Obedjiwan

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Obedjiwan
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Mauricie
Statut municipal Réserve indienne
Chef Christian Awashish
Démographie
Gentilé Upatshuniulnu
Population 2 109 hab. (2014)
Densité 242 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 00″ N 74° 56′ 00″ O / 48.666672, -74.93333848° 40′ 00″ Nord 74° 56′ 00″ Ouest / 48.666672, -74.933338  
Superficie 870 ha = 8,70 km2
Divers
Code géographique 90804
Localisation

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Obedjiwan (Opitciwan en atikamekw) est une réserve autochtone du Québec (Canada) enclavée dans le territoire de la ville de La Tuque dans la région administrative de la Mauricie[1]. Obedjiwan fait partie de la nation des Atikamekw, qui compte deux autres communautés soient Wemotaci et Manawan.

Géographie[modifier | modifier le code]

La réserve Obedjiwan est située sur la rive nord du Réservoir Gouin, à 143 km (en ligne directe) au sud de Chibougamau, à 118 km (en ligne directe) au nord de Wemotaci et à 217 km (en ligne directe) au nord-ouest de La Tuque. La réserve est située entre lac Kamitcikamac (à l'ouest) et la Baie Wopisiw (à l'Est). En face (coté sud), il y a la pointe Martel Kiwam qui s'avance dans le lac Mamette.

La réserve est enclavée dans le territoire de La Tuque. Cette réserve Atikamekw est la plus isolée de cette communauté au Québec. Elle est accessible par un long chemin forestier de gravier de 146 km, qui rejoint vers l'Est la Route 167 (Québec), reliant Saint-Félicien à Chibougamau. De là, la distance par la route pour atteindre Chibougamau est de 124 km. À partir d'Obedjiwan, la route forestière 1045 atteint vers l'ouest la route forestière 1009, construite dans l'axe nord-sud pour contourner le Réservoir Gouin par l'ouest; cette route remonte jusqu'à Chapais. La distance routière entre Obedjiwan et La Tuque est de 319 km, grâce à une route forestière contournant le Réservoir Gouin du côté Est. La distance Obedjiwan-Senneterre est de 260 km. Dans ce contexte d'éloignement, l'avion est le mode de transport très utilisé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de la partie supérieure du rivière Saint-Maurice avait longtemps été la patrie des amérindiens Atikamekw. Situé dans le cours supérieur de la rivière Saint-Maurice le secteur a été inondée à la suite de l'érection en 1948 du Réservoir Gouin. Le lac Obedjiwan était situé le long d'importants parcours de canotage pour atteindre le lac Saint-Jean par le lac Necouba ou la baie James. Au XVIIe siècle, et peut-être beaucoup plus loin dans la préhistoire amérindiennes, les rives de ce lac étaient un lieu de rassemblement et d'interaction sociale, économique et culturelle pour les Atikamekw, ainsi que d'autres populations amérindiennes des zones environnantes. Les Atikamekw se procuraient notamment le blé, la farine, des outils et peut-être des armes à feu des Hurons, en échange de peaux d'orignaux ou de castors[2].

En 1825, le Compagnie de la Baie d'Hudson (HBC) et le "King's Posts Company" ont établi des postes de traite sur le lac Obedjiwan, qui a attiré rapidement les chasseurs autochtones, non seulement de la région, mais aussi de l'Est de la baie James et de la partie supérieure de la région de la rivière Outaouais. En 1840, la Compagnie de la Baie d'Hudson a déserté le lac Obedjiwan et pour s'établir à Kikendatch Lake (maintenant désigné Kikendatch Bay à la sortie du réservoir Gouin). En 1911, la HBC a retransféré son comptoir de traite de Kikendatch vers le lac Obedjiwan, provoquant un retour des Atikamekw dans la région. La HBC avait alors choisi de s'éloigner de postes concurrents qui ont sapé son commerce à Kikendatch tandis que les Atikamekw aimait à éviter les gens d'origines européens qui devenaient de plus en plus nombreux dans le sud. À cette époque, la communauté n'avait pas un véritable site permanent bien que les oblats ont construit une chapelle en 1916 ; elle était située sur la rive gauche de la rivière Saint-Maurice en face de la poste de la HBC, séparés par le détroit d'Obedjiwan[2].

Jadis, la communauté autochtone d'Obedjiwan (s'écrivant Opiticiwan en langue atikamekw) était la seule communauté à vivre dans la zone actuellement inondée du Réservoir Gouin, en Haute-Mauricie. Cette communauté vivait près du lac Obedjiwan (au nord du Réservoir Gouin). À la suite de l'érection en 1916-1917 du premier barrage "la Loutre" (située à la tête de la rivière Saint-Maurice), la mise en eau du réservoir entraina l'inondation du secteur (dont des centaines de lacs, dont le lac Obediwan, l'ancien village et des sites archéologiques). Un nouveau village, érigé à 3 kilomètres plus à l'ouest a été construit qu'en 1925, à la suite de négociations avec la Commission des Eaux Courantes[2].

Conséquemment, les résidents ont abandonné leur ancien secteur pour construire leur village Obedjiwan sur le site actuel. Initialement, le barrage de retenue avait été désigné "La Loutre", avant l'appellation Gouin attribuée en 1948 à la suite du rehaussement du barrage. Ce rehaussement visait à détourner vers le Sud (donc vers la rivière Saint-Maurice) les rivières Mégiscane et Suzie, lesquelles coulaient naturellement vers la baie James, située au Nord.

Le 31 décembre 1941, le gouvernement du Québec a proclamé la Loi sur les terres et forêts qui octroyait ces terres au profit des « Indiens ». Le 14 janvier 1944, une superficie de 2 290 acres (9,27 km2) dans le canton géographique de Toussaint a été transférée du gouvernement du Québec au gouvernement du Canada. Cette zone a été officiellement désignée la « réserve indienne Obiduan » le 21 mars 1950. Il a été renommé en « réserve indienne d'Obedjiwan » le 23 janvier 1964[3].

Historique foncier[modifier | modifier le code]

  • 1941-12-31 : Loi de 1941, réservation de terres n’excédant pas 133 550 hectares (330 000 acres) au bénéfice des Indiens par le transfert de l’usufruit.
  • 1943-10-27 : Arpentage des terres pour la réserve de Obedjiwan, Canton de Toussaint (projeté), Bloc A. Superficie : 926,72 hectares (2 290 acres).
  • 1944-01-14 : Arrêté en conseil 160, transfert de régie et d’administration du gouvernement du Québec au gouvernement du Canada. Canton de Toussaint (projeté), Bloc A. Superficie : 926,72 hectares (2 290 acres).
  • 1950-03-21 : Arrêté en conseil 1458, mise de côté du bloc acquis (1944) par le gouvernement du Canada pour l’usage des Indiens.

Situation actuelle

Toponyme[modifier | modifier le code]

« Le mot Obedjiwan écrit Opitciwan dans l'orthographe standardisée atikamek serait tiré des racines obe ou oba signifiant détroit et djwan, courant. On peut donc le traduire par courant du détroit, du rétréci, de la passe. D'autres sources le traduisent simplement par la passe ou encore par endroit où le ruisseau retourne ou enfin par endroit où le ruisseau coule dans une passe »[5].

Description[modifier | modifier le code]

Obedjiwan est située à 143 km au sud de Chibougamau. Sa population est constituée de 2 107 habitants dont 789 sont des étudiants de l'école primaire Niska (outarde) et l'école secondaire Mikisiw (aigle). Les principaux services de la réserve sont le conseil de bande, le centre de santé, le centre des jeunes, le centre communautaire, le centre culturel, l'école primaire et l'école secondaire. Ces dernières sont logées dans deux bâtiments. L'école primaire est fréquentée par 319 étudiants et il y a 30 enseignants qui y travaillent. L'école secondaire, quant à elle, est fréquentée par 164 étudiants et il y a 21 enseignants qui y travaillent.

Demographie[modifier | modifier le code]

Modèle:Recensement au Canada

Évolution historique de la population[6]:

  • Population en 2001: 1666
  • Population en 1996: 1464
  • Population en 1991: 1125

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.
  2. a, b et c Claude Gélinas, « Le lac Obedjiwan, Un Lieu de rassemblement autochtone traditionnel », HISTOIRE DU QUÉBEC,‎ Juin 2001 (consulté le 9 mars 2010)
  3. Ressources naturelles Canada - Division des levés officiels, Historical Review - Obedjiwan.
  4. L'application des lois et règlements français chez les Autochtones de 1627 à 1760. Ratelle, Maurice, ministère de l'Énergie et des Ressources, 1991, 48 p.., (Les études autochtones).
  5. Commission de toponymie du Québec.
  6. Statistiques Canada: 1996, 2001 recensement

Liens externes[modifier | modifier le code]


Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents La Tuque Rose des vents
La Tuque N La Tuque
O    Obedjiwan    E
S
La Tuque