Quatrième pouvoir

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L'expression quatrième pouvoir désigne la presse et les médias. Par extension, le quatrième pouvoir regroupe tous les moyens de communication qui peuvent servir de contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l'État (pouvoir exécutif, législatif et judiciaire).

Sommaire

[modifier] Signification

Compte tenu de l'évolution des médias au XXe siècle, l'expression de quatrième pouvoir a glissé de la presse écrite vers les grandes chaînes de média, et s'applique donc aussi pour cette envoyée spéciale travaillant pour les informations télévisées.

L'historique des emplois de l'expression peut être retracé jusqu'à Alexis de Tocqueville, dans son ouvrage De la démocratie en Amérique (1833). Tocqueville y apporte une nouvelle classification des pouvoirs, qui seraient :

  • le pouvoir central (aux États-Unis, le pouvoir fédéral), dans lequel on retrouve la séparation des pouvoirs classique (pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire) ;
  • le pouvoir local (pouvoirs fédérés) ;
  • le pouvoir associatif (lobbies) ;
  • la presse [écrite].

On dit souvent que le quatrième pouvoir fait suite aux trois pouvoirs classiques (pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire). Aux États-Unis, on parle de quatrième branche du gouvernement par analogie aux branches exécutive, législative, et judiciaire du gouvernement fédéral américain.

Certains ont rajouté à cette liste un cinquième pouvoir, qui serait celui de l'opinion publique (qui se détacherait de la presse, malgré une influence non des moindres de la presse sur la formation de l'opinion publique).

L'influence importante des Media Moguls sur l'opinion, magnats de la presse aux États-Unis, concrétisa l'existence de ce quatrième pouvoir par rapport aux trois autres, institutionnels et définis dans la Constitution.

Le livre de Robert de Jouvenel, La République des camarades, traite particulièrement de la collusion entre les trois pouvoirs classiques (pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire) et la presse, dans la France du début du XXe siècle.

[modifier] En pratique

Exemple extrême de ce pouvoir, les journaux de William Randolph Hearst ont contribué, par des articles allant au-delà du simple rapport de la politique étrangère de Washington, à la déclaration de guerre des États-Unis contre l'Empire espagnol qui mena à la prise de contrôle de Cuba en 1898. La légende concernant le personnage, mythifié dans Citizen Kane, lui attribue l'origine de la guerre qu'il aurait décrite, notamment à l'aide d'un avis motivé sur les enjeux pour le pays, dans un article aux accents sensationnels paru dans son journal, le New York Morning Journal.

De même, les journalistes du Washington Post Carl Bernstein et Bob Woodward, en révélant en 1972 le scandale du Watergate, ont contribué à la démission du président des États-Unis, Richard Nixon en 1974.

[modifier] Critique

Ce concept de « quatrième pouvoir » tend à opposer une société publique incarnée par l'État à la société civile, ce qui est discutable du fait de leur interdépendance. De plus, cette division ne fait pas mention du pouvoir sur l’argent (cinquième pouvoir), à savoir celui de la création monétaire qui est désormais confiée à des organismes bancaires « indépendants » tels que la banque centrale européenne (BCE), la réserve fédérale des États-Unis (Fed) la Banque du Japon (BoJ) ou la banque d'Angleterre (BoE).

[modifier] Bibliographie

  • Robert de Jouvenel, La République des camarades, éd. Grasset, Paris, 1914.
  • Lara Van Dievoet, Analyse du "passage" du champ journalistique au champ politique - Le cas des journalistes "passés" en politique, Louvain-la-Neuve, éd. Université Catholique de Louvain (UCL), 2009.

[modifier] Articles connexes

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