Journalisme d'enquête

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Le journalisme d'enquête, ou journalisme d'investigation, est un genre journalistique qui se caractérise par la durée de travail sur un même sujet et par des recherches approfondies[1].

En consultant plusieurs sources et en interrogeant plusieurs spécialistes du sujet ou témoins des événements, le journaliste d'investigation peut trier plus efficacement les informations et découvrir des faits inédits. Sa connaissance des faits tiendra donc mieux compte de la réalité et son analyse sera ainsi de meilleure qualité. La définition du journalisme d'investigation, selon la déontologie du journalisme, implique également une indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques ou économiques, et une profondeur d'analyse qui résiste à la tentation de l'audimat ou à la course à l'exclusivité[1].

Sommaire

Description [modifier]

En France, Le Canard enchaîné reste une référence dans le domaine. Il a été rejoint par des journaux comme Bakchich (version papier et version numérique) et Mediapart (exclusivement numérique), et Charlie Hebdo. Certaines "lettres confidentielles" sur le Net ont également développé un pôle d'investigation important sur les coulisses du pouvoir et sur le monde des dirigeants d'entreprise, tels La Lettre A et Entourage.

Au Québec, le journaliste Daniel Leblanc s'est particulièrement fait connaître en déclenchant le scandale des commandites grâce à une enquête fouillée. Aux États-Unis, Eric Schlosser est l'un des journalistes d'investigation les plus connus. On pourrait le comparer aussi à Mark Curtis en Angleterre, spécialisé dans les enquêtes historiques des affaires étrangères du Royaume-Uni et des États-Unis.

Des journalistes français comme Jacques Derogy, Philippe Madelin, et aujourd'hui Laurent Léger, Roger Lenglet, Vincent Nouzille, Pierre Péan, Denis Robert ou Marie-Monique Robin figurent aussi parmi les journalistes d'investigation. On peut aussi citer Mark Hunter, un journaliste et universitaire d'origine américaine qui a conduit un certain nombre d'enquêtes, comme sur l'affaire Suzanne de Canson où une héritière fut dépouillée[2].

Citons à ce titre quelques exemples éloquents de journalistes d'investigation français : Jean Hélène (assassiné en 2003), Guy-André Kieffer (disparu dans des circonstances mystérieuses en 2004), Jean-Pascal Couraud (disparu également dans des conditions suspectes en 1997). De même, les "suicides" douteux ne les épargnent pas, comme celui de Didier Contant (défenestré en 2004 d'un immeuble parisien) et Alain Gossens (journaliste belge), alias KarmaOne, mort le 6 juillet 2010, suite à une "chute" du haut d'une église ; tous deux travaillaient sur des dossiers sensibles. Ajoutons aussi pour terminer des soupçons de meurtres dans les décès de Gary Webb, Morris Ketchum Jessup, Serge Monast, Stephen Knight et Yann Moncomble qui travaillaient de façon indépendante.

Exemples d'affaires ayant fait l'objet d'enquêtes [modifier]

De nombreuses affaires ont fait l'objet d'enquêtes journalistiques, tel que le scandale de l'amiante ou celui du Watergate , l'affaire du sang contaminé, Rhodia, Karachi ou Carignon. Les jounalistes d'enquête qui « dénoncent le gangstérisme des tout-puissants patrons des trusts et la corruption des politiciens qui l'accompagne » ont été qualifiés de « fouille-merde » par Theodore Roosevelt dans son discours The Man with the Muck Rake[3] en 1906[4].

Le scandale des commandites [modifier]

Le scandale des commandites, relevé par Daniel Leblanc, est une affaire politique canadienne relative à l'usage illégal de fonds publics fédéraux pour financer une opération de relations publiques visant à contrecarrer la popularité de la souveraineté dans la province de Québec, un système de ristourne permettait au Parti libéral canadien de se financer à même le détournement des fonds publics.

L'affaire trafic d'organes [modifier]

Voleurs d'yeux est le résultat d'une enquête sur le trafic d'organes en Amérique et en Europe conduite par la journaliste Marie-Monique Robin.

Notes et références [modifier]

  1. a et b Le journalisme d'investigation, sur franceinter.fr, 17 avril 2013. Consulté le 17 avril 2013
  2. Mark Hunter. Le destin de Suzanne: la véritable affaire Canson. Fayard, 1995
  3. The Man with the Muck Rake
  4. Gérard Vindt, « Etats-Unis : Muckrackers contre barons voleurs », sur Alternatives Economiques, février 1996

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Mark Hunter. Le Journalisme D'Investigation. PUF, collection Que Sais-Je, 1998
  • Patrick Auvret, Le journalisme d'investigation selon la Convention européenne des droits de l'homme, Legipresse, 1997
  • (en) Paul Bradshaw, Michael Bromley, Investigative Journalism: Context and Practice, Routledge, 2008.

Articles connexes [modifier]

Lien externe [modifier]