Nouveau journalisme

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Le Nouveau journalisme (en anglais New Journalism) est un style de journalisme faisant appel à certaines techniques littéraires, adopté principalement dans la presse écrite des années 1960 et 1970. L'expression fut utilisée pour la première fois par Tom Wolfe en 1973, dans une anthologie d'articles publiée sous le titre de The New Journalism et réunissant des articles de lui-même, mais aussi de Truman Capote, Hunter S. Thompson, Norman Mailer, Robert Christgau, Barbara Goldsmith[1], Herbert R. Lottman[2], et d'autres encore.

L'écriture se rapprochait davantage de la littérature dans la forme, mais le style ne devait pas occulter la minutie des enquêtes et la précision des faits rapportés. Wolfe définissait ce journalisme comme de « l'investigation artistique » (« Investigation is an art, let's just be kind of artists »)[3]. L'un des procédés fréquemment utilisés est le récit à la première personne, impliquant directement le journaliste qui devient alors le narrateur et donne ses impressions subjectives. On est là en effet plus proche du roman que du reportage, à ceci près que le sujet est réel.

Les articles de ce style furent publiés dans des journaux, mais plus encore dans des magazines comme The New Yorker, le New York Magazine, The Atlantic Monthly, Rolling Stone, Esquire, CoEvolution Quarterly et, brièvement, Scanlan's Monthly. Ils couvraient aussi bien des sujets sur les grandes vedettes d'Hollywood, que sur des grands maîtres comme Picasso, George Balanchine, Ieoh Ming Pei, un éclectisme pratiqué par Barbara Goldsmith sous le titre de creative environment (entourage créatif) et qui fut très vite récupéré dans le supplément du dimanche du New York Herald Tribune, puis vers 1968, dans le New York Magazine[4].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Wolfe identifie quatre caractéristiques principales empruntées par les « nouveaux journalistes » à la littérature de fiction[5] :

  • préférer autant que possible la mise en scène à la narration historique ;
  • transcrire les dialogues en entier (sous forme de conversation plutôt que de citations) ;
  • adopter la première personne (comme le point de vue d'un personnage) ;
  • utiliser les détails quotidiens (pour mieux décrire la vie du personnage).

En dépit de ces éléments, le Nouveau journalisme n'est pas de la fiction. Il demeure en effet un travail de reportage en se tenant à des faits, et l'auteur est la source principale. Pour adopter le point de vue d'un personnage, le journaliste demande directement à celui-ci quelles furent ses pensées ou ses impressions.

De telles caractéristiques étaient particulièrement novatrices dans le monde du journalisme américain des années 1960, et le demeurent partiellement. Elles sont cependant plus profondément ancrées dans d'autres presses nationales, et rappellent notamment les reportages d'Albert Londres, publiés sous une forme très narrative, comme Au bagne ou Terre d'ébène.

Histoire[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Barbara Goldsmith, Little Gloria Happy again, enquête sur l'affaire Vanderbilt, Macmillan 1980, Pan Book 1981, Londres, que Tom Wolfe, dans son livre The New Journalism, Harper & Row, New York, 1973, p. 219 (ISBN 0060147075), cite pour son talent dans les articles qu'elle a écrits sur George Balanchine.
  2. Herbert Lottman, La Dynastie Rothschild, 1995, le Seuil, Paris, (ISBN 2020205211)
  3. The New journalism, op. cit., p. 75.
  4. (en) David Paul Nord, A History of American Newspapers and Their Readers, University of Illinois Press, 2001, p. 298-310 (ISBN 0252026713).
  5. (en) Beuttler, Bill, « Whatever Happened to the New Journalism ? », BillBeuttler.com (consulté le 2007-09-09)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]