Didier Contant

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Didier Contant (1960 - 15 février 2004) fut rédacteur en chef de l'agence de presse photographique Gamma.

Il est mort le 15 février 2004 d'une chute inexpliquée d'un immeuble à Paris, alors qu'il enquêtait pour le Figaro Magazine[1] sur l'assassinat des moines de Tibherine en 1996.

La thèse du suicide a été évoquée alors que Didier Contant revenait d'Algérie pour rédiger son enquête et précisait à son entourage qu'il se sentait "épié et surveillé".

En décembre 2003, juste après qu'une famille de moines de Tibhirine avait déposé à Paris une plainte pour "enlèvement, séquestration et assassinat", il avait entamé une enquête à charge contre Abdelkader Tigha, un dissident militaire algérien accusant ses anciens collègues d'implication dans l'assassinat des moines de Tibhirine. Publié en décembre 2003 dans le Figaro Magazine, un premier article de Didier Contant tendait à défendre la version officielle d'Alger dans cette affaire : celle d'un crime "islamiste".

Sa mort a donné lieu à une polémique et à un procès opposant l'hebdomadaire Marianne au journaliste Jean-Baptiste Rivoire, de Canal+, . En effet, l'hebdomadaire avait publié un article accusant Jean-Baptiste Rivoire de chercher à « blanchir l’islamisme de ses forfaits » et d'avoir « exercé des pressions sur Le Figaro Magazine [pour qu'il] refuse de publier la seconde partie du reportage de Contant » qui enquêtait sur l’assassinat des moines de Tibhirine[2]. Condamné en première instance, le journal et son directeur Jean-François Kahn ont été relaxés en appel en début 2007.

Un livre intitulé Le huitième mort de Tibhirine, écrit par Rina Sherman (compagne de Didier Contant) et Lazhari Labter (journaliste) avec des accusations comparables, est paru aux Éditions Tatamis et dans Lazhari Labter Editions avec Le Soir d'Algérie en 2007.

Ce livre de Rina Sherman lui avait valu avec son éditeur, poursuivis par Jean-Baptiste Rivoire, d’être condamnés pour « injure publique », le 10 juillet 2009, par le Tribunal de grande instance de Paris. Également poursuivis par Paul Moreira, Rina Sherman et son éditeur, Jean Robin, ont été condamnés pour diffamation[3].

En novembre 2009, la 10e Chambre correctionnelle du TGI de Paris a néanmoins condamné Jean-Baptiste Rivoire à une amende contraventionnelle de 750 euros pour "violences volontaires" à l’encontre de la personne de Didier Contant. Mais en juin 2011, cette condamnation a été invalidée par la cour d'appel de Paris. Constatant l'absence d'élément "intentionnel", elle a reconnu l'innocence de Jean-Baptiste Rivoire dans l'affaire Contant.

Au fil des années, des informations nouvelles sont toutefois apparues. Dès 2001, Didier Contant voyageait beaucoup en Algérie et contactait des dissidents comme le colonel Mohamed Samraoui, pour savoir s'ils avaient des dossiers susceptibles de mettre en cause Alger. Fin 2002, à la suite de révélations dans Libération d'Abdelkader Tigha sur l'implication des services algériens dans le drame de Tibhirine, Didier Contant avait, de son propre aveu, reçu des autorités algériennes un certain nombre de documents et informations susceptibles de contribuer à discréditer Abdelkader Tigha. Il avait alors publié un premier article sur Tibhirine dans Le Pèlerin en février 2003. En décembre 2003, après qu'une famille des moines ait porté plainte à Paris pour "enlèvement, séquestration et assassinat", Didier Contant avait repris son enquête sur Tigha, demandant à des contacts à Blida des témoignages tendant à montrer que cet ancien adjudant du DRS était un voyou.

Le 6 juin 2011, après six années de procédure, la cour d’appel de Paris a totalement innocenté le journaliste Jean-Baptiste Rivoire des accusations portées à son encontre par Rina Sherman. Au terme d’un rappel détaillé des faits et des témoignages recueillis lors de l’instruction, la cour a rappelé que l’infraction de violence supposerait « un acte positif sciemment commis avec la prévision qu’il en résultera une atteinte à la personne d’autrui ». Or la Cour note que « tant au cours de l’information que des débats, Jean Baptiste Rivoire a toujours soutenu ne pas avoir connu Didier Contant avant les faits ni n’avoir eu connaissance de l’article paru dans le Figaro Magazine du 27 décembre 2003 ». Elle note en outre que la « fragilité psychologique de Didier Contant » n’était « pas connue de ses amis et collègues proches à l’époque des faits et qu’en conséquence, elle ne pouvait être connue du prévenu ». La Cour a donc estimé qu’elle ne saurait considérer que Jean-Baptiste Rivoire, « qui ne connaissait pas Didier Contant et sa personnalité, pouvait cependant, à l’époque des faits, avoir conscience que ses agissements pouvaient être de nature à créer chez ce dernier un choc émotif ou une perturbation psychologique alors qu’il a toujours affirmé n’avoir agi que dans le souci de protéger l’épouse de celui qu’il avait lui-même interviewé (M. Abdelkader Tigha, un militaire dissident) et dont il lui avait été indiqué par des organisations non gouvernementales, dont il produit la copie des courriels, qu’elle était susceptible de courir un danger » (du fait de la visite que lui avait rendu M. Contant en janvier 2004 à Blida, en Algérie). La cour conclut qu’il n’est pas établi qu’il (Jean-Baptiste Rivoire) a agi sciemment et qu’en conséquence, l’infraction intentionnelle de violence volontaire ne saurait être retenue à son encontre ».


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.algeria-watch.org/fr/article/just/moines/suicide_contant.htm
  2. Chroniques du procès
  3. Enquête & Débat, Les Éditions Tatamis condamnées à 11 000 € pour diffamation, 6 mars 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Rivoire, Paul Moreira.

Liens externes[modifier | modifier le code]