niger
  • Ali Saibou, né à Dingazi Banda (Oualalm) en 1940 - Mort à Niamey le 31 octobre 2011; il fut Président du Conseil Militaire Suprême de 1987 à 1989 (Chef D'État), Fondateur du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD) Partie État, Président de la République du 20 décembre 1989 au 16 avril 1993.
  • Ibrahim Hassane Mayaki, ministre des Affaires Étrangères et Premier Ministre du Niger entre 1996 et 1999;
  • Salou Djibo, Président du Conseil suprême pour la Restauration de la Démocratie suite au coup d'État du 18 février 2010[2]
  • SIDIKOU Oumarou, Ancien Vice Gouverneur de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO);
  • IDE Oumarou, Ancien Secretaire General de l'organisation de l'Unite Africain OUA actuelle UA;
  • Abdou Ousamne, Chef de Canton de Ouallam de 1946 à 1996
  • Djado Sekou,Grand Griot des legendes Djerma;
  • Djelba Badjé,Grand Griot des legendes Djerma;

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Bernard, Dire la santé avec des proverbes. Proverbes zarma-songay du Niger, L'Harmattan, 2007, 245 p. (ISBN 978-2-296-04631-3)
  • Sandra Bornand, Le discours du griot généalogiste chez les Zarma du Niger, Karthala, 2005, 457 p. (ISBN 978-2-84586-625-6)
  • Sandra Bornand, Parlons zarma, une langue du Niger, L'Harmattan, 2006, 339 p. (ISBN 978-2-296-00497-9)
  • Fatoumata Agnès Diarra, Femmes africaines en devenir, les femmes Zarma du Niger, Éditions Anthropos, 1971, 318 p.
  • Boubou Hama, L'histoire traditionnelle d'un peuple : les Zarma-Songhay, Présence africaine, 1967, 280 p.
  • Jean-Pierre Olivier de Sardan, Concepts et conceptions songhay-zarma. Histoire, culture, société, Nubia, 1982, 447 p.
  • Jean-Pierre Olivier de Sardan, Les sociétés songhay-zarma (Niger, Mali) : chefs, guerriers, esclaves, paysans, Karthala, 1984, 299 p. (ISBN 978-2-86537-106-8)
  • Bernard Surugue, Contribution à l'étude de la musique sacrée zarma songhay (République du Niger), Centre nigérien de recherches en sciences humaines, 1972, 63 p.
  • Nicole Tersis, Contes zarma du Niger : les génies et les hommes, Conseil international de la langue française, 1980, 145 p. (ISBN 978-2-85319-070-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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