Quatrième pouvoir

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L'expression quatrième pouvoir désigne la presse et les médias. Par extension, le quatrième pouvoir regroupe tous les moyens de communication qui peuvent servir de contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l'État (pouvoir exécutif, législatif et judiciaire), en recourant au principe de protection des sources d'information des journalistes.

Signification[modifier | modifier le code]

Compte tenu de l'évolution des médias au XXe siècle, l'expression « quatrième pouvoir » a glissé de la presse écrite vers les grandes chaînes de média, et s'applique donc aussi à cette envoyée spéciale travaillant pour les informations télévisées.

On dit souvent que le quatrième pouvoir fait suite aux trois pouvoirs classiques (pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire)[réf. souhaitée]. Aux États-Unis, on parle de quatrième branche du gouvernement par analogie aux branches exécutive, législative, et judiciaire du gouvernement fédéral américain. [réf. souhaitée] L'expression originale d'Edward Burke est en fait « le quatrième état » et fait référence aux États des Anciens Régimes (noblesse,clergé et Tiers état)[1] Certains ont rajouté à cette liste un cinquième pouvoir, qui serait celui de l'opinion publique (qui se détacherait de la presse, malgré une influence non des moindres de la presse sur la formation de l'opinion publique).

L'influence importante sur l'opinion des Media Moguls, magnats de la presse aux États-Unis, concrétisa l'existence de ce quatrième pouvoir par rapport aux trois autres, institutionnels et définis dans la Constitution.

Le livre de Robert de Jouvenel, La République des camarades, traite particulièrement de la collusion entre les trois pouvoirs classiques (pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire) et la presse, dans la France du début du XXe siècle.

En pratique[modifier | modifier le code]

Exemple extrême de ce pouvoir, les journaux de William Randolph Hearst ont contribué, par des articles allant au-delà du simple rapport de la politique étrangère de Washington, à la déclaration de guerre des États-Unis contre l'Empire espagnol qui mena à la prise de contrôle de Cuba en 1898. La légende concernant le personnage, mythifié dans Citizen Kane, lui attribue l'origine de la guerre qu'il aurait décrite, notamment à l'aide d'un avis motivé sur les enjeux pour le pays, dans un article aux accents sensationnels paru dans son journal, le New York Morning Journal.

De même, les journalistes du Washington Post Carl Bernstein et Bob Woodward, en révélant en 1972 le scandale du Watergate, ont contribué à la démission du président des États-Unis, Richard Nixon en 1974.

Critique[modifier | modifier le code]

Ce concept de « quatrième pouvoir » tend à opposer une société publique incarnée par l'État à la société civile, ce qui est discutable du fait de leur interdépendance. De plus, cette division ne fait pas mention du pouvoir sur l’argent (cinquième pouvoir), à savoir celui de la création monétaire qui est désormais confiée à des organismes bancaires « indépendants » tels que la banque centrale européenne (BCE), la réserve fédérale des États-Unis (Fed) la Banque du Japon (BoJ) ou la banque d'Angleterre (BoE) et banques privées par l'intermediaire des prêt bancaire étant donnée l'absence de système 100 % monnaie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://uspolitics.about.com/od/politicaljunkies/a/fourth_estate.htm, site de vulgarisation anglais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert de Jouvenel, La République des camarades, éd. Grasset, Paris, 1914.
  • Lara Van Dievoet, Analyse du "passage" du champ journalistique au champ politique - Le cas des journalistes "passés" en politique, Louvain-la-Neuve, éd. Université Catholique de Louvain (UCL), 2009.
  • Lara Van Dievoet, "Des rédactions aux arcanes du pouvoir : quand les journalistes 'passent' en politique", dans : Médiatiques, Récit et Société Médiatiques, n° 46, Louvain-la-Neuve, janvier-mars 2010, p. 29-33.

Articles connexes[modifier | modifier le code]