Jean Montaldo

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Jean Montaldo, né le 6 septembre 1941 à Teniet-el-Had (Algérie), est un journaliste et écrivain d'investigation français.

Origine[modifier | modifier le code]

Membre d'une des plus anciennes familles pieds-noirs, implantée en Algérie depuis sa conquête en 1830, Jean Montaldo est le fils du sénateur-maire d'Algérie, ancien président du Conseil général d'Orléansville, Pierre-René Montaldo, homme politique de centre-gauche et docteur en médecine, cofondateur des HLM en France, un des leaders libéraux (avec Jacques Soustelle) qui prônaient une totale intégration de la communauté musulmane algérienne de l'époque dans la communauté française.

Parcours[modifier | modifier le code]

En 1962, avec la décolonisation, Jean Montaldo quitte l'Algérie avec sa famille.

Très jeune, en Algérie et sous le patronage du journaliste Henri Toregrossa, haute figure de la presse algérienne (plus tard intégré dans l'état major du Progrès de Lyon), il s'oriente vers le journalisme d'enquête et travaille pour plusieurs organes de presse dont La Dépêche quotidienne d'Algérie (jusqu'à l'indépendance de cet ancien territoire français), Combat, Minute, Paris Match, L'Aurore, L'Express, Le Quotidien de Paris, Le Figaro Magazine ou Le Canard enchaîné.

Considéré par beaucoup comme l'un des vétérans de la presse d'investigation française, il a pour mentor le philosophe et journaliste Jean-François Revel, qui lui a consacré un portrait dans ses « Mémoires[1] ». D'après Revel, Jean Montaldo est un authentique journaliste d'investigation, dans la mesure où il appuie ses affirmations sur des faits et des éléments précis, basés sur de longues enquêtes.

Attaché depuis 1973 aux Éditions Albin Michel, il y est également directeur de collection.

Lors de l'élection présidentielle française de 1988, il révéla la présence d'images subliminales aux informations télévisées d'Antenne 2 ; cette révélation ne fut pas confirmée de manière irréfutable[2]. En 1995, il se félicite de l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, qu'il croit être un homme politique intègre. Mais en 2006, dans son livre Chirac et les 40 menteurs…, il reconnaîtra s'être trompé. Se disant « cocu mais pas content », il y met bout à bout, dans un réquisitoire implacable, les turpitudes des années Chirac, avant et après sa première élection à la Présidence de la République : une somme qui le conduit à présenter Jacques Chirac comme « le parfait clone de François Mitterrand », « l'élève ayant dépassé le maître »[3].

Style et ouvrages à succès[modifier | modifier le code]

Jean Montaldo se définit comme un « libéral anti-conformiste ». Après ses livres révélant des affaires financières sous la présidence de François Mitterrand et Jacques Chirac, il est présenté à la télévision comme étant d'extrême droite par le polémiste Gérard Miller. Jugement contesté par Jean Montaldo, qui rappelle n'avoir jamais appartenu à un mouvement politique ou simplement de pensée, mais s'être toujours battu pour la liberté, partout où elle est menacée, à commencer par les pays de l'ex-URSS ou les dictatures africaines. En septembre 1972, alors qu'il a déjà révélé plusieurs affaires sur l'ORTF[4], il constate que l'extrême-droite tente une première fois de prendre le contrôle du journal de centre-droit Minute[4], auquel il cesse de collaborer pour ne pas se "retrouver dans un combat politique qui n'était pas le mien"[4] et écrit dans le Canard Enchaîné, à l'époque ou des journalistes de gauche lui reprochent d'être "notoirement de droite"[4] depuis ses enquêtes sur l'ORTF, dont le pouvoir giscardien prépare alors le démantèlement, finalisé en 1974. En 1968, Montaldo avait pourtant soutenu les grévistes de l'ORTF dans les colonnes de Minute[5]. Dans les années 70 il devient collaborateur de de l'hebdomadaire L'Express, dirigé par son ami le philosophe Jean-François Revel.

En 1979, après plusieurs autres livres de révélations visant prioritairement la droite gouvernementale, les policiers corrompus de Paris et Lyon, puis à nouveau les « gangs de l'ORTF » (avant que la radio-télévision française soit détachée de la tutelle de l'État), Jean Montaldo publie (avec le soutien de L'Express) Les secrets de la banque soviétique en France, vaste enquête sur le financement occulte du Parti communiste français par deux des plus grandes banques de l'État soviétique, méthode révélée plusieurs fois, notamment par le ministre socialiste Jules Moch en 1948, et, par le même Jean Montaldo, en 1977, dans Les finances du PCF (Éditions Albin Michel).

En 1994, son plus grand best-seller Mitterrand et les 40 voleurs…, s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires (toutes éditions confondues)[6]. Le livre soutient notamment l'idée que François de Grossouvre, conseiller de François Mitterrand, aurait été assassiné[7]. Il met également à jour une escroquerie, l'affaire "Joséphine", montée en 1983 par des proches du président de la République à l'occasion d'un prêt de l'Arabie saoudite à la France[8].

Livres[modifier | modifier le code]

  • Les Corrompus, Éditions de la Table ronde 1971 (ISBN B0000DOWHU[à vérifier : ISBN invalide])
  • Dossier S comme Sanguinetti, Alain Moreau 1973 (ISBN B0000DTA6N[à vérifier : ISBN invalide])
  • Dossier ORTF, tous coupables, Albin Michel 1974 (ISBN 2226001239)
  • Les Finances du PCF, le Parti le plus Capitaliste de France, Albin Michel 1977
  • La France communiste, un état dans l'État, Albin Michel 1978 (ISBN 2226005862)
  • Les Secrets de la banque soviétique en France, Albin Michel, 1979 (ISBN 2226007830)
  • La Mafia des syndicats, les secrets d'une dictature, Albin Michel, 1981
  • 850 jours pour abattre René Lucet : les secrets d'une exécution politique, Albin Michel, 1982 (ISBN 2226015590)
  • La chute d'un agent de change (Préface du livre de Jean de Belot), Albin Michel, 1989
  • Le piège de Wall Street (Préface du livre de Gilles Sengès et François Labrouillère sur l'Affaire Péchiney - Triangle impliquant le premier cercle du Président François Mitterrand), Albin Michel, 1989
  • Le racket fiscal (Préface), Albin Michel, 1990
  • Amnistie et fausses factures, Le racket politique (Préface), Albin Michel, 1990
  • Échec à la dictature fiscale (Préface), Albin Michel, 1991
  • La fin des héros (Préface), Albin Michel, 1991
  • L'enfer fiscal : les victimes témoignent (Préface), Albin Michel, 1992
  • Finance connection (Préface), Albin Michel, 1992
  • Lettre ouverte d'un « chien » à François Mitterrand au nom de la liberté d'aboyer, Albin Michel, 1993 (ISBN 2226065350)
  • Mitterrand et les 40 voleurs…, Albin Michel, 1994 (ISBN 222606995X)
  • Rendez l'argent !, Albin Michel, 1995 (ISBN 2226078509)
  • Les Assistés de la République (Préface), Albin Michel 1996 (ISBN 2226079815)
  • Main basse sur l'or de la France, Albin Michel 1998 (ISBN 2226105891)
  • Le Gang du cancer, suivi du dossier Jean-Michel Jacquemin : le témoin qui accuse, Albin Michel 2000 (ISBN 2226086722)
  • Les Voyous de la République - Carnets secrets 1, Albin Michel 2001 (ISBN 2226126449)
  • Le Marché aux voleurs, Albin Michel, 2003 (ISBN 2226136509)
  • Chirac et les 40 menteurs…, Albin Michel, 2006 (ISBN 2226172718)
  • Lettre ouverte aux bandits de la Finance, Albin Michel, juin 2009 (ISBN 978-2-226-18678-2)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Parues sous le titre Le Voleur dans la maison vide, Plon, 1997, (ISBN 2259180221)
  2. Vladimir Volkoff : Petite histoire de la désinformation, Rocher, 1999 (p.187)
  3. Chirac et les 40 menteurs…, Éditions Albin Michel, p. 126, Rocher, 1999 (p. 187)
  4. a, b, c et d "Le vrai canard", par Karl Laske et Laurent Valdiguié [1]
  5. "Les Voyous de la République: Carnets secrets 1", par Jean Montaldo
  6. "Quand le président bashing booste les ventes de livres" par Gaspard Dhellemmes dans le "Journal du Dimanche" [2]
  7. Montaldo ou le triomphe d'un iconoclaste, Renaud Boutmy, L'Express.fr, 21 juillet 1994
  8. Montaldo: les mystères du dossier "Joséphine", Renaud Boutmy, L'Express.fr, 21 juillet 1994