Servier

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Servier

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Logotype de Servier

Création 1954
Fondateurs Jacques Servier
Forme juridique société à responsabilité limitée
Slogan La découverte et la vie
Siège social Drapeau de France Suresnes (France)
Activité Industrie pharmaceutique
Produits 750 millions de boîtes de médicaments ont été mises à la disposition des patients en 2007 par les sites de production.
Filiales Ardix médical, Biogaran, Biopharma, Euthérapie, Itérax SRL, Oril Industrie, Science Union, Servier Maroc SA, Servier Médical, STE ORS, Surval, Technologie Servier, Therval Médical
Effectif 20 000 salariés dans le monde dont plus de 2600 dans le secteur de la recherche et du développement
Site web www.servier.fr
Chiffre d’affaires 4 milliards €

Servier est le premier groupe pharmaceutique français indépendant et le deuxième groupe pharmaceutique français au niveau mondial. Le groupe est présent dans 140 pays et compte plus de 20 000 employés[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le laboratoire a été créé en 1954[1] à Orléans par Jacques Servier et neuf autres personnes[2], par rachat d'une entreprise de fabrication de sirop. Un an plus tard, l'entreprise lance ses deux premiers produits, un hypertenseur et un antidiabétique[3]. La croissance se fait au fil des années par la Recherche.

Dans les années 1960, les laboratoires mettent sur le marché deux nouvelles molécules, la fenfluramine (Pondéral et Isoméride) et le benfluorex (Mediator)[4].

En 1973, ils lancent un médicament contre la toux à base de fenspiride[5].
En 1974, ils obtiennent l'autorisation de mettre le Mediator sur le marché[6],[7].
En 1978, ils lancent sous le nom de Survector l'amineptine, un antidépresseur, qui sera retiré du marché français en janvier 1999 en raison d'un risque d'hépatotoxicité et de pharmacodépendance)[8].

En 1989, son centre de recherche et développement compte 1000 chercheurs.

En 2005, ils présentent un médicament antiangoreux à base d'ivabradine, Procoralan[9].

En 2007, le médicament antihypertenseur Coversyl (perindopril) compte parmi les médicaments les plus vendus en France [10].

En septembre 2013, Servier annonce le rachat des 49 % d'Egis , une entreprise hongroise. Servier possédais déjà 51 % d'Egis depuis 1995[11].

Médicaments[modifier | modifier le code]

Les médicaments Servier sont l'Arcalion (sulbutiamine), le Coversyl (perindopril), le Daflon 500 (hespéridine), le Diamicron 30mg (gliclazide), le Fludex LP (indapamide), l'Hyperium (rilménidine), le Locabiotal (fusafungine), le Mediator (benfluorex), le Muphoran (fotémustine), le Pneumorel (fenspiride), le Preterax-Bipreterax (perindopril/indapamide), le Procoralan (ivabradine), le Protelos (ranélate de strontium), le Stablon (tianeptine), le Trivastal 50mg LP (piribédil), le Valdoxan (agomélatine), le Vastarel 35mg (trimétazidine) et le Vectarion (almitrine)[12].

Locabiotal[modifier | modifier le code]

Suite à une expertise lancée en 2003, l'Afssaps a conclu à l'inefficacité du Locabiotal et décide de l'interdiction de sa commercialisation, l'Afssaps estime que « l'utilisation inadaptée d'antibiotiques favorise l'apparition de bactéries résistantes »[13]. Le médicament dans son ancienne composition (fusafungine) n'est plus disponible sur le marché depuis le [14]. Mais une nouvelle formulation d'huile essentielle de menthe sans antibiotique et qui porte le même nom est, elle, autorisée[15].

Vectarion[modifier | modifier le code]

En , l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), en France, considère que « l'efficacité des médicaments contenant de l'almitrine s’avère insuffisante alors que persistent des préoccupations en matière de sécurité d’emploi (principalement neuropathies périphériques et perte de poids). » En attendant la décision du « Groupe de coordination pour la reconnaissance mutuelle et les procédures décentralisées - médicaments à usage humain » (CMDh), l'ANSM recommande aux prescripteurs de ne plus initier de traitement par almitrine[16]. Le 24 juillet 2013, l'interdiction est effective.

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

« Un groupe qui réussit dans sa recherche a toutes les chances de réussir partout dans le monde. La recherche c’est notre mission, c’est le travail essentiel de l’industrie du médicament, c’est dans ce travail qu’il faut réussir. » - Dr Jacques Servier

Le groupe dépense chaque année près de 25 % de son chiffre d'affaires en recherche et développement. 30 médicaments ont été enregistrés en 30 ans, tous issus de ses laboratoires de recherche et développement. Il est un des tout premiers partenaires privés de l’INSERM et un partenaire privilégié du CNRS.

De nombreux partenariats de recherche et de développement ont été conclus avec des institutions de recherche publiques ou privées. En 2013, on recense notamment des accords de collaboration avec miRagen Therapeutics, avec AMGEN et avec Xention[1].

En France, le groupe est représenté par 6 laboratoires :

  • Servier Médical ;
  • Euthérapie ;
  • Biopharma ;
  • Therval Médical ;
  • Ardix Médical ;
  • Surval.

Il est également représenté dans le domaine des génériques par sa filiale Biogaran.

Les axes de recherche[modifier | modifier le code]

  • Neurosciences (dépression, anxiété, schizophrénie, ischémie cérébrale et déficits cognitifs)[1]
  • Cancérologie (agents cytotoxiques, angiogenèse, cycle cellulaire et apoptose)
  • Pathologies cardiovasculaires (maladie coronarienne, maladie veineuse, thrombose et hypertension artérielle)
  • Maladies métaboliques
  • Rhumatologie
  • Recherche d'amont

Expériences sur des animaux[modifier | modifier le code]

One Voice, association française militant pour le bien-être animal, a organisé en 2006 une manifestation contre l’augmentation du nombre de chiens dans le laboratoire du centre de toxicologie « Biologie Servier » après que le laboratoire eut déposé un projet dans ce but - à contre-courant de l'engagement de l'Europe à diminuer le nombre d’expériences sur les chiens et les chats et au développement des méthodes substitutives[17].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Discrimination à l'embauche[modifier | modifier le code]

Les méthodes de recrutement de Servier ont fait l'objet d'une enquête de la CNIL, laquelle a relevé le fichage d'informations sur les opinions politiques et l'orientation sexuelle de candidats à l'embauche[18],[19]. La CNIL a dénoncé les faits au parquet de Nanterre, lequel a classé le dossier sans suite[20].

Isoméride[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dexfenfluramine.

L'Isoméride (dexfenfluramine, vendue aux États-Unis sous le nom de Redux) était un médicament coupe-faim, qui fut pris par plus de 7 millions de Français entre 1985 et 1997. Dans les années 1980, de nombreux médecins, experts et scientifiques le soupçonnèrent d'entraîner des complications pulmonaires graves, en particulier de l'hypertension artérielle pulmonaire, affection souvent mortelle. L'A.M.M. de l'Isoméride sera suspendue en France le 17 septembre 1997[21].

En 2010, les laboratoires Servier ont été condamnés par le tribunal de Nanterre à verser 210 000 € de dommages et intérêts à une patiente qui, traitée par ce médicament, se plaignait de graves problèmes cardiaques[22].

Mediator[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Benfluorex.

Plusieurs dossiers sont en justice pour le Mediator (benfluorex)[23].
Le Mediator a été commercialisé en France par le laboratoire Servier dès 1976[5]. En 1974, ils obtiennent l'autorisation de mettre le Médiator sur le marché[6] jusqu'en novembre 2009, date où il a été interdit. Il est réservé à l'origine aux diabétiques en surcharge pondérale puis prescrit aux patients désireux de perdre du poids, il serait responsable de 500 à 2 000 morts selon une étude faite par des épidémiologistes mandatés par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, et 3 500 hospitalisations en France[24]. Selon une lettre publiée par le Figaro[25],[26],[27]. L'Agence du médicament avait été prévenue par des médecins, professeurs de la Caisse d'assurance maladie dès le sur le risque lié à l'utilisation non contrôlée de ce médicament alors que des médicaments au principe actif chimiquement voisin faisaient l'objet de restrictions dans leur prescription[28]. Les mêmes effets indésirables avaient déjà conduit au retrait de la fenfluramine et de la dexfenfluramine. Or après la prise de dexfenfluramine (Isoméride), de fenfluramine (Pondéral) ou de benfluorex (Mediator), chacune de ces molécules serait métabolisée en un produit cardiotoxique, la norfenfluramine, et ce à des concentrations similaires[29].
Dans une interview publiée par Le Monde, les Laboratoires Servier se disent victimes d'une manipulation et s'étonnent qu'aucune observation n'ait jamais été formulée concernant le Mediator depuis de nombreuses années où il est commercialisé[30]. C'est une des affaires qui permit de mettre en évidence l'importance des conflits d'intérêts à plusieurs niveaux.

Coversyl[modifier | modifier le code]

Le laboratoire Servier fait l'objet d'une procédure européenne pour distorsion de concurrence et dissimulation de données[31],[32].

Faits divers[modifier | modifier le code]

L'Usine du groupe Servier ORIL située à Bolbec en Seine-Maritime a été en 2012, selon le ministère de l'écologie, à l'origine d'une pollution de l'eau du robinet au N-Nitrosomorpholine une substance classée «cancérogène probable» par le CIRC. La molécule a été détectée sur le captage de Gruchet-le-Valasse alimenté par la rivière le commerce[33].

Organisation[modifier | modifier le code]

Jacques Servier est resté à la tête de l'entreprise jusqu'à son décès, en 2014. Sa fortune est estimée à 3,8 milliards € en 2009 (9e fortune de France)[34].

Le groupe Servier compte 3000 collaborateurs dans le secteur Recherche et Développement[1]. Il dispose de centres de recherche en France (Suresnes, Croissy, Orléans, Gidy et Bolbec) et en Hongrie, à Budapest, ainsi que de 19 Centres Internationaux de Recherche Thérapeutique.

Une unité de recherche est toujours installée à Orléans. Une nouvelle va être construite dans l'Université d'Orléans en association avec l'ICOA (Institut de Chimie Organique et Analytique). L'unité d'Appui Clinique Servier à Gidy (près d'Orléans) est la plus grande unité de production de médicaments pour essais cliniques d'Europe.

Le groupe est présent dans 140 pays. 92 % de la consommation des médicaments Servier est faite à l'international.

Jacques Servier a créé en 1998 une fondation à laquelle il a transféré le capital de sa société[35] pour garantir son indépendance future.

Données financières[modifier | modifier le code]

Plus de 750 millions de boîtes de médicaments ont été produites en 2007. Le chiffre d'affaires consolidé pour l'exercice 2008/2009 est de 3,6 milliards d'euros. Le groupe emploie 20 000 collaborateurs dans le monde dont 3 000 dans le secteur de la Recherche et du Développement[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e http://groupe.servier.fr/content/histoire-2
  2. La République du Centre, édition Orléans, 26 juin 2007, p 5.
  3. www.shp-asso.org
  4. ww.la-croix.com 16 janvier 2011 L'Igas livre un rapport accablant pour les laboratoires Servier Pierre Bienvault.
  5. a et b www.servier.fr Résumé des caractéristiques du produit.
  6. a et b www.john-libbey-eurotext.fr Lévothyrox®, Avandia®, Mediator® : la faillite des agences. Médecine. Volume 6, Numéro 10, 440-2, Décembre 2010, Editorial Michel Gerson, Endocrinologue, Hôpital Pasteur, 68000 Colmar.
  7. www.marianne2.fr Clotilde Cadu et Jean-Claude Jaillette Mediator, les étranges méthodes de monsieur Servier 4 décembre 2010.
  8. [1] Retrait de la spécialité pharmaceutique dénommée "SURVECTOR 100 mg, comprimé sécable" des laboratoires SERVIER.
  9. En anglais, www.presseportal.ch Procoralan(R) (Ivabradine), the First Pure Heart Rate-Lowering Agent, Receives Marketing Authorization in Europe novembre 2005.
  10. www.journaldunet.com Quels médicaments coûtent le plus cher à la Sécu octobre 2008
  11. Servier offers $483 million for rest of Hungarian drugmaker Egis, Reuters 24 septembre 2013
  12. « Les médicaments SERVIER », sur www.servier.fr (consulté le 21 mai 2010)
  13. http://lci.tf1.fr/science/2005-07/medicaments-supprimes-pour-inefficacite-4895795.html
  14. [PDF] http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/1cb16d6d89eb783357e1c525254afe4a.pdf
  15. http://www.vidal.fr/Medicament/locabiotal-72498.htm
  16. « Médicaments à base de tétrazépam, d’almitrine, de ranélate de strontium et de codéine (chez l’enfant) : avis et recommandations du PRAC - Communiqué de l’EMA - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé », ANSM,‎ 2013 (consulté le 29 avril 2013)
  17. http://www.borta.org/spip.php?article370
  18. http://www.guardian.co.uk/world/2000/jan/23/jonhenley.theobserver The Guardian - Drugs giant uses spies to vet 'lefties'
  19. http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110907.OBS9900/mediator-la-face-cachee-de-servier.html Le nouvel Observateur - MEDIATOR. La face cachée de Servier
  20. http://www.leparisien.fr/societe/servier-un-laboratoire-tres-tres-influent-17-11-2010-1153494.php Le Parisien - Servier, un laboratoire très très influent
  21. http://www.parlonssante.com/2006/01/31/isomeride-la-justice-donne-raison-a-une-plaignante/
  22. http://www.leparisien.fr/societe/isomeride-les-laboratoires-servier-condamnes-a-indemniser-une-patiente-17-09-2010-1072303.php
  23. http://www.lepoint.fr/sante/une-etude-confirme-les-graves-risques-qu-a-fait-courir-le-mediator-aux-diabetiques-14-10-2010-1249672_40.php
  24. http://www.liberation.fr/societe/01012308860-mediator-deux-a-quatre-fois-plus-de-morts
  25. http://www.lefigaro.fr/sante/2010/12/17/01004-20101217ARTFIG00516-mediator-l-assurance-maladie-mettait-en-garde-des-1998.php
  26. Article du Figaro sur le Mediator.
  27. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101116.OBS2964/le-mediator-au-centre-d-un-nouveau-scandale-medical.html
  28. [PDF] http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/secu_mediator.pdf
  29. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/114000028/index.shtml
  30. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/20/jacques-servier-rompt-le-silence-sur-le-mediator_1442721_3224.html
  31. [2] La Commission envoie une communication des griefs à Servier pour avoir fourni des renseignements inexacts et dénaturés
  32. [3] La Commission ouvre une procédure formelle d'examen contre Les Laboratoires Servier et plusieurs fabricants de génériques
  33. Une usine du groupe Servier à l'origine d'une pollution de l'eau sur le site www.lemonde.fr consulté le 25 juin 2013.
  34. (fr) « Les plus grandes fortunes : 9e : Jacques Servier et sa famille », sur www.challenges.fr (consulté le 21 mai 2010)
  35. Liaisons sociales, n° 97, décembre 2008 « La vie des entreprises match. Laboratoires pharmaceutiques : Servier cultive le paternalisme, Fabre veut s'en affranchir. »
  36. « Chiffres clés 2009 », sur www.servier.fr (consulté le 21 mai 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]