Journalisme gonzo

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Le journalisme gonzo (en anglais gonzo journalism) est une méthode d'investigation journalistique axée sur l'ultra-subjectivité, inventée par Bill Cardoso et popularisée par Hunter S. Thompson qui, pour écrire Hell's Angels: The Strange and Terrible Saga of the Outlaw Motorcycle Gangs (en) par exemple, s'était intégré dans un groupe de Hell's Angels, était devenu motard et avait adopté leurs conditions de vie pendant plusieurs mois.

Le parti pris par le journaliste gonzo est d'informer le plus possible son lecteur sur la nature et l'intensité des facteurs « déformant » son point de vue. Ainsi il peut, en faisant appel à son sens critique, recomposer ensuite une image vraisemblable de la réalité. Décrire les ondulations d'un miroir aide à retrouver la forme réelle du reflet anamorphosé qu'il projette. Il s'agit, pour l'auteur, d'assumer jusqu'au bout la subjectivité de son propos.

Le journalisme gonzo fait la part belle à l'anecdote et au récit de beuveries et prises de drogues (on se rapproche plus alors du sens originel du mot « gonzo [1]» que de l'ultra-subjectivité).

P. J. O'Rourke et Tim Jones peuvent aussi être considérés comme rédacteurs gonzo, au même titre que le critique rock Lester Bangs.

En France, Alain Pacadis, par ses chroniques dans Libération notamment, peut être considéré comme un journaliste gonzo.


Sommaire

[modifier] Hunter S. Thompson et le Journalisme Gonzo

Hunter S. Thompson, écrivain mais aussi journaliste, s’est beaucoup inspiré du célèbre romancier Sud-Américain William Faulkner, et notamment de sa vision de la fiction qui apparait pour lui plus réelle que le réel même dans la mesure où elle retranscrit mieux le sujet vaste qu'est l'existence de l'homme : « Fiction is often the best fact ». Bien que les choses narrées dans ses écrits journalistiques soient pour la plupart du temps véridiques, ce dernier n’hésite pas à rajouter des procédés satiriques – parfois pour décrire des choses qui n’ont jamais été – pour amener le lecteur dans l’antre de sa conscience. Il a beaucoup écrit à propos des drogues qu’il prenait occasionnellement et de l’alcool, qui, selon lui, lui permettaient d’avoir un don supplémentaire pour l’élaboration qu’il revendique lui-même subjective de ses reportages. C’est en cela que le terme « Gonzo » est également utilisé (parfois péjorativement) pour décrire un journalisme qui suit le tracé des veines du style de Thompson, caractérisé par la technique d’une écriture lucide et de premier jet d’un toxicomane.

Fear and Loathing in Las Vegas, paru en France sous le nom de Las Vegas Parano (livre), suit la course du Mint 400 en 1971 dans la peau d’un personnage principal du nom de Raoul Duke, accompagné de son avocat, Dr. Gonzo. Bien que ce roman soit considéré comme l’archétype même du Journalisme Gonzo, Thompson, qui, a souhaité faire de son œuvre le chef-d’œuvre considérable d’une fiction - seulement en partie vécue - n’en voit qu’un échec, un échec auquel il fera subir cinq retouches avant sa première publication, le 11 Novembre 1972. Thompson tenait à être lui-même impliqué dans ses reportages, souvent d’une manière suscitant conflit et farce, décrivant autant les actions d’autrui – objet de son travail journalistique - que les siennes, l’exemple le plus marquant restant son reportage sur les Hell’s Angel dont il partagera le mode de vie pendant près d’un an. Manquant notoirement de ponctualité, nombreux sont les rédacteurs en chef qu’il contraria à de multiples reprises en faxant ses articles au-delà de la date convenue : « Too late to be edited, yet still in time for the printer ». Thompson avait pour souhait que son travail soit lu comme il l’avait écrit, c’est-à-dire dans sa véritable forme Gonzo. L’historien Douglas Brinkley (en) a dit du Journalisme Gonzo qu’il n’exige pratiquement aucune retouche et qu’il est fréquemment utilisé pour retranscrire mot pour mot des interviews et conversations téléphoniques.

« Je n’obtiens aucune satisfaction journalistique, exceptée celle de la vieille tradition. J’ai juste recouvert l’histoire. Je lui ai juste donné une vue équilibrée. » a dit Thompson lors d’une interview pour la publication en ligne de The Atlantic. « L’objectivité du journalisme est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les politiciens Américains ont été autorisés à être si corrompus depuis fort longtemps. Tu ne peux pas être objectif en parlant de Richard Nixon. »

[modifier] Citation

  • Hunter S. Thompson : « Le reportage gonzo allie la plume d'un maitre reporter, le talent d'un photographe de renom et les couilles en bronze d'un acteur. »

[modifier] Filmographie

[modifier] Liens externes

  • (fr) Entrisme publication trimestrielle bizarre et gratuite et gonzo et générationnelle et plus encore
  • (fr) Gonzaï webzine culturel inspiré du journalisme gonzo, de Lester Bang à Thompson.
  • (fr) Gonzolation Le gonzo guide ultime de la survie ordinaire des ascètes et autres sybarites de la planète Terre...
  • (fr) Les 12 Salopards webzine gonzo-journalistique.

[modifier] Notes et références

  1. selon Cardoso, Gonzo (de l'argot (slang) irlandais du Sud de Boston) décrit le dernier homme debout après une nuit entière à boire de l'alcool
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